Chapitre 22

Alana rentrait à pied, après avoir longuement discuté avec Maggie. Sa colère à l'encontre de sa mère s'était tassée. Maggie avait raison, elle aurait dû se mettre à sa place. Mais c'était tellement nouveau… Après des années de solitude, sans avoir de réelle personne pour qui tu comptes… Pour autant elle aimait sa mère plus que tout au monde. Ne voulant pas rester fâchée avec cette dernière plus longtemps elle avait décidé de rentrer.

La porte de la maison était ouverte, la voiture de Jubal n'était pas là… Un frisson d'appréhension parcourue Alana, comme un avertissement que quelque chose de grave venait de se passer. L'adolescente s'apprêtait à appeler le 911 lorsqu'elle aperçut des pieds dans l'entrée…

— Maman ! hurla-t-elle en se précipitant à l'intérieur.

Isobel était là, gisant dans une mare de sang. Alana se stoppa nette en découvrant ça, se ressaisissant, elle attacha rapidement ses longs cheveux avant de s'agenouiller près d'elle.

— Hey, hey maman, ouvre les yeux ! supplia Alana en vérifiant son pouls.

Elle courut à la cuisine, attrapa ce qu'elle voulait et revint près de sa mère. Mettant un torchon sur la plaie au ventre, Alana plaça les mains d'Isobel dessus lui demandant d'appuyer autant qu'elle pouvait le temps que l'adolescente s'occupe de l'autre plaie.

— Il faut que j'empêche l'air de passer à travers ta plaie. Je suis désolée ça va faire mal, expliqua Alana.

Elle arracha des morceaux de papiers sulfurisés et les plaça de sorte à boucher la plaie. Attrapant le portable de sa mère, Alana composa le numéro des secours, donnant leur localisation et prévenant qu'il s'agissait de la directrice du FBI, puis elle appela Maggie.

— Ne t'endors pas je t'en supplie. Faut absolument que tu restes éveillée. Fais ça pour moi, souffla Alana en posant la tête d'Isobel sur ses genoux. Elle avait fait un garrot pour maintenir le torchon bien serré sur le ventre.

— Co…comment tu… tu as… apprit...

— Où j'ai appris ça ? On est passé par Chicago, et je l'avoue embêter les Marshall jusqu'à ce que, mais j'ai passé une semaine dans une caserne de pompiers. Les ambulancières m'ont appris pas mal de trucs sur les gestes de secours selon les blessures. Comme les pompiers si on est face à un accident ou incendie…

— Tu…es…

— Je ne suis rien sans toi, alors tu tiens le coup. Et je suis vraiment désolée pour ce qui s'est passé plus tôt. Je n'aurai pas dû m'emporter.

Les sirènes résonnèrent dans la rue, l'ambulance se gara devant l'entrée. Les ambulanciers entrant aussitôt prenant en charge Isobel. Maggie les suivant rapidement et enlaçant Alana l'empêchant de s'approcher du brancard.

— Je t'aime Ala…na…

— Elle ne respire plus, j'intube ! cria l'ambulancier.

— Alana qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Maggie en forçant l'adolescente à la regarder.

Mais cette dernière était en état de choc. Omar les rejoignit n'en croyant pas de voir leur directrice dans le brancard, blessée par balle.

— Des voisins ont entendu deux coups de feu, annonça-t-il.

— J'ai… j'ai vu la porte ouverte… elle… elle était allongée là… j'ai… j'ai fait les premiers soins, balbutia Alana.

— Vous suivez une formation de secouriste ? lui demanda un des ambulanciers.

— Non…pour…pourquoi ?

— Parce que les soins que vous lui avez pratiqués sont… excellents. Vous avez évité des complications.

Omar et Maggie regardèrent l'adolescente étonnés. Qui leur expliqua ce qu'elle venait de dire à sa mère. Jubal fut ébloui par les gyrophares, son cœur se stoppa en les voyants devant chez lui.

— Oh non, Isobel !

— Monsieur vous ne pouvez pas passer. Rentrez chez vous ! déclara un agent de police.

— C'est chez moi justement ! Et je suis l'agent spéciale Jubal Valentine du FBI !

Il passa sous le ruban et trouva Scola dans un coin. Ce dernier lui expliqua ce qui venait de se passer.

