Astoria Greengass, c'est comme cela qu'elle se nomme. C'est une femme d'une grande beauté, une vraie déesse brune. A la minute où il l'a vu, il en est tombé amoureux, je le sais, j'étais là.
Avant elle, il n'avait d'yeux que pour moi, j'étais le fruit interdit, la femme qu'il ne pourrait jamais se permettre d'avoir. J'avais remarqué son regard sur moi, il me regardait depuis aussi longtemps que je le connais.
La première fois que j'ai croisé son regard, j'ai su qu'il m'aimait, qu'il me voulait, mais j'ai remarqué aussi la haine qu'il me portait, parce que je ne serais jamais à lui, alors il ne ratait pas une occasion de m'insulter, de m'humilier. Je répondais à ses joutes parce que je savais que c'était ce qu'il voulait, sa seule manière de pouvoir entrer en contact avec moi, d'une certaine manière, il aimait ça.
Moi aussi j'aimais ça, j'aimais comment il me regardait, comme si j'étais l'objet le plus précieux au monde. J'aimais nos disputes et nos chamailleries. Aussi bizarre que cela puisses paraître, j'attendais avec impatience qu'il arrive et qu'il m'insulte de tous les surnoms que lui seul trouvait drôle, parce qu'au fond c'était sa manière à lui de me dire à quel point il m'aimait.
Et moi aussi je l'aimais. La première fois que je l'ai vu, mon cœur m'a fait un signe. Quand j'ai appris qui il était, j'ai su qu'il ne pourra jamais rien se passer entre nous. La première fois qu'il m'a regardé j'ai su que j'étais foutue.
Et la première fois qu'il m'a insulté, j'ai pleuré et maudit le monde qui m'entoure.
Et puis, elle est arrivée, elle lui a souri et il l'a suivi. Cela n'aurait pas dû me faire autant mal, après tout, je le voyais souvent avec d'autres filles depuis quelques années, des brunes des blondes, des rousses et j'en passe, elles étaient belles, charmantes, tout ce que vous voulez. Je les haïssais toutes, évidement. Je les méprisais parce qu'elles étaient dans les bras qui me revenaient à moi, même si elles n'y restaient que le temps d'une nuit, je voulais qu'elles meurent toutes autant qu'elles étaient, il m'appartenait, c'était moi qu'il aimait, même si entre nous c'était impossible. Quand il a suivi Astoria Greengass, j'ai failli en mourir, parce qu'au fond de moi je savais, qu'elle ne me l'empruntait pas, comme tant d'autres avant elle l'avait fait. Quand il a accepté de la suivre, j'ai su que je l'avais bel et bien perdu.
Lundi
Un mois, cela fait un mois qu'il la suit partout, qu'ils s'affichent aux yeux de tous comme le plus beau couple de Poudlard. Et j'aurais sûrement approuvé si mon cœur n'était pas en miette, si je n'étais pas autant triste et en colère.
Ce matin, comme tous les matins depuis un mois, je me suis levée du mauvais pied, il n'y avait plus personne dans le dortoir, je me suis alors habillée en vitesse et je me suis dirigée vers la grande salle pour le petit déjeuné, même si je n'avais pas faim, d'ailleurs je n'avais plus faim depuis un mois. Je n'aurai jamais cru qu'en le perdant j'aurai aussi perdu le goût de vivre.
En entrant dans la grande salle, mon regard se dirige instinctivement vers la table des serpentards. Je m'attends toujours à ce qu'il me gratifie d'un regard, comme il le faisait avant, mais au lieu de ça, comme tous les matins depuis un mois, je le vois avec elle, je vois comment il la regarde, et mon cœur me serre, il me regardait comme ça avant. Je rejoins ma place à la table des gryffondors, avec mes amis. Mes amis qui ne comprennent pas ce qui m'arrive, qui m'en vue sombrer du jour au lendemain sans pouvoir rien y faire. Comme tous les matins, Harry essai de me soutirer des informations:
· Ça va aujourd'hui Hermione? Tu as bien dormi?
Le pauvre. Chaque jour il s'évertue à me demander la même chose et chaque jour il se prend un vent. Je le réponds avec un grognement presque inaudible.
