Chapitre XI : Le feu
A son retour, Julia était dans son jardin et s'occupait des arbustes fanés. Benjamin tendit le bouquet de Lys. Il ne lui dit pas que c'était un conseil de Marsha, ça ne pourrait rien apporter de bon.
Quand il voulut savoir ce qui en était de la visite des deux aînés, Julia le rassura sur le pourquoi : ils voulaient juste être sûr de pourvoir séjourner dans la maison à Orvieto. Benjamin ne savait pas trop où état Orvieto mais ce n'était pas important car il n'y avait rien de grave comme il se l'était imaginé. Il lui demanda sincèrement si c'était tout et elle le lui assura. Il était soulagé le week-end pourrait donc se poursuivre. Bien sûr il savait déjà que Julia avait de l'argent mais pas autant. Quand il lui assura qu'il la prenait comme elle était, il ne mentait pas. Benjamin était donc rassuré même s'il trouvait ça trop facile mais Julia ne lui mentirait pas. Julia avait d'ailleurs préparé pleins de petits plats pour grignoter. Quand elle aborda le travail, il ne lui pas pour la proposition de la clientèle, c'était humiliant d'être traité de la sorte. Quand Benjamin ajouta qu'elle lui avait manqué, c'était la vérité et c'était ça qui comptait. Il ne voulait pas lui dire qu'une femme l'avait pris pour un gigolo. Julia n'avait rien à voir avec ça, elle ne penserait pas ça de lui.
Fin d'après-midi, ils étaient passés au salon où Benjamin avait essayé de lire mais la fatigue était là et il somnolait dans le fauteuil tout en tenant Julia contre lui. Il aimait être là simplement avec elle. Il n'avait pas envie de grandes soirées avec plein de monde ou de fêtes jusqu'au bout de la nuit, Julia lui suffisait. Être au calme avec de bons livres et Julia à ses côtés était tout ce dont il avait besoin. Quand Julia lui demanda comment il trouvait Della et affirma qu'il préférait les grand-mères, Benjamin intrigué ne comprit pas où elle voulait en venir ! ? Ensuite, elle se rendit dans la salle de bain. Après plus de dix minutes, Benjamin partit à sa recherche, en passant devant une fenêtre, il vit une lumière orangée : il y avait du feu dans le jardin : un bucher était allumé. Benjamin se précipita dehors :
- Tu fais quoi ? Ce sont mes affaires… Qu'est-ce qui te prend ? cria Benjamin en arrivant, il ne comprenait rien à ce qui se passait.
- Je sais tout. Tout ! Je sais tout.
« Elle ne peut pas savoir pour Sean Wright. Impossible !? », pensa Benjamin tandis qu'il essayait de l'empêcher de jeter ses affaires dans le feu mais surtout de se blesser en le faisant. Julia le repoussa.
- Tu sais quoi ?
- Tout sur toi ! Sur ce que tu fais. Tu séduis des femmes. Des vieilles femmes seules !
- De quoi tu parles ?
Benjamin se demandait comment elle en était arrivée à penser ça !
- Ils t'ont vu ! Patrick et Della. Ils t'ont vu à l'œuvre. On est combien ? Comment tu trouves le temps de profiter de nous toutes ? Ce serait admirable si ce n'était pas si méprisable et pathétique. Un jeune homme comme toi, sur le point d'être mis à la rue, qui se prostitue.
Alors qu'il avait pensé lui parler de ses problèmes d'argent, les enfants de Julia l'en avait privé. La réaction de Julia ne l'aidait pas à vouloir se confier … Pourquoi ne pas lui avoir parlé de ça tantôt quand il lui avait demandé ? Benjamin sentit la colère monter mais surtout il était blessé. Julia le prenait pour un gigolo. Ça lui faisait terriblement mal. Encore mal jugé comme toujours. Elle n'avait pas confiance en lui !
- Tes enfants sont venus jusqu'ici pour te dire ça et tu ne m'as même pas interrogé ?
- Je le fais maintenant.
- Non, là tu disjonctes ! C'était un diner avec une cliente. Je ne savais pas qu'il fallait ta permission.
