Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .
Résumé : Depuis la découverte de résonances entre différents univers, les événements bizarres, Osman s'y est fait. Par contre, apprendre qu'une dunkerquoise veut l'adopter alors qu'il est mort depuis quatre cents ans, ça, c'est... particulier. [Magnificent Century : Kösem]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de self insert (02/50) + Osman II + Scorpion : Osman II (MC) + 18 mai - Journée internationale des musées + cap ou pas cap d'écrire un genre de crackfic dans laquelle Osman apprend que tu veux l'adopter (sa réaction + celles des autres) ? + Quatre aspects de... Justlin's Family (partie 1) : 2/4 : Almayen : Écrire sur un perso qui travaille dans un musée ou écrire sur un texte avec la présence d'un pangolin
Le sultan aux trois mamans
-Votre Majesté ?
Osman lève les yeux vers l'arrivant qui ose le déranger en plein conseil. Sauf qu'au vu de son expression, l'affaire est sérieuse. D'un geste de la main, il l'invite à parler. Une partie de lui se demande si c'est dû au phénomène qui vient d'être découvert : par-delà leur monde, il en existe d'autres et parfois, ils entrent en résonance les uns avec les autres, rien de dangereux mais cela produit des événements pour le moins particulier... Bon, la dernière fois, ça leur a permis l'arrivée de la péridurale et ça a évité à Meleksima bien des douleurs lors de l'accouchement, alors il oublie vite le désagrément d'avoir vu Docteur House débarquer dans le harem et mal lui parler.
-Un autre fandom ? S'enquiert-il
-Non, Majesté. Le monde dit réel... en 2022 ! Un monde où les musulmans sont vus comme des terroristes !
-Allah leur pardonnera. Il se passe quoi là-bas ?
-Eh bien... Une jeune femme vivant dans l'ancien royaume de France semble s'être prise d'affection pour Votre Majesté.
-Elle est au courant qu'à son époque, je suis mort au moins ?
Les pashas semblent goûter son humour.
-Mais ce n'est pas tout ! Elle dit...
-Oui ?
-Elle dit qu'elle veut vous adopter ! Devenir votre maman !
L'adolescent le fixe, en silence, clignant des yeux plusieurs fois, tentant de comprendre l'information.
-Elle... veut m'adopter ? Répète-t-il
-Oui...
-Et elle sait que j'ai déjà deux mères ? Une morte dans mon enfance et une qui m'aime comme si j'étais son sang ?
-Oui.
-Que c'est particulièrement inquiétant pour sa santé mentale de vouloir adopter un sultan qui a dû mourir quatre cents ans environ avant ce jour ?
-C'est justement parce que chez elle ça fait quatre cents ans qu'elle le veut.
-Merci de m'annoncer que je meurs cette année.
-Et pas d'une jolie façon, Majesté... C'est parce que vous mourrez si jeune et d'une si horrible façon qu'elle veut vous adopter. Pour vous sauver, je la cite « de votre putain de canon de merde qui peut aller niquer ses grands morts ».
-Je le savais que le français était une langue de barbare. Je meurs comment ?
-Trahi par plusieurs de vos conseillers... Vous avez été humilié en public, traîné sur un âne et une charrette, on vous a privé d'eau, on vous a battu, on vous a étranglé mais pas avant de vous avoir agressé sexuellement.
-Oui, je comprends mieux son envie, là, tout de suite... Vous me donnerez les détails en privé. Histoire que « le canon de merde » soit changé.
Il est évident que le conseil est terminé. Et Osman a à parler avec sa famille.
Quand Osman explique à sa famille le délire perché de sa fangirl moderne, le sentiment général est l'hébétement, même si les réactions varient. Kösem a avalé de travers l'eau qu'elle buvait. Meleksima a haussé un sourcil interrogateur. Murad a contemplé l'idée que son frère devait avoir péché dans une vie antérieure pour avoir une telle chose aujourd'hui. Mehmed, lui, sourit, l'air mauvais.
-C'est bien. Dit-il. Avec une nouvelle mère, tu arrêteras de voler la mienne.
-Sauf qu'elle veut aussi t'adopter.
-Je te demande pardon ?! Je partage déjà ma mère avec toi, alors une deuxième, non merci !
-Elle veut t'adopter parce que tu méritais mieux que ce que le moi d'une autre timeline te réservait.
Le concept de multivers leur donne encore mal à la tête.
-Et elle veut essayer de nous réconcilier.