Ginny enchaîne:
· Ça te dit de venir à Pré-au-lard avec moi cet après-midi? ça te ferait du bien de sortir un peu et puis il faut vraiment qu'on renouvelle ta garde-robe.
Elle est vraiment mignonne à vouloir me changer les idées, mais à cet instant, elle m'énerve plus qu'autre chose.
· Si tu veux Gin'.
Je n'ai pas envie, mais j'acquiesce quand même, parce que pourquoi pas, de toute manière je m'en fou. Tout ce qui m'importe c'est qu'il vient de replacer une mèche derrière ses oreilles, qu'elle a rougit et que tout le monde continue de manger alors mon monde s'écroule.
J'ai envie de crier là tout de suite, j'ai des envies de meurtres. J'essaie de rester calme, je me concentre comme je peux sur le contenu de mon assiette mais rien y fait, j'ai besoin de me défouler sur quelqu'un. Je regarde Ron qui comme toujours mange avec grand appétit et je me sens déjà désolé pour lui.
· Tu pourrais arrêter de faire autant de bruits quand tu manges Ronald? Tu me donne envie de vomir.
Mes amis me regardent choqués, Harry est sur le point de dire quelque chose mais je ne lui laisse pas le temps, je me lève et me dirige hors de cette salle, j'ai besoin d'air.
J'erre dans les couloirs sans but, je me sens totalement vide, je sais que mon premier cours commencera dans quelques minutes mais je n'ai pas envie d'y aller, c'est un cours commun avec les serpentards. Même si le cours de Mac Gonagal a toujours été mon cours préféré, ça ne suffit pas à me motiver. Je n'ai pas envie de le voir. C'est vrai que les cours sont les rares fois où je le vois sans elle, vu qu'Astoria est une année en dessous de nous, mais ça me fait autant mal que si elle était là, parce même si elle n'est pas là physiquement, son aura reste.
Sans que je ne me rende compte, mes pieds m'ont quand même conduit devant les portes de la salle de classe. Je suis en retard mais ce n'est pas grave, c'est devenu une habitude depuis un mois. Je pousse les portes et les regards se retournent vers moi. Je croise son regard acier, mon cœur bat à la chamade, j'ai envie de courir vers lui, mais une voix me ramène à la réalité:
· Miss Granger, encore en retard? Vous me décevez beaucoup. Décidément, vous faites n'importe quoi ces derniers temps. Je retire 5 points à Gryffondor pour votre non-respect des horaires de cours et vous serez en retenue pour toute la semaine, j'espère que cela vous servira de leçon. Rejoignez votre place au plus vite.
Je n'entends pas la moitié de ce qu'elle dit, elle peut bien me retirer 1000 points je n'en ai que faire, les prunelles grises de celui qui fait battre mon cœur ne m'ont toujours pas quitté. Les serpentards ricanent et les gryffondors ont l'air énervé, mais je m'en fou, il me regarde.
Alors que les autres élèves se reconcentrent sur le cours, je rejoins ma place, pas celle au premier rang, cela fait un mois que je ne m'y assieds plus, il ne me lâche toujours pas du regard. Cela me met un peu mal à l'aise, je ne sais plus comment me comporter face à cette situation, je n'ai plus l'habitude qu'il m'accorde de l'attention. Son visage ne laisse apparaître aucune émotion, comme toujours, j'ai du mal à deviner ce qu'il pense, ce n'est pas nouveau, mais sans pouvoir dire comment, j'aperçois une lueur dans ses yeux, comme de l'inquiétude. Ce pourrait-il qu'il s'inquiète pour moi? Se soucie-t-il encore de moi?
Avant que je puisse mettre mes idées au clair, il se saisit de sa plume et commence à prendre des notes sur le cours. Le temps s'arrête, mon cœur ne bats plus, il m'a oublié à nouveau.
Le soir dans la salle commune, je suis toujours dans un état pas possible. Vautrée dans mon canapé, perdue dans mes pensées, j'ignore ce qui m'entoure. Soudain Ginny fait irruption dans la pièce.
· Tu sais quoi Hermione? Si tu as envie de déprimer, libre à toi, mais tu ne peux pas nous imposer ton humeur exécrable, soit tu nous dit ce qui se passe pour qu'on t'aide, soit tu prends sur toi et tu arrêtes de nous pourrir la vie!
