Chapitre 28
Isobel attendait des nouvelles du QG la peur au ventre, elle sentait au fond d'elle que quelque chose de grave s'était passée. Tout ce qu'elle souhaitait c'est que quelqu'un lui dise que ce n'était que du dommage matériel que tous les agents sous ses ordres vont bien.
Les agents postaient devant sa chambre s'agitèrent, demandant l'identité de quelqu'un. Le cœur d'Isobel s'accéléra… La porte s'ouvrit sur sa fille.
— Oh mon dieu Alana ! souffla Isobel soulagée de voir sa fille.
— Maman, pleura cette dernière en l'enlaçant.
Isobel la berça frottant son dos. Elle remercia les cieux que son bébé n'est rien. Puis un détail attira son attention, Alana portait une écharpe, ce qui n'arrivait jamais. Délicatement, la directrice l'écarta dévoilant les marques de strangulation. Son souffle se coupa avant même qu'elle parvienne à formuler une phrase, ou du moins une suite cohérente de mots.
— C'est rien. Tu avais raison, c'était bien Vargas, murmura Alana son front collé à celui de sa mère.
— Comment…
— Un gardien de la prison était de mèche. Il désactivait les caméras du couloir et d'une issue de secours, payait son collègue pour qu'il ne dise rien de l'absence, et faisait sortir Vargas pour qu'il vous agresse et le reste de son plan, expliqua le Lieutenant Martinez.
— Vous l'avez… vous l'avez arrêté ? demanda Isobel en se redressant difficilement.
— Il ne vous nuira plus jamais.
— Comme…
— Je l'ai tué… avoua Alana en regardant ses mains tremblantes.
Isobel la regarda les yeux écarquillés, ce n'était pas possible… Jo vînt expliquer les circonstances qui ont conduit à cet événement, et à la raison des marques sur le cou d'Alana. Le cœur d'Isobel se serra un peu plus qu'il ne l'était déjà.
— Votre fille a été d'une grande aide en tout cas. Elle a un excellent sens de l'observation, elle est brillante. J'ai aimé travailler avec elle, sourit le Lieutenant Martinez.
— Elle est géniale, sourit Isobel en remettant une mèche de cheveux derrière l'oreille de sa fille.
— Je vais vous laisser.
— Merci pour tout Lieutenant. Je ne manquerai pas de parler de vous, remercia Isobel.
Alana se leva pour rejoindre la policière et l'enlaça.
— Merci Jo.
— Merci à toi ma belle. Tu as mon numéro, si tu as besoin.
Jo Martinez repartit envoyant un message à son équipier. Alana rejoignit sa mère et s'allongea près d'elle. Après un long moment à attendre, Maggie toqua à la porte de la chambre. A son regard, ses yeux humides Isobel su que ce n'était pas bon.
— Maggie ?
— Hmmm, je reviens du QG…
— Va droit au but Maggie, déclara Isobel.
— Il y a beaucoup de blessés, mais… on a une perte…
Le cœur d'Isobel se brisa, les larmes lui montaient aux yeux. Elle avait perdu quelqu'un de sa famille…
— Qui ? demanda Alana qui savait que sa mère craignait de demander l'identité.
— Ian… Il était le plus près de la bombe. Les autres se sont que des égratignures, Elise a un poignet foulé, et Jubal a des douleurs au dos. Il a protégé Elise de son corps du souffle de l'explosion. Scola a une commotion, énuméra Maggie.
Isobel ne dit rien. Des larmes silencieuses dévalant ses joues. Maggie vînt l'enlacer, frottant son dos. Elle avait horreur de voir cette femme forte brisée.
— On va surmonter ça. Et je me sens horrible de ne pas vous avoir cru par rapport à Vargas… Je suis terriblement désolée Isobel.
— Il avait bien organisé son coup, souffla Isobel.
Après une heure Maggie s'excusa disant qu'elle allait passer voir les autres avant de rentrer chez elle. Jubal finit par être autorisé à quitter le lit d'hôpital pour aller voir Isobel. Il se sentait terriblement mal de ne pas l'avoir cru. Est-ce qu'elle lui pardonnera ? Et Alana ? Il les trouva, Alana assoupie dans le fauteuil et Isobel allongée sur son flanc valide.
— Hey.
— Hey Jubal, sourit tristement Isobel en se redressant.
