Chapitre 3
Maggie savait risquer gros en venant fouiller dans le bureau du S.A.C. (Special Agent in Charge), mais elle voulait prendre ce risque et découvrir ce qu'il mettait la femme qu'elle respecte le plus au monde dans cet état. Bien que fermer à clef, le tiroir contenant la fameuse lettre ne lui opposa aucune résistance. Quelle fut la stupeur de Maggie en ne découvrant pas une mais une trentaine de lettre à l'intérieur, la même écriture sur l'enveloppe. Elle en sortit une, se promettant que si c'était confidentiel ou personnel de ne pas lire. Mais il y avait forcément quelque chose, son instinct lui indiquait qu'elle touchait au but dans un sens.
— Oh mon dieu… souffla-t-elle en parcourant le document des yeux.
Le lendemain, Isobel arriva un peu plus tard que ces derniers jours. Il faut dire que ne pas avoir son véhicule impliquait beaucoup. Ne voulant pas déranger son « chauffeur », elle avait opté pour un taxi hélé au hasard pour être sûre… Elle essaya de plaquer son expression professionnelle au visage, bien qu'au fond d'elle, Isobel était terrifiée.
« Reprend toi Isobel, tu es un agent spécial ! Tu vaux mieux que ça. » maugréa-t-elle inconsciemment.
Tous les agents vaquaient à leurs occupations à son arrivée, elle les salua avant de se rendre dans son bureau. Elle eut à peine le temps d'accrocher sa veste que Jubal toqua à sa porte.
« Déjà une enquête ? » pensa-t-elle.
Seulement, son bras droit était accompagné de Maggie et Oa, ça ne pouvait donc pas être une nouvelle enquête. A moins que l'un des deux agents de terrain est entendu parler de quelque chose, ou rencontrer un indic.
— Entrez, que puis-je faire pour vous ? demanda-t-elle en essayant de sourire.
— A vous de nous le dire Isobel, commença Jubal en faisant tourner son crayon entre ses doigts.
La brune le regarda en fronçant les sourcils ne comprenant pas. Maggie fuyait tout contact visuel, quant à Oa il l'observait impassible.
— Je vous demande pardon Jubal ?! Que venez-vous faire dans mon bureau ? reformula Isobel usant d'un langage professionnel, de supérieur à subordonné.
— Isobel nous savons pour les lettres de menace. Vous passez des heures au bureau, vous observez partout autour de vous à l'extérieur sur le qui-vive, et on dirait que vous n'avez pas dormit depuis des jours, expliqua Oa calmement.
— Qu'est-ce qui se passe Isobel ? On vous menace ?
Entendre l'inquiétude dans la voix de Maggie, le voir dans les yeux de Jubal, brisa le dernier rempart qui faisait tenir Isobel. Elle s'effondra en larmes. Pris au dépourvu, les autres restèrent figés, incrédules. Leur patronne si forte… était prise de soubresaut à fendre le cœur. Maggie réagit la première, s'agenouillant devant Isobel. Elle posa une main douce dans le dos de sa patronne, de l'autre elle lui pressa l'avant-bras.
— Hey Isobel, tout va bien. Nous sommes là, essayer de respirer calmement, souffla l'agent spécial Bell en frottant le dos de sa supérieure.
Les garçons ne dirent mot, laissant leur collègue prendre les devants pour le moment. Oa ne savait pas quoi penser de voir cette femme forte s'effondrer. La situation devait vraiment être grave.
Maggie la guidait dans un exercice de respiration afin de la calmer. Pensant être le bon moment, Jubal reprit la parole.
— Isobel vous êtes menacée ?!
— Oui… Ca…Cela fait déjà deux semaines que ça dure, avoua la directrice en relevant son visage empli de larmes.
— Quoi ?! Mais pourquoi vous n'avez rien dit ?! s'exclama Jubal choqué mais aussi outré qu'on puisse faire ça à la plus belle des femmes.
— Je pensais que ce n'était rien au début, de simples appels sans aucun bruit au bout juste une respiration… Et qu'en tant qu'agent fédéral, je pourrai gérer ça seule, par moi-même.
— Des fois, il est bon d'en parler à des tierces. Vous savez qui est l'auteur ? intervint Omar.
— Non. Il n'y a rien qui indique l'identité de la personne ou là où je l'aurai connu.
— Des ennemis ? Je veux dire qui vous aurez fait des menaces antérieurement à maintenant ? demanda Maggie en l'aidant à se relever.
— Hormis Vargas non. J'ai déjà étudié cette éventualité, mais ça m'a mené nulle part, déclara Isobel remerciant Maggie d'un sourire.
— Ce n'est pas le style de Vargas, surtout qu'il nous a tous menacé, soupira Jubal qui réfléchissait à toute vitesse au vu de sa manière de faire tourner son crayon.
— Peut-être qu'il va essayer de nous atteindre un à un, avança Oa la mine sombre.
— Ce n'est pas du tout son mode opératoire, on l'a vu avec Elise, puis la dernière fois avec ses machines de l'enfer, commenta Maggie.
— Quoi qu'il en soit nous allons travailler sur l'affaire. Identifier et arrêter ce cinglé. Personne ne s'en prend à l'un des membres de cette famille. Isobel, il vous faut une protection. Je vais appeler le directeur afin de mettre ça en place, annonça Jubal prenant les choses en main.
Il aperçut la grimace échangée par les deux équipiers.
— Quoi ?
— Vu la sensibilité de l'affaire, il serait plutôt judicieux qu'elle soit protégée par nos propres agents, ce qu'on connait vraiment, expliqua Omar en croisant les mains.
Jubal sembla réfléchir, mais il n'y avait aucun doute pour Maggie. Son cœur et son instinct lui dictaient d'agir.
— Je m'en chargerai avec plaisir. J'ai une chambre d'ami, un quartier calme.
— Je n'habite pas loin, je serai là rapidement en renfort en cas de nécessité, appuya Oa.
— Je… Je ne veux pas déranger, souffla Isobel gênée mais aussi touchée par l'intention de ses agents.
— Vous ne dérangez pas, au contraire ça me fait plaisir et on peut veiller sur vous, sourit Maggie.
Soulagée à demie, Isobel les enlaça à tour de rôle, et ce malgré la grande taille d'Omar.
— Bien on fait comme ça. Et pour être sûr qu'elle soit toujours en sécurité tous les deux jours ça serait bien de tourner. S'assurer que le suspect ne découvre pas sa nouvelle localisation.
— J'ai une chambre en plus, et je suis sûr que Scola et Tiffany aussi pourront être de la partie, après tout c'est pour notre directrice, déclara Oa.
— J'ai une chambre également.
— Jubal…
— Tttttt Isobel, sur ce coup c'est moi qui dirige. Vous irez chez elle ce soir, et on alternera.