Je reste abasourdi devant ses paroles, elle a l'air vraiment en colère. J'aimerai lui répondre, lui dire que j'ai tellement mal, que je meure depuis un mois, que j'ai besoin de lui, que je l'aime toujours autant qu'avant, que je ne supporte plus de le voir avec une autre. Mais je ne peux pas dire ça, je ne peux avouer ce que ressens. Alors je me tais, au bord des larmes, j'ai du mal à soutenir le regard de ma meilleure amie, j'ai honte de moi. Je suis vraiment la pire des amies, je l'ai évité tout l'après-midi parce que je ne voulais pas aller à Pré-au-lard, je n'avais pas le moral.
Ginny émet un soupir las et s'en va.
La nuit dans mon lit, j'ai du mal à trouver le sommeil, comme toutes les nuits depuis un mois, sauf que pour la première fois depuis ce mois, je ne pense pas seulement à la perte que j'ai subie, non cette nuit, je pense aussi à mes amis, à ce que je leur fais subir tous les jours, aux professeurs qui s'inquiètent pour moi. Dans ma chute, j'ai entrainé avec moi tous ceux pour qui je comptais. J'ai été égoïste. Et pour quoi? Pour une relation qui était déjà impossible? A un moment, totalement perdue au milieu de mes tourments, je me dis que si ça se trouve, je m'étais toujours fait des idées, peut-être qu'il ne m'a jamais aimé… Mes pensées commencent à m'épuiser, je perds petit à petit la raison…
Je repense à ce que Ginny m'avait dit, et je sais qu'elle a raison, il faut que je me relève, que je prenne sur moi.
Demain c'est décidé, j'arrête de m'apitoyer sur mon sort.
Demain je tournerai pour de bon la page Drago Malefoy. Demain j'irai mieux. Ou du moins, j'essaierai.
Mardi
En entrant dans la bibliothèque, Mme Pince me jette un regard à la fois de surprise et d'étonnement l'air de dire: «Enfin!». Cela faisait un mois que je n'y avais pas mis les pieds. Je m'assieds à une table libre et je sors mes affaires. J'essaie de me concentrer sur mon parchemin mais je n'y arrive pas, je sens que mes larmes viennent mais je n'ai pas le droit de pleurer, pas aujourd'hui, pas maintenant, je dois aller mieux.
La journée n'a pas été facile. Certes tout avait bien commencer, je m'étais réveillée avant tout le monde, pris une bonne douche et mis de longues minutes à démêler mes cheveux. Je suis descendue de bonne heure dans la grande salle et pris mon petit déjeuner, enfin j'essayai. Ce n'était pas évident d'aller mieux du jour au lendemain, j'avais mal à l'intérieur, je n'avais envie de rien mais comme je me l'étais promis à moi-même, il fallait que je prenne sur moi, que j'enfuis la douleur au plus profond de mon cœur jusqu'à l'oublier totalement. Mes amis ont eu la même réaction que Mme Pince.
Aujourd'hui c'est moi qui a demandé à Harry comment il allait, s'il avait bien dormi. J'ai également présenté mes excuses à Ginny et promis de l'accompagner à Pré-au-lard dès qu'on aura un moment de libre. J'ai même aidé Ron avec son devoir de botanique. Les professeurs m'ont félicité de m'être reprise à temps, car oui, j'arrivais à l'heure aux cours et j'avais repris ma place au premier rang, évidemment, je n'ai pas manqué une occasion de lever la main à chaque question posée. Toute la journée j'ai fait de mon mieux pour redevenir l'Hermione d'avant, extérieurement bien sûr, parce qu'intérieurement je me battais avec moi-même. Je faisais tout mon possible pour ne pas le regarder, pour ne pas le croiser. Heureusement nous n'avions pas eu de cours en commun avec les serpentard aujourd'hui.
Après le dîner, j'étais épuisée, je voulais me retrouver seule, du coup je me suis dirigée à la bibliothèque au grand bonheur de mes amis et de Mme Pince.
