Chapitre 43
Isobel s'était jeté corps et âme dans le travail, n'hésitant pas à faire des apparitions sur le terrain au grand dam de Jubal. Les semaines passées, et Isobel était plongée dans le travail, ne s'accordant aucune pause. Par chance, le soir Jubal retrouvait sa chérie. Elle se détendait près de lui, redevenant l'Izzy qu'il connaissait avant ce tragique jour.
Jubal balada ses mains le long du corps d'Isobel dormant encore, il embrassa sa mâchoire, son cou, ses épaules…
— Jubal…
— Bonjour ma reine.
Elle sourit et attrapa les cheveux de son fiancé, se courbant sous ses caresses. Les portables sonnèrent au même moment, renvoyant Jubal dans de mauvais souvenir de similitude…
— Ça a l'air très grave, souffla Isobel.
— On ferait mieux d'y aller.
En sortant de chez eux, Jubal ne put s'empêcher de se mettre devant Isobel et scruter les alentours au cas où, à la recherche d'un quelconque danger. Il ne supporterait pas de la perdre, de la voir s'effondre devant lui mortellement touchée.
Ils arrivèrent rapidement au bureau, et se rendirent dans le JOC sans attendre.
— Qu'est-ce qu'on a ? demanda Isobel.
— Trois victimes, brûlées vives, annonça Hobbs.
— Elles étaient habillées d'une drôle de façon, ce n'était pas des vêtements habituels, commenta Maggie en arrivant.
— Le légiste dit qu'elles ont été torturées avant la mort, leurs poumons étaient remplis d'eau, ajouta Scola.
Tiffany énuméra les tortures relevées par le médecin légiste, elles étaient nombreuses et affreuses. Isobel fronça les sourcils, songeuse.
— C'est étrange, commença-t-elle.
— Comment ça ?
— Toutes ces tortures me font penser à celles infligées aux femmes accusées de sorcellerie durant le Moyen-Age et la grande chasse aux sorcières, expliqua Isobel avant de se lancer dans un petit cours d'Histoire.
— Notre tueur serait un passionné d'histoire ? Ou de magie ? supposa Jubal.
— En tout cas ses techniques font pensées à ça, déclara Isobel.
Son portable sonna affichant le numéro du directeur. La brune s'éloigna dans son bureau, s'installant dans son fauteuil, son regard se posant sur une photo d'Alana et elle. Elle discuta une petite heure avec son supérieur avant de raccrocher et faire de la paperasse.
Jubal toqua à sa porte, la sortant du dossier qu'elle relisait.
— Oui ?
— Juste l'heure du déjeuner, tu viens manger un bout ?
— C'est gentil mais je n'ai pas faim.
S'attendant à cette réponse, Jubal ferma la porte du bureau, voulant lui parler en privé. Isobel haussa un sourcil se demandant ce qu'il faisait. Ils avaient convenus de ne montrer aucun signe d'affection au travail.
— Isobel, tu crois que je ne vois pas claire ? Tu ne manges plus depuis ce triste jour. Le matin tu te contentes de ton café, le midi tu prétextes travailler dans ton bureau et soit disant y manger, le soir tu ne manges quasiment rien, et bien que tu as tenté de le faire discrètement, je sais que tu vomis ensuite. Et puis, il suffit de voir à quel point tu flottes maintenant dans tes vêtements. Ton visage creusé, déclara Jubal la voix dure, le regard fixé sur elle.
Isobel soutint son regard, bien qu'il ait raison elle n'allait pas le laisser gagner.
— Ça ne te regarde pas ! siffla-t-elle.
— Bien sûr que si Isobel ça me regarde ! Je tiens à toi ! Et tu es ma fiancée !
— Et bien reprend la ! Ça t'évitera d'avoir à te soucier de moi ! cria Isobel en ôtant sa bague de fiançailles.
Jubal était choqué
— MAIS BON SANG IZZY ! JE T'AIME ARRETES TES CONNERIES ! ALANA NE VOUDRAIT PAS CA !
— Ne la mêle pas à ça !
— POURTANT C'EST LA LE SOUCIS ! DEPUIS SA MORT TU NE MANGES PAS ! ISOBEL TU NE VAS PAS POUVOIR CONTINUER COMME CA !
Il se stoppa dans sa lancée car il avait vu les larmes couler le long des joues de sa chérie. Jubal se rapprocha d'elle doucement, et l'attira dans ses bras.
— Il n'y a pas de mal à demander de l'aide Izzy. Tu resteras toujours notre supérieure adorée, souffla Jubal en caressant tendrement son dos.
— Je ne vