Chapitre 10
La soirée chez Jubal fut chargée de tristesse, Isobel ne cessait de paniquer ou pleurer, et ça tuait Jubal de la voir si brisée, se sentant impuissant.
La musique de la radio comblait le vide dans la voiture, ils étaient pris dans les bouchons new-yorkais.
— Tu sais… c'est son anniversaire aujourd'hui, souffla Isobel d'une petite voix.
Jubal pressa sa main.
— On va la trouver, et on lui fêtera le meilleur 16ème anniversaire avec toute l'équipe.
— Tu promets ?
— Je te le promets Isy.
Cette dernière sourit à l'entente de ce surnom. Elle appréciait vraiment la compagnie de Jubal. Elle était à l'aise avec lui et avait le sentiment de compter.
— Dis je peux te demander quelque chose ?
— Tout ce que tu veux.
— Dans…dans l'hypothèse qu'il m'arriverait quelque chose, est-ce que… est-ce que tu pourrais veiller sur Alana ?
— Il ne t'arrivera rien, mais oui je m'occuperais d'elle comme je veille sur mes enfants.
— Merci Jubal, sourit la brune en déposant un baiser sur sa joue soulagée.
Jubal rejoignit l'équipe alors qu'Isobel allait mettre ses affaires dans son bureau.
— La piste n'a rien donné, le suspect a reçu l'ordre de déposer la voiture à un endroit précis. On a été voir avec Maggie, c'est isolé, pas de caméra.
— Merde.
— Mais j'ai parlé avec une femme qui y promenait son chien. Elle dit avoir vu un homme monter à l'intérieur, elle n'a pas vu son visage mais il tenait une jeune fille.
— On pense que c'est Alana, conclu Omar.
Maggie afficha la photo prise pas le témoin, et Elise passa aussitôt à la reconnaissance faciale.
— Rien pour lui, mais c'est bien Alana à ses côtés.
— Je vais prévenir Isobel. Beau boulot. Elise, Ian vous pouvez essayer de suivre le chemin de la voiture, il y a bien une caméra de banque, de circulation, de piéton qui la vue.
Ils avançaient doucement mais c'était déjà ça. Le bureau était vide. Une boîte posait dessus. Jubal se pencha pour regarder. Des ongles arrachés et un mot : « Quel cadeau tu fais à ta fille pour son anniversaire. »
— Merde, pesta Jubal.
Le sac et la veste d'Isobel n'était plus là.
— Double merde, pesta-t-il de nouveau en comprenant.
Il courut à la salle des opérations.
— Ecoutez tous, Isobel est partie le rejoindre.
— Quoi ?! s'exclamèrent les agents de terrain.
Le silence se fit dans la salle.
— Il a envoyé une boîte à Isobel contenant des ongles arrachés, et un mot « Quel cadeau tu fais à ta fille pour son anniversaire. » Aujourd'hui est le 16ème anniversaire d'Alana Castille. On doit faire en sorte que ça ne soit pas celui de sa mort ou celle d'Isobel. On peut présumer qu'il y avait un autre mot avec des instructions qu'Isobel a pris. Retrouvez la trace de notre directrice. J'envoie les ongles et le carton au labo pour un relevé d'ADN. Le temps presse !
— Elle a éteint son téléphone, annonça Ian
— On part avec un inconvénient, c'est qu'elle connait nos méthodes, intervint Scola.
— Elle a pris une voiture du bureau, on a des GPS dessus, annonça Tiffany qui revenait du parking.
— J'ai rallumé le GPS, elle l'avait éteint également. J'ai une adresse, annonça Elise.
— On y va, déclara Maggie.
Mais c'était un terrain vague où elle avait laissé la voiture avec son téléphone, son arme et un mot : « Désolé. Veillez sur elle. J'ai été fière de vous avoir comme équipe. Love you all. Isobel Castille. »
— Oa…
— N'y pense pas, on va la retrouver.
— Vous cherchez la conductrice ? les interpella une vielle dame.
— Oui, vous l'avez vu ? On est du FBI, c'est notre patronne, déclara Omar.
— La pauvre femme, elle avait l'air si triste et perdue. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'un homme cagoulé arrive. Il lui a mis une arme à feu dans le dos, et l'a entraîné par là-bas. C'est un dédalle de ruelles. Mais je crois qu'un des voisins a vu une voiture en sortir, une qui n'est pas d'ici. Il s'appelle Maxence Smitbull au 3a.
— Merci beaucoup. Vous avez vu des détails qui pourraient nous aider ? demanda Maggie.
— Oui. Je peux venir à vos bureaux si vous voulez.
— Parfait.
Omar avait appelé Jubal lui signalait leur trouvaille, que des renforts et la scientifique les rejoignent. Après avoir installé la vieille dame dans leur véhicule, les deux équipiers gagnèrent la maison de Mr Smitbull.
— Vous avez vu les plaques de la voiture ?
— Pour sûr ma petite dame, je les ai même noté, la femme avec lui semblait paniqué, c'est pour ça que j'ai pris une photo d'eux aussi. J'allais me rendre au commissariat en parler, la femme me semble familière.
— C'est un agent du FBI, vous avez dû la voir à la télévision lors de conférence de presse, expliqua Omar.
— Attendez, vous avez une photo de l'homme ?! Avec son visage ?! s'exclama Maggie oubliant la façon dont il l'avait appelé.
— Bien sûr ! Il avait une arme à feu à la ceinture côté droit, un 9mm.
— Militaire, observa Omar en voyant des médailles sur les étagères derrière.
— Marines mon petit.
— Ranger, 75ème régiment.
— Un frère d'armes. La femme, elle a des ennuis ?
— Oui. On peut avoir la photo et la plaque pour l'identifier et la retrouver avant qu'il ne soit trop tard ? demanda Maggie la boule au ventre de ne pas retrouver les deux Castille en vie.
— Et il faudrait que vous veniez dans nos bureaux.
— Laissez-moi juste le temps de me changer.
— Des collègues arrivent, ils vous escorteront avec votre voisine. On va rester sur place chercher des indices.
