Plop bonjour !

Désolée du léger retard, hier était un jour sans ^^'

J'aimerai bien dire que ces deux idiots arrêtent de l'être, maiiiis XD

La suite devrait être publiée dimanche !

DISCLAIMER : Tout appartient à Marvel


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Scène 16

May I stay ?

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Lorsque Loki se réveille, il est dans des draps propres et frais, et la tête de Tony repose contre lui. L'humain est assis sur une chaise à côté du lit et le dieu soupire, avant de lever sa main pour caresser doucement les mèches brunes de celui grâce à qui il crache des fleurs.

— Imbécile. Tu aurais dû aller dormir dans un lit. Je suis sûr que tu vas en profiter pour te plaindre et que je ne pourrais même pas te demande de te taire.

Petit con. Loki ne peut qu'aimer un esprit aussi amusant que le sien. Certes, Tony ignore qui il tente de manipuler, mais cela ne décrédibilise pas ses essais pour autant. Le Jotünn soupire et retire sa main, songeant qu'il doit la vérité à Tony, peut-être pas aujourd'hui, peut-être pas dans les jours à venir, mais il la lui doit.

Il n'a nulle part d'autre où aller, alors Tony doit savoir qui il héberge pour l'accepter pleinement ou non.

— Bon réveil, Monsieur Odinson. Je dois dire qu'il est appréciable de vous voir en forme.

Loki sursaute et manque de paniquer en entendant la voix désincarnée, avant de se souvenir. Tony lui a parlé de Jarvis et il a discuté avec l'IA hier, il lui semble, à travers le brouillard de douleur et de fatigue. Son ami est si fier de sa création, comme un père devrait l'être pour son enfant. Même sans le voir, rien qu'au téléphone, Loki sait que les yeux de Tony brillent lorsqu'il évoque Jarvis.

— Jarvis, n'est-ce pas ? Je préférerais simplement Loki, si cela ne vous ennuie pas.

Il n'est pas le fils d'Odin. Il ne l'a jamais été et Jarvis retournerait le couteau dans la plaie quotidiennement en l'appelant par le nom qu'il a donné à Tony, à une époque où il ignorait le mensonge dans lequel Odin l'a élevé.

— Il est difficile d'ennuyer une IA, Monsieur Loki.

— Je dirais que le défi serait plus aisément relevable avec une IA qui ne s'occuperait pas de Tony.

Jarvis laisse échapper ce qui ressemble à un rire et Loki doit admettre qu'il est fasciné. Tony a réussi à recréer une âme humaine ou presque. Jarvis n'a rien d'un simple programme. Une IA est-elle-même censée avoir un sens de l'humour ? Le travail de son humain le fascine, comme il ne doute pas que sa magie le fascinerait en retour.

Un bref instant, Loki songe à tout ce qu'ils pourraient faire ensemble. Ils pourraient conquérir des mondes, voir même des univers s'ils le souhaitaient, Loki n'en doute pas. Mais maintenant qu'il a goûté au pouvoir sur Asgard, il n'est pas certain de le vouloir. Un roi ne peut pas faire ce qu'il souhaite. Il l'a appris à ses dépens. Il n'a même pas de pomme d'or pour Tony.

Mais il y a réfléchi, peu après avoir scellé son destin en rendant le Coffre de l'Hiver à Jotunheim. Il ne peut pas décider à la place de Tony si celui-ci doit vivre une éternité ou non. Il ne peut pas enchaîner le Midgardien à lui avec des mensonges. Loki refuse de ressembler à Odin en manipulant ceux qui lui sont chers comme de simples pions sur un échiquier, si tant est qu'Odin l'ait un jour vraiment aimé comme son fils.

— Est-ce qu'il y a de quoi préparer du thé à la menthe et un petit-déjeuner correct dans la cuisine, Jarvis ?

— Je crains que vous ne trouviez que du givre dans le frigo, Monsieur Loki. Mais je peux commander ce dont vous avez besoin, bien que je me doive de vous rappeler que vous êtes arrivé ici blessé et qu'il ne serait pas des plus sages de bouger.

— Tony a besoin de manger et au moins, avec un thé dans les mains, je sais qu'il ne boira pas d'alcool, s'entête Loki. Il n'a pas survécu à un empoisonnement au palladium pour finir avec une cirrhose.

Il y a un instant de silence et Loki frissonne alors qu'il a l'impression étrange que Jarvis sourit lorsqu'il lui répond finalement.

— Si vous me faites une liste, vous aurez tout dans moins de vingt minutes.