Et c'est comme ça que je me suis retrouvée ici, penchée sur mon parchemin, essayant d'étudier comme avant, mais échouant lamentablement. La solitude ne me réussit vraiment pas, c'est plus facile de faire semblant quand il y a plein de gens autour mais c'est autre chose quand je me retrouve avec moi-même.
Je décide de me lever et de chercher un livre pour me changer les idées. Je ne sais plus depuis combien de temps j'arpente les allées entre les étagères, j'ai oublié ce que je cherchais. A bout de force, je m'assieds et m'adosse à une étagère, et enfin je libère mes larmes.
Promis demain, j'arrête de pleurer, j'ai déjà fait beaucoup d'efforts aujourd'hui, j'ai le droit de relâcher un peu la pression.
C'est à ce moment-là que j'entends des voix chuchotées derrière l'étagère à laquelle je m'étais appuyée. Je sèche mes larmes, je n'ose plus bouger.
· Je n'aurai jamais cru que ça marcherai, tu es un génie. S'exclame une voix féminine qui ne m'est pas étrangère, mais sur le coup il m'est impossible de l'identifier.
· Bien sûr, qu'est-ce que tu croyais? Que j'allais me laisser faire? Il doit m'épouser, il doit m'appartenir. Ce n'était pas très malin de sa part d'avoir refusé le mariage au début. Maintenant même si je dois le maintenir sous potion jusqu'à la fin de ses jours, bah, tant mieux pour moi, au moins j'aurai un bon petit mari fou amoureux de moi. S'esclaffe une autre voix que je reconnais immédiatement.
Astoria Greengass. Sur la route vers mon dortoir, je repense à elle. De quoi parlait-elle? C'était évident bien sûr, elle a donné un philtre d'amour à Drago pour pouvoir l'avoir, je ne suis pas stupide, je l'ai compris à la minute où elle a terminé sa petite tirade. Mais l'information refusait d'arriver à mon cerveau, c'était beaucoup trop gros pour moi. Pourquoi n'avais-je rien remarqué pendant ce mois? Rien ne m'échappe d'habitude, surtout le concernant. Etais-je si aveuglée par ma peine?
Mon cœur se mets à battre à la chamade, cela veut dire que peut-être il n'aime toujours que moi, que sans cette maudite potion… Et maintenant que dois-je faire? Si je le libère de cette potion, rien ne me dira qu'il se passera quelque chose entre nous. Et voilà que je me remets à devenir égoïste, bien sûr que je dois le libérer de cette fille, pour lui, parce que personne ne devrait être obliger d'aimer contre sa volonté. Il me faut un plan.
En entrant dans la salle commune, Harry se jette sur moi:
· Hermione, je m'inquiétais, ça fait au moins une heure que la bibliothèque a dû fermer, qu'est-ce qui t'as pris autant de temps pour ne rentrer que maintenant?
Une heure? Mais qu'ai-je fait? Peut-être que j'ai fait le tour de tout Poudlard, je ne m'étais même pas aperçu, perdue dans mes pensées.
· Désolée Harry, j'ai fait un petit tour.
C'est tout ce que je trouve à lui répondre.
· T'es sûre que ça va? Tu es bizarre.
· Oui oui ça va, je vais très bien, j'étais juste un peu perdue dans mes pensées, le devoir de potion me prend la tête.
Oui Harry j'ai un problème de potion, mais pas de devoir. Maintenant que j'y pense il faut que je fabrique l'antidote du philtre d'amour. J'attendrais que tout le monde s'endorme pour sortir, il me faut les ingrédients pour concocter ma potion.
Cette nuit, je dors peu mais bien, le cœur léger, consciente que demain je vais tout faire pour retrouver l'homme que j'aime. Cette fois je ne laisserai pas passer ma chance, quand il reviendra, je lui avouerai mes sentiments et même si ça paraît totalement impossible entre nous, je lui dirai quand même, je lui dirai pour soulager mon cœur, pour être enfin fixer. Peu importe les conséquences je suis fatiguée de faire semblant.
Mercredi
Il est là devant moi, il est si beau. Il me regarde bizarrement, sûrement étonné que je sois là. Il ne s'attendait pas à me voir, il l'attendait elle, pas moi. Il est tombé dans mon piège…
Depuis le moment où j'ai ouvert les yeux, je m'étais creusé la tête pour trouver une manière de lui administrer l'antidote.