-J'ignore si je dois l'applaudir ou la plaindre.
Pour le coup, le sultan approuve.
-Mais... elle est au courant que vous avez déjà deux mamans ? Demande son âme-soeur
-Apparemment, chez elle, il existe le proverbe « Jamais deux sans trois ».
-Et elle est au courant que cela veut dire qu'elle sera déjà une grand-mère ?
-Il faut croire...
Kösem se raidit.
-Et pourquoi veut-elle t'adopter ? Lance-t-elle
-Pour me sauver, je la cite « de mon putain de canon de merde qui peut aller niquer ses grands morts ».
Entre les bras de sa maman, Ömer émet un léger bruit, comme pour approuver les dires.
-Donc, c'est que tu meurs jeune et d'une façon horrible.
-Trahi par des conseillers. Humilié en place publique. Assoiffé. Torturé par des janissaires renégats, traîné sur un âne puis sur une charrette, étranglé mais comme je ne me laissais pas faire, on m'a aussi comprimé les parties intimes. Dans environ six mois.
-Qui te trahit ?
-Lala Ömer Efendi. Davud Pasha. Le tout dans un complot des sultanes Dilruba, Safiye et Halime.
-Tiens, les mêmes personnes dont ma mère t'a dit de te méfier, c'est étonnant... Raille son demi-frère
-Ouais, enfin j'ai aussi su grâce à ça que c'était Ayse qui avait conspiré pour envoyer Meleksima au vieux palais et pour tes beaux yeux, hein...
Il se tait enfin.
-Et si on allait lui rendre visite ? Suggère l'haseki du sultan
La majorité la regarde comme si elle était folle.
-Déjà, cela permettra de voir à qui on a affaire. Ensuite, on lui dit que c'est gentil mais que ce n'est pas possible. Imaginez si elle arrive chez nous ! La pauvre ! Elle va être envoyée à l'asile aussi sec ! Et puis, maintenant, grâce à elle, on sait comment éviter un avenir horrible, alors une visite de courtoisie, c'est la moindre des choses.
-Les mots me manquent pour te dire combien je t'aime. Lui glisse son royal amant
-C'est pour ça qu'Ömer est né. Sourit la jeune maman. Pour me rappeler ces mots manquants.
-Par contre, qui gère la maison pendant que vous partez ? Parce qu'Halime va se servir. Commente Ayse
Osman observe Mehmed.
-Comme ça, tu seras aussi sultan.
-Connard.
-Tout ce que je dis n'a pas pour but de te vexer, tu sais.
A Leffrinckoucke, Marina n'en mène pas large : elle est interviewée par France 3 ! L'équipe est venue faire un reportage sur son cher Fort des Dunes, elle vient d'achever une visite guidée, car elle exerce toujours, en parallèle de son emploi de secrétaire juridique, son emploi de guide vacataire... et là, le journaliste lui demande de parler du Fort et surtout, pourquoi il faut le préserver. Elle commence évidemment par la base : l'histoire du lieu, sachant que ce sera forcément édité. Elle leur raconte la naissance du fort, les spécificités de l'édifice, son histoire particulière : construit, abandonné puis occupé pendant cinq ans pendant la Seconde Guerre Mondiale, une des scènes de l'Opération Dynamo, un lieu d'exécution de résistants... qui a failli tomber dans l'oubli sans les efforts d'un colonel pour le restaurer avant l'acquisition du lieu par la mairie.
-Le Fort est a préserver car c'est un lieu unique. Il mélange histoire architecturale, site de nature et lieu de mémoire. Ici, on voyage sans cesse entre la fin du XIXème siècle et les années 40. C'est un endroit trop méconnu mais à l'histoire riche, tant sur le plan de la grande Histoire que de la petite. Il a lui aussi ses secrets à dévoiler, des secrets peut-être moins imposants que ceux des très grands musées mais qui méritent qu'on les écoute. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Le Fort, ainsi que les autres musérials du même genre, alimentent eux aussi notre grand patrimoine.
-C'est joliment dit.
Cela se finit, elle se permet de soupirer une fois seule, profitant de la brise légère qu'offre le toit de l'édifice, en plus de sa vue superbe sur la mer du Nord... avant de sursauter en entendant un coup de tonnerre ! Aucun orage n'est prévu pourtant...
-Marina Hatun ?