Cette IA est bien plus vivante que Tony ne le pense. Si Loki n'était pas si certain que jamais sa fille Hela ne laisserait une âme dans la nature, il serait persuadé qu'une âme humaine a choisi de se lier au programme pour veiller sur Tony.

— Et pour les vêtements, je pense que mon créateur ne verra aucun problème à ce que vous vous serviez dans sa penderie.

— Je ne…

— Vous êtes déjà dans sa chambre, Monsieur Loki. Je n'ai pas besoin de vous guider jusqu'à son armoire, n'est-ce pas ?

Oh.

Loki sent ses joues légèrement rougir et il se reprend en secouant la tête. Lentement, il s'extirpe du lit, veillant à se ménager pour ne pas retarder sa guérison. Il se régénère vite, certes, mais moins lorsque l'arme qui lui a infligé sa blessure est magique et qu'il a utilisé ses forces pour d'abord fuir le palais, puis Asgard. Il a conscience d'avoir de la chance de s'en être si bien sorti et que Tony ait accepté de l'accueillir sans plus de questions. Avec un soupir, il se saisit de l'humain pour le soulever et le déposer sur le lit, grimaçant sous la douleur vive qui lui traverse le flanc, sans s'y attarder.

Loki se saisit ensuite de la couverture pour en recouvrir l'ingénieur et il mettrait sa main au feu que Jarvis sourit devant ce simple geste. Cette IA a le pouvoir de le rendre chèvre, le Dieu en est certain, mais Jarvis n'est pas désagréable pour autant. Vu son comportement, il aurait pu se montrer infect après ce qu'il a dû faire subir à Tony, avec son absence de réponse à ses appels au moment où il avait le plus besoin de lui.

Certes, il était retourné sur Asgard, mais Jarvis l'ignore.

Loki n'est pas fier de son comportement à cette époque. Mais il ignore ce qui l'a plus blessé à ce moment-là : les mots imprudents de Tony ou les pétales qu'il s'est mis à cracher, annonçant son affliction. Et comme à chaque fois que quelqu'un le blesse, il se drape dans sa fierté et s'éloigne pour pleurer en silence, parce que les Asgardiens ne pleurent pas. Les princes ne pleurent pas. Les larmes sont réservées aux femmes et aux enfants.

Franchement, Loki n'en a plus rien à cirer désormais. Il n'est pas Asgardien, après tout.

Il se dirige finalement vers l'armoire de Tony et hausse un sourcil en l'ouvrant, révélant ce qui semble plus être une pièce à part entière qu'une armoire. Bon sang, même Loki n'avait pas autant de vêtements au palais ! Tony fait toujours dans l'excès ; un sourire s'esquisse sur les lèvres du dieu alors qu'il entre dans la pièce pour inspecter les vêtements à disposition.

Il y a tous les styles, du plus décontracté au plus formel, et Loki aperçoit certaines tenues qu'il a déjà vues dans des articles ou des photos de presse.

— Si je peux me permettre, Monsieur Loki, je pense qu'une chemise et un des pantalons de toile de Monsieur Stark seraient ce qui vous conviendrait le mieux.

— Pas un de ses t-shirts imprimés ?

— Vous tenez à ce qu'il pense que vous aimez la même musique que lui ?

— Ça serait possible.

— Vous lui avez avoué aimer la musique classique lors de votre appel du…

— Oh, ça va, ça va, j'ai compris !

Cette IA se paye sa tête, Loki en est certain, pourtant, cela résonne agréablement dans sa poitrine. Les paroles de Jarvis sont sans méchanceté ni moquerie, seulement de la taquinerie pour un ami de son créateur qu'il essaye sans doute de tester pour savoir s'il est bon pour lui ou non.

— Tony a de la chance de t'avoir, Jarvis. Merci de veiller sur lui.

Loki n'est pas surpris par le silence soudain de l'IA ; il décide finalement de suivre ses conseils pour choisir ses vêtements. Il retient un sourire alors que la chemise et le pantalon sont un peu petits pour lui – il domine Tony d'une tête, après tout – mais il reconnaît que la carrure de l'ingénieur lui permet tout de même d'être à l'aise dedans.

Le plus discrètement possible pour ne pas réveiller Tony, Loki descend au rez-de-chaussée en suivant les indications de Jarvis. Une lueur de joie illumine son regard lorsqu'il trouve sur le pas de la porte ce qu'il a demandé à l'IA et il tire le panier jusqu'à la cuisine, poussant un soupir lorsqu'il aperçoit les cartons de nourriture à emporter dans la poubelle et la poussière sur le plan de travail.