J'ai pensé lui faire envoyer un gâteau, mais rien ne me disait qu'il le mangerait, il est peut-être sous l'influence de cette diablesse d'Astoria Greengass, mais il n'est pas non plus devenu bête, bien sûr j'aurai pu écrire un mot lui faisant croire que ledit gâteau viens de la part de sa petite amie, mais ce n'était pas non plus prudent, qui me dit qu'Astoria ne surveille pas tout ce qu'il mange. Il fallait que je le vois prendre la potion, si possible que je lui fasse prendre de mes propres mains, pour cela j'avais besoin de le voir seul, ce qui n'étais pas masse à faire vu comment elle l'a collé toute la journée.
Heureusement, nous avions DFCM en commun avec les serpentards cet après-midi, je lui ai envoyé un mot disant: «Salle sur demande après ton cours. Astoria» Simple, précis. Je savais qu'il ne poserait aucune question et se contenterai d'aller au rendez-vous, quand il s'agit de la personne qui vous a mis sous philtre d'amour, vous perdez totalement la raison et vous êtes prêt à faire n'importe quoi qu'importe la logique.
Il me regarde, essai de voir derrière moi, il ne comprend pas.
· Granger? Mais je croyais que… Où est Astoria? Tu lui as fait quelque chose?
Le pauvre, il a l'air désespéré, si j'avais encore des doutes sur le philtre d'amour, là j'en serai convaincue, il n'a rien de Drago Malefoy, juste le petite toutou d'Astoria Greengass. Mon cœur me fait mal, je ne supporte pas de le voir dans cet état, je veux qu'on me rende le Drago arrogant, prétentieux, sûr de lui, indépendant, mon Drago.
· Astoria? Astoria?
Il se met à l'appeler en criant, je m'avance vers lui, il recule, il a peur, il ne comprend pas. Alors j'essaie de le rassurer.
· Tout va bien Drago, Astoria va venir, elle m'a juste demandé de venir te donner cette potion, elle m'a dit de te dire que tu en avais besoin. Viens approches…
Il ne comprend toujours pas. Mais je sais qu'il fera ce que je demande, ce n'est pas difficile de faire faire quelque chose à une personne sous philtre d'amour, il suffit de le demander au nom de la personne qui l'a envoûté et il le fera. Il s'approche et se saisit de la potion, il me jette un regard méfiant, hésite mais fini par boire l'antidote.
Je suis heureuse, pour la première fois depuis un mois je souris sincèrement, dans quelques minutes il sera lui-même. Les questions se bousculent dans ma tête, comment dois-je me comporter? Que dois-je lui dire?
· Hermione ? Qu'est-ce qui se passe.
Ça y est, il est là, il est revenu, je le vois dans ses yeux, il me regarde à nouveau comme avant. Ma réaction m'échappe totalement, mon corps ne m'obéit plus, je me jette dans ses bras et je me laisse aller.
Il ne comprend pas, sous l'effet de la surprise, il ne bouge pas, mais après quelques secondes il m'enlace et me serre fort dans ses bras. Nous restons ainsi longtemps, je ne sais plus combien de temps mais longtemps, savourant ce moment, appréciant cette proximité.
Un peu gênés, on se sépare, je m'assieds dans un canapé et j'attends qu'il me rejoigne, ce qu'il fait sans poser de question.
· Astoria Greengass t'a donné un philtre d'amour. Dis-je sans le regarder.
· Je vois, me répond-t-il, merci.
Il se lève et s'apprête à partir. Je voudrais le retenir, lui dire que ce n'est pas tout, que je l'aime, que je l'aime depuis toujours, combien j'ai souffert pendant ce mois, mais les mots ne me viennent pas, je ne bouge pas. Alors il s'en va.
Reprenant enfin conscience, je me lève et lui cours après, je m'étais promis que je lui dirai, alors je lui dirai. Heureusement pour moi, il n'était pas encore aller trop loin, à peine sortie de la salle sur demande, je l'aperçois adossé à un mur.
