Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .

Résumé : Osman sait l'amour de la poésie qu'a Meleksima. Tout comme il sait que la poésie ottomane n'est pas des plus faciles. [Magnificent Century : Kösem]

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (02/50) + 50 drabbles (13/50) – Osman II et Meleksima Hatun + 21 mars - Journée mondiale de la Poésie + Défi de Sarah et Voirloup n° 291 : Ecrire un poème + ACTION 106 : Écrire un poème

Un essai poétique

La réaction de Meleksima est tellement spontanée et sa mine si impayable qu'Osman ne peut s'empêcher de sourire. Il l'a retrouvée assise dans ses appartements, l'attendant sans doute suite à un conseil et elle patientait en écrivant quelque chose sur une feuille... qu'elle a pris soin de cacher dès qu'il est arrivé, déjà pour se lever et le saluer. Même s'il ne lui en aurait absolument pas tenu rigueur étant donné l'avancement de sa grossesse...

-Je peux ressortir et te laisser terminer. Plaisante-t-il

-Je ne vais pas vous chasser de votre propre chambre, Majesté !

-Il n'y a que nous deux. Tu n'as pas à me vouvoyer ou à m'appeler Majesté.

La concubine se détend et finit par lui montrer ce qu'elle tient derrière son dos.

-De toute façon, tu l'as vu, donc je ne peux plus vraiment te faire la surprise.

Il s'approche d'elle et ensemble, ils s'assoient sur les coussins près du lit royal. Le jeune sultan constate alors que sa compagne écrivait, jusqu'à son arrivée, un poème. Il sait l'amour de la jeune femme pour la musique, les arts en général, ce qui est un de leurs nombreux points communs. Il remarque également qu'elle essaye un style ottoman. Elle qui vient de l'extérieur de l'empire, l'exercice n'est pas aisé.

-Tu m'as dit un jour que tu admirais les textes que le sultan Soliman avait pu rédiger pour son haseki, la sultane Hürrem. J'ai voulu essayer d'en faire un pour toi.

L'adolescent se sent fondre. Meleksima est la perfection faite femme.

-Ce serait plutôt à moi de t'écrire des odes.

-Pourquoi ? Je suis certaine que tes pashas seraient heureux d'avoir des poèmes écrits pour eux de la main de leurs épouses.

Ce n'est pas faux. Ils apprécieraient sans doute. Ou ils seraient heureux de l'attention même s'ils s'en fichent de la poésie dans les faits.

-Puis-je le lire ? Demande-t-il

Elle lui confie son travail sans crainte, sachant toute la bienveillance dont il fera preuve. Il lit ses lignes.

Mon amour, ma vie, mon âme,

Mon existence, mon souffle de vie, mon cœur qui bat,

Mon Rome, mon Istanbul, mon Constantinople,

Mon univers où le soleil ne se couche jamais.

L'homme par qui le bonheur arrive

Et qui frappe à ma porte, bras et mains ouverts.

Elle n'a pas eu le temps de rédiger la suite. Il remarque immédiatement le texte qui l'a inspirée : ce célèbre poème rédigé par son aïeul pour son grand amour, conservé précieusement dans les archives du palais. Le jeune homme sait combien l'exercice est difficile, d'autant plus que les poèmes européens ont des codes différents : le rythme, la taille des pieds, la richesse des rimes et de la construction... Et surtout, le plus important dans tout écrit offert, il sent tout l'amour qu'elle a pour lui, un amour pur, sincère, et la couronne n'a rien changé. Il est toujours pour elle Osman, ce prince qui l'a sauvée et avec lequel elle a une connexion authentique, leurs âmes trouvant un écho l'une en l'autre. Mettre des mots sur ça serait une tâche ardue même pour le plus brillant des artistes.

-Le début est magnifique, Meleksima.

-Tu ne dis pas cela juste pour être gentil ?

-Je suis sincère. Et j'ai hâte de lire la suite.

Il lui embrasse le front et ensemble, ils profitent d'un moment de calme bien mérité, loin du tumulte du harem.

Ce soir, il n'y a qu'eux, leur bébé qui grandit tout en étant protégé par le ventre maternel, et leurs sentiments.

FIN