Plop bonjour !
Désolée pour le léger retard ! Dans le prochain chapitre, Tony sait *prend un air innocent*
Il devrait sortir aux alentours de vendredi/samedi, normalement !
DISCLAIMER : Tout appartient à Marvel
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Scène 18
Protéger (Tony) et servir (la nation)
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— Puis-je savoir ce que vous faites encore ici, Monsieur… Odinson, c'est cela ?
Ah. Monsieur Chef, oui chef. En soit, Loki n'a rien contre le meilleur ami de Tony ; il faut bien des soldats pour défendre un monde et puis, celui-là est au moins doué de plus de neurones que Thor et sa clique, ce qu'il saurait apprécier si le colonel James « Rhodey » Rhodes n'était pas plus protecteur qu'une mère avec son enfant à l'égard de Tony.
Bon sang, le milliardaire est adulte et capable de prendre des décisions mûrement réfléchies, même s'il se comporte parfois comme un sale gosse de douze ans ! Bon, pas que parfois, il l'est souvent avec les personnes qui lui sont proches – sans doute une manière de retrouver une enfance trop vite perdue, lui souffle une petite voix que Loki préfère ignorer – et les fois où il l'est avec lui, le sorcier admet qu'il en veut plus.
Ça ne le dérange pas de se comporter comme un enfant pendant quelques heures, à jouer dans a poudreuse et à se balancer des boules de neige à la figure, avant de venir se réfugier à l'intérieur de la tour Stark pour se réchauffer autour d'un chocolat chaud. La Tour n'est peut-être pas encore terminée au goût de Tony, mais Loki s'y sent plus à l'aise qu'à Malibu.
Peut-être parce qu'il n'y a pas de fantômes de relations passées ou de coups d'un soir entre ces murs. Il n'y a qu'eux deux et Pepper Potts, la dirigeante de Stark Industries.
— Visiblement, je suis l'invité de Tony, Monsieur Rhodes. Ou dois-je dire Colonel ?
— Cela fait plusieurs semaines, presque des mois maintenant.
Il y a un ton accusateur dans sa voix que Loki n'apprécie guère ; il hausse un sourcil, avant plonger ses lèvres dans son thé à la menthe, dont il ne propose pas de tasse au soldat. Le geste d'impolitesse ne passe pas inaperçu, s'il en juge par le soupir du militaire, qui finit par s'asseoir autour de la table de la cuisine encore à moitié sous des bâches plastiques.
— Vous auriez pu trouver un travail, ou même une occupation, plutôt que rester toute la journée auprès de Tony.
— C'est en cours.
Loki ment sans hésiter, mais que peut-il dire d'autre ? Qu'il a besoin de temps pour accepter son adoption ? Qu'il a besoin de temps pour pouvoir s'observer dans le miroir sans se sentir comme le monstre décrit dans les histoires de son enfance ? Il sait qu'il abuse de la gentillesse de Tony et qu'il ne peut pas rester indéfiniment sans s'occuper, au risque de perdre le peu de santé mentale qu'il lui reste. Mais il ne se sent pas encore prêt à s'éloigner de son ami.
Peut-être bien parce que Loki n'a que trop conscience de sa mortalité et qu'il veut passer la moindre seconde avec Tony avant de le perdre définitivement. Depuis quelques temps, il songe même à le suivre dans la tombe, parce qu'il n'a nulle part où aller. Sa maison est auprès de Tony, désormais, loin d'Asgard et des mensonges qui l'ont élevé. De toute façon, même dans le cas improbable où Odin lui pardonnerait ses actes, qui voudrait d'un Jotünn dans le palais royal ? Il n'y a plus rien pour lui dans ce royaume.
Loki n'a plus que Tony. Rhodes, tout meilleur ami qu'il soit, n'a pas le droit de lui retirer ça.
— Écoutez, je sais que vous vous inquiétez pour Tony et je me doute que ça n'a jamais dû être facile de le gérer, mais je tiens vraiment à lui et je…
— Je sais. Je sais aussi qu'il s'auto-détruit moins depuis que vous êtes là. Bon sang, je ne saurais même pas dire la dernière fois que je l'ai vu boire !
— À la dernière soirée caritative à laquelle il a participé, répond immédiatement Loki.
