Chapitre 17

La soirée avait été agréable, ils avaient beaucoup ri, Jubal faisait beaucoup de blague. Ils avaient regardé un film tous les trois avec du pop-corn « Miss Peregrine et les enfants particuliers ». D'abord hésitante, Alana s'était lovée contre sa mère qui l'avait couverte d'un plaid et murmuré qu'elle l'aimait.

Jubal faisait des pancakes à la myrtille, Isobel les ayant adorés. Le café venait de finir de couler, un chocolat chaud était prêt pour Alana.

— Bonjour, souffla la jeune fille en émergeant dans un sweat trop grand.

— Bonjour Alana, bien dormi ?

— Mieux que ces derniers jours. Ca sent bon.

— C'est bientôt prêt, je t'ai fait un chocolat chaud.

— Merci Jubal. Dis, tu vas lui dire ? demanda Alana en mordant dans un pancake.

— Dire quoi ?

— A ma mère que tu l'aimes. J'ai vu de quelle façon tu l'as couvé des yeux pendant le film, et pendant qu'on mangeait. Tu ne la laissais même pas débarrasser ou se servir tu le faisais pour elle.

— J'avoue, elle ne me laisse pas indifférente. Mais c'est une personne charismatique, intelligente et belle…

— Jubal arrête, je ne suis pas idiote ! Ça se voit ! Tu l'aimes tu peux me le dire.

— Je ne voudrai pas empiéter… tu viens juste de la retrouver…

— Ce n'est pas parce que j'ai 16 ans que je suis un monstre. Je ne suis pas une délinquante qu'y vais te faire la misère. Je le ferai si tu lui fais du mal. Mais bien que je ne l'aie pas vu depuis des années, je la connais par cœur, et on s'écrivait souvent. Elle est heureuse ici avec toi, et elle t'aime aussi, j'en suis sûre.

— Ca ne te gênerait pas toi ? demanda Jubal.

— Le temps que tu ne me forces pas à t'appeler papa, non. Je veux qu'elle soit heureuse. C'est une personne introvertie, et si elle s'est ouverte à toi c'est qu'elle tient à toi. Tu pars avec de bons points, plaisanta Alana.

— Promis je ne lui ai pas jeté de sort, blagua Jubal.

— Mon dieu elle t'a parlé de ce surnom

Isobel rejoignit la cuisine d'un pas trainant, mais les rires qu'elle y entendait réchauffaient son cœur. Jubal était en train de faire le pitre avec une spatule en guide de baguette magique.

— Bonjour, lança Isobel en les rejoignant

— Hey maman !

Isobel embrassa les cheveux de sa fille, heureuse de se lever et de voir son enfant. Et Jubal était super avec elle, il la faisait vraiment rire. Elle s'installa à côté d'Alana alors que Jubal lui versait un café comme elle aime le prendre.

— Tu te souviens comment je l'aime, observa Isobel.

— Oui.

Il jeta un regard vers Alana qui souriait amusée un sourcil levé plein de sous-entendu.

— On va faire quelques magasins pour que tu te prennes des vêtements ma puce, et ce que tu veux, des livres… déclara Isobel en posant une main sur l'avant-bras de sa fille.

— Euh ouais, Jubal pourrait venir avec nous.

— Ça te dit Jubal ? demanda Isobel.

Le trio se rendit dans une rue commerçante, Alana était gênée de faire dépenser sa mère bien que celle-ci la pousser. Jubal mit tout de même Isobel en garde de ne pas trop pousser sa fille.

— Je veux juste qu'elle…

— Je sais Izy, mais je pense qu'il ne faut pas trop l'étouffer. Elle a été seule longtemps.

— Tu as raison. Je me laisse trop déborder car je la retrouve.

— C'est normal, je serai pareil si c'était Abigail. On va la retrouver ?

— Excusez-moi, vous êtes les parents de la jeune fille ? les interpella une vendeuse qui les avait accueilli à leur arrivée.

