Son nom était partout, dans tous les journaux, dans toutes les radios. Drago Malefoy était vraiment de retour dans le monde magique. Il n'avait pas voulu au départ, mais Shacklebolt lui avait balancé une tonne d'arguments si irréfutables les uns que les autres qu'il n'avait pas vu d'autres moyens de survivre maintenant qu'il était sorti d'Azkaban. Le nom Malefoy n'avait plus aucune valeur et leur fortune s'était à moitié dilapidée à cause de la guerre. Narcissa Malefoy voyait régulièrement un thérapeute et essayait tant bien que mal de se remettre des événements de ces dernières années.
Il aurait pu s'exiler en Amérique ou sur le continent européen mais il se devait de s'occuper de sa mère jusqu'au bout ; il l'avait déjà laissée seule pendant cinq longues années.
Ce poste temporaire au Ministère, il ne le voulait pas. Il avait seulement passé un marché avec Potter dans le but d'arrêter les mangemorts encore restants contre une réduction de peine. Une fois cela réglé, il pourrait enfin disparaître.
Sa présentation face aux journalistes avait été minutieusement rodée par Shacklebolt, cependant quand les portes de l'ascenseur s'étaient ouvertes et que ses yeux avaient scruté le hall, il fut surpris de voir qu'Hermione Granger était aussi présente. Il savait qu'elle avait été conviée à la plupart de leurs réunions mais elle n'avait jamais daigné être présente. Il croisa son regard et vit qu'elle semblait autant surprise de le revoir en vrai et il essaya de détourner le regard ; sans succès jusqu'à ce qu'il la dépasse.
Il laissa Shacklebolt parler comme ils avaient convenu ; comme ça aucune question embarrassante de la part des journalistes ne pourrait être prononcée, et il s'en sentit soulagé. Combien de fois encore faudrait-il qu'il s'affiche devant ce parterre de loups assoiffés ? Il voyait dans leurs yeux l'unique envie de dévoiler toutes ses failles et secrets au monde entier. Jamais il ne laisserait cela se reproduire une nouvelle fois. La famille Malefoy tomberait dans l'oubli dans un an ou deux et cela ne ferait de mal à personne.
Le ministre lui fit signe de le suivre et s'arrêta devant ce qu'il restait du trio d'or. Ils montèrent ensuite tous au deuxième étage, laissant la foule se déchaîner sur tout ce qui bougeait.
Drago allait commencer son travail et ce ne serait pas du tout facile. Il devait traquer les troupes de mangemorts qui restaient et il n'était pas vraiment serein pour sa sécurité. La majorité le haïssait, il avait échappé de justesse à la mort à Azkaban, mais pas son père. Il ne l'avait pas vu mais savait que ce n'était pas une mort naturelle. Il devait se concentrer sur cette propre vengeance personnelle pour pouvoir traquer ces hommes et les mettre une bonne fois pour toutes hors d'état de nuire.
La journée lui parut cependant interminable et les jours qui suivirent furent tous semblables. Même si l'accueil que lui avait réservé les autres Aurors fut plutôt cordial, le fait de se sentir novice au milieu de cette équipe déjà très entraînée mit un léger coup à sa déjà faible assurance. Son travail constitua en premier lieu à donner toutes les informations qu'il possédait sur les mangemorts et leurs activités. Durant ses cinq années en prison, il avait entendu pas mal de choses dont Harry semblait trouver un intérêt très particulier.
« On sait déjà que Dolohov s'est réfugié en Sibérie, énonça Harry Potter en dessinant un rond rouge sur la carte disposée sur la table. Selon nos informations, il a rallié des harpies ainsi que des vampires, loups-garous mais le plus inquiétant reste le nombre d'Inferius présents dans cette zone. »
« Selon nos informateurs d'Europe de l'Est, ils essaient de maintenir en vie Greyback, ajouta Miller à son tour. Un chargement d'Essence de Dictame à été enregistré à la frontière russe et nous laisse tout à croire qu'ils se préparent à un attaque de grande envergure. »
Le silence retomba sur le groupe d'hommes qui regardaient les éléments de l'enquête étalés face à eux. Drago se mordilla distraitement la lèvre inférieure. Il avait bien entendu parlé de ça à Azkaban et avait réfléchi sans relâche à un moyen de contrer Dolohov.
