Disclaimer : l'univers entier d'Harry Potter et ses personnages appartiennent à J.K Rowling.

Voici la première histoire que j'ose publier après avoir écumé les pages de ce site depuis des années. Je voulais la terminer et en être satisfaite avant de la publier. Je pense que les personnages sont légèrement OOC mais j'ai voulu représenter une relation assez profonde entre Drago et Hermione et une voie réaliste vers une guérison d'après-guerre.

J'ai aussi oublié en écrivant que Maugrey était mort, donc il fait partie de cette histoire. Sinon, il n'y a pas de changement conséquent.

Enjoy!

Elle fit son apparition entourée d'un halo de fumée verte, ses talons claquant contre le sol en marbre. Plusieurs autres sorciers marchaient à vive allure dans la même direction et lui adressèrent un léger signe de tête à sa rencontre, auquel elle répondait bien évidemment. La pile de gros dossiers qu'elle tenait fermement contre sa hanche droite ne semblait peser qu'un gramme tandis qu'elle se dirigeait vers les ascenseurs. Il était 6h30 précise et Hermione Granger n'avait pas de temps à perdre.

Après avoir obtenu ses ASPIC quand Poudlard fut enfin reconstruit un an après la guerre, la jeune femme entra facilement au ministère. Elle se hissa directement jusqu'au poste de directrice adjointe au département de la justice magique, seulement quatre ans après son entrée au ministère. Jusque-là, elle travaillait en étroite collaboration avec le nouveau ministre de la magie, Kingsley Shacklebolt, et Harry pour faire du monde magique un endroit sûr pour sa communauté.

A cette heure-ci, personne n'occupait encore les bureaux du 2ème niveau sauf peut-être quelques aurors qui travaillaient toujours sur une enquête. Son bureau, au fond du couloir, lui offrait toujours un peu de paix avant que huit heures ne sonne et qu'une foule d'employés n'investissent les étages avec toujours plus de problèmes à gérer. Elle déposa ses propres dossiers bien alignés sur une pile qui attendait déjà qu'elle s'en intéresse. Un journal et quelques lettres trônaient toujours sur son bureau en acajou, et en s'asseyant sur son fauteuil en cuir noir, elle attrapa son propre ouvre-papier. Finalement, quand ses yeux tombèrent sur le journal, elle sentit quelque chose en elle qui la poussait à le lire, chose qu'elle ne faisait étrangement jamais.

DRAGO MALEFOY, ANCIEN MANGEMORT, INTEGRE LE MINISTÈRE DE LA MAGIE

Hermione, le cœur battant, envoya immédiatement valser le journal dans sa poubelle. Elle avait parlé et reparlé avec Harry et pourtant il avait finalement décidé d'intégrer Drago Malefoy au bureau des aurors alors qu'il savait pertinemment le déferlement médiatique que cela entraînerait. Elle voyait déjà la foule de reporters s'agglutiner pendant des mois aux portes du ministère, voire partout où elle irait, même jusqu'à son propre domicile, pour savoir ce qu'elle en pensait.

Néanmoins, elle décida de rester concentrée sur son travail et les dossiers sous lesquels elle commençait à crouler. Quand elle se plongeait ainsi dans le travail, même un ouragan ne pouvait la déranger. Hermione avait toujours été une perfectionniste dans l'âme et appréciait de plus en plus sa position, du fait qu'elle pouvait à présent changer les choses grâce à son travail acharné. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle avait réussi à monter si haut dans l'administration et elle remerciait chaque jour Shacklebolt de croire en elle. La jeune brune resta alors plusieurs heures à remplir des fiches et les envoyer par hiboux, puis continua un projet de loi qu'elle voulait faire approuver par le ministre avant la fin de l'année.

Une tasse de café se posa soudainement dans son champ de vision et quand elle leva la tête sur sa droite, ses yeux rencontrèrent un éclair vert.

« Harry ! » s'exclama-t-elle, surprise.

« Enfin… soupira-t-il, un petit sourire en coin. Je t'ai envoyé quatre missives et j'ai toqué deux fois , sans réponse. »

« Excuse-moi...je dois boucler beaucoup de choses avant ce weekend, » expliqua-t-elle en se frottant le front, sa plume toujours entre ses doigts.

Harry posa sa cuisse sur le bureau, renversant d'un centimètre une pile de dossier, ce qui lui valut un regard noir de la part d'Hermione. Le café qu'il lui apportait, néanmoins, fut revigorant pour la jeune femme qui n'avait fermer l'oeil que seulement quelques heures.

