Chapitre 6

Elles s'étaient installées autour d'un thé dans le salon.

— Vous n'avez jamais parlé d'elle, je ne savais même pas que vous aviez une fille.

— Tutoies-moi Maggie. Personne ne le sait, pas que je voulais la cacher. C'est juste que… elle est sous la protection des Marshalls. Ce qui implique changement d'identité, nouvelle localisation…

— Oh mais comment ça se fait ? demanda Maggie.

— Elle a maintenant 16 ans, enfin dans quelques semaines en vrai. Mais i ans, on faisait des achats, j'ai reçu un appel, je l'ai laissé aller à la voiture le temps de répondre. Elle a été la témoin clef d'un règlement de compte. Un gang important et dangereux, le juge la mise sous protection immédiate.

— Tu… tu n'as plus aucun contact avec elle depuis… souffla Maggie peinée.

— Si, si. On s'écrit des lettres qui transitent par Jesse Lacroix. Je… je l'ai vu il y a deux ans maintenant au Canada.

— Elle est là-bas ?

— Non, elle y a séjourné quelques mois. Elle n'a pas pu me dire où, mais elle serait en France. Le livre est d'une autrice française, sur un manoir car on aime l'architecture de ces bâtiments. Et elle aime l'Histoire, et imaginer l'histoire de ces lieux.

Maggie sourit, essayant d'imaginer Isobel en mode maman. La brune était heureuse d'apprendre à connaitre sa cheffe.

— Comment s'appelle-t-elle ?

— Alana, révéla Isobel un sourire tendre au visage.

Elle tendit une photo. Maggie contempla la photographie le visage éclatant et lumineux d'Isobel, elle avait les cheveux plus longs. A ses côtés, une jolie brune aux fortes ressemblances avec sa mère, de jolis yeux en amande noir. Les deux portaient une tenue de sport et un harnais à la taille.

— Elle te ressemble énormément.

— Elle me manque.

— Vous faisiez de l'escalade ? demanda Maggie le cœur serré en voyant les yeux remplis de larmes d'Isobel.

— De la randonnée, tous les week-ends, on y allait, c'était quasiment devenu une tradition. Le soir quand je rentrais après une grosse journée, elle… elle voyait tout de suite si ça n'allait pas et venait me faire un câlin. Elle était une enfant facile. Aussi moche qu'il y parait, je suis soulagée qu'elle ne soit pas là. Ce taré aurait pu lui faire du mal pour m'atteindre. Ou… ou à la merci de Vargas…

— Isobel, Isobel tout va bien. Elle est en sécurité, et toi aussi. On va l'arrêter.

Isobel alla se coucher, tandis que Maggie resta éveillée encore un moment. Elle n'en revenait pas des révélations d'Isobel. La brune n'osait pas imaginer la douleur que devait traverser Isobel. Pas étonnant qu'elle s'isolait.

On toqua à la porte d'entrée. Les muscles de Maggie se tendirent, prête à l'action. Elle baissa la luminosité, se saisit de son arme et en trouva la porte.

— Mon dieu Oa, tu m'as fait peur !

— Désolé, je peux ?

— Bien sûr entre.

Elle referma à clef derrière lui, avant d'aller voir Isobel. Cette dernière dormait paisiblement, la première fois depuis longtemps. Elle remonta la couverture sur sa patronne avant de refermer la porte.

— Elle dort. Elle en a besoin la pauvre. Tout va bien ?

— Oui je m'inquiétais pour vous.

Maggie lui désigna le canapé où ils s'installèrent. Omar aperçu la photographie oubliée par Isobel sur la table basse.

— Ne me dis pas que c'est…

— Si, sa fille.

— Isobel a une enfant ?! Elle nous a rien dit.

Maggie lui expliqua ce que la brune lui avait dit quelques heures avant. Oa caressa sa barbe estomaqué.

— Quoi ? Magg's quand tu fais cette tête c'est que tu as une idée.

— C'est juste… elle a l'air si triste et avec ce qui se passe, j'aimerai lui faire plaisir.

— Tu penses à la mettre en lien avec sa fille ?! hypothésa Omar connaissant si bien son équipière.

— Ca fait deux ans Oa…

— J'ai un ami chez les Marshalls, je vais voir ce que je peux faire.

Un crissement de pneus dans la rue les fit sursauter. Le duo se leva en catastrophe arme à la main. Omar sortit dans la rue alors que Maggie surveillait les fenêtres à l'arrière.

— Des crétins qui ont trop bu, annonça Oa en revenant.

— Tout va bien Maggie ? Omar ?!

Isobel émergea de la chambre d'ami en pyjama.

— Oui une fausse alerte. Omar est venu en renfort.

— Pour dire vrai Madame, je m'inquiète pour votre sécurité, expliqua l'agent Zidane.

— Merci Omar, ça me touche.

— Tu devrais te reposer, déclara Maggie sous les yeux ébahis d'Omar en entendant qu'elle tutoyait leur supérieure.

— Je venais chercher un verre d'eau.

Le reste de la nuit se passa sans encombre. Omar resta dormir sur le canapé, et alla chercher des viennoiseries au lever. Ils ne tardèrent pas ensuite pour se rendre au bureau. Omar suivant la voiture de Maggie.

— Merci pour hier soir. Ca… ça m'a fait du bien de parler, de m'ouvrir, souffla Isobel en jouant avec une de ses bagues.

— Je suis là si besoin, si tu veux parler. J'ai été heureuse que tu te confies. Que tu me fasses assez confiance pour le faire. Je vais me garer dans les souterrains pour minimiser les risques.