JUMPSUIT (Première Partie)


Assise sur cette chaise dure, je fixais un point imaginaire devant moi. Je ne pouvais pas croire que ce qu'il venait de se passer était réel. Et pourtant, j'étais ici, à attendre que l'inspecteur vienne m'interroger. Je ne savais même pas quoi dire, j'étais si choquée, si triste, si tout et rien à la fois.

L'inspecteur fit son entrée dans la pièce accompagné d'une jeune femme. Les deux prirent place en face de moi, ça commençait, je devais rassembler mes esprits. C'était moi que je défendais et ça sans avocat. Pour eux, ce n'étais qu'un interrogatoire, mais moi, je savais pertinemment que j'étais déjà coupable à leurs yeux.

- Alors, veux-tu bien me parler de Stiles.

- Stiles était un garçon très gentil, peut-être un peu mystérieux, il est vrai, mais toujours franc et honnête. Et surtout, j'ai toujours pu compter sur lui.

- Très bien Lydia, maintenant pouvez-vous nous raconter le jour de votre rencontre?

Je regardais fixement en face de moi, me plongeant dans mes souvenirs. Cette journée, celle de notre rencontre, je m'en souvenais parfaitement, comme si c'était hier.

La journée de cours avait commencé depuis seulement quinze minutes, mais je sentais qu'elle allait être interminable. Le professeur était là en train de réciter son cours dont honnêtement, je n'y comprenais rien. En même temps il faut dire, que je n'avais pas envie d'écouter grand chose. J'étais concentrée sur le fait que mes parents s'était disputés encore une fois et tout ça à cause de ma sœur. Je voulais absolument les aider à trouver une solution, mais je ne savais pas comment faire. Les minutes passaient, j'étais toujours perdu dans le vide, dans le vide intersidéral de mon esprit. Soudainement, un coup retentit à la porte.

Oui entrez.

La porte s'ouvrit, laissant apparaître un grand brun qui entra dans la classe. À première vue, il me semble ne pas le connaître. Nous étions au mois de février et j'étais persuadé de connaître absolument toutes les personnes qui il y avait dans ce fichu lycée.

Le professeur lui demandait d'approcher ce qu'il fait immédiatement.

Bonjour, je m'appelle Stiles Stilinski et j'ai cours avec vous, il me semble.

L'inconnu qui s'appelle maintenant Stiles avait un grand sourire aux lèvres. Monsieur Harris, quant à lui recherchait son nom dans la liste, il avait l'air légèrement stressé. C'était lui tout craché, tout se passait bien avec Monsieur Harris du moment qu'il contrôlait tout et là, l'arrivée de Stiles, il ne l'avait apparemment pas prévu. Après quelques secondes, il soufflait en regardant le nouveau venu avant de lui parler.

Non. Je suis désolé, Stiles, mais tu t'es trompé de classe. Tu n'es pas sur ma liste d'élèves, dis-moi avec qui tu avais cours aujourd'hui.

Euh.. J'avais cours avec Monsieur Finstock, mais apparemment ce n'est pas vous, c'est mon premier jour ici et je suis un peu perdu, je n'ai pas eu de planning ni de plan.

Mon prof balaya la classe les yeux à la recherche de quelque chose. Je pense savoir ce que je cherchais, certainement quelqu'un pour conduire Stiles à sa véritable classe. Et je sentais que ça allait me tomber dessus. J'étais relativement cool en classe même si je n'écoutais pas toujours, mais je ne faisais pas partie des éléments perturbateurs ce qui fait que les profs me faisaient souvent confiance. En revanche la sociabilité ce n'est pas vraiment mon fort, et ça Monsieur Harris le sait.

Lydia, avec toute la gentillesse dont tu fais régulièrement preuve, tu peux m'accompagner Stiles, ce serait adorable.

Je l'avais dit, je savais que ça allait me tomber dessus et maintenant, je n'avais plus le choix. Je me levais de ma chaise, pris ma veste non sans un petit sourire désespéré envers mon professeur tandis que lui pouffa légèrement. Me dirigeant vers la porte, je passais devant Stiles en lui lançant un petit « Allez viens ». Et maintenant on était dehors, la porte de la classe était fermée, et on devait discuter. La partie que je détestais probablement le plus était arrivée.

J'avançais, assez rapidement, je voulais me débarrasser de lui le plus vite possible pour ne pas avoir à sociabilisé. J'étais légèrement une ermite, et hormis Allison, ma meilleure amie, je considérais que je n'avais pas besoin d'ami. Je le voyais marcher à côté de moi, regardant le sol. Plus les secondes passaient et plus je pouvais voir ses joues devenir de plus en plus rouges, je l'impressionnais? Était-il timide? Cela allait peut-être changer la donne. Les personnes de ce genre étaient souvent sympas, car justement, elle ne s'ouvrait pas à tout le monde. Donc pas d'horrible Jackson en copie en perspective.

- Salut, je m'appelle Lydia, et toi? Stiles, c'est ça?

Il hocha la tête doucement. Je lui souriais brièvement.

- D'accord, et bien je te souhaite la bienvenue dans cette école. On est arrivé devant la classe de Monsieur Finstock. Si jamais tu as besoin, n'hésites pas. Allez à plus !

Je le laissais là, devant la porte de sa salle de classe avant de partir presque en courant. J'avais sympathisé, j'avais fait ma bonne action de la journée. Je me souvenais moi aussi de ce que c'était les premiers jours d'école, mais j'avais toujours une amie avec moi, alors seul dans un endroit qui nous était inconnu devait être horrible.