« Alice a pris sa journée ? » questionna-t-il l'air de rien.

« A ton avis ? » répondit Hermione, le regard toujours sombre. « Mais nous avons des choses plus graves à traiter... comme le cas Drago Malefoy. »

L'expression du brun changea, reflétant celle d'une biche prise dans les phares d'une voiture. Mais elle ne lui laissa pas le temps de réagir avant de finir ce qu'elle avait à dire.

« Le ministère n'a pas besoin d'une telle médiatisation, Harry. Il est resté cinq ans à Azkaban, tu penses vraiment que des gens comme Rita Skeeter peuvent oublier ce petit détail ? »

« Hermione... » commença Harry avant de faire une légère pause pour réfléchir à la meilleure façon de s'exprimer. « Shacklebolt et moi-même avons reçu Malefoy quelques mois plus tôt, tu sais très bien qu'il a été honnête et qu'il s'est lui-même livré aux autorités à la fin de la guerre, il s'est repenti de ses erreurs…et puis, depuis quand on se soucie vraiment de ce que Skeeter peut bien publier ? »

Hermione resta silencieuse. Il était vrai qu'elle avait toujours eu tendance à prendre en grippe les gens qui l'offensaient sans vraiment voir au-delà, mais après tout cela restait un mécanisme de protection typiquement humain. Pourtant, quand la nouvelle de la mort de son père était tombée alors qu'ils purgeaient toujours chacun leurs peines à Azkaban lui avait fait de la peine, comme à tous. Mais, il lui restait tout de même une sorte de mauvais pressentiment qu'elle n'arrivait à dissiper.

« Tu as raison… finit-elle par lâcher. Mais… J'aurais quand même apprécié que vous me teniez informée de la procédure dans son ensemble. »

« Hermione, tu plaisantes ? souffla le brun en se frottant l'arrête du nez où ses lunettes avaient laissé une marque. On a tout tenté pour que tu t'y intéresse mais tu n'étais pas présente aux deux réunions que nous avons organisées et où il était présent. »

Elle ouvrit la bouche machinalement pour répliquer mais finit par la refermer. Elle savait très bien pourquoi elle avait évité de s'intéresser à tout ça ; un trait qui n'appartenait pas à Hermione Granger et qui, elle savait, éveillait les soupçons du brun. Néanmoins, elle n'était pas encore prête à être complètement honnête avec elle-même.

« Bon… on va finir par être en retard, » dit-il alors qu'il jetait un coup d'œil à son montre.

« En retard pour…? »

« Vraiment, Hermione, tu t'en es vraiment désintéressée à ce point ? »

Hermione pensait effectivement que si elle ignorait assez fort le contenu de l'article rien ne se passerait, et qu'elle continuerait sa journée comme si de rien n'était. Malheureusement, la vie ne marchait pas ainsi. Elle supplia quand même Harry de la laisser suivre la conférence de presse depuis son bureau, mais il lui rappela qu'en tant que directrice adjointe du futur département que le jeune blond intégrerait, elle se devait d'être présente.

Le chemin vers le hall du ministère fut assez difficile pour la brune. Elle détestait les journalistes plus que tout au monde et se sentait toujours stressée de faire un faux pas en leur présence et de se retrouver à la une des journaux. Harry essayait du mieux qu'il pouvait de la détendre en la taquinant, ce qui fonctionnait jusqu'à ce que les portes de l'ascenseur ne s'ouvrent sur le hall.

Shacklebolt était déjà présent et parlait avec des représentants du ministères, plusieurs mètres sur leurs gauche se trouvait une foule de journalistes qui n'était pas encore là quelques heures plus tôt. Hermione sentit de la chaleur dans son dos et en tournant la tête, elle rencontra une nouvelle fois les yeux vert émeraude de son meilleur ami. Ils avancèrent à l'unisson et devinrent aussitôt une nouvelle source d'attraction pour les flashs et les questions des journalistes, auxquels Hermione se contenta de sourire légèrement. Ils étaient placés devant la grande fontaine avec plusieurs autres directeurs de bureau qui semblaient tout autant gênés de se retrouver là. Soudainement, la chaîne que formait la brigade de police magique se retrouva surpassée par la foule qui s'était subitement déchaînée.