Je reprends mon souffle et m'approche de lui. Mon regard croise le sien et je m'y noie, je sens qu'il sait déjà ce que je veux lui dire, je n'ai pas besoin de lui avouer. Il se rapproche de moi, caresse ma joue de ses doigts, nos visages ne sont plus qu'à quelques centimètres, je sens son souffle sur mon visage. Alors je ferme les yeux et je sens ses lèvres sur les miennes. Le temps s'arrête et plus rien n'a d'importance, cet instant est parfait.
Cette nuit, je n'arrive pas à dormir, je suis tellement heureuse, je crois que je ne me suis jamais sentie aussi bien de toute ma vie. Je revois encore son sourire après notre baiser, le plus beau sourire qu'il m'est été donné de voir. Je revis encore notre discussion.
· Je suis désolé d'avoir mis autant de temps Hermione.
· Drago, non c'est moi, j'aurai dû te dire plus tôt… J'ai failli mourir tu sais, ce mois a été le plus long de toute ma vie, je crois bien que je n'ai jamais autant souffert. J'ai bien cru que je t'avais perdu… Oh Drago, tu ne sais pas à quel point je m'en veux.
· Maintenant que tu es enfin à moi, je ne te laisserai plus jamais souffrir, je ne te laisserai plus jamais partir, tu m'entends Hermione? C'est fini, on va arrêter de se faire souffrir…
Nous avions passé un moment à juste se regarder. Totalement loin de la réalité.
· Et Astoria? Qu'est-ce que tu vas faire?
· Disons juste qu'elle va le payer très cher.
· Mais non Drago, tu ne vas pas te venger quand même.
· Bien sûr que si ma petite lionne et ne fais pas semblant d'être outrée, je sais qu'à un moment tu as sûrement souhaité sa mort.
Je n'ai pas pu retenir le sourire qui s'était affiché sur mes lèvres, la copie conforme de celui qui s'était formé sur ses lèvres à lui.
· Tu vas faire quoi?
· Laisses-moi m'occuper de ça, toi tu dois juste regarder et apprécier.
De toute manière je ne demandais pas à savoir, le connaissant, j'avais trop peur de ne pas être d'accord avec son plan, et j'avais trop envie que cette fille souffre pour m'interposer.
L'heure du dîner arriva, conscient de ne pas pouvoir rester dans notre bulle pour toujours, on se sépara après un dernier baiser.
On n'a pas parlé de la suite, de comment on va faire, on était trop occupé à profiter de la présence de l'autre, on n'a pas parlé, de peur d'écourter ce moment de bonheur avec les problèmes. On n'en a pas parlé, mais on en parlera c'est sûr.
Pour ma part peu importe ce qui se passera, je ne le laisserai plus partir, j'accepterais n'importe quoi s'il reste à mes côtés, j'ai appris pendant ce mois ce que c'est de vivre sans lui, c'est au-dessus de mes forces.
Jeudi
Je crois que je n'ai jamais vu le professeur MacGonagal aussi en colère, elle se lève de la table des professeurs et se dirige à celle des serpentards, la grande salle entière est choquée. Des murmures se font entendre, il y a ceux qui n'arrivent pas à croire ce qui se passe, il y a ceux qui sont indignés, ceux qui sont plutôt amusés et enfin, il y a ceux qui comme moi jubilent. Je n'aurai jamais cru que voir quelqu'un en plein désarrois pouvait être aussi jouissif.
En entrant dans la grande salle pour le déjeuner, quand j'ai jeté un regard vers Drago, j'ai su qu'il allait agir. J'étais alors partagée, j'étais heureuse bien sûr et j'avais hâte de voir ce qui allait se passer, mais d'un autre côté, ma conscience me disait que ce n'était pas bien. C'est quand même avec un sourire diabolique que j'ai rejoint ma place. Ginny l'avait tout de suite remarqué.
· Wow Hermione, qu'est-ce qui nous vaut ce sourire?
· Disons juste Gin' qu'il y a une certaine justice dans ce monde et je trouve ça… grisant.
Bien sûr elle ne pouvait pas comprendre, elle me répondit avec un froncement de sourcils et s'est reconcentrée sur son plat.
J'ai alors jeté un regard à mon complice, il était en train de m'observer également, qu'est-ce que ça m'avait manqué, et à un moment, il fit un sourire l'air de dire:«Que le spectacle commence!»
