Chapitre 30

Une semaine plus tard, les funérailles d'Ian étaient organisées. Cela avait pris plus de temps que prévu car il fallait déblayer les débris du bureau, que les blessés soient autorisés à quitter l'hôpital. Jubal regarda la bouteille de whisky sur l'étale du magasin, l'envie était forte… Mais son Isobel n'apprécierait pas qu'il fasse ça donc il continua son chemin. Il n'avait pas de nouvelle d'elle depuis la fois où il l'a vu à l'hôpital, mais se doute qu'elle se trouve chez Jess Lacroix car ce dernier lui avait envoyé un message demandant où se trouvait Alana.

— Hey, le salua Maggie.

— Hey, tu es en avance.

— Non, ça commence dans cinq minutes. Tu as des nouvelles d'Isobel ? Je lui ai envoyé des messages mais elle ne répond pas…

— C'est parce qu'elle a éteint son portable, expliqua Jubal.

— Et Alana ? Elle n'est toujours pas revenue ?

— Elle est avec sa tante, la sœur d'Isobel. Ce n'est peut-être pas plus mal, elle doit tenir à elle vu qu'Alana m'a menti pour prendre l'avion s'en éveiller les soupçons et se rendre en Thaïlande pour la retrouver.

Maggie le regarda les yeux écarquillés.

— Punaise, elle est vraiment maligne… souffla-t-elle.

— C'est la fille d'Isobel en même temps.

— Tiens, bonjour Lieutenant Martinez ! salua Maggie en reconnaissant la femme.

— Bonjour, appelez-moi…

— Jo ! s'exclama une voix.

Alana apparut derrière eux et enlaça la Lieutenant. L'adolescente avait revêtu un pantalon en toile noir, ainsi qu'une chemise de la même couleur. Elle avait remonté ses longs cheveux corbeau en une queue de cheval. Alana était accompagnée d'une femme, elle aussi aux longs cheveux à la très forte ressemblance avec Isobel.

— Comment vas-tu ? demanda Jo.

— Ca va, contente qu'il soit hors d'état de nuire. Je vois un spécialiste pour… mon stress.

— C'est super, tu as bien fait. N'hésite pas, je suis là aussi, sourit Jo.

Clara s'approcha de Maggie et Jubal.

— Vous êtes Maggie Bell et Jubal Valentine, mes condoléances pour votre agent. Je suis Clara Seger, la sœur d'Isobel. J'aurai une discussion plus tard avec vous Jubal.

Sur ces mots, elle s'éloigna laissant les agents pantois.

— Ca s'était de l'introduction, plaisanta Jo en regardant Alana.

— C'est ma tante quoi ! Elle est aussi du FBI alors pas la peine de tenter de l'intimider, elle vous voit venir à des kilomètres, commenta Alana.

— Quel bureau ? demanda Scola.

— L'unité sans frontière.

— Wahoo… Les Castille ne font pas les choses à moitié, commenta Scola.

— Tu sais si ta mère va être présente ? demanda Tiffany.

— Aucune idée… Elle a éteint son téléphone, je n'arrive pas à la joindre… Je sais juste par Tali qu'elle dort beaucoup, qu'elle est triste ou mélancolique.

— Ca doit être dur pour toi… souffla Tiffany.

Alana haussa les épaules, jetant un coup d'œil vers sa tante.

— Je me raccroche à Clara pour l'instant. Sinon oui je déprimerai. Elle me manque… mais elle traverse une période compliquée.

En partant, Alana ne put se retenir de jeter un regard meurtrier à Jubal, qu'elle tenait pour responsable en grande partie. Ils se réunirent quelques minutes avant le début de la cérémonie. Sans le savoir chaque agent et analyste scrutaient les environs à la recherche de la directrice mais personne en vue.

— Je vais maintenant laisser la parole… annonça le prête qui fit un signe de tête.

Isobel s'avança vers le pupitre, vêtue d'une robe noire, des lunettes de soleil cachant son regard. Les respirations se coupèrent, personne ne s'attendait à la voir. Alana avait les larmes aux yeux, ne souhaitant qu'une chose lui sauter dans les bras.

Isobel fit un discours très beau, mais aussi professionnel comme si elle essayait de se détacher des événements afin de se protéger. A la fin de ce dernier, Isobel alla s'asseoir aux côtés de sa fille, elle enlaça brièvement sa sœur en lui passant devant avant de passer un bras autour des épaules d'Alana et de l'attirer contre elle. Cette dernière se nicha contre elle essuyant ses larmes. Isobel caressa tendrement son visage alors que de l'autre côté Clara lui prit la main. Pour la première fois depuis longtemps, Isobel se sentit soulagée, sa fille dans ses bras, sa petite sœur lui tenant la main…

—Ils font une veillée pour Ian, boire un verre à sa santé, souffla Clara à sa sœur.

— Je vais prendre la route moi…

— Je ne crois pas, tu vas venir boire un verre. C'était aussi ton agent, tu te sentiras encore plus coupable si tu ne viens pas. Et Alana a besoin de te voir, siffla Clara.

Isobel ne dit rien, son regard noisette se posant sur sa fille lovée contre elle. Elle ne voulait pas affronter son équipe, mais il était vrai qu'elle se devait d'être là. D'un autre côté ça serait mal vu… Elise était arrivée au bar, les yeux rouges en regardant le portrait de son ami.

— Eh Elise, souffla Isobel en la rejoignant.

— Oh Isobel, pleura Elise en l'enlaçant.

La directrice la consola comme elle put, lui soufflant des paroles réconfortantes, la remerciant pour son brillant travail… Alana les rejoignit et Isobel ne put s'empêcher de regarder son cou, les marques avaient disparu. L'adolescente enlaça Elise sous le regard attendrit de sa mère.

Jubal arriva accompagné des agents de terrain. Il ne lui fallut pas longtemps pour repérer Isobel, comme si son esprit avait été missionné pour ça, trouver sa chère et tendre. Isobel le repéra aussi, et elle ne put s'empêcher de penser au fait que si il l'avait cru depuis le début rien de tout ça ne serait arrivé. Alana n'aurait pas risqué sa vie, Ian serait toujours en vie car ils avaient plus de moyen que la police pour découvrir la vérité et comment Vargas avait pu y parvenir. Oui, ils auraient pu arrêter ça bien avant… Une vague de nausée lui monta, elle avait besoin de sortir d'ici… Elle étouffait… Trop de bruit.

— Je… Tu peux rester avec Clara ? souffla-t-elle à Alana avant de partir ne lui laissant pas le temps de répondre.

Jubal la vit arriver vers lui, viendrait-elle lui parler ?

— Isobel, je suis co…

Mais elle ne l'écoutait pas, elle ne s'arrêta même pas devant lui et quitta le bar. Maggie le regarda surprit, Jess lui était partie à la suite d'Isobel.

— Elle ne t'a pas vu ? demanda Maggie à Jubal.

— Si. Je pense surtout qu'elle m'a ignoré. Maggie j'ai grave merdé en ne la croyant pas…

— Laisse-lui du temps. Vargas l'a profondément chamboulé, plus que nous autre. Il faut qu'elle digère ça, le problème c'est qu'elle ne devrait pas le faire seule.

— C'est plus grave que ça, elle laisse carrément sa fille derrière également, souligna Oa en désignant Alana dans les bras de sa tante qui discutait avec Scola.