Chapitre 41

Le lendemain, contre toute attente Isobel fit son apparition au JOC. Elise remplaça immédiatement les photos d'Alana. Leur directrice était pâle, les yeux rouges injectées de sang à force d'avoir pleuré.

— Isobel, tu ne devrais pas être là, intervint Jess.

— Si, ma place est ici à trouver qui a fait ça à ma fille. C'est le meilleur moyen de la venger. Je vais devenir folle si je reste à la maison et j'aurai l'impression de l'avoir trahit, laisser tomber, expliqua Isobel

Personne n'osa la contredire, Jubal se tenait à côté d'elle, une main posée dans son dos.

— Qu'avons-nous ? Les livreurs ? demanda Isobel.

Sa voix n'était pas la même, moins sûre, tremblante…

— Ils sont innocents, le second a été payé. On a essayé de remonter jusqu'au commanditaire mais pour l'instant aucune piste, on continue de creuser, intervint Scola.

— Le labo a relevé des empreintes ?

— Non, il portait des gants. Ils ont retrouvé la poudre utilisée dans les gants et l'ADN d'Alana, déclara Tiffany.

Isobel eut un pincement au cœur à l'évocation de sa fille. Défunte fille.

— Le…Le médecin légiste ?

Le silence tomba dans la pièce, personne ne voulant aborder ce sujet. Lui imposer ça.

— C'est bon, ne prenez pas de gants avec moi. Elle était vivante au moment où cet ordure lui a fait ça ?!

— Justement non, le légiste est formel, Alana était déjà morte quand le suspect a fait ça, déclara Maggie.

Un petit soupir de soulagement s'échappa d'Isobel qui craignait que sa fille est subit cet acte de barbarie.

— Je viens de recevoir une vidéo, annonça Elise étonnée.

— Affiche-la, demanda Jubal.

Isobel chancela en voyant le visage s'affichant à l'écran.

« Bonjour Isobel, ça faisait longtemps. Tu pensais vraiment que j'étais mort ?! Eh bin surprise ! Les médecins m'ont sauvés, il s'en est fallu de peu mais me revoici. Ta fille n'y a pas cru non plus quand mes hommes me l'ont ramené. Et je dois dire qu'elle s'est débattue comme un beau diable. Elle ne voulait rien me dire sur toi malgré les menaces et a préféré se tuer que de me laisser ce plaisir d'ôter la vie à la personne à qui tu tiens le plus. Mais ce n'est pas grave c'est une petite vengeance avant de continuer de te détruire. Et je m'occuperai également de ce lieutenant de police qui a aidé Alana. A très bientôt ma chère Isobel. »

Isobel était sur le point de vomir en voyant Vargas à l'écran et en sachant que c'était le dernier visage qu'Alana avait vu. Elle courut aux toilettes et rendit le peu que Jubal avait réussi à lui faire manger. Maggie la rejoignit, lui frottant le dos.

— On va l'arrêter.

— Il faut mettre le lieutenant Martinez sous protection, murmura Isobel.

— C'est fait, on a envoyé des agents la voir, intervint Oa.

Le trio retourna dans le JOC, les deux équipiers soutenant Isobel qui chancelait.

— Izzy ! s'exclama une voix.

Isobel releva la tête pour voir sa sœur Clara. Elle se jeta dans ses bras en pleurant.

— Oh ma douce Izzy, je suis là. Je ne te laisse pas, souffla Clara en lui caressant les cheveux.

— Jack Garret le chef de cette unité, se présenta le chef de Clara à Jubal et Jess.

— Jess Lacroix, je dirige l'unité contre les fugitifs.

— Jubal Valentine, je suis l'assistant d'Isobel.

Hobbs fit signe à Jubal.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda ce dernier.

— Hmm, la police vient de retrouver un corps sans…tête et il manque une main…

— Maggie, Oa allez-y, ordonna Jubal coulant un regard vers Isobel toujours dans les bras de Clara.

— Mae va vous accompagner, quant à toi Clara, ramène ta sœur chez elle. On est assez ici pour gérer l'enquête, elle a besoin de temps et pas besoin qu'on lui remue le couteau dans la plaie.

