Plop bonsoiiir !

Et c'est ici que se termine la première partie de cette histoire ! Mais promis, ce n'est pas la fin pour nos deux idiots (clairement pas), la suite continue dans D'Amour et d'épines, qui devrait recouvrir à peu près d'ici à Fin Thor 2

Et ceux qui pensent que ça fait pas tant que ça, allez dire ça à mes 35k déjà écrits XD

DISCLAIMER : Tout appartient à Marvel


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Scène 20

S'épanouir

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Loki se fige en arrivant dans le salon, où Tony lui a demandé à travers Jarvis de le rejoindre. Sur la table basse, devant ce que les humains appellent télévision, des pétales rouges et or fanés reposent. Le premier réflexe du dieu est de fuir, mais pour aller où ? Il n'a plus d'endroit où rentrer. Sa seule maison est ici, aux côtés de Tony et il est trop égoïste pour vouloir partir.

Son ami lui en voudra sans doute de son silence, mais qu'aurait-il pu lui dire ? Et quand ? Loki n'a aucun passé sur Midgard, il s'étonne même que Tony n'ait jamais fouillé à son propos. Lui révéler qu'il l'aime l'aurait forcé à lui dire l'entière vérité sur ce qu'il est et il n'était pas prêt. Même maintenant, il ne se sent pas de lui en parler. Le croirait-il seulement ? Le laisserait-il encore habiter chez lui en connaissant ses sentiments et sa réelle espèce ?

Est-ce qu'il y a seulement une issue où Loki ne perd pas le peu qu'il lui reste encore ?

— Ce n'est pas ce que tu crois, souffle-t-il d'une voix trop faible pour être la sienne.

— Et qu'est-ce que je devrais croire, Loki ?

Tony se pince les lèvres et frotte soudain ses mains contre ses genoux, trahissant une nervosité qui ne lui est pas coutumière, alors que le dieu se laisse tomber à ses côtés, incapable de le regarder en face. Ses doigts viennent toucher les fleurs ; il songe qu'il aurait dû s'y attendre. Avec tout ce qu'il tousse, il n'est pas surprenant qu'il n'arrive pas à tout récupérer à chaque fois.

— Je ne te l'ai pas dit pour de bonnes raisons, Tony.

— S'il te plaît, laisse-moi une chance de comprendre. C'est quelqu'un que je connais ?

La question sonne fausse. Tony sait. Jarvis a sans doute fini par vendre la mèche à son créateur et Loki ne peut pas lui en vouloir. L'IA a à cœur les intérêts de Tony, ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne lui en parle. Le dieu a été naïf.

Ou peut-être qu'au fond, il voulait que Tony le sache et qu'il prenne une décision à sa place.

— Jarvis m'avait promis de ne pas t'en parler.

— Oh, il a tenu parole. Il en a parlé à Pepper qui, en bonne amie, est venue me sonner les cloches.

Un rire bref échappe à Tony, qui pose finalement sa main sur son poignet. Loki tressaille, sans pourtant chercher à se dégager du contact. La peau de l'ingénieur est chaude, presque brûlante comparée à la sienne et pourtant, le Jotünn aimerait bien plus que ce simple point de contact.

— Je sais que tu me caches des choses, Lok'. Je le sais depuis que je suis rentré d'Afghanistan et que Jarvis n'a rien trouvé à ton sujet. Mais laisse-moi une chance. Je veux t'aider.

— Et tu m'as quand même laissé m'installer avec toi ?

Loki ne comprend pas. Tony sait qu'il lui ment depuis tout ce temps et pourtant, il l'a laissé entrer dans sa vie. Il l'a laissé pénétrer son intimité, il lui a présenté ses robots, il lui a laissé libre accès à son atelier. Le dieu aurait pu être un espion venu voler les secrets de Stark Industries, il aurait pu être assassin envoyé pour l'enlever ou le tuer, il aurait pu être une menace pour le bonheur de l'ingénieur et pourtant, sans rien savoir de lui, Tony l'a gardé auprès de lui.

Il y a une boule dans le ventre du dieu qui grossit à chaque seconde.

— Jarvis m'aurait dit si tu bidouillais un truc louche, qu'est-ce que tu crois ? Mais t'as toujours été là pour moi, à part quand j'ai été assez con pour te blesser.

