Plop bonjour !

Désolée de l'attente, j'ai passé ces derniers jours plus à dormir qu'à être réveillée XD

Et the chapitre où Iron Man entre en scène ^^

Le prochain chapitre devrait sortir ce week end !

DISCLAIMER : Tout appartient à Marvel


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Scène 8

Iron Man

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— Je suis Iron Man.

Loki manque de s'étouffer avec son thé, avant de tourner brusquement la tête vers la télévision de sa chambre d'hôtel. Depuis qu'il prend contact avec Tony à chacun de ses passages sur Midgard – qui se sont multipliés ces derniers temps, il doit bien l'avouer – il suit par curiosité tout article sur lui ou conférence de presse qu'il donne.

Mais le fait que son ami humain soit devenu un super-héros le surprend. Ce n'est pas qu'il pense Tony incapable de protéger les gens ; il a beau avoir un caractère difficile, lui entrevoit toute sa gentillesse et son grand cœur à chacun de leurs appels. Peut-être que l'Afghanistan l'a changé, certes, mais là où certains ne voient qu'un playboy milliardaire qui se vautre dans le luxe, lui se rappelle un homme hanté par des démons qu'il cherche à étouffer.

Loki hésite à peine avant de se saisir du téléphone qu'il a acheté exprès pour s'entretenir avec l'humain et appelle le seul correspondant enregistré dans le répertoire, priant pour que son ami lui réponde. Ses yeux restent fixés sur l'écran de la télévision ; il ne saurait dire si c'est en direct ou non, si Tony aura l'opportunité de lui répondre ou pas.

Loki lui laissera au moins un message pour que Tony sache qu'il veut lui parler.

— Décroche, décroche… murmure-t-il en se relevant.

Si quelqu'un lui avait dit encore un an auparavant qu'il prierait un jour pour parler à un mortel, Loki aurait ri. Mais Tony n'est pas n'importe quel mortel. Il brille, tel un phare dans la nuit, et mène ce monde vers un jour meilleur avec ses innovations. C'est un génie, peut-être même plus brillant que lui-même. Qu'a-t-il créé durant sa longue existence ? Rien, comparé à Tony.

Peut-être est-ce pour ça que parfois, le dieu songe qu'il veut garder cette étoile lumineuse rien que pour lui et l'aider à vaincre ses démons pour ne pas le voir s'éteindre trop tôt.

— Hey, Loki !

Un sourire soulagé étire les lèvres de Loki en entendant la voix de Tony à l'autre bout du fil. Mais son sourire se perd lorsqu'il entend le bruit de glaçons claquant contre une paroi de verre. De l'alcool, sûrement. Et si Loki ne craignait pas d'attirer l'attention d'Heimdall sur lui en se téléportant, quand bien même il sait se dérober à son regard, il se rendrait dans la foulée chez Tony pour tenir une vieille promesse et lui préparer un thé à la menthe pour éloigner ses idées noires.

— Tony, comment tu te sens ?

— Mais très bien, voyons, pourquoi…

— Ne me mens pas.

Loki a l'habitude des mensonges. Il a l'habitude des cachotteries et des non-dits, il est passé maître dans l'art de la manipulation. Pourtant, il n'arrive pas à se résoudre à manipuler Tony lorsqu'il est dans cet état-là pour lui extirper la vérité. Il a déjà trop peu de temps à passer avec l'humain pour se jouer de lui et risquer de le contrarier.

Le soupir que pousse Tony est à fendre l'âme et Loki tuerait pour se retrouver à ses côtés. Son ami a besoin de soutien et ce serait plus simple s'il était avec lui. Mais le dieu ne peut pas le rejoindre, alors tout ce qu'il a pour réconforter Tony, c'est ce fichu téléphone.

— C'est à cause d'Obadiah que j'ai été enlevé, souffle finalement le milliardaire. Il voulait… Je le gênais plus que je ne lui étais utile.

Loki se fige. Obadiah, comme Obadiah Stane ? La personne qui ressemblait le plus à une figure paternelle pour Tony, de ce que son ami a pu dire et de ce que lui-même a lu dans les journaux ?

— Il m'a trahi. Et je l'ai tué.