En se retournant, Hermione comprit pourquoi. Drago Malefoy venait de faire à son tour son entrée et marchait dans leur direction. C'était la première fois qu'elle le voyait en vrai depuis son procès et il était presque méconnaissable. Ses manières s'étaient déjà évaporées il y a plusieurs années mais à présent, il ne restait plus de lui qu'un regard sombre et des traits creusés comme s'il n'avait pas eu une seule nuit de sommeil depuis longtemps. Pourtant, sa carrure était différente, plus carrée et son visage même creusé semblait plus mature.

Elle ne savait pas si c'était elle qu'il fixait mais elle le pris comme tel, et cela la clouait littéralement au sol. Elle osait à peine bouger quand il passait juste devant eux. Harry plaça à nouveau sa main droite dans le creux de son dos, Hermione sembla se rappeler qu'elle savait respirer.

Le blond se positionna à côté du ministre qui lui offrit une poignée de main amicale, comme s'ils avaient déjà répété tout cela. Son costume noir ne semblait être qu'un prolongement de sa personne mais sa maigreur n'échappa aux yeux d'Hermione, qui détourna un instant le regard, gênée de le détailler ainsi à son insus.

« Bienvenue à tous, résonna la voix de Shacklebolt dans tout le hall. Comme vous le savez, M. Malefoy ici présent va se joindre momentanément à nos forces à partir d'aujourd'hui. Nous espérons que vous comprendrez notre désir de laisser les choses où elles sont, c'est-à-dire dans le passé. Voilà pourquoi aucune autre déclaration officielle ne pourra être faite par le Ministère de la Magie ou M. Malefoy. Si vous avez des questions, je vous invite à vous adresser au service de communication qui sera ravi de vous répondre. Merci pour votre attention. »

Shacklebolt inclina sa tête une seconde puis tourna les talons en direction des ascenseurs, Malefoy à sa suite. La foule de journalistes se déchaîna à nouveau, un flot de paroles éclatait dans tout le hall, tout comme les flashs aveuglants des appareils photo qui donnèrent le tournis à Hermione. La brigade essaya au mieux de les contenir en les poussant vers les cheminées. Quand ils arrivèrent à leur niveau, le ministre s'arrêta.

« Miss Granger, salua-t-il. Quel plaisir de vous compter enfin parmi nous. J'ai cru l'espace d'un instant que vous alliez vous désolidariser de notre entreprise. »

« Veuillez excuser mon manquement à mes devoirs, M. le Ministre, énonça la jeune femme en évitant de croiser une paire d'yeux clairs. Comme vous devriez le savoir j'étais assez occupée ces derniers temps. »

Shacklebolt hocha la tête silencieusement, faisant mine qu'il acceptait ses maigres excuses. On pouvait néanmoins entrapercevoir un léger rayonnement dans ses yeux qui prouvait le contraire.

« Comme nous l'avions convenu, M. Malefoy prend ses fonctions temporaires en cet instant, et sera affecté à votre équipe, Harry, puisque vous traquez encore certains mangemorts. »

« Effectivement, ce sera une aide très précieuse. »

Un léger sourire en coin illumina le visage de Shacklebolt hocha la tête, puis il jeta un coup d'œil vers la foule qui ne se calmait toujours pas et proposa au petit groupe de rejoindre le deuxième niveau. Hermione se sentit de nouveau très gênée, ce qui ne semblait pas être le cas de Harry, et quand ils se retrouvèrent dans l'ascenseur, la gêne sembla s'intensifier alors que les pensées se bousculaient dans son esprit. Les portes s'ouvrirent enfin et Hermione put de nouveau respirer normalement et accessoirement se rendre compte qu'une conversation avait lieu.

« J'ai déjà briefé Miller et comme je vous ai dit plus tôt, les informations que tu peux nous fournir feront grandement avancer l'enquête, » disait Harry alors qu'ils avançaient dans le couloir.

Drago qui avait les bras croisés, une main qui entourait son menton et les yeux rivés vers le sol, hocha la tête.

« Je n'en doute pas, » répondit-il finalement.

Sa voix n'avait pas particulièrement changé, constata Hermione, puis son nez se fronça par cette pensée. Ils s'arrêtèrent devant la porte du vaste bureau des Aurors, la plupart étaient occupés ailleurs et les autres penchés sur leurs propres dossiers. Shacklebolt eut un sourire qui mélangeait la fierté et la satisfaction, il abattit sa main sur l'épaule du blond en signe d'encouragement. Hermione, elle, regardait la pile de dossier qui s'était accumulée en son absence au fond du couloir, avec une tonne de missive, et y vit une bonne occasion de s'éclipser.

