Chapitre 11
Jubal hurlait dans les bureaux, n'en pouvant plus de ne pas avoir de piste solide, que tout se passe aussi lentement. Il mourrait d'inquiétude pour Isobel, il voulait tellement lui hurler dessus d'avoir fait ça. Mais aussi l'enlacer, s'assurer qu'elle aille bien, lui dire qu'il comprend. Pleurer de peut-être la perdre alors qu'il avait passé deux soirées magnifiques à ses côtés…
Il poussa la scientifique pour qu'ils se dépêchent d'examiner, mais ça ne venait pas, pas assez vite à son goût. Tout ce qu'ils purent lui confirmer fut que c'était bien les ongles d'Alana.
— La pauvre gamine, je n'imagine pas la terreur et la douleur que ça a dû être…
— C'est extrêmement douloureux, mais pas mortel, commenta un scientifique.
Jubal le gratifia d'un grognement avant de remonter.
— Jubal, j'ai l'identité du suspect : Samuel Bilio. Il aurait connu Isobel durant ses études, trois ans dans la même classe, annonça Elise.
— Attends ce mec a attendu toutes ces années pour tomber sur Isobel ?!
— Non, il y a quelques années lorsqu'elle n'était pas encore au FBI, leur chemin s'est recroisé. Une prise d'otage, Isobel était l'un des inspecteurs en charge, le suspect a été abattu mais avant ça il avait blessé plusieurs personnes, dont notre suspect Samuel Bilio.
— La blessure à la main.
— Exacte, j'ai retrouvé l'ancien numéro de portable d'Isobel. Après ça il a tenté de reprendre contact avec elle, l'ayant reconnu au moment de la prise d'otage. Il lui a déclaré avoir des sentiments pour elle… Isobel a refusé, restant cordiale, disant qu'ils pouvaient juste rester en contact comme ça mais que ça n'ira pas plus loin. Il a insisté en disant qu'il serait un bon beau-père pour Alana, qu'Isobel n'aurait pas à travailler… Elle a refusé, et a demandé une ordonnance d'éloignement contre lui. Après ça, il a perdu son travail…
— Et il en tient Isobel responsable alors qu'elle, elle a gravit les échelons. On le trouve où ce malade ?!
— Là est le problème. Il a été déclaré mort il y a cinq ans…
— Mais on sait que c'est lui…
— Oui, il a dû changer d'identité. Je vais creuser cette piste, annonça Elise.
— Beau boulot.
— Tu tiens le coup toi ? demanda-t-elle n'ayant jamais vu Jubal dans cet état sauf lorsqu'il s'agissait de ses enfants.
— Difficilement je t'avoue. J'ai peur de la perdre.
— Moi aussi. Isobel est… c'est Isobel quoi… Mais on va la trouver. Et on pourra la rouspéter d'avoir fait ça dans notre dos. Elle râlera que c'était son devoir patati patata, mais nous fera un grand sourire et nous remercier, sourit Elise en posant une main sur l'épaule de Jubal.
— Merci Elise.
— Quand tu veux. Je sais que tu tiens à elle, ça se voit, sourit-elle avant de repartir.
Jubal inspira profondément, bien sûr qu'il tenait à elle… c'est Isobel… Il joua nerveusement avec son élastique avant de retourner dans la salle avec tout le monde et de les mettre au courant.
Elle marchait à l'aveugle, il lui avait enfilé un sac en toile sur la tête. Forcément afin qu'elle ne sache pas où elle se situe.
— Ca suffit, j'ai fait ce que tu as dit ! railla Isobel.
— Tais-toi ! Ou je la descends sous tes yeux !
— Je t'en prie…
— Elle aussi a dit ça lorsque je lui ai arraché les ongles. Elle hurlait aussi, fort, très fort. Bien qu'au début elle tentait d'être forte, ricana Samuel Bilio.
Isobel mourrait d'envie de se retourner et le frapper pour ce qu'il disait avoir fait à sa petite Alana. Mais l'arme contre son dos la dissuadait, et aussi égocentrique qu'il n'en paraissait, elle avait besoin de voir sa fille. Au moins une fois avant de mourir.
Sans aucune douceur il lui ôta la cagoule. Ils étaient à l'intérieur d'une maison aux fenêtres condamnés par des parpaings.
— Tu bouges, elle est morte, siffla Samuel en s'éloignant.
Il revint quelques minutes plus tard tirant par les cheveux une adolescente.
— Alana ! s'exclama Isobel en reconnaissant le doux minois de sa fille.
— Maman !
La directrice du FBI se précipita vers elle et l'enlaça, la serrant le plus fort possible.
— Mon trésor, je suis désolée.
— Ce n'est pas de ta faute. Tu… tu n'aurais pas dû venir.
— Je n'allais pas t'abandonnée. Tu vas bien ?
Isobel observa son visage, un bleu à la pommette, elle avait dû se débattre. Son regard tomba sur sa main ensanglantée.
— Viens on va nettoyer ça.
Samuel les regardait moqueur, ça l'amusait beaucoup. Voir Isobel dans cet état, coupable de l'état de sa fille, et cette dernière essayer de paraître forte. Surtout qu'il avait pris un malin plaisir à lui arracher les ongles des quatre doigts.
— Bien les retrouvailles à la guimauve ça suffit. Attache les mains de ta mère dans le dos, ordonna-t-il.
— Va en enfer !
Il lui donna un violent coup de poing dans le ventre la déstabilisant. Isobel se jeta sur lui usant de son entraînement d'agent pour le désarmer. Après un combat serré, il eut le dessus, la maintenant par le cou, l'arme pointée vers elle.
— Maintenant, tu vas attacher les mains de ta mère sinon je lui colle une balle et tu vas l'admirer se vider, siffla-t-il alors qu'Isobel le regardait terrifiée.
— Fait le ma puce. Je ne veux pas qu'il te fasse du mal, murmura Isobel.
Alana s'exécuta à contre cœur, tentant d'être douce dans ces gestes. Isobel déposa un baiser dans les cheveux de sa fille.
— Tu as grandi ma puce, on rattrapera ton anniversaire je te le promets.
— Je m'en fiche de mon anniversaire, je veux juste qu'on s'en sorte, toutes les deux.
— Toutes les deux… c'est mignon mais impossible. Debout, j'ai d'autres plans pour toi, railla le suspect.
— Tiens ta parole, lança Isobel en le regardant.
— Tais-toi Castille senior. Dit adieu à ta mère et viens.
Face à l'arme à feu, Alana obtempéra. Elle enlaça Isobel, enfouissant son visage dans le creux de son cou. Ce qu'elle a toujours aimé faire petite. Elle lui enfila son collier, un pendentif avec une grosse pierre d'améthyste.
— Tu auras un bout de moi avec toi, justifia Alana avant d'embrasser sa joue.
— Je t'aime. Jubal prendra soin de toi.
Alana vit noir, Samuel lui ayant infligé un coup violent à la tête avant de la mettre dans une boîte qu'il ferma solidement.
— Tu devais la relâcher ! pleura Isobel.
Il la regarda en ricanant avant de l'assommer à son tour afin de pouvoir sortir se débarrasser de la boîte.
