Chapitre 12

Ils avaient eu plusieurs pistes, quelques indices mais c'était compliqué de retrouver la trace de cet homme. Ian et Elise avaient réussi à retrouver ses deux premières identités. Tiffany grâce à des indiques, le chirurgien qui avait opérer une ou deux modifications sur le suspect. Et Maggie grâce là aussi à des indiques retrouver l'identité trois et quatre. Mais il semblerait qu'il en ait changé encore deux fois. Il avait réussi à louer un appartement au nom de sa mère, mais cette dernière étant en maison de retraite avec Alzheimer ne se souvenait de rien, juste qu'il fût obsédé par Isobel, croyant qu'il finirait sa vie avec elle. L'équipe avait eu un espoir de trouver des indices dans l'appartement, seulement, arrivée sur place ils n'ont pu que constater les pompiers éteindre un incendie. Il ne restait plus rien de l'habitation. Un des soldats du feu était parvenu à sortir une photo lorsqu'ils étaient entrés pour s'assurer qu'il n'y avait plus personne à l'intérieur. Une photographie d'Isobel avec un homme, ce dernier avait le visage entouré de rouge et des têtes de mort dessiné autour.

— Il faut qu'on retrouve l'identité de la personne. C'est peut-être un complice, une prochaine cible… énuméra Jubal.

— Hmmm excusez-moi, intervint un livreur.

— On peut vous aidez ?

— J'ai un colis pour l'équipe du FBI de l'agent Castille, expliqua le livreur.

— De qui il vient ? se méfia Jubal

Omar avait déjà appelé les démineurs par sécurité.

— L'expéditeur est inconnu, je suis désolé. Mais c'est un gros paquet et lourd.

— Où est-il ? demanda Maggie

— Là dans le couloir, je ne savais pas où m'adresser.

Scola l'emmena dans une autre pièce afin de lui poser quelques questions après qu'ils auraient ouvert le colis. Des fois que ça aurait un lien avec leur enquête.

— Que les démineurs…

— Nous sommes là, l'agent Zidane nous a appelé, déclara la cheffe.

Ils examinèrent attentivement le carton.

— Rien, pas de bombe, annonça-t-elle avant de repartir accompagnée de son équipe.

— Bon, et bien j'ouvre, souffla Jubal en coupant le scotch.

— J'ai un mauvais pressentiment, murmura Maggie en jetant un coup d'œil à son équipier.

A l'intérieur se trouvait une seconde boîte, plus épaisse. Avec l'aide de Scola, Jubal parvint à ouvrir le couvercle.

— Oh mon dieu !

— Pitié ne tirez pas !

— Alana, tout va bien ! Je m'appelle Jubal, je travaille avec ta mère, s'exclama-t-il en l'aidant à se lever.

— Où… où sommes-nous ? questionna l'adolescente en voyant tous les regards posaient sur elle.

— Dans les bureaux du FBI. Viens doucement. Tu es blessée ?

— Juste…juste mal à la tête.

— C'est le portrait craché de sa mère, murmura Ian à l'oreille d'Elise.

— D'accord, retournons tous travailler lui laisser de l'espace ! intervint Scola.

— J'appelle une ambulance, déclara Maggie qui n'en revenait pas qu'ils aient la fille de leur patronne.

— Non ! Non pas d'ambulance ! On doit la retrouver avant qu'il lui fasse du mal ! paniqua Alana.

— Eh eh doucement, on va aller s'installer dans une salle d'accord ? la tranquillisa Jubal.

— D'accord. Je…je vous laisserai me faire examiner quand elle sera libre.

Ils ne purent s'empêcher de sourire, elle était aussi têtue et déterminée que sa mère. Le quatuor s'installa dans la salle de réunion, Maggie tendit un verre d'eau à l'adolescente. Elle était pâle, les yeux cernés et un gros bleu à la pommette, un bras tenant son ventre.

— Tu es blessée au ventre ? demanda Maggie

— Il…il m'a donné un coup… dans le ventre…

— Je peux regarder ? questionna-t-elle

— D'accord.