— Je suis sa mère pourquoi ?

— Elle s'est enfermée dans une cabine et pleure, avertit la vendeuse.

Isobel échangea un regard avec Jubal avant de se précipiter là-bas. La vendeuse leur ouvrit la porte, et Isobel s'y engouffra s'agenouillant devant sa fille. Elle essuya les joues d'Alana et remettant une mèche de cheveux derrière ses oreilles. Elles discutèrent longuement, Alana se confiant sur le fait qu'elle se sentait décaler par rapport à tout le monde, souffrant de solitude et du manque de sa mère, de n'avoir eu que de brefs échanges sans grand intérêt avec ceux qui veillaient sur elle. Isobel l'attira contre elle, la berçant tendrement. La rassurant qu'elles surmonteront ça ensemble, qu'elle n'ait pas seule, et que si elle avait besoin de parler à d'autre qu'elle, Isobel pariait sur Maggie pour ça.

— Alors, on sort de là, on te trouve de jolies tenues. Après on va dans une librairie se trouver des bouquins ? Et pourquoi pas ne pas passer dans une parfumerie ? On pourrait embêter Jubal ? Et allez manger un bout, proposa Isobel en essuyant les joues d'Alana.

— Le parfumer de parfum de femme, sourit tristement Alana.

— Ça sonne bien. Et puis il faut qu'on trouve ton cadeau d'anniversaire, souffla Isobel en embrassant son front.

Un beau sourire illumina le visage d'Alana ce qui réchauffa le cœur de sa mère.

— Je ne veux pas un cadeau basique. J'aimerai bien qu'on fasse un voyage toi, moi, Jubal avec Maggie, Omar, Tiffany et Scola.

Isobel la regarda étonnée.

— Tu veux faire un voyage où ?

— Hawai ? Il y a des sentiers de randonnée magnifiques.

— Je note, plaisanta Isobel en ébouriffant ses cheveux.

Elles rejoignirent Jubal et continuèrent leur journée shopping. Le seul homme se retrouva couvert de parfum féminin mais il avait bien prit sa revanche. Le trio a diné dans une brasserie française sur recommandation d'Alana avant qu'Isobel ne propose de se promener au bord de l'eau avant de rentrer. Elle ne voulait pas retourner à la vie quotidienne tout de suite.

Alana fit signe à Jubal de sauter le pas, et s'éloigna de quelques mètres même si elle filmait discrètement avec son téléphone. Isobel observait les étoiles rêveuse, le vent caressait son visage faisant voletait ses boucles brunes.

— On se sent petit face à la voile actée, commenta maladroitement Jubal en s'approchant d'Isobel.

— Oui mais c'est tellement magnifique…

— Pas plus que toi.

Isobel se retourna vers lui, les yeux écarquillés par ce qu'il venait de dire. Avait-elle bien entendu ? Jubal fit un pas vers elle, son cœur battait à la chamade. Il posa une main sur la joue gauche de la brune. Et délicatement il l'embrassa, ses lèvres étaient douces et chaudes comme il avait imaginé. Son cœur fondit lorsqu'elle posa ses mains sur le torse de Jubal, répondant à son baiser. Ils se séparèrent d'infimes centimètres, se regardant dans les yeux. Dans la pénombre les yeux d'Isobel semblaient noirs, noirs et scintillant de bonheur.

— Sommes-nous fous de faire ça ? murmura-t-elle leur nez se touchant.

— Je suis déjà fou de toi, alors peu m'importe, répondit Jubal plongé dans ses magnifiques yeux.

Isobel sourit heureuse et l'embrassa de nouveau, une explosion de millions de papillons dans le ventre.

— Ouiiiiiiii ! commenta Alana en les rejoignant.

Le duo rigola, Isobel posa sa tête sur l'épaule de Jubal qui lui embrassa le front avant d'ébouriffer les cheveux d'Alana, avouant à sa mère qu'elle le taquinait avec ça depuis qu'ils s'étaient rencontrés.