Il n'a pas accompagné Tony là-bas – il n'est qu'un ami et il préfère le calme à l'agitation de ces rassemblements qui ne lui rappellent que trop les banquets asgardiens – mais c'est lui qui l'a récupéré pompette tard dans la soirée et qui l'a aidé à se coucher, aussi s'en souvient-il. Loki ne saurait pas dire pour autant si Tony boit effectivement moins ou non, mais Rhodes doit avoir raison.
— Et comment ça, s'auto-détruire ? relève-t-il finalement. Qu'est-ce que vous savez que je ne sais pas ?
Loki n'a déjà pas beaucoup de temps avec Tony, alors si en plus ce dernier a des comportements destructeurs qu'il n'a pas remarqués, ce temps serait d'autant plus réduit et ça, il le refuse. Il a déjà connaissance de son alcoolisme et de sa tendance à draguer tout ce qui bouge – quand bien même le milliardaire n'a jamais ramené quelqu'un depuis que le dieu vit avec lui – grâce aux tabloïds ; il sait aussi que Tony a tendance à sauter des repas ou à manquer de repos dès lors qu'il est absorbé par un nouveau projet. Il essaye bien de compenser le dédain de Tony pour sa propre santé, mais c'est plus facile à dire qu'à faire avec cette tête de mule inconsciente.
— Monsieur Rhodes, puis-je me permettre un mot ?
Les deux adultes sursautent à la voix désincarnée de Jarvis et Rhodes hausse les sourcils, avant de hausser les épaules.
— Monsieur Stark n'a pas manqué un repas depuis 153 jours, n'a pas fait de nuit blanche depuis 43 jours et n'a pas été ivre mort depuis 86 jours grâce à la présence de Monsieur Loki. La dernière fois qu'il a été sobre aussi longtemps, c'était en Afghanistan.
Loki cligne des yeux, avant de réaliser.
— Jarvis, tu es en train de prendre ma défense ?!
— Il semblerait, Monsieur Loki, bien que je ne fasse qu'énoncer des faits.
Rhodes reste silencieux, visiblement surpris, avant de soupirer et de passer une main devant son visage. Loki se pince les lèvres, se demandant comment compte réagir le soldat à ces informations que lui-même ignorait. Tony n'a-t-il jamais eu personne pour veiller sur lui, auparavant ? Le dieu sent son ventre se serrer en songeant qu'il aurait mieux fait d'être là pour son ami lorsque son réacteur l'empoisonnait plutôt que de se laisser ronger par sa douleur et son chagrin.
— Je n'arrive pas à savoir si vous êtes purement opportuniste ou réellement bon pour lui, souffle Rhodey. Mais j'imagine que je peux me fier au jugement de Jarvis. Il ne vous défendrait pas si vous ne cherchiez qu'à profiter de Tony.
— Je pense que Jarvis aurait trouvé le moyen de m'éliminer discrètement si je cherchais à nuire à Tony. Et je suis persuadé qu'il aurait convaincu Dum-E et U de l'aider.
— Je n'aurais pas eu besoin de les convaincre, Monsieur Loki. Vous avez eu un aperçu des capacités de Dum-E un extincteur entre les mains.
Rhodes ricane et Loki esquisse un sourire. Ce n'est pas si faux ; il est presque certain que le petit robot saurait se servir de son objet fétiche pour défendre son créateur. Et U serait sans doute capable d'utiliser sa caméra comme arme de jet ou massue pour protéger Tony.
— J'ai compris le message, Jarvis. Je ne causerais pas d'ennuis à Monsieur Odinson.
— Loki. Loki suffira.
— Alors appelez-moi Rhodey.
Le militaire lui tend la main et Loki hésite un bref instant avant de la serrer. Si le meilleur ami de Tony accepte sa présence, cela ne peut être qu'une bonne chose. Loki est presque certain que si Rhodes avait dit à Tony de se méfier de lui, ou peut-être de l'aider à s'insérer parmi les autres humains, l'ingénieur l'aurait écouté.
Le dieu sait aussi qu'il faudra bien qu'il le fasse un jour. Si Rhodes – Rhodey - est venu chercher des réponses en premier, bientôt, le reste du monde suivra. Tony a beau protéger son existence, tout fini par se savoir.
Loki prie pour que tout se passe bien et qu'il puisse rester aux côtés de Tony, quoi qu'il arrive.
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