Chapitre 5
Scola et Tiffany s'assurèrent que tout était en ordre chez Isobel avant de la laisser entrer accompagnée de Maggie.
— Je vais rejoindre Omar à l'extérieur pour examiner l'arbre, annonça Scola.
— Je vais faire le tour des voisins, suivit Tiffany qui ne voulait pas trop empiéter dans la vie privée de sa patronne.
— Je reste avec Isobel, allez-y.
Maggie observa la décoration sophistiquée de l'appartement laissant le temps à Isobel d'empaqueter ce dont elle avait besoin. Un livre attira son attention parlant de manoir abandonné, de famille qui s'y installe, d'une atmosphère sombre et mystérieuse. Un papier en glissa « Pour Isy, la meilleure », ce n'était pas un vulgaire papier, mais une sorte de carte postale d'un bâtiment en ruine.
Isobel aperçut son agent avec le livre dans les mains et se raidit, la peur et l'angoisse parcourant ses veines.
— Ce n'est rien. Aucun rapport avec le harceleur, déclara-t-elle récupérant l'ouvrage et le fourrant dans son sac.
Maggie était un peu décontenancée par l'attitude de sa directrice, elle n'avait encore rien dit, même pas eu le temps de supposer un quelconque rapport avec leur enquête. Isobel cachait quelque chose. Un secret.
— J'ai ce qu'il me faut. Espérons que ça ne soit pas aussi long. Je n'aime pas empiéter sur votre temps libre.
— Eh, Isobel, on est une famille. Vous n'empiétez sur rien. On est heureux d'être là pour vous, sans vous, il n'y aurait pas cette famille, souffla Maggie en posant ses mains sur les épaules de sa cheffe.
— On a relevé un morceau de tissu, on va l'envoyer au labo immédiatement, informa Oa en les rejoignant.
De retour aux bureaux, Tiffany révéla que certains voisins ont vu un homme trainer assez régulièrement devant l'immeuble mais à des horaires différents. Aucun n'a pu faire de description, il dissimulait constamment son visage. Seul un vieil homme a pu dire que l'homme était blanc et d'une quarantaine d'années au vu de sa peau. Justifiant qu'il était un ancien militaire et avait donc l'habitude de voir les détails.
— Bien Maggie, il se fait tard. Nous on va rester pour avancer. Mais toi, rentre chez toi avec Isobel. Elle a besoin de souffler et de se reposer, souffla Jubal à l'agent. Tu m'appelles au moindre soucis ou doute.
— Promis.
Maggie toqua doucement à la porte du bureau de sa supérieure. Cette dernière était plongée dans un dossier.
— Entre Maggie.
— Vous êtes prête à partir ?
Isobel jeta un coup d'œil vers la salle des opérations où tout le monde s'afféraient. Son agent lui expliqua que c'était un ordre de Jubal, et qu'il avait raison, elle avait besoin de se reposer. A la grande surprise de Maggie, Isobel ne protesta pas. Au contraire, la brune attrapa sa veste et son sac de vêtements. Omar répéta à son équipière de l'appeler au moindre doute.
Après un détour, les deux femmes arrivèrent chez Maggie. Cette dernière accrocha leur manteau avant d'aller tirer les rideaux.
— Je vous montre votre chambre et la salle de bain si vous voulez vous mettre à l'aise.
— Maggie, on peut se tutoyer. Nous ne sommes pas au boulot.
— Techniquement si, vu que vous…tu es sous ma protection, rigola Maggie.
Isobel sourit, un vrai sourire qui avait disparu de son visage depuis de longs jours. Elle laissa son agent pour se rendre dans la salle de bain. Maggie verrouilla la porte et les fenêtres, elle envoya un message à Omar lui dire que le trajet s'était passé sans accro. La brune se mit aux fourneaux, angoissée pour sa supérieure. Et son comportement de plus tôt l'intriguait.
— Ca sent très bon, déclara Isobel en revenant dans une tenue décontractée, pantalon d'intérieur et un sweat et sans maquillage.
— Merci. On peut passer à table si tu as faim.
Le duo s'installa à table dans un silence confortable.
— Je tenais à m'excuser pour tout à l'heure.
— Ce n'est pas grave. C'est oublié.
— C'est… mon livre préféré, je sais, ça parait étrange. On me l'a offert, il a aussi une valeur sentimentale.
Maggie ne dit rien, l'écoutant attentivement. C'était la première fois que l'agent Castille se confiait à elle.
— Ma…ma fille me l'a offert.
Maggie la regardait les yeux écarquillés de stupeur face à cette révélation.