- Je ne te crois pas.
Benjamin lui lut le message de Zac et elle sembla surprise.
- Et oui j'ai zappé des factures et on veut m'expulser mais ça ne te donne pas le droit de bruler mes affaires comme une putain de sorcière.
Cette scène lui en rappelait une autre où sa mère avait aussi brulé ses affaires car il avait refusé d'aller lui chercher sa drogue avec un type louche…
Benjamin lui reprit son téléphone et s'éloigna parce qu'il ne la reconnaissait plus. Elle n'était plus la femme qu'il avait rencontrée. Benjamin essaya de sauver un de ses livres. Il vit aussi la montre que Julia lui avait offerte en train de bruler et de fondre… Julia revint avec un seau d'eau mais il était trop tard. Tout avait brulé et Benjamin s'en alla …
Revenu sous le porche, il se rendit compte qu'il n'avait aucun moyen de partir sauf à pied puisque son crédit téléphone était épuisé.
- S'il te plait, ne fais pas ça, lui dit Julia, en le rejoignant.
- Qu'est-ce que c'était Julia, cette réaction apocalyptique ? D'où est-ce que ça sort ? Tu me prends pour qui ? Tout ce que je vois c'est que tu ne me fais pas confiance.
Avec le passé de Julia, Benjamin pouvait comprendre mais sa réaction l'avait blessé.
- Tu as raison. Je ne fais confiance à personne.
- Je ne suis pas Ted. Je n'ai pas fait ce qu'il a fait…
« Pourquoi le juger à partir du comportement d'un autre ! » pensa Benjamin.
- … Et ce qu'elle a fait.
- Non plus. Toi, tes enfants vous vous trompez de cible.
« C'est moi qui paye pour Ted. »
- Mais tu n'as pas été totalement honnête.
- J'aurais dû te le dire quand ? A quel moment j'étais censé t'en parler ? A l'hôtel au musée peut-être. Quand ? C'est si grave d'avoir voulu oublier ? Ce jour-là, j'ai pu penser à autre chose qu'à mes soucis, mes dettes et tout le bordel… J'ai pu simplement être … être moi-même.
C'était tout ce que Benjamin voulait être, quelqu'un d'ouvert et libre d'aimer. Quelqu'un de bien.
- Comment t'es-tu retrouvé dans cette situation, Benjamin ?
- Ally m'a demandé d'emménager avec elle… Je n'imaginais pas que ça puisse mal se passer. Mais finalement … ça s'est fini. Benjamin devait se forcer à bien respirer. Respire calmement. Il n'avait plus fait de crise d'angoisse depuis longtemps, il lui restait encore les cauchemars mais eux aussi étaient moins nombreux depuis sa rencontre avec Julia … Je me suis retrouvé à dormir chez des amis, jusqu'à ce que je me trouve ce studio pourri. Mais… j'ai perdu pied.
Benjamin s'en voulait de ne pas être plus fort. Il en avait assez de passer d'une galère à l'autre.
- Tu en es à quel niveau d'endettement ? Benjamin pouvait sentir une boule d'angoisse dans sa poitrine de devoir le dire à voix haute. C'était encore plus réel.
- Expulsion imminente. Mon téléphone a été coupé.
- Tu ne peux pas demander de l'aide à ta famille ? Benjamin pensa : « S'il seulement tu savais. »
- Il te faut combien ? ajouta Julia.
- Non hors de question. Je ne donnerais pas de grain à moudre à tes gosses.
Benjamin en avait assez de leur hostilité. Ils n'essaient même pas, ils ne lui parlaient pas et le jugeaient …
- Ça ne les regarde pas.
- Quand on dépend de quelqu'un … Ça ne finit jamais bien, conclut-il ému au plus haut point.
Benjamin en avait eu la preuve avec Kieran et Ally. Le résultat était que c'était lui qui souffrait à la fin.
- Si on s'est trompé de personne.
Une belle phrase de la part de Julia, même s'il voulait un futur avec elle, est-ce que ça marcherait avec les obstacles de sa vie.
- Jamais je ne te ferais le mal qu'il t'a fait.