Ses yeux rencontrèrent ceux d'Harry et elle sentit qu'il la regardait déjà depuis un moment. Elle fronça les sourcils pour lui demander ce qu'il avait mais il ne fit que lui sourire avant de reporter son attention sur autre chose. Elle se racla soigneusement la gorge pour attirer leur attention.

« Je vais être dans l'obligation de m'excuser et de vous abandonner… annonça-t-elle finalement. Un important dossier m'attend sur mon bureau. »

« Ah ! Le projet de loi sur les procès pour tous enfin équitables avance bien ? demanda Shacklebolt et Hermione hocha la tête en guise de réponse. Il me tarde de le recevoir, ma chère Miss Granger ! »

« Ne lui dites pas ça, il occupe déjà tout son temps, » soupira doucement Harry.

« Les gens seront bien heureux quand la loi existera, rétorqua-t-elle et il se dit qu'elle ne changerait jamais avec un léger sourire. Quoi qu'il en soit, Drago, je te souhaite bonne chance ; si tu as un quelconque problème, mon bureau est au fond du couloir. »

Il hocha la tête et elle salua le Ministre et Harry avant de tourner les talons pour enfin pouvoir s'enfermer dans son bureau. Il allait lui falloir plus qu'un café pour affronter le reste de cette journée. Les dossiers sur lesquels elle travaillait étaient toujours étalés sur le bureau et elle eut grand mal à se concentrer de nouveau. D'un coup de baguette, elle réchauffa le café que lui avait apporté Harry et se remit au boulot.

Hermione avait longuement songé à la justice qu'appliquait le ministère depuis des siècles et au nombre de personnes qui, comme Sirius Black ou Hagrid, s'étaient retrouvées à Azkaban sans procès équitable. Mais le projet prenait du temps à se réaliser et cela la frustrait.

Elle resta de nouveau plongée dans son travail jusqu'à midi, où elle grignota à peine un sandwich. L'envie de quitter son bureau pour tomber à un moment ou à un autre sur Drago Malefoy lui était peu désirable, même si Harry vint quand même frapper à sa porte à un moment.

Quand elle leva enfin la tête vers la pendule au-dessus de la porte, Hermione se rendit compte qu'elle avait de nouveau prolongé ses heures de travail. Elisabeth des ressources humaines allait bientôt l'éviscérer sur la place publique si elle continuait. La tasse de café qu'elle n'avait pas arrêté de remplir, était à présent de nouveau glaciale et c'est alors qu'elle décida qu'il était temps de partir.

Elle éteignit la lumière de son bureau derrière elle et celle des bureaux adjacents au sien puis s'arrêta à l'embrasure de celui des Aurors. Hermione resta figée, sans qu'elle ne le veuille. Là se trouvait Drago Malefoy, il était penchée sur des documents et paraissait exténué.

Se sentant sûrement observé, ses yeux se levèrent automatiquement vers elle. Son expression d'ennui se changea en surprise et il se leva d'un coup de sa chaise. Hermione ressentit la gêne lui réchauffer le visage alors qu'elle l'avait surpris à une heure aussi tardive et lui sembla éprouver la même chose

« Bonne soirée, » dit-elle avant de disparaître de l'embrasure de la porte.

Une fois arrivée dans l'ascenseur, elle se sentit enfin soulagée peut-être pour la première fois depuis la fin de la guerre de quitter le ministère. Ses talons claquaient une dernière fois sur le sol en marbre du hall avant qu'elle ne disparaisse dans un halo de nuage vert.

A cette heure-ci aucun journaliste ne trainait plus autour du ministère et elle transplana dans l'air froid du soir. Pattenrond vint automatiquement se frotter à ses chevilles quand elle apparut dans le salon de son appartement. Elle balança ses talons, mis son pyjama et s'entoura des couvertures de son lit, la main tendue vers l'interrupteur de sa lampe de chevet.

Le noir l'envahit juste avant que des souvenirs enfouis au fond de sa mémoire ne refassent surface. Des doigts dans sa nuque, et la douceur de ses lèvres contre les siennes, un parfum qu'elle pensait avoir oublié. Ses yeux se scellaient.