Drago Malefoy s'est levé et s'est tourné vers sa voisine, qui n'était personne d'autre qu'Astoria Greengass, il amplifia alors sa voix à l'aide de sa baguette:
· Astoria, ça fait maintenant un mois que tu illumines ma vie, et je voudrais que tu saches, que tout le monde ici saches que tu es la femme de ma vie, je t'aime tellement que ça me fait mal, j'ai besoin de toi auprès de moi tout le temps, je pense à toi sans arrêt, tu es tellement belle et tu sens tellement bon…
La grande salle s'était figée, je ne comprenais pas très bien ce qui se passait, et s'il ne m'avait pas regardé avec tant d'amour quelques minutes auparavant, j'aurai cru à cette scène et cela m'aurait fait mal au point de mourir directement là sur place. Je me sentais quand même mal à l'aise, ce n'était quand même pas dans le genre des Malefoy de se donner ainsi en spectacle, surtout pour des questions de sentiments.
· Astoria Greengass, veux-tu m'épouser?
Sans laisser le temps de répondre à la jeune femme il enchaîna.
· S'il te plaît Astoria, acceptes. Je ne peux pas vivre sans toi, acceptes ou je mourrai, si tu ne me dis pas oui je te jure que je mets fin à ma vie, ici tout de suite.
La serpentard commençait de plus en plus à être mal à l'aise, tout le monde était en train de se rendre compte que quelque chose ne tournait pas rond. Drago en faisait beaucoup trop, ce n'était pas normal.
Je me mordais les lèvres ne pas pouffer de rire tellement c'était ridicule, j'avais compris son plan et je devais dire que c'était un bon plan, une manière de la dénoncer et de l'humilier en même temps, l'homme que j'aime est un génie et je n'aurai jamais pensé que le voir déclarer sa flamme à une autre me ferait l'aimer encore plus.
· Astoria je t'aime, je t'aime tellement, c'est tellement fort… Tu es tellement parfaite… Epouses- moi, s'il te plaît…
Les chuchotements avaient commencé, tout le monde semblait comprendre qu'il avait été envouté, il ne se serait jamais comporté aussi vulgairement s'il était vraiment lui.
«Je n'arrive pas à croire qu'elle est pu faire ça»; «C'est vrai que c'est le mec le plus canon de l'école mais quand même…»; «Il est sous philtre d'amour, ça saute aux yeux» …
Les professeurs eux aussi avaient compris en même temps que les élèves, peut-être même avant.
C'est là que le professeur MacGonagal avait décidé d'intervenir.
Je ne peux pas retenir le sourire machiavélique qui se forme sur mon visage, Drago est vraiment un grand acteur, personne ne pourrait se douter qu'il n'était plus sous les effets de la potion. Ginny me regarde bizarrement, elle regarde la scène, me regarde à nouveau et je vois à cet instant une lueur de compréhension dans ces prunelles, ma meilleure amie n'est décidément pas stupide. Elle me regarde intensément l'air de dire:«On en parlera plus tard» et se reconcentre sur le professeur de métamorphose qui vient d'arriver devant le jeune homme qui depuis tout ce temps n'a pas arrêté de déblatérer des mots d'amour beaucoup trop confus pour que ce soit réels.
· Monsieur Malefoy, descendez de cette table, voyons…
· Non professeur, je l'aime, il faut qu'elle me dise oui ou je ne descendrais jamais d'ici…
Lasse et consciente que cela ne servait à rien d'essayer de le raisonner, elle lui lance un sort pour l'assommer. A cet instant, je bondis de mon siège, inquiet pour Drago. Ginny me retient de courir vers lui et me fait signe de me ressaisir. Je me rassois alors la remerciant du regard.
· Miss Greengass, je ne sais pas quoi vous dire, je suis totalement outrée par votre comportement, comment avez-vous osé agir de la sorte? Une jeune femme de votre rang. Je vous assure que votre punition sera à la hauteur de vos agissements… Je vous aurai bien retiré le plus de point possible, mais ce serait également punir monsieur Malefoy qui lui a été une victime. Suivez-moi mademoiselle, nous allons discuter de votre sort dans le bureau du directeur… Monsieur Zabini, veuillez s'il vous plaît emmener monsieur Malefoy à l'infirmerie, qu'on lui administre l'antidote.
