Chapitre 35

Jubal n'aimait pas ça, s'il avait pu aller discuter avec le directeur sans compromettre Isobel, il l'aurait fait aussitôt. La mettre dans cette situation était dégueulasse.

— Un mot, souffla-t-il à Maggie et Oa.

— Vous deux aussi, continua-t-il en désignant Scola, Tiffany et Elise.

Jubal ferma la porte derrière lui, les agents le virent tendu, pas comme d'habitude.

— Jubal, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Oa pour tout le monde.

— C'est à propos d'Isobel.

— Elle a un souci ?! s'inquiéta immédiatement Elise.

Jubal leur expliqua la situation avec le directeur, la pression qu'il met sur Isobel cherchant la moindre raison de la renvoyer du FBI.

— Notre rôle c'est de lui obéir, mais aussi de la protéger. Nous devons l'empêcher de trouver la moindre faille ou nous perdrons Isobel. Et dans un sens Vargas aura eu sa vengeance.

— Ça n'arrivera pas. Je ne veux pas d'un autre supérieur. S'il la renvois, je démissionne, déclara Scola.

— Moi aussi, ajouta Maggie.

— Il aura nos démissions à tous, renchérit Tiffany en parlant pour Oa, Elise et elle.

— Votre dévouement pour Isobel fait chaud au cœur. Mais avant ça, faisons en sorte qu'il n'est rien à dire, sourit Jubal.

— Allons résoudre cette enquête plus vite que la normale, lui montrer que sans Isobel ça ne serait pas le cas, déclara Scola.

Maggie resta alors que les autres étaient repartis enquêter. Elle se tourna vers Jubal en souriant.

— Alors elle et toi…

— Oui, elle s'est installée à la maison. On reste professionnel ici, on ne montre rien, mais… Elle est la femme la plus merveilleuse du monde.

— Je suis contente pour vous deux. On va régler ça, nous n'aurons pas d'autre supérieur qu'Isobel.

Et l'équipe tenu parole, ils travaillèrent d'arrache-pied sur l'enquête. L'enquête fut résolue le lendemain au cours de la matinée, le suspect en garde-à-vue. Ils eurent la surprise de voir le directeur en personne venir les voir.

— Bonjour à tous, je tenais à vous féliciter pour la résolution rapide de cette enquête. J'aime voir mes agents travaillaient aussi efficacement. Continuez ainsi.

— C'est parce qu'on a une bonne hiérarchie, déclara Maggie en coulant un regard vers Isobel qui était restée en retrait tendue de le voir.

Le directeur ne répondit pas grommelant un « hmmmm ». Il se tourna vers Isobel, le regard froid.

— Un mot dans votre bureau.

Isobel hocha la tête mécaniquement, lui indiquant le chemin d'un geste de la main. La tension grimpa dans la pièce voyant cette interaction.

— Si vous avez quelque chose à lui dire vous pouvez le faire devant nous ! intervint Scola.

— Excusez-moi ?!

— Vous avez très bien entendu monsieur. Si vous avez quelque chose à dire à Isobel dites le devant nous, répondit Tiffany.

— C'est comme ça que vous tenez votre équipe ! Trop de zèle !

— Ce n'est en rien une révolte dû à trop de zèle, Monsieur. La directrice Castille dirige l'équipe comme il se doit. Et entre vous et moi, c'est une supérieure excellente. J'en ai eu des supérieurs à l'armée, et sincèrement entre tous c'est elle que je préfère avoir. Elle est juste, droite, tout en restant humaine. Et non une bureaucrate comme beaucoup. Elle n'oublie pas que nous sommes des humains aussi, et non des machines comme beaucoup au-dessus d'elle l'oubli. Nous ne sommes pas idiot monsieur. Nous sommes des agents du FBI, vous ne venez jamais nous parler. Et on connait assez notre supérieur pour savoir que quelque chose cloche. Et votre regard, votre attitude envers elle, contrairement au moment où vous nous avez parlé et totalement différent, qui confirme ce que nous pensons tous. Alors comme mon collègue l'a dit, si vous avez quelque chose à lui dire, vous pouvez le dire devant nous, déclara Oa.