Jess envoya ses hommes questionné les ambulanciers qui sont intervenus le jour où ils pensaient que Vargas était mort, ainsi que l'équipe médicale. Savoir comment il avait pu s'en sortir et surtout pourquoi la police n'a pas été mise au courant.

Isobel agissait tel un robot, obéissant aux ordres de sa sœur qui l'avait envoyé se changer dans des vêtements plus décontractés avant de lui faire une tasse de thé. Un tas de question lui passait par la tête, comment était-il toujours en vie ? Pourquoi continuer d'en avoir après elle ? Pourquoi Alana ? Que lui avait-il fait avant pour qu'elle décide de faire ça ? Comment reprendre goût à la vie alors que sa fille n'était plu ?

Clara sentit le malaise et la tristesse de sa sœur et pressa tendrement sa main.

— C'est une jolie bague, il ne s'est pas moqué de toi.

— Oui. Je n'y croyais pas quand je l'ai vu à genou… sourit Isobel en jouant avec sa bague.

— Tu mérites d'être heureuse. Et Alana voudrait que tu continues à l'être.

On toqua à la porte, Clara alla ouvrit une main posée sur son arme au cas où.

— Oui ?

— Nous cherchons Madame Castille, nous sommes formateurs à Quantico. Nous avons appris la terrible nouvelle par rapport à Mademoiselle Castille et tenions à lui remettre quelque chose.

Clara tourna la tête vers sa sœur qui les rejoignait. Le formateur lui tendit une enveloppe avant de lui présenter ses condoléances et de partir. Isobel s'installa dans le canapé et ouvrit.

« Maman,

Si tu as cette lettre entre les mains c'est qu'il m'est arrivé quelque chose. Ne sois pas triste. Fais ton deuil, mais ne reste pas triste et abattue, ce n'est pas ce que je veux. Je veux que tu sois heureuse, que tu vives une belle vie. Je serai toujours là dans ton cœur et à tes côtés pour veiller sur toi. Jubal est l'homme parfait pour toi, et il faut mieux car tante Clara y veillera (je sais que tu as rigolé en lisant ça maman). Ayez un beau mariage et pourquoi pas plus tard, un petit frère ou une petite sœur à vous. Je sais que tu lui parleras de moi, et je veillerai sur eux aussi. Mais je ne veux surtout pas que tu arrêtes ta vie parce que je ne suis plus. J'ai eu la chance d'avoir été à tes côtés, tu as toujours été et restera toujours mon héros. Sèches tes larmes, ne sois pas triste, je veux te voir sourire encore, danser, crier sur ton équipe et botter les fesses des méchants. Vie pour nous deux, mais ne reste pas dans le noir je t'en prie. Tu mérites tellement, je t'aime maman, ne vis pas dans les souvenirs car ce n'est pas ça la vie. Passe à autre chose, ça sera la meilleure façon d'honorer ma mémoire. Tu ferais une dernière chose pour moi ? Ouvre-toi, ouvre ton cœur à d'autres personnes, ne reste pas seule. Tu as tante Clara, mais tu as aussi des gens formidables autour de toi, Maggie est top et pourrait être une super amie si tu les laisser approcher vraiment de toi. Je t'aime, je serai l'étoile la plus brillante dans ton ciel. Je veillerai sur toi. Alana »

Une photo d'elles deux y était accrochée, une photo prise à leur insu mais sur le moment. Mère et fille en plein milieu d'un fou-rire. Isobel pleurait, les larmes ayant commencé à couler en reconnaissant l'écriture d'Alana, s'intensifiant au fur et à mesure qu'elle avançait dans la lecture. Clara lui frottait le dos.

— Elle a raison tu dois aller de l'avant. Je sais à quel point c'est dur, je suis passée par là, je sais qu'il faut se faire violence. Mae m'a beaucoup aidé, et je serai là pour toi. On va coincer ce salaud, et ensuite on fera une belle cérémonie pour Alana. Tu connais ta fille, elle n'est pas du genre à ce qu'on s'apitoie sur son sort.

Isobel hocha la tête sans rien dire, elle aurait tant aimé la serrer une dernière fois.

— Elle n'a pas totalement disparu tu sais. Elle continue d'être là parmi nous, dans ton cœur, dans le mien, dans celui de Jubal et de tous les gens qui l'ont connu.

— Merci Clara, souffla Isobel en enlaçant sa petite sœur.