— Non. J'aurais dû venir quand même. Tu étais en train de mourir. J'aurais dû être là.

— Alors pourquoi tu ne l'as pas fait ?

— J'ai commencé à cracher des fleurs à partir de cet appel. Ça aurait été dur de te voir partir sans rien pouvoir faire, mais j'aurais pu si tu avais dit vouloir de moi. Tu m'as rejeté et j'ai pensé que tu t'étais joué de moi, avoue Loki avec un nœud dans la gorge. Je ne l'ai pas supporté.

Et il est retourné sur Asgard pour pleurer à l'abri dans sa chambre, pour noyer son esprit dans son travail et transformer son chagrin en colère qu'il déversait sur Thor, rendant impossible toute communication sur son portable.

C'est l'un de ses plus grands remords.

— Je suis désolé.

Tony resserre sa prise sur son poignet, avant de porter ses doigts contre ses lèvres. Loki cligne des yeux, trop surpris pour réagir, avant d'être parcouru par une soudain vague de chaleur lorsque l'ingénieur embrasse doucement la naissance de ses doigts, avant de les entourer des siens. Il croise finalement son regard brun et Loki n'ose interpréter la lueur qui brûle dans les iris sombres.

— Ne t'excuse pas. Je suis en vie et tu es là. C'est tout ce qui importe.

Un soupir.

— C'est tout ce qui m'importe.

Loki se déteste d'oser espérer, alors que Tony enserre si fort ses doigts, comme s'il craint sa fuite. Le dieu a le cœur au bord des lèvres ; la situation lui offre peu de marge de manœuvre et il déteste cette sensation d'être coincé et forcé à admettre ses sentiments à l'humain. Il l'aime si fort, plus fort qu'il n'a jamais aimé personne, pas même Sigyn, la mère de deux de ses enfants.

Il ne peut pas lui mentir sur ce qu'il est. Pas entièrement.

— Tu ne voudrais pas de moi si tu connaissais la vérité.

Quel humain voudrait d'un extraterrestre pour compagnon, après tout ?

— Personne n'a jamais voulu de moi en me connaissant et pourtant, toi tu as des fleurs pour moi après tout ce temps. Laisse-moi une chance.

Est-ce que Loki a même jamais eu une chance de lui refuser la vérité ?

— Alors… Ne m'interromps pas, s'il te plaît. Je n'aurais pas le courage de reprendre. Et si jamais tu ne veux plus de moi à tes côtés ensuite, je comprendrais. Je ne t'en voudrais pas.

Loki prend une inspiration, avant de poser la tête contre l'épaule de Tony, cherchant dans sa présence le courage qui lui fait défaut à cet instant. Il sent l'ingénieur se tendre, avant qu'il ne se détende et lève une main pour la poser sur sa nuque, comme un poids chaud et réconfortant, sans pourtant lâcher sa prise sur ses doigts froids.

— Je te promets. Allez, vide ton sac. Je ne te lâche pas.

Loki ferme les yeux, inspire la fragrance d'eau de Cologne de Tony, avant d'avouer. Il parle d'Yggdrasil, des neufs mondes, de la guerre entre Asgard et Jotünheim ; il lui parle de la Cassette de l'hiver et du bébé dans le temple, élevé comme un prince asgardien sans en être un. De ses missions en tant que prince, de son mariage politique avec Sigyn qui s'est mal terminé, de ses aventures qui lui ont brisé le cœur.

Il hurle sa douleur de parent alors qu'il avoue à haute voix que la plupart de ses petits ne lui auraient peut-être pas été arrachés s'ils avaient été ceux de Thor, que c'est parce qu'il est Jotünn que les Asgardiens ont vu en ses enfants des monstres à écarter ou à exploiter, qu'ils l'ont privé de ce qui lui était le plus cher au monde et qu'il n'a pas su protéger. Les seuls à y avoir échappé sont Narfi et Vali ; Loki mettrait sa main au feu que le fait qu'ils soient issus d'un mariage politique y a contribué et pourtant, il n'a plus jamais osé les voir après qu'il ait quitté Sigyn, de peur qu'Odin ne change d'avis.