Maggie releva doucement le haut de la jeune fille, dévoilant un énorme bleu. Délicatement, l'agent Bell examina la blessure.

— Tu dois avoir une côte flottante.

— C'est… ce n'est pas grave. Ça peut attendre.

Le regard noir d'Alana se posa sur l'écran affichant la photo récupérée par le pompier. Elle se raidit en voyant ce visage. Les trois agents le remarquèrent aussitôt.

— Tu le connais ? demanda Omar.

Alana se mit à trembler, ouvrant la bouche prête à dire quelque chose mais aucun son n'en sortait. Jubal posa une main doucement dans son dos.

— Hey, tu es en sécurité. J'ai fait la promesse à ta mère de veiller sur toi, souffla-t-il.

Alana tourna son visage vers lui, lui adressant un petit sourire. Jubal revoyait en lui le sourire merveilleux d'Isobel. Qu'est-ce qu'il avait envie de la serrer dans ses bras, embrasser de nouveau ses cheveux corbeau…

— C'est vous Jubal qui est son bras droit ? souffla Alana.

— Oui, elle t'a parlé de moi ?

Un sourire amusé traversa son visage anxieux.

— Oui, beaucoup.

La tête surprise de Jubal amusa tout le monde, puis Alana regarda de nouveau la photo…

— C'est… c'est mon géniteur… révéla-t-elle.

— Ton père ?! répéta Omar.

— Non ! Il ne mérite pas ce nom ! s'énerva l'adolescente les larmes aux yeux.

Les agents eurent le sentiment qu'il s'était passé quelque chose de grave. Alana jouait nerveusement avec une bague, Maggie le remarqua aussitôt et tenta de l'apaiser.

— Tu as le même tic qu'Isobel. Quand elle est nerveuse, elle joue avec une de ses bagues, sourit l'agent.

Et ça fonctionna, Alana sourit avant d'essuyer ses larmes.

— Il… il la battait. Quand je suis née, elle l'a quitté. Il… Il est revenu quand j'avais 3 ans, elle se sentait coupable que je grandisse sans père, alors elle l'a laissé revenir. Mais il l'a battait… Un soir elle a eu le courage de lui dire qu'on allait partir. Il… il la poignardait. J'avais que 5 ans mais elle…elle m'avait appris à appeler les secours alors c'est ce que j'ai fait. Et j'ai appuyé pour arrêter que ça saigne.

— Wahoo… Qu'est-ce qu'il est devenu lui ? demanda Maggie n'imaginant pas qu'Isobel est un tel passé.

— Il a été tué par des membres d'un gang du quartier où on vivait. Parce qu'ils l'avaient vu la frapper… et… et comme ils étaient redevables auprès de maman car elle avait aidé le fils d'un des gangsters a recraché ce qu'il avait avalé de travers. Ils l'ont vengé.

— Et bien je ne vais pas pleurer sa mort.

— Jubal ! rectifia Maggie.

— Ce n'est pas grave, il a raison.

— Pourquoi t'a –t-il frappé ? demanda Omar.

— Il voulait que j'attache les mains de ma mère dans son dos, je lui ai dit d'aller en enfer ça ne lui a pas plu. Ils… Ils se sont battus ensuite… Elle a presque réussi, mais il a rattrapé son arme… expliqua Alana d'une petite voix.

— Isobel… Isobel est blessée ? s'inquiéta Jubal le cœur battant.

— Non, pas avant qu'ils se battent. Elle ne saignait pas quand il m'a assommé.

— Tu peux nous dire ce qu'il s'est passé depuis les Marshall ? demanda Omar.

Un bruit accompagna ces dires, ils se regardèrent amusés tandis qu'Alana était embarrassée.

— Je pense que ça peut attendre qu'elle ait mangé, sourit Jubal.

— Ou on peut en parler autour d'un repas ? proposa Alana.

— C'est bien la fille d'Isobel, plaisanta Maggie.