Chapitre 27

Jubal arriva de bonne heure aux bureaux, il avait passé la soirée chez la mère de ses enfants. Il avait besoin de les voir un peu, les enfants savaient qu'il était mort d'inquiétude pour Isobel et n'avaient pas fait de vagues. Au vu de l'heure, Jubal dormit chez lui. La police scientifique avait terminé de relever tous les indices. On ne voyait plus l'endroit où Isobel était étendue se vidant de son sang.

Il salua tout le monde dans la salle d'opération, trouvant une blague appropriée.

— Comment va Isobel ? demanda Elise en tendant une tasse de café à Ian.

— Elle dort encore, apparemment elle a fait une crise de panique hier soir. Ils lui ont donnés un sédatif pour la détendre. Alana est encore auprès d'elle, répondit Jubal regardant son portable.

— J'ai regardé les caméras de surveillance de ton quartier. Quelques jours avant qu'Isobel soit attaqué, cette voiture est passée trois fois en ralentissant devant chez toi. Le lendemain, une autre voiture mais le même conducteur, annonça Elise en affichant les photos.

— Tu l'as passé à la reconnaissance faciale ?

— Oui mais ça n'a rien donné, intervint Hobbs.

— Merde.

— J'ai repéré la même voiture suivre Alana pendant un de ses footings, déclara Ian.

— Tiffany et moi sommes allés parler à tes voisins. L'une d'elle a parlé avec le type. Il se serait présenté comme un détective privé.

— Un détective privé ? Ça n'a pas de sens…

— Apparemment il s'intéresse à Isobel et Alana. Les voisins ont dit qu'il posait des questions que sur elles et non sur toi, ajouta Tiffany.

— Il faut qu'on découvre qui il est. Il est peut-être lié à ce qui est arrivé à Isobel, ou pourrait avoir des indices.

— Tu ne crois pas ce qu'a dit Isobel sur son agresseur ? demanda Scola.

— On sait que c'est impossible, il est en prison. Maggie et Omar en viennent justement.

Elise se redressa un son inhabituel attirant son attention. Elle le fit remarquer aux autres, ils tentèrent de deviner de quel endroit cela pouvait venir lorsque la bombe explosa dans la pièce les projetant tous au sol…

Maggie et Omar venaient de se garer dans la rue devant le QG lorsqu'ils reçurent des éclats de verres. Tous les passants s'étaient baissés par réflexe en entendant la déflagration avant de porter leur regard sur le bâtiment fédéral.

— Merde ! jura Omar

Maggie n'avait pas de voix face à ce qu'elle voyait.

— Maggie ! Eh Maggie ! Il faut faire partir les passants, et évacuer les blessés ! déclara Oa en prenant les choses en main.

— Oui… Oui… et renforcer la sécurité d'Isobel à l'hôpital. Jubal s'est trompé, je pense qu'elle avait raison depuis le début.

— Quoi ?

— Je pense qu'Isobel était lucide quand elle a dit qu'il s'agissait de Vargas. Et Alana aussi avait raison…

— Maggie ce n'est pas parce qu'une bombe a explosé dans notre bâtiment que ce monstre est impliqué.

— Oa ! Les bombes c'est son truc. Elise, Ground Central…

— Ok, on verra ça plus tard, pour le moment il faut évacuer les blessés !

Isobel regardait la télévision, un film qu'elle connaissait déjà lorsque le long métrage fut interrompu pour un flash info. Son souffle se coupa lorsqu'elle vit son bâtiment soufflé par une explosion.

— Oh mon dieu…

Des larmes coulaient le long de ses joues. Ça ne pouvait pas être possible… Au même moment, des nouveaux agents s'ajoutèrent devant sa porte en plus de ceux déjà présents.

— Excusez-moi, les interpella-t-elle.

— Oui madame ? Besoin de quelque chose ?

— Pourquoi êtes-vous là ?

— Renforcement de votre sécurité sur les ordres de l'agent Bell, expliqua l'agent un grand costaud.

— Il y a des victimes ? pleura Isobel.

— On ne sait pas encore madame, désolé.

Elle tenta d'appeler Alana mais tomba sur sa boîte vocale. Cette dernière était en pleine course poursuite avec le Lieutenant Martinez afin d'attraper le gardien de prison qui avait fait sortir Vargas la nuit où Isobel avait été blessé. Jo lui avait fourni une matraque pour se défendre en cas de besoin. Quelque chose la heurta ou plutôt quelqu'un. D'une pirouette, l'adolescente parvint à se rattraper et faire face à son agresseur.

— Vous !

— Bonjour mini Isobel, quel plaisir de rencontrer la progéniture de ma chère Isobel.

— Va en enfer Vargas, je te laisserai pas la toucher de nouveau.

Il ricana avant de la maîtriser au sol de son corps et poser ses grosses mains autour du cou d'Alana. — Tu iras en enfer avant moi ! Et ne t'en fait pas je vais m'assurer que ta mère te rejoigne rapidement, se moqua Vargas en l'étranglant.

Alana se débattait, mais il était plus fort et surtout plus lourd qu'elle… Ça ne pouvait se terminer comme ça. Elle repensa à sa mère, à son beau sourire, ses yeux si pétillants et expressifs. A cette danse qu'elles avaient faite à Hawaii, aux leçons de surf où Isobel finissait par tomber à l'eau…

Une larme perla le long de sa joue. Elle donnerait tout pour la revoir une dernière fois, se nicher dans ses bras et inspirer son parfum envoûtant.

— Alana !

L'appel de Jo déstabilisa Vargas qui ne s'y attendait pas. Alana réussit à prendre une respiration et libéra ses mains, enfonçant ses pouces dans les yeux du criminel avant de lui donner un coup de pied.

— Jo, à l'aide !

Vargas s'était relevé et tenter de l'attraper avant que la Lieutenant n'arrive. Mais Alana ne se laissait pas faire, une folle envie de vivre, et de venger sa mère. Sans compter qu'on lui avait appris à se battre. Le coup partit tout seul. Les deux se regardèrent, Jo se précipita vers eux arme à la main.

— Alana…

L'adolescente se recula une main sur son ventre… Son regard noir se posa sur Vargas qui la fixait horrifié avant de tomber. Alana regarda son autre main qui tenait l'arme à feu, et la lâcha avec horreur…

— Je… je voulais juste tourner le canon ailleurs que vers moi… Je… je ne sais pas ce qui s'est passé… On se battait, et… j'ai réussi à prendre l'arme pour la jeter mais…

— Hey hey du calme, ce n'était que de la légitime défense. Ne t'en fait pas, tu ne seras pas tenu responsable. Ça va ? souffla Jo en regardant les marques de strangulation sur le coup de la jeune.

— Elle… elle est enfin en sécurité.

— Oui mais il s'est passé autre chose…

Alana se tourna vers Jo Martinez inquiète… Qu'est-ce que ce taré avait bien pu faire d'autre ?!