Le dieu déforme légèrement la vérité et murmure une jalousie qui lui a bouffé le cœur, une soif de reconnaissance au point de manipuler son frère pour prouver qu'il ne ferait pas un bon roi. Il admet son coup de folie en apprenant son adoption, de l'envoi du Destructeur sur Midgard, qu'il n'a jamais souhaité que ça aille jusque-là et des conséquences de son dernier choix de faire la paix avec Jotünnheim, avant de faire ses adieux à Frigga. Il chuchote son manque de temps, Sif et Thor qui ne lui ont laissé aucune chance de s'expliquer, l'attaquant à peine revenus ; il admet l'avoir mérité, un peu.

Il tait son désir de la pomme d'or pour Tony, de cette volonté de le garder une éternité à ses côtés. Ce sera son secret, pour l'instant. Il ne veut pas pousser Tony à trouver un moyen artificiel de rallonger sa vie. Loki est prêt à mourir à ses côtés comme un mortel, parce qu'il n'imagine pas un univers sans lui.

Et Tony ne fuit pas. Tony le serre de plus en plus fort contre lui et il y a des larmes chaudes qui coulent dans les cheveux de Loki. Tony lui promet à son oreille qu'il souhaite qu'il reste, lui promet qu'ils pourront passer des soirées à cracher sur leur père respectif pour se sentir mieux, qu'il y a bien un putain de moyen de retrouver ses enfants.

Tony lui dit qu'il peut être comme un second père pour Dum-E et U s'il le souhaite, parce qu'il est fatigué de devoir les gérer tout seul et Loki rit autant qu'il pleure.

Tony tousse ; des fleurs bleutées tombent pour la dernière fois sur leurs genoux et Loki redresse la tête pour l'embrasser alors qu'il comprend ce que l'ingénieur n'arrive pas à dire. Ils sont deux idiots, mais le dieu le sait depuis longtemps. Il renverse l'humain sur le canapé pour l'embrasser, encore, encore, et se repaître de la chaleur et de la joie immense qu'il déclenche chez lui.

Loki ignore quand il s'est senti pour la dernière fois aussi complet.

— Est-ce que je peux rester à tes côtés, Tony ?

— Tu connais déjà la réponse, je crois. Ou tu commences à devenir sénile, avec tous ces siècles au compteur ?

— Cher Tony, je te prie cordialement d'aller te faire mettre.

Loki esquisse un sourire si grand qu'il en a mal aux joues, avant de poser sa tête dans le creux de son cou. Tony n'a pas changé de comportement et il est presque certain que s'il croisait son regard maintenant, il y aurait tant d'affection dedans qu'il ne saurait pas le soutenir.

— Avec plaisir si c'est avec…

L'ingénieur s'interrompt et rit doucement, avant de passer ses doigts dans les cheveux noirs de Loki, avec une douceur qui lui tord le cœur.

— Je ne finirais pas cette phrase, Dieu de la Malice, je ne te ferais pas ce plaisir.

— Tu es un humain bien agaçant.

— C'est mon super-pouvoir.

Loki rit – et il a mal à la gorge à force de rire et de pleurer plus qu'il n'en a l'habitude – tandis que Tony continue à passer ses doigts dans ses cheveux longs. Un bref instant, les moqueries de Sif sur leur longueur remontent et sa main vient se serrer sur le cuir du canapé, alors qu'une question passe ses lèvres.

— Tu préférerais qu'ils soient plus courts ?

— J'm'en fous, tant que tu te sens bien.

La seconde question qui lui échappe terrifie Loki bien plus qu'il ne le laisse paraître.

— Et si je préférais ma forme de Jotünn ?

— Je ferais refaire les portes pour que tu puisses les passer sans te baisser.

La réponse n'aurait pas dû tant le surprendre. C'est Tony, après tout ; lorsque le dieu relève les yeux vers lui, il y a un tel air de paix sur le visage de l'ingénieur qu'il sait qu'il ne lui ment pas une seule seconde. Qu'Asgard aille au diable ; Loki a trouvé sa place et c'est dans le cœur d'un ingénieur mortel.

Les fleurs fanent dans leur poitrine pour mieux s'épanouir dans leur cœur.

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