Chapitre 33
Isobel soupira, les portes de l'ascenseur se refermant dans son dos. Etait-ce une bonne idée d'aller jusqu'au bout ? Elle ferait mieux de rentrer, s'enrouler dans un plaid et regarder un film en mangeant de la glace.
« Arrête Isobel, ce n'est pas toi. Tu n'es pas du genre à te morfondre devant des films à l'eau de rose. » se dit-elle.
Elle prit une prolonge inspiration avant de toquer à la porte. Un homme lui ouvrit la saluant poliment, lui faisant signe de prendre place. Mal à l'aise, Isobel s'assit dans un des fauteuils les mains tremblantes, jouant avec une de ses bagues.
— Angoissée ? demanda l'homme.
— Je n'ai pas l'habitude de faire ce genre de chose.
— Pourtant il est normal de demander de l'aide lorsque c'est nécessaire. Vous craignez à cause de votre position au FBI ? Ne vous en faites pas Madame Castille tout ce qui se passe ici restera entre nous.
— D'accord, souffla Isobel.
La séance dura deux heures, deux heures où Isobel se confia sur ses peurs, ses angoisses… Le psychologue avait forcément évoqué Vargas, ce qu'elle ressentait envers lui… il lui conseilla de se voir durant une vingtaine de séances. Et peut-être plus si Isobel en ressentait le besoin.
Isobel déambulait dans les rues, elle n'avait pas pris son véhicule. Jubal l'ayant déposé à quelques blocs de là sur sa route pour se rendre au travail.
Un véhicule noir s'arrêta à son niveau.
« Pas encore des ennuis par pitié je ne le supporterai pas. » pensa-t-elle.
— Isobel ! On vous ramène ?
« Dieu merci ce n'est que Maggie et Oa » soupira Isobel soulagée.
— Je veux bien. Alana m'attend très certainement.
— Ca va mieux entre vous ? demanda Maggie
— Oui, on a beaucoup discuté, notamment sur ce qu'elle aimerait faire plus tard.
Isobel ferma la porte d'entrée à clef avant de rejoindre la chambre occupée par Alana. Cette dernière rangeait des affaires dans un sac.
— Tu as tout ce qu'il te faut ma puce ? demanda Isobel.
— Oui, bouquins, calepins, quelques tenues civils, et forcément des photos de nous deux.
— Ca va bien se passer mon ange. J'ai déjà parlé avec tes formateurs.
— Quoi ?! Pourquoi ?
— Ne paniques pas, et je ne suis pas la seule. Jo aussi. On a parlé de tes capacités, ce que tu as fait pendant l'enquête.
— Ce n'est pas triché ? s'inquiéta Alana pas soucis d'égalité.
— Non, ils voulaient me parler de toute manière par rapport à ton dossier.
Alana lui sourit nerveusement avant de contempler une photo d'elle deux. Isobel l'aperçut du baume au cœur, elle enlaça ses épaules et embrassa les cheveux de sa fille.
— Tu m'appelleras régulièrement ? demanda Isobel.
— Promis maman dès que j'aurai du temps libre.
Alana l'enlaça de nouveau enfouissant son visage dans le creux de son épaule.
— Ca va aller toi ? demanda Alana en regardant sa mère dans les yeux.
— Oui ma grande ne t'inquiètes pas, je vois quelqu'un… et j'aurai Jubal à mes côtés, expliqua Isobel.
Alana était tout de même dubitative, elle savait que sa mère est très introvertie… Isobel passa commande pour un repas. Elle se plongea dans un dossier, il fallait qu'elle se remette au travail doucement.
Jubal rentra plus tôt que prévu, il ne voulait pas laisser Izzy seule trop longtemps. La maison était silencieuse, une petite angoisse le prit dans le bas du ventre. Il se dirigea vers la chambre d'Alana. Isobel était assoupie, Alana blottie contre elle. Il caressa délicatement le visage de sa chérie, voulant la réveiller en douceur.
— Sweetie, tu t'es endormie. Viens dans la chambre, murmura Jubal en embrassant tendrement son front.
— Hmmm il est quelle heure ?
— 7 :45 p.m.
— Seulement, mince.
— La journée a été longue avec ton rendez-vous ne t'en fait pas. Tu veux en parler ?
Isobel confia que ça avait été étrange de parler de Vargas avec un inconnu, mais que le fait qu'il lui apporte des conseils et un autre point de vue, lui permettait d'ouvrir les yeux. Elle était confiante sur le fait qu'elle arriverait à passer à autre chose. Et puis avec Jubal à ses côtés, tout se passera bien. Après la « surprise » chez Jess Lacroix, le jeune couple avait longuement discuté sur ce qu'il s'était passé. Jubal s'en voulait énormément de ne pas l'avoir cru, pas soutenu… Elle voyait cette culpabilité au fond de ses yeux.
— Tu as mangé ?
— J'ai grignoté un truc pendant qu'Alana mangeait.
— Tu dois manger quelque chose, tu angoisses parce qu'elle s'en va pour Quantico ?
— Un peu… On vient juste de se retrouver et avec toute cette affaire et le fait que j'ai déconné, je n'ai pas profité assez de ma petite fille, se plaignit Isobel.
— On ira lui rendre visite. Et puis on aura mes enfants aussi pour nous tenir occupé, rigola Jubal en enlaçant sa taille posant son front sur celui de sa chérie.
Isobel rigola avant de passer ses bras autour du cou de Jubal se penchant un peu en arrière.
— On est vraiment fou de faire ça, sourit-elle.
— Je suis prêt à tout faire pour me réveiller tous les jours face à ce magnifique minois.
— Oh oui parce que je dois être tellement magnifique le matin pas coiffée ni maquillée ! rigola Isobel.
— La plus belle du monde. Tu sais… je me disais que… peut-être on pourrait se trouver une maison rien qu'à nous…
Isobel le regarda étonnée.
— Tu es plus souvent chez moi qu'à ton appartement, ça permettrait de sauver de l'argent… Mais… mais je ne veux pas te pressée si c'est trop rapide…
Isobel le fit taire d'un baiser, l'intensifiant rapidement.
— Une maison alors ?
— Oui comme ça nos enfants respectifs auront leurs chambres respectifs et puis si un jour on a un petit bout rien qu'à nous…
Isobel le regarda étrangement.
— Un petit bout à nous ?! Tu… Tu voudrais qu'on est un bébé ?!
— Pas toi ?
— Si, je pense. C'est juste que je n'y ai jamais pensé, tu sais avec mon poste… Beaucoup vont essayer de me prendre mon poste…
— Je ne laisserai personne faire ça, promit Jubal.
— Tu es mignon, rigola Isobel en se nichant contre lui.