— Attend quoi ?! On a tiré à deux reprises sur Isobel !?

— Oui, on dirait qu'elle a ouvert la porte. Elle a reçu une première balle, puis une seconde…

— Il y avait quelqu'un avec elle.

Les deux hommes se tournèrent vers Alana qui venait de sortir prendre l'air.

— Comment ça ? demanda Scola.

— Quand je suis arrivée il n'y avait plus personne mais. Il y avait une légère marque de chaussure, comme si la personne avait marché dans quelque chose avant d'entrer. La trace montre qu'il ou elle s'est tenue à côté de maman. Et, une mèche de cheveux a été remise derrière son oreille. Comme ce que l'on fait lorsqu'on réconforte quelqu'un ou dans un geste tendre. Maman me le fait, remettre une mèche de cheveux derrière mon oreille, c'était le cas-là. Et… on lui a caressait la joue, il y avait un résidu de poudre sur sa peau comme de la farine ou du sucre…

— Ca s'est de l'observation, commenta Tiffany.

— Je pense qu'il lui a d'abord tiré dans le ventre, pour ensuite prendre le temps de la tourmenter en sachant qu'elle était vulnérable. Puis…il…il a tiré… dans la poitrine…

Jubal l'attira dans ses bras, frottant son dos.

— Tu ferais une super agent, tu as un excellent sens de l'observation.

— Et de premier secours, ajouta Maggie en développant.

— Je veux une escorte parfaite pour cette ambulance. Vous fermez toutes les routes jusqu'à l'hôpital ! Et prévenez les de l'arrivée d'une blessée par balle, et que c'est une agent du FBI ! ordonna Jubal à un officier de police.

— Omar est monté avec elle, informa Maggie.

— Parfait, Maggie tu suis l'ambulance, emmène Alana. Elle va avoir besoin de toi, de soutien. Et c'est elle qui a le pouvoir de décision sur la santé d'Isobel si il faut en arriver là.

— Ca va aller toi ?

— Je vais rester là avec Scola et Tiffany voir s'il y a des indices ou si les voisins ont vu quelque chose. Tu me tiens au courant Maggie si tu as du nouveau. J'étais… j'étais sortis nous acheter des plats grecs, et un bouquet de fleurs chez un vrai fleuriste, je voulais faire ça bien. Je veux vraiment que ça fonctionne avec elle.

— Isobel est forte, et on va coincer celui qui a fait ça.

A l'hôpital, la salle d'attente se remplissait à vue d'œil d'officier, d'agents du FBI, de grands bonnets… Elise était présente, dès qu'ils avaient eu l'info, la femme au lieu de se rendre au bureau s'était rendue à l'hôpital. Et Alana lui en était reconnaissante, elle avait craqué dans ses bras, laissant sortir sa douleur et sa peur. Maggie aperçu le maire de New-York arriver.

— Monsieur, je suis l'agent spéciale Bell du FBI.

— Mme Castille est votre supérieure ?

— Oui.

— Comment va-t-elle ?

— Ils l'ont monté au bloc, on n'a pas de nouvelles depuis…

— Quel était sa condition à son arrivée ? demanda le maire.

Maggie lui expliqua, précisant qu'Alana y était pour beaucoup. Le maire étonné alla à la rencontre de l'adolescente.

— On m'a parlé de vos exploits.

— Ce n'est en rien des exploits, j'ai juste fait ce que j'avais à faire pour sauver ma mère, je n'en tire aucune gloire, justifia Alana.

— Vous êtes humble en plus. Je serai heureux de vous recommander si un jour vous avez besoin un jour pour une école…

— Où Quantico ?

— Vous voulez entrer au FBI aussi, forcément. Ça serait avec joie que je vous ferai une lettre. En attendant je vous promets de mettre toutes les forces de police au service du FBI pour retrouver qui a fait ça, promit le maire.

— Merci beaucoup monsieur le maire. Est-ce que… est-ce que vous pouvez faire partir les journalistes ?

— Bien sûr. Agent Bell tenez moi au courant.

Alana lâcha un long soupir, ses mains tremblaient. Elle les voyait toujours couvertes de sang alors que Maggie l'avait emmené se laver les mains…