« Ce n'était qu'une rumeur à Azkaban mais on disait que Dolohov avait tellement usé de magie noire que cela a affecté ses organes internes de façon permanente, » rapporta sombrement Drago.
Toute l'attention se retrouva instantanément rivée sur lui. Il n'était pas encore habitué à trouver ça normal et hésita quelques secondes avant de poursuivre.
« Je pense que pour limiter les dégâts sur le sol britannique et éviter toute discréditation du Ministère, il faut frapper les premiers. »
« Que proposez-vous, M. Malefoy ? »
C'était Maugrey qui avait parlé. Il le scrutait avec son œil démesuré. Drago eut un flashback de sa cinquième année quand ce même homme l'avait transformé en belette et accessoirement ridiculisé devant tout le monde. Le blond secoua la tête tout en baissant les yeux. Bien sûr, ce n'avait pas été lui mais Barty Croupton Jr. Ce fils de.
« Il faut qu'on frappe sur leur territoire, enfin à supposer qu'ils ne soient pas au courant que vous soyez sur leur piste. Quelque chose qui porte un coup et qui puisse envoyer un message, Drago déglutit, son idée était extrême mais plausible. Pour cela, il nous faut un appât. »
« De quel genre d'appât tu veux parler ? »
C'était Harry qui venait de prendre la parole et le blond planta ses iris dans les siennes. Il savait d'avance qu'il n'allait vraiment pas apprécier.
Hermione s'affairait déjà dans son bureau et dû gérer à distance une querelle de voisinage entre deux familles de Gobelins et des sorciers qui menaçaient sérieusement d'incendier le voisinage moldu. Elle sentait déjà une migraine lui monter jusqu'au crâne. Soudainement, un bruit de talon claquant sur le marbre du couloir attira l'attention d'Hermione. Une seule autre personne portait des escarpins à cet étage et c'était Alice Hawks ; son assistante. Elle regarda sa montre qui affichait 10h15 précise et l'un de ses sourcils s'arqua.
De mieux en mieux, se marmonna-t-elle à elle-même.
La porte de son bureau s'ouvrit alors et dans l'embrasure se tenait une jeune femme blonde. Elle arborait une paire de lunettes noires et dans l'une de ses mains gantées se trouvait un porte-gobelet qui semblait soutenir deux grands cafés.
« Un jour entier d'absence, du jamais vu, » railla Hermione en reportant son attention sur ses papiers.
« Mot du médicomage, » annonça Alice en s'affalant sur l'un des fauteuils face au bureau.
Elle déposa délicatement le porte-gobelet sur la surface en bois et attrapa l'un des cafés. Hermione saisit le papier qu'elle venait de poser devant elle et leva les yeux au ciel.
« Un cas aigu de Dragoncelle, lut-elle à haute voix. Rien que ça. »
« Est-ce que je dois te rappeler que notre feu Ministre de la Magie, Eldritch Diggory en est mort dans l'exercice si périlleux soit-il, de ses fonctions. Tu devrais prendre cela un peu plus au sérieux, Hermione. »
« Je vois… et les lunettes font partie de l'ordonnance aussi ? »
« Ah non, ça c'est pour la gueule de bois. »
Cela faisait maintenant 3 ans que les jeunes femmes travaillaient ensemble, et Hermione ne le regrettait pas le moins du monde. Alice avait choisi de quitter le MACUSA pour rejoindre le Ministère de la Magie britannique. Elle avait tout d'abord été fascinée par le parcours d'Harry et Hermione et cela l'avait convaincu de parcourir l'Atlantique pour venir s'installer en Europe. Depuis, une amitié s'était liée entre les deux sorcières et Alice avait rapidement rejoint leur cercle d'amis et ce fut comme si elle avait été avec eux à Poudlard.