Loki peut prendre soin de Tony et de sa villa en échange de son hébergement. Et l'aider à ne pas boire à outrance, songe-t-il en voyant la bouteille entamée de bourbon à côté de la cafetière. Il s'en empare, venant se mettre sur la pointe des pieds pour la ranger tout au-dessus du frigo. Un flash de douleur parcourt soudain son flanc, mais le Dieu se contente de serrer les dents alors qu'il remonte ses manches.

Il est peut-être encore trop épuisé pour utiliser la magie, mais il a appris à se faire à manger à la Midgardienne et il peut au moins faire ça pour Tony. Après tout, ce dernier l'a soigné et hébergé sans le questionner sur son absence, son silence et sa soudain réapparition. Même l'IA ne semble pas vouloir creuser le sujet et le dieu préfère que cela reste comme ça.

Si Loki s'écoutait, il resterait aux côtés de l'humain sans rien dire jusqu'à ce que vienne sa fin, avant de fuir dans un royaume qui n'est ni Asgard, ni Jotünheim. Il n'est plus aussi certain de vouloir faire peser le poids de ses secrets sur les épaules de son ami, déjà bien assez abîmé par la vie. Mais sans doute que Tony ne l'entendra pas de cette oreille, surtout s'il désire connaître la raison de son arrivée impromptue et de tout le reste ; un soupir échappe au dieu à cette pensée.

Loki se lance finalement dans la confection du thé à la menthe et de pancakes, dont l'odeur finit par attirer Tony. Les cernes sous les yeux du milliardaire sont immenses, tout comme son sourire éblouissant. Tony s'installe rapidement autour de la table, tel un gamin attendant sa part, le regard pétillant et l'air affamé.

— Que me vaut ce plaisir ?

— Tu m'as accueilli. Rien ne t'y obligeait. Je te dois bien ça.

— Ma maison est ta maison, Loki, râle Tony. Tu peux rester autant de temps que tu veux ici, avec moi. Enfin, avec moi au maximum jusqu'à ce que la Tour Stark soit inaugurée, parce qu'il faudra que je déménage après, mais tu pourras venir, si tu le souhaite !

Tony déblatère à toute vitesse, une lueur de panique dans les yeux et Loki détourne son attention de la fournée de pancakes. Il y a tant d'espoirs sur le visage de l'ingénieur que son souffle se coupe ; la question n'est même plus de savoir si Tony accepterait que le dieu reste encore un peu, mais s'il le laisserait repartir sans rien dire si Loki le désirait.

— Pour être honnête, je voulais te demander si je pouvais rester encore un moment avec toi. Je n'ai nulle part où aller, alors…

— Évidemment ! Enfin Lok', t'as même pas besoin de demander ! Oh, mais tu as peut-être besoin d'affaires, aussi ? Je te filerai ma carte pour que tu puisses t'acheter ce que tu veux.

— Pardon ?! Je ne veux pas t'embêter, Tony, je me débrouillerais…

— Pas de mais, ça me fait plaisir ! Il me faudrait de toute façon au moins trois vies pour dépenser tout ce que j'ai actuellement, alors autant que ça soit utile à un ami.

— Tu ne sais même pas pourquoi je suis arrivé chez toi dans cet état !

Le cri résonne contre les murs et Loki tremble. Avec un sourire beaucoup trop doux, l'ingénieur se saisit de la poêle pour faire glisser les pancakes sur une assiette avant qu'ils ne brûlent, puis penche la tête sur le côté, les yeux brillants d'une lueur sur laquelle Loki n'ose pas mettre de nom.

— Le jour où tu m'as ramassé dans le désert, tu ne savais rien non plus. Je ne t'ai jamais rien dit, et pourtant tu t'es occupé de moi. Tu m'en parleras quand tu te sentiras prêt, si tu te sens prêt un jour. En attendant…

Tony s'empare de l'assiette de pancakes, avant de fuir de la cuisine avec un immense sourire sur les lèvres.

— J'ai mon précieux !

Loki observe un instant l'emplacement vide où se trouvait Tony il y a encore un instant, avant d'éclater de rire, s'étouffant pourtant vers la fin avec des pétales rouges et or qu'il récupère entre ses doigts pour les glisser dans ses poches. Un secret silencieux, encore un, que l'IA de la maison comprend pourtant.

— Monsieur Loki ? Voulez-vous que…

— Ne lui dis rien, Jarvis. Ne lui dis rien. Je ne veux pas qu'il se sente obligé de m'aimer.

Le dieu peut bien souffrir pour ce sourire si magnifique qu'il brûlerait Asgard pour le protéger.

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