— Attend laisse-moi t'aider.
Il l'aida à se remette bien dans le lit, retapant ses oreillers et remontant la couverture sur elle. Jubal ne put s'empêcher de caresser sa joue, s'attardant sur sa pommette. Elle lui prit délicatement la main, entourant ses doigts des siens tièdes. Un pauvre sourire étirant son visage.
— Maggie t'a dit…
— Oui. Il…
— Il n'a pas souffert, ça a été instantané. Izzy je suis vraiment désolé. J'aurai dû te croire. Jamais je n'aurai du remettre ta parole en doute. Je m'en veux terriblement, en plus Alana a risqué sa vie pour prouver que tu avais raison et moi tort. Tu aurais pu perdre ta fille à cause de moi. Je ne me le serai jamais pardonné. C'est ma faute ce qui est arrivé.
Isobel ne dit rien, mais colla leur front, leurs mains toujours enlacés. Ce contact la rassurait un peu.
— Tu sembles fatiguée, tu devrais te reposer. Tu n'as plus rien à craindre. Je reviendrai demain matin avec Alana. Je vais l'emmener dormir à la maison. Et essayer de me faire pardonner.
— D'accord. Jubal, fais attention à elle. Ça a été rude pour elle.
— Bien sûr ma puce, souffla-t-il avant de l'embrasser tendrement.
Délicatement il réveilla Alana, lui expliquant rentrer pour la nuit. Isobel eut la nausée en voyant les marques sur le coup fin de sa fille.
Elle ne trouva pas le sommeil de la nuit, tout lui revenant en pleine face dès qu'elle fermait les yeux. Les agents devant sa porte étaient assoupis, elle en profiterait.
Le lendemain, Jubal et Alana firent le trajet dans le silence. Ils s'étaient un peu expliqués la veille une fois à la maison, mais ce n'était pas pour autant qu'Alana lui pardonnait de sitôt.
— Pourquoi les agents ne sont plus devant la chambre ? demanda Alana.
— Hmmm bonne question. Isobel les a peut-être renvoyés maintenant que c'est fini.
La raison était tout autre… Le lit était vide, plus aucune trace de ses affaires. La perfusion trainait sur le lit ainsi qu'une lettre…
— Elle est partie. Elle ne veut pas qu'on la cherche. Elle dit avoir besoin de souffler, que tout ça s'était trop. Que tu ne la crois pas, que je risque ma vie, qu'Ian soit mort par sa faute…, résuma Alana.
— Oh non… j'ai merdé, murmura Jubal.
Alana l'enlaça, il raffermit sa prise autour d'elle. Mais où donc Isobel avait bien pu aller ? Surtout dans son état…
Jubal s'y attendait, Alana s'était refermée sur elle, ne parlant pas et mangeant à peine. Maggie avait tenté sa chance, mais pas plus de succès. L'équipe avait été surprise d'apprendre qu'Isobel était partie sans plus de détails.
— A qui parlais-tu ? demanda Jubal en rejoignant Alana dans le salon.
— A ma tante.
— Ta… tante ? De quel côté ?
— Celui de ma mère, il n'y a que son côté qui compte, lâcha Alana comme si c'était une évidence.
— Je ne savais même pas qu'elle avait une sœur. Izzy est chez elle ?
— Non. Mais moi j'aimerai y aller.
— Euh ouais, ça ne peut pas te faire de mal. Tu veux que je t'y dépose demain ? proposa Jubal après tout il n'avait pas réellement d'autorité sur Alana.
— C'est gentil, mais il faut l'avion.
Jubal lui donna de l'argent pour un billet et une lettre expliquant qu'elle rejoint de la famille et c'est pourquoi elle voyage seule.
Le lendemain, Jubal ne fit pas attention et la déposa simplement à l'aéroport. S'il avait su, il aurait réservé le billet… Car Alana était maligne et avait pris de l'argent qu'elle avait de côté pour compléter.
— Où voulez-vous aller ? Vous êtes mineur, déclara l'hôtesse.
— Oui mais j'ai une lettre d'un agent du FBI expliquant que je vais rejoindre ma famille. C'est pour ça, expliqua Alana en tendant la lettre rédigée par Jubal.
— D'accord, votre destination ? questionna l'hôtesse.
— La Thaïlande.