« J'avais besoin de toi, hier, sermonna Hermione. C'était la pagaille dans tous les sens, j'ai dû gérer mes rendez-vous et Hemlock a encore une fois outrepassé la sécurité pour venir toquer à ma porte. »
« Oh, monsieur Haleine-d'Enfer ! s'exclama-t-elle en même temps qu'un rire cristallin sortait de sa bouche. Écoute, excuse-moi Hermione mais tu te souviens de Josh ? Le mec de The Base ? Bah, il m'a envoyé un message à la débauche pour savoir si on pouvait se voir et tu me connais, j'ai dit oui. »
« Sans blague. »
« Meilleur coup de ma vie, avoua Alice sans prêter attention à l'exaspération qui se lisait sur le visage de la brune. Je te promets, Daniel n'est en rien comparable. Ce vieux tocard. »
« Alice…on s'était mises d'accord pour laisser nos ex dans le passé, pas vrai ? »
« Aller Hermione, arrête de faire ta rabat-joie. D'ailleurs, en parlant de passé... je t'ai vue dans le journal avec Drago Malefoy, dis donc… »
« Ah non, tu vas pas commencer, protesta Hermione en agitant les bras pour faire cesser la conversation. On a déjà 3 heures de retard sur l'horaire et j'ai pas envie de prendre ma pause demain. »
« Très bien, puisque c'est comme ça. »
La blonde pris un air faussement offensé et se souleva de son fauteuil. Elle resta un instant stoïque puis, d'un air faussement snob, tourna les talons. Cependant, avant de franchir le seuil, elle s'arrêta.
« Quelle sotte que je fais ! s'exclama-t-elle toujours dans son personnage. Notre très illustre Ministre souhaiterai vous recevoir dans les plus brefs délais. »
« Quelle affaire ? »
« Quelle autre affaire que celle des Mangemorts, me direz-vous ? »
Hermione afficha un léger air dépité. Elle aimait apporter son aide aux Aurors dès qu'elle pouvait, mais elle avait dû mal à gérer son temps. Si elle continuait ainsi, jamais elle ne pourrait finir son projet de loi à temps. Elle souffla légèrement et se passa une main sur la nuque avant de se lever.
« Tu veux bien transmettre mon rapport à McGregor ? »
La blonde hocha la tête avant de prendre le dossier et Hermione arpenta le couloir pour arriver jusque dans l'open-space des Aurors. La porte du bureau d'Harry était entrouverte et elle toqua avant qu'on ne l'invite à entrer. Cependant, elle resta dans l'embrasure quand elle vit ce qui l'attendait déjà.
Shacklebolt, Maugrey, Drago ainsi que les coéquipiers d'Harry et lui même, étaient éparpillés aux quatre coins de la pièce et avaient déjà les yeux rivés sur elle.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? » questionna-t-elle, sentant un sentiment étrange l'envahir.
« Fermez la porte, miss Granger. » répondit alors le Ministre et elle s'exécuta.
L'odeur de café imprégnait les murs du bureau comme si la pièce avait accueilli des siècles de drogués à cette substance. Elle croisa le regard de Drago, qui le détourna aussitôt comme si de rien n'était. La scène qui se déroulait face à elle était presque surréaliste.
« Si vous l'acceptez, ma très chère Granger, nous avons une mission des plus importantes à vous confier, » énonça Maugrey, les bras croisés sur le cuir usé de son vieux manteau.
L'intéressée déglutit très difficilement. Elle ne savait pas pourquoi mais vue l'expression sérieuse que chacun arborait, elle n'allait sûrement pas apprécier la suite des événements. Malgré tout, elle se devait de répondre présente à l'appel du devoir, comme elle l'avait toujours fait.
« Je vous écoute. »
Les hommes présents se regardèrent les uns après les autres et Hermione eut l'impression d'être dans un film. Finalement, ce fut le Premier Ministre qui formula les quelques mots qui allaient bouleverser le cours des choses.
« Êtes-vous prête à sauver notre monde une nouvelle fois ? »