- Et à cet instant, vous n'aviez rien remarqué d'étrange ? Rien qui ne sortait de l'ordinaire?

- Non, c'était un garçon comme les autres quoi qu'un peu timide. Il n'avait rien de bizarre, rien qui pouvait prédire ça.

- Et ensuite, après votre connaissance ? Pouvez-vous nous décrire vos habitudes, attitudes ensemble ? Je sais qu'il ne s'est passé seulement que quelques mois de votre rencontre à ce drame, mais nous avons besoin de comprendre.

- T'es encore à la bourre, Lydia, c'est vraiment une maladie chez toi!

- Oui, je sais Stiles, pas besoin de préciser.

Je soufflais de désespoir. Une fois de plus malgré mes efforts inestimable, j'étais de nouveau arrivée en retard, c'était vraiment une maladie chez moi, il avait raison. Je pris mon sac puis partis m'asseoir à la table qu'occupait Stiles au CDI. Heureusement que nous n'avions pas cours, mais temps libre ce matin, maintenant que j'y pense, si je suis là, c'est surtout parce qu'il ne voulait pas être seul avec Allison.

- En faite, c'est de ta faute, pas de la mienne ! J'aurais largement pu rester coucher tranquille dans mon lit moi ! C'est à cause de toi que je suis ici ! Alors ne viens pas te plaindre de mon retard !

- Toujours des excuses Lyds, n'est-ce pas?

C'était Allison, et s'il y a bien une personne à qui je ne pouvais pas mentir, c'était bien elle. Elle me connaissait depuis maintenant plus de six ans, c'est-à-dire bien avant d'avoir commencé le lycée. Toutes les excuses que je pouvais dire à Stiles, je lui avais probablement déjà sortie.

-Oui, mais cette fois-ci, ce n'est pas seulement une excuse, mais c'est la vérité. C'est ma faute.

Stiles prenait ma défense et ça me faisait beaucoup rire. Cela faisait maintenant deux semaines que nous nous connaissions et pourtant, j'avais l'impression que cela faisait une éternité. Nous étions sans cesse en train de rire ensemble, nous n'étions pas en cours ensemble et encore heureux. Le seul cours où nous nous retrouvions était la science et autant dire que nous passions plus de temps en dehors de la classe qu'a l'intérieur. Toujours virée pour telle ou telle raison.

- Tu sais quoi, Lydia, je pense qu'on va te mettre un collier électrifié et à chaque fois que tu seras en retard ou presque, bam, une décharge.

-Ouais ! Je suis sûre qu'étrangement, tu ne seras plus jamais en retard!

Allison et Stiles s'entendaient à merveille aussi, pour mon plus beau plaisir ! Enfin pas quand ils étaient ligués contre moi.

- Bon, qu'est-ce qu'on fait pour la manifestation du climat ? J'y ai beaucoup réfléchis, mais je n'ai rien trouvé honnêtement…

-Les pancartes sont déjà faites, manque seulement le reste. Les slogans et tout.

Et nous avions passé nos deux heures d'études à ne réfléchir qu'à ça. Comment trouver quelque chose qui soit simple et percutant. Et en même temps, pour l'impact que nous allions avoir, on avait du mal à vraiment être dedans.

Les préparatifs étaient terminés, nous avions tout mis en place et nous étions à présent devant l'usine de McKinley. Il y avait au moins deux cents élèves. Sur le registre de présence, nous étions trois cent cinquante, mais je pense que nous avions eu des désistements de dernières minutes. Comme souvent dans ce genre de manifestation.

C'était maintenant ou jamais, nous devions leur montrer qu'il fallait faire attention et arrêter d'exploiter autant la terre. C'était simple à dire, mais à montrer, tout du moins à prouver, c'était compliqué. Surtout que nous n'étions que des gamins, donc autant dire que nos voix ne portaient pas bien loin, mais nous devions le faire. Ça nous tenait trop à cœur pour renoncer maintenant.

La manifestation avait duré toute l'après-midi. Il était à présent dix-neuf heures et la nuit commençait à tomber. Stiles, Allison et moi étions couchés sur l'herbe du stade qui se trouvait à seulement quelques mètres de l'usine où la manifestation avait lieu.

- Tu étais donc ce qui se rapprochait le plus de sa meilleure amie, c'est ça ?

- J'imagine que oui. Pour ma part, je le considérais comme le frère que je n'avais jamais eu. Il était mon tout.

- Et vous n'avez rien vu de ses projets, c'est tout de même difficile à croire, vous ne pensez pas ?

- Je comprends totalement que vous doutiez de moi. Moi-même je m'en veux de ne pas avoir ouvert les yeux. Mais comment pouvais-je le deviner.

- Dans les documents que sa mère nous a fourni, il y avait une date qui semble récurrente. Le quinze avril deux mille dix-neuf. Que te souviens-tu en rapport avec cette date ? C'était il y a un mois quasiment.

Cette date me rappelait vaguement quelque chose, mais j'avais beaucoup de mal à me souvenir de ce que nous avions fait cette journée.


Hello à tous,

J'espère que le début de cette nouvelle vous a plu.

Je tiens à vous préciser, que si vous lisez également AFTERGLOW, la suite ne devrait pas tarder. J'ai eu un petit souci de PC.

J'essaie donc de me faire pardonner en publiant mes nouvelles écrites ces derniers temps.

En attente de vos retours, je vous envoie mes bonnes ondes,

NevaPlume