Benjamin réalisa quelque chose quand il entendit Julia lui dire…
- Je suis désolée. Benjamin s'approcha en tendant sa main à Julia. Elle le rejoignit et même si ça lui avait fait mal, Julia n'avait fait que réagir à des mensonges. Benjamin comprenait que si ça lui avait fait aussi mal, c'était pour une raison, et même s'il avait encore peur d'être rejeté, il lui dit ce que son cœur savait déjà :
- Je t'aime.
Benjamin le pensait de tout mon cœur. Julia le regarda :
- Tout va s'arranger. Tu n'as plus à t'inquiéter pour ça. Benjamin voulut alors se confier : Je ne suis pas ce que tu croyais, n'est-ce pas ? J'avais honte, Julia. Comme pour mon appartement. Je ne voulais pas que tu voies dans quoi je vis. Je veux vraiment être quelqu'un de bien pour toi mais j'aurais dû te le dire. J'ai eu tort. J'ai laissé Ally me détruire. Je suis un homme sans argent, sans réel tale…
- Tu es mieux que je ne croyais… et je serais là pour toi.
- Non, je ne peux pas accepter …
- Je veux être ta bonne personne.
- Tu l'es Julia.
- Viens, et Julia l'emmena dans la chambre. Fais-moi l'amour, Benjamin.
Elle l'embrassa dans le cou, au coin des lèvres, sur les paupières puis ensuite elle lui enleva sa blouse, lui caressa le torse et lui défit la ceinture de pantalon. Elle bougea sa propre blouse. Occupés à s'embrasser, ils furent bientôt nus et encore plus avides l'un de l'autre. Ils avaient failli se perdre alors qu'ils préféraient se perdre l'un dans l'autre. Elle le caressa et prononça son prénom à chaque passage. Benjamin était rassuré, Julia savait qu'il n'était pas là pour l'argent. Benjamin était là pour elle et elle le savait maintenant. Il se plaça au-dessus d'elle. Il savait qu'elle le voyait, elle ne savait pas encore tout mais il pouvait être lui-même avec elle. Julia fit alors une chose à laquelle il ne s'attendais pas, elle pivota et se retourna.
- Julia… ?
- Montres moi que tu ne me feras jamais de mal.
- Tu es sûre ?
- Absolument.
Benjamin l'embrassa tout en se mettant au-dessus d'elle. Il aurait voulu la prendre tout de suite mais il ne voulait pas lui faire de mal alors il caressa Julia sur tout le corps, déposa des baiser sur son dos, toujours plus bas puis il caressa son intimité. Cette dernière gémit à plusieurs reprises et encore plus quand il arrêtait.
- Benjamin, aimes moi !
Benjamin lui écarta plus les jambes et il la pénétra. Elle laissa échapper un cri. Il était si bien en elle. Benjamin voulut l'embrasser, il dégagea ses cheveux, elle le rejoignit et ils s'embrassèrent à nouveau. Benjamin voulait à nouveau la prendre alors il se retira complètement pour mieux revenir en elle immédiatement.
« Je suis à elle et elle est à moi. »
Benjamin ne pouvait plus se retenir. Il savait qu'il était sur le point de jouir mais il voulait aussi la faire jouir.
- Julia ! Julia ?
- Encore, lui exhorta cette derniè bougea légèrement alors que Benjamin se figeait. Elle le faisait pour lui mais aussi pour elle
- Benjamin ! Benjamin !
Il lui prit les mains et dans un ultime mouvement du bassin, Benjamin jouit ainsi que Julia.
Après ils restèrent éveillés sans avoir besoin de se parler, Benjamin lui caressait les cheveux. Il avait envie de sourire et de lui dire combien il était heureux avec elle mais la porte d'entrée se fit entendre : Leo était de retour. Julia voulut aller le voir alors Benjamin s'étendit et attendit son retour. Ils étaient vraiment ensemble. Ce ne serait pas facile mais ils étaient ensemble.
Je mets un nouveau chapitre avant de partir en voir mon neveu à Québec pour deux semaines. Je reprendrais après ... et j'ai déjà hâte...
Bonne lecture...