Jubal était si fier de ses agents.

— Et si vous la relevez de ses fonctions, alors vous pouvez reprendre ma plaque aussi, car je ne travaillerai avec personne d'autre qu'elle, compléta Maggie en ôtant sa plaque.

Les trois autres agents de terrain l'imitèrent, rapidement suivit par les analystes, agents de liaison… qui retirèrent leurs plaques. Le directeur se tourna vers Jubal qui avait porté sa main à son badge aussi.

— Vous les avez entendus, si vous nous enlevez Isobel, vous n'avez plus d'équipe au centre des opérations. Si vous lui en voulez à cause de son absence, elle était hospitalisée. Et comme l'agent Zidan l'a dit, nous sommes des humains, elle est humaine. C'est tout à fait normal qu'elle est eu besoin d'un peu de temps. L'enquête a été rude, et si elle n'avait pas pris de repos ça aurait été inquiétant. Elle est revenue quand elle était prête, ce qui prouve qu'elle est une bonne agent. Vous n'avez pas le droit de la punir pour ça, rajouta Jubal en posant son badge sur le bureau.

Le directeur resta silencieux, les regardant tous, Isobel comprit. Cette dernière était choquée, dans le bon sens du terme. Touchée que ses agents fassent ça pour elle, qu'ils la soutiennent.

— Bien, mais à la moindre erreur, à la moindre plainte à votre sujet ou affaire du style Vargas que vous libérez, vous êtes finie Castille.

— Ne la menacez pas, coupa Jubal en se rapprochant de lui.

— Eloignez-vous de moi.

— Et vous éloignez-vous de notre directrice, déclara Oa en se plaçant protecteur devant Isobel.

Après un dernier regard glaçant à tout le monde, le directeur quitta le bâtiment vexé. Tous reprirent leur insigne, un sourire aux lèvres. Isobel n'avait pas de mot pour décrire ce qu'elle ressentait envers son équipe. Ce soutien immense et infaillible qu'ils ont pour elle. Son cœur était rempli d'admiration et de gratitude.

— Merci à tous pour… pour ça, pour ce soutien. Vous n'étiez pas obligé.

— Vous êtes notre cheffe, c'est de notre devoir de vous protéger, déclara Scola.

— Et puis on préfère quand c'est vous qui nous criez dessus, plaisanta Oa.

Tout le monde rigola à la remarque, mais il est vrai qu'ils préfèrent se faire remonter les bretelles par elle, car elle a une manière bien à elle de le faire.

En fin de journée Isobel revînt avec des gobelets, Jubal la regarda un sourcil levé.

— Je tenais à vous remercier tous pour votre soutien, et votre loyauté envers moi, expliqua-t-elle.

— Trinquons à notre directrice ! sourit Maggie qui aurait bien ajouté « et à notre couple préféré » mais se retînt.

Ils voulaient être discret, garder ça pour eux. Isobel ne s'affichant pas sur sa vie privée, bien qu'elle se soit ouverte un peu depuis l'apparition de sa fille. Ils burent du champagne, discutant joyeusement tous ensemble. Maggie demanda des nouvelles d'Alana auprès d'Isobel, elle appréciait la jeune fille. Elle était forte et intelligente. Et plus observatrice et déductive qu'eux.

Isobel était dans son bureau, rangeant les derniers papiers lorsque des bras entourèrent tendrement sa taille. Jubal embrassa son omoplate puis ses cheveux.

— Tu es prête à rentrer sweetheart ?

— Absolument.

— En plus c'est le week-end, et je nous ai prévu quelque chose, souffla Jubal à son oreille.

— Oh, vraiment ?

— Oui tu devrais aimer.

Il la maintint contre lui en sortant, Maggie sourit, elle était restée après la petite fête pour finir son rapport.

— A lundi Maggie !

— Bon week-end ! répondit-elle en souriant alors qu'Isobel rougit d'avoir été vu comme ça par son agent.

— Tu es mignonne quand tu rougis, plaisanta Jubal une fois dans l'ascenseur.

Pour toute réponse, Isobel lui pinça le flanc. Ils saluèrent le garde à l'entrée avant de rentrer chez eux.