Il y a tant de douleur dans la voix de Tony que le cœur de Loki se serre. Il passe une main devant son visage, cherchant à étouffer la rage qui monte petit à petit en lui. Ce n'est pas la faute de son ami et pourtant, il peut presque toucher sa culpabilité du bout des doigts, tant elle est palpable dans sa voix.

— Si je l'avais su, crois-moi que je l'aurais tué avant, chuchote-t-il furieusement.

— Loki, je…

— Pas de mais. Cet homme a tenté de te tuer, Tony. Il a brisé ta confiance, il a brisé ton cœur. Je ne te dirais pas de ne pas te sentir coupable, parce que tu es trop bon pour ne pas éprouver de regrets.

— Bon, moi ? Tu es sûr de ne pas avoir bu, Loki ?

Le rire amer de Tony lui tord le ventre et Loki frappe du poing son matelas. Il se sent si inutile pour aider son ami. Qu'est-ce qu'il peut dire, dans ce cas-là ? Remonter le moral de Thor est bien plus aisé, parce que Loki sait depuis le temps sur quels boutons appuyer pour regonfler à bloc l'ego de son frère.

Mais Tony a trop de démons dans sa tête, qui parasitent chaque compliment que Loki pourrait lui faire. Le dieu le sait, parce qu'il a ces mêmes petites voix qui murmurent dans son esprit après chaque compliment de sa mère, nourries au jugement de son père, de Thor et des autres Asgardiens.

— Tony. Je suis fier d'être ton ami. Tu es quelqu'un d'exceptionnel et de bon. Je suis sûr que tu feras un merveilleux super-héros. Ne t'en veux pas. La mort d'Obadiah n'est pas ta faute. Il a péri à cause de ses propres choix.

Loki déglutit et son cœur bat à cogner contre ses côtes, alors qu'il ajoute tout doucement :

— Ne change pas, s'il te plaît. Tu es parfait comme tu es. N'écoute pas les autres. Ne les écoute pas.

Une quinte de toux secoue Tony à l'autre bout du fil et Loki s'inquiète aussitôt de l'instant de silence qui suit.

— Tony ?

— Tout va bien, je… J'ai juste bu de travers.

— Je ne t'ai pas sauvé dans le désert pour que tu crèves bêtement.

— Peut-être que tu aurais dû me laisser crever là-bas.

— Jamais. Si c'était à refaire, je le referais, encore et encore, tu m'entends ?

Une nouvelle quinte de toux ; Loki se demande un instant si Tony n'est pas malade et tente de le lui cacher, avant de l'entendre doucement rire. C'est un rire humide, loin des éclats de joie dont Loki a l'habitude, mais il saurait presque s'en contenter, actuellement.

— Merci, Loki. Tu… Tu crois que tu peux rester au téléphone encore un peu ?

— Aussi longtemps que tu le voudras.

Et à ces mots, Loki a son cœur qui se serre, parce qu'il ne peut pas nier plus longtemps la vérité. Lorsqu'il se tourne vers la fenêtre de sa chambre, ses yeux brillent de larmes retenues ; il est tombé amoureux d'un humain qu'il est condamné à voir mourir. Alors il peut sans peine lui offrir tout le temps dont il a besoin.

Peut-être devrait-il aller le voir.

— Si j'arrive demain, il y aura un échiquier chez toi ?

Loki tente de rester le plus neutre possible, mais il serait prêt à abandonner ses responsabilités sur Asgard le temps d'une vie humaine pour Tony. Quand bien même ça ne serait qu'en tant qu'ami, le Dieu veut protéger et chérir ce qui lui est cher. Combien de fois le Destin lui a arraché ceux qu'il aimait avant même qu'il puisse profiter de leur présence ? Il ne fera pas cette erreur avec l'humain.

— Je… Loki, ne viens pas. Pas tout de suite. Avec les paparazzis et tout le reste, je… J'ai besoin d'être un peu seul, d'accord ?

— D'accord.

Bien évidemment. Tony doit faire son deuil. Loki comprend. Il ferme les yeux et inspire brièvement, avant de souffler :

— Rouge et or, tu ne pouvais pas faire moins voyant, tout de même ?

Tony éclate de rire à l'autre bout du fil et Loki songe que lui changer les idées est bien tout ce qu'il peut faire, actuellement.

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