Après la sortie du professeur, la salle encore sous le choc n'avait pas cessé le bavardage. Je me lève alors me dirige vers la sortie avec la ferme attention de me rendre à l'infirmerie. Mais Ginny se met à me suivre. Arrivées dans le couloir elle m'arrête.
· Tu m'expliques?
· Euh qu'est-ce que tu veux que je t'explique au juste Ginny? Sois plus clair.
J'ai conscience d'être un peu sur la défensive mais je ne sais pas trop comment lui expliquer.
· Donc tu vas me dire que là tu ne vas pas aller à l'infirmerie peut-être?
Je ne sais pas quoi répliquer, je baisse la tête.
· Explique moi Hermione, je ne te jugerai pas je te jure.
Elle a l'air tellement inquiète pour moi, je crois qu'il faut que lui fasse confiance et que je lui parle, de toute manière, si j'ai bien vu, je pense qu'elle a déjà compris et cherche juste ma confirmation.
· Bon d'accord, je vais t'expliquer… Mais pas ici, rejoins-moi dans le dortoir dans trente minutes, là je dois vraiment aller à l'infirmerie.
Elle hoche la tête, me faisant signe qu'elle a compris, et je cours retrouver celui que j'aime.
A l'infirmerie, je le trouve assis sur son lit, le sourire aux lèvres discutant avec son ami. Quand il me voit, son visage s'illumine, donc sans me préoccuper de Blaise Zabini, je me jette dans ses bras et à ma grande surprise, Blaise éclate de rire.
· Il est au courant?
· Bien sûr qu'il est au courant, c'est mon meilleur ami, mon confident.
Je me tourne alors un peu gênée vers le meilleur ami en question et lui sourit.
· Je te remercie de nous l'avoir rendu Granger, je me doutais un peu de quelque chose mais je n'étais pas sûr, il s'est éloigné de moi pendant un mois et je n'ai rien compris, ce n'était pas très agréable.
· Oh mais de rien, moi j'ai failli en mourir alors je te comprends. Oh et appelles-moi Hermione.
Quelques minutes plus tard je rejoins Ginny et lui explique tout depuis le début. A la fin de mon histoire, l'expression sur son visage m'étonne, un mélange de soulagement, de bonheur et de déception à la fois.
· Tu aurais dû m'en parler plutôt Hermione, j'aurais pu t'aider. Maintenant, je comprends pourquoi tu as été si insupportable pendant ce mois.
Je baisse la tête, j'ai honte de moi, je suis décidément la pire des amies. Elle me prend dans ses bras pour me rassurer.
· T'inquiètes pas, je te pardonne, mais tu n'as plus intérêt à me cacher quoi que ce soit à partir d'aujourd'hui…
Vendredi
Je m'appelle Hermione Granger, je suis amoureuse depuis l'âge de 12ans, depuis ma première année à Poudlard, amoureuse d'un homme merveilleux et parfait à mes yeux. Il est beau comme un dieu, et à un caractère presque aussi insupportable que celui du diable, mais c'est comme ça que je l'aime. Je crois qu'il a été fait pour moi mais lui il dit que c'est moi qui a été fait pour lui. Bref on est fait l'un pour l'autre.
Il me regarde et je me sens bien. Assise au premier rang, je ne le vois pas, mais je sens son regard sur moi et ça me réchauffe le cœur. Je reçois une petite note sur mon bureau:«Rejoins-moi à la tour d'astronomie après le cours.DM». J'adore sa façon de signer, c'est tellement classe et prétentieux à la fois.
En arrivant à la tour d'astronomie, je vois qu'il n'est pas encore là, alors je me mets à regarder le paysage. Je me sens bien, je suis heureuse, je sais bien que ce n'est pas gagné entre nous, c'est presque toujours impossible mais je veux y croire, je suis prête à tout tenter.
· A quoi tu penses?
J'adore sa façon de me surprendre, je crois j'adore presque tout chez lui.
· A toi, à nous… Qu'est-ce qu'on fait maintenant?
Il me prend dans ses bras et me retourne face à lui.
· On s'aime…
Je souris et on s'embrasse.
FIN