Elle se retourne et se retient très fortement d'hurler ou de sauter de joie, d'ailleurs elle se pince pour s'assurer qu'elle ne rêve pas. Ca fait mal, donc elle ne rêve pas... Devant elle, le sultan Osman, accompagné de Meleksima, de leur bébé et de la sultane Kösem, ainsi que de Zülfikar, par mesure de sécurité. Très vite, elle se reprend, fait une révérence comme elle le peut mais reste bouche-bée, incapable de réagir.
-Mon français n'est pas bon ? S'inquiète l'adolescent
-Si, il est parfait... Bredouille-t-elle... C'est juste que...
-Que ?
-Je me retiens.
A en juger par son expression, il ne comprend pas.
-Si je m'écoutais, je vous sauterais au cou pour vous enlacer mais comme je ne touche pas les gens sans leur permission... et que mes mains me sont précieuses et que je ne veux pas qu'on me les coupe...
Il échange un regard avec ses accompagnateurs, soupire, et tend les bras. S'il n'y a que ça pour la calmer et avoir une vraie discussion ! Il s'attendait d'ailleurs à quelque chose de brusque, pas à cette paire de bras qui l'enlace avec douceur, pas à cette affection sincère qu'il ressent.
-On peut parler ?
-Bien sûr.
-Je n'irai pas par quatre chemins. Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'adoption ? Aux dernières nouvelles, je ne suis pas orphelin ! Enfin... techniquement oui, mais non, j'ai ma mère de cœur. Et oui, je sais que c'est pour me sauver « de mon putain de canon de merde qui peut aller niquer ses grands morts ».
-Ils l'ont sorti au conseil ?
-Oui.
-Doux Jésus...
-Donc. Je suis très touché que vous m'appréciez au point de vouloir faire de moi votre fils légalement. Mais logistiquement, ce n'est pas possible. Et pour ce qui est du canon, vous m'avez déjà sauvé puisque je sais ce qu'il va m'arriver.
-Ca ne veut pas dire que rien de mal ne va se passer.
-Certes. Mais j'ai une longueur d'avance. Grâce à vous.
La jeune femme sourit.
-Par contre. Pourquoi vouloir adopter un sultan mort il y a quatre cents ans ? L'interroge Kösem. Au-delà du canon.
-Parce que ledit sultan est mon personnage préféré du fandom, parce que ledit sultan est devenu mon précieux favori et que donc, j'ai juste envie qu'uniquement des bonnes choses lui arrivent ?
-Et il les aurait eues en 2022 ?
-Bah déjà, en 2022, on ne l'aurait pas détrôné, on ne l'aurait pas assoiffé, on ne l'aurait pas agressé sexuellement avant de l'étrangler, à moins de tomber sur un violeur pédophile dégueulasse.
-C'est un bon point.
Ils discutent encore quelques instants, soulagés de voir que si la demoiselle est un brin excessive dans ses amours, elle n'est ni méchante ni dangereuse. Et puis merde, elle vient de sauver le padichah du monde de son canon de merde !
Quelques jours plus tard, toujours au Fort, ils reviennent avec une nouvelle : Osman a parlé au conseil et ils ont trouvé un compromis. L'adoption, c'est mort, faut pas pousser Mamie Handan dans les orties, déjà parce qu'elle est morte donc c'est pas cool, et parce que oui, techniquement, il n'a plus de parents mais Kösem est sa mère adoptive. Mais, le fait est que, par son affection si sincère et si profonde pour leur souverain, Marina a crée malgré elle une résonance entre son univers et le leur, leur permettant ainsi d'éviter une grande tragédie, telle une femme protégeant son bébé. Donc, en remerciement, le sultan lui octroie un titre :
La mère d'âme du padichah, sa protectrice moderne et celle par qui sa mémoire et sa vie sont sauvegardées.
Titres qui viennent évidemment avec ses appartements au palais si un jour elle fait le voyage.
Et, pour la forme, parce que la dernière fois, il a un peu resquillé sans le vouloir, l'adolescent paye un billet d'entrée et demande à sa troisième mère de lui faire la visite...
Tout en se présentant comme son fils à l'accueil.
Elle a vingt-neuf ans, est la mère d'un sultan de dix-sept printemps qui aurait dû mourir il y a quatre cents ans, mamie d'un bébé, sans jamais avoir porté la vie.
La vie de fangirl, c'est décidément la plus belle des vies.
Ca, et le Fort des Dunes.
Le Fort des Dunes, ça troue le cul.
-Alors, le Fort des Dunes est un fort de type Séré de Rivière qui...
FIN
