Chapitre 34

Alana était partie pour Quantico, Isobel avait eu du mal à la laisser partir. Elle se sentait coupable de ne pas avoir profité vraiment de sa fille. C'était sans compter sur Jubal qui essayait de la faire sentir mieux, ils allaient se promener souvent dans Times Squares. Et en parallèle, Isobel continuait d'aller au rendez-vous avec le psychologue. Bien qu'elle ait peur d'y aller, que ça ne l'aiderait pas, que l'équipe la verra différemment, la femme parvenait enfin à voir au-delà de ce qu'il s'était passé, surmonter les épreuves depuis la première apparition de Vargas. Et les membres de l'équipe qu'elle voyait n'ont pas changé d'avis sur elle.

Isobel s'étira, la nuit avait été tellement bonne. Elle avait dormi comme un bébé. Un bras se posa sur son ventre, avant que la main y étant accroché ne remonte le long de son flan jusqu'à son épaule qui caressa puis sa joue.

— Bonjour sweetheart.

— Hey, j'aime bien quand tu m'appelles comme ça, sourit la jolie brune en se tournant vers lui.

— Oh, donc je peux t'appeler comme ça tout le temps, moi ça me va, rigola Jubal en se perdant dans ses boucles noirs.

— Sauf au travail mon chéri, indiqua-t-elle en posant un doigt sur son torse.

— Mon chéri ?! tiqua Jubal en se redressant sur un coude.

— Oui, c'est bien ce que tu es pour moi ?!

Elle le regardait un sourcil levé. Pour toute réponse, Jubal captura ses lèvres pour un baiser passionné, ses mains se baladant le long de son corps parfait….

Un portable sonna, les interrompant dans leur… occupation. Isobel grogna en se libérant de Jubal qui tentait de la chatouiller pour l'embêter.

— Laisse on s'en fiche.

— C'est le directeur.

Jubal ne fit plus de bruit, ne voulant pas l'embarrassé alors qu'elle parle avec leur grand patron. Mais au fur et à mesure que la discussion avançait, le visage d'Isobel s'assombrissait.

— Tout va bien ? s'inquiéta Jubal lorsqu'elle eut raccroché.

— Le directeur veut me voir. Je vais prendre une douche rapidement et je file. On se verra au bureau.

Sur ces paroles, elle fila dans la salle de bains entourée du drap du lit. Jubal soupira, non seulement leur petite matinée était ruiné, mais il sentait que cet appel n'ait rien d'amical au vu de la façon d'agir de sa chérie. Sa chérie… qu'est-ce qu'il aimait cet adjectif. Il pourrait se coucher tous les soirs en embrassant ses lèvres parfaites, en plongeant dans ses magnifiques yeux semblants noirs par moment, voir ses belles pommettes en valeur lorsqu'elle rigole, et ce rire… le son du paradis…

Il se leva, enfila un caleçon, pantalon et un tee-shirt avant d'aller faire couler du café et le verser ensuite dans un mugs de transport pour elle.

— Je suis désolée de filer comme ça…

— Eh… ne t'excuses pas Sweetheart, c'est le travail ce n'est pas ta faute. On se voit tout à l'heure.

— Oui.

— Tiens ton café. Soit prudente sur la route.

— A plus tard, souffla-t-elle en partant.

— Isobel !

— Oui ?

— Je t'aime.

Un magnifique sourire à faire tomber tout le monde illumina son visage.

— Je t'aime aussi agent Valentine ! rigola-t-elle avant de partir.

Il était heureux d'être parvenu à la faire sourire ainsi.

Le bureau était calme, ils n'avaient pas de grosse enquête pour le moment et s'était très bien. Jubal écoutait ce que Hobbs avait à lui dire sur son ordinateur, Maggie parlait avec Elise, Scola et Tiffany écrivaient des rapports.

— Bonjour tout le monde ! lança Isobel en entrant dans la pièce.

Le visage fermé, professionnel. Jubal se demanda si c'était simplement son mode directrice ou s'il y avait quelque chose de plus.

— Bien nous avons une enquête. Deux joggeurs tuaient près de la rive, une balle dans chaque pied, et une dague dans le cœur. Maggie et Omar allaient sur place, Scola et Tiffany allaient parler aux familles, voyaient s'ils avaient des ennemis, s'ils se connaissaient… Les autres au boulot, je veux tout savoir sur eux, ce qu'ils faisaient, leurs derniers déplacements… Tout ! ordonna Isobel avant de partir dans son bureau.

— C'est assez inhabituel que ça soit elle qui donne les ordres, fit remarquer Tiffany en échangeant un regard avec son équipier.

— Allez faire ce qu'elle a dit, glissa Jubal.

— Elle va bien ? lui demanda Maggie inquiète.

— Je ne sais pas, ce matin elle a reçu un appel du directeur. Son visage a perdu toute sa joie, et elle s'est dépêchée d'aller le voir. Je ne l'ai pas vu depuis.

— D'accord, elle vient de reprendre, ça doit être en lien avec ça… On va sur place avec Oa, tu me tiens au courant.

Jubal toqua à la porte avant d'entrer, il referma derrière lui pour avoir un peu d'intimité.

— Ça va Izzy ?

— Jubal pas ici, on était d'accord.

— Nous sommes que tous les deux, l'équipe travaille sur ce que tu leurs as dit. Comment ça s'est passé avec le directeur ?

— Pas bien. Je suis sur la sellette.

— Quoi ?!

— Je n'ai plus le droit à l'erreur, je dois prouver que je gère bien le bureau, l'équipe… au moindre faux pas, au moindre « retard » dans une enquête le FBI est terminé pour moi.

— C'est dégueulasse ! Tu avais besoin de repos après tout ça !

— Mais je suis une femme… Et ils m'ont dans le viseur depuis le début de l'histoire avec Vargas. Le fait que je l'ai libéré sans accord pour sauver Elise.

— Je ne laisserai pas ça passer, déclara Jubal avant de quitter le bureau révolté.