Chapitre II : Les Touristes

Quand Benjamin ouvrit les yeux, il fut surpris d'avoir si bien dormi et d'une traite, sans aucun cauchemar en plus. Il était en paix et là à côté de Julia dans ce lit, il l'était toujours. Pourtant elle lui annonça qu'il devait partir. Pourquoi ?

- J'ai eu 60 ans hier. 60 ans !

Impossible ! Oui elle a des rides mais elle est toujours si belle. Bien sûr, elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle lui avait offert la nuit dernière. Benjamin s'était senti lui-même et prit d'une impulsion, il l'embrassa.

Elle resta sans voix… Lui aussi tout en ressentant une joie qu'il n'avait plus touché du bout des doigts depuis longtemps. Il ne fallait pas qu'il pense à plus tard, à après. Sa vie était tellement incertaine depuis si longtemps. La journée était à eux et elle accepta de la passer avec lui.

- Et si on jouait les touristes ?

Alors ils s'étaient baladés le long de la Tamise. Leurs doigts s'étaient frôlés et Benjamin avait été parcouru de frissons à chaque fois. Julia ne se rendait pas compte de l'effet qu'elle produisait sur lui. Elle se sous estimait, se prenait pour une vieille qui n'avait plus rien à offrir. Il l'avait écouté : le Devon avait l'air d'une beauté incomparable et il savait des choses sur ses enfants. Des enfants qui avaient eu une chance incroyable de l'avoir pour mère. Il en savait quelque chose ! Elle avait eu un mari encore plus aveugle qu'il était possible de l'être. Il avait été aveugle à cette chance d'avoir une telle femme dans ses bras. Mais ce divorce était venu tout obscurcir. Oui beaucoup d'années les séparaient, une vie pouvait-on dire mais il n'acceptait pas qu'elle puisse penser qu'elle était finie … Benjamin avait cru que Ally était sa chance mais là, il commençait à entrevoir combien il avait eu tort. La danse d'hier soir était comme un rêve, lui qui ne faisait que des cauchemars.

Ensuite, sur le marché aux puces, cette montre lui avait plu. Il avait l'habitude de regarder les choses et de ne pas pouvoir faire plus, ça avait été le cas toute sa vie même enfant. Pas d'anniversaire, tout au plus une gifle bien placée ou une phrase acerbe au mieux. Quand Benjamin vit Julia sortir son portefeuille, il ne voulait pas, il était gêné car c'était lui qui aurait dû lui offrir quelque chose… Mais qu'avait-il à lui offrir vraiment ? Alors il l'avait embrassé pour la remercier.

La journée était bien avancée, elle avait passé si vite, Benjamin lui dit :

- Je ne veux pas te quitter … Je voudrais rester. Veux-tu que je reste encore ?

Julia lui tendit la main. Benjamin la prit et ils rentrent à l'hôtel. Il avait envie d'elle. Il avait tellement envie d'elle …

Julia s'était rendue dans la salle de bain et lui attendait sur le lit. Benjamin ne voulait pas la brusquer. Il ne faisait que la regarder. Ses yeux ne pouvaient quitter les siens. Que représentait-il pour elle ? Probablement rien, juste un corps et un beau sourire. Il voulait essayer de lui donner du plaisir, d'être là pour elle et ne pas se servir d'elle comme son mari avait dû le faire. Elle le rejoignit. Debout devant lui, elle lui déboutonna sa chemise, caressa ses épaules et ses bras en y faisant glisser ses mains. Elle parut surprise de le sentir frissonner de plaisir. Benjamin avait envie de l'embrasser, ce qu'il fit. Ils échangèrent plusieurs baisers et elle finit par s'allonger sur le lit. Il termina de se déshabiller et la rejoignit sous les draps. Benjamin la vit s'étendre pour fermer la lumière. Elle ne voulait apparemment pas qu'il voie son corps. Il la comprit mais ne s'arrêta pas, son désir pour elle montait de façon inattendue. Benjamin lui caressa le visage comme pour la dessiner, l'imaginer plus jeune pour encore plus apprécier la chance qu'il avait de la tenir dans ses bras. Elle lui avait offert un peu de paix, il voulait lui donner du plaisir. Son odeur lui plaisait, caresser ses cheveux, son cou, la naissance de ses seins. Elle le caressait aussi en étant encore dans la retenue mais il était là pour elle. Benjamin se demandait depuis quand elle n'avait plus été touchée de la sorte. Il voulait qu'elle se sente bien, qu'elle aime ce qu'il faisait. Il faisait attention à y aller doucement. Bientôt, Benjamin serait en elle et il ne pourrait pas s'arrêter.

Benjamin aima ce moment où elle murmure son prénom complet comme si elle avait compris qu'il ne voulait pas de diminutif. Benjamin caressa une ultime fois le visage, le cou, les seins, le ventre et la naissance de l'intimité de Julia. Elle comprit ou bien elle réagit à son geste et Julia écarta plus fort les jambes. Elle l'accueillait en elle. Elle l'acceptait. Alors, il la pénétra doucement. Julia gémit doucement comme une résistance encore mais aussi comme une certaine renaissance. Benjamin entendit ces gémissements et il en fut encore plus excité. Il revint dès lors au visage de Julia et il aspira son souffle en l'embrassant pendant qu'il s'enfonçait plus fort en elle.

- Julia !

Benjamin ne comprenait pas ce qui lui arrivait, il n'aurait pas cru y prendre autant de plaisir mais il sentit un orgasme prendre toute la place. Il voulait que ce soit pareil pour elle.

- Ça va ? la questionna-t-il en bougeant légèrement.

Elle lui caressa le visage et bougea pour qu'il s'enfonce plus en elle. Benjamin comprit qu'il pouvait la faire sienne sans retenue et il reprit son va et viens. Il ne pourrait plus s'arrêter de toute façon et ils finirent par jouir ensemble. Benjamin réalisa qu'il venait de faire l'amour avec un plaisir qu'il n'avait jamais éprouvé. Mais peut-être n'était-ce pas le cas pour elle ? Peut-être n'était-il rien du tout ? Ce ne serait pas la première fois.

Julia se leva et alla à la salle de bain. C'était ça, il n'était qu'un moment pour elle. Benjamin s'assit sur le lit et essaya de trouver sa chemise. Julia la trouva avant lui.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je suppose que tu veux que je m'en aille, dit-il, en s'approchant d'elle pour lui prendre sa chemise. Elle se trouvait dans la lumière de la lune.

- Tu veux t'en aller ?

- Tu ne peux pas t'imaginer à quel point j'ai envie de rester. Julia lui caressa la joue. Comme tu es belle dans cette lumière.

- Alors, viens, Benjamin, dit-elle, en lâchant la chemise le plus loin possible.

Elle lui sourit simplement, il la rejoignit dans la lumière et l'embrassa tendrement.

- Je veux te voir.

Elle hocha la tête. Il lui enleva sa blouse qui rejoignit la chemise de Benjamin. Et ils firent à nouveau l'amour.à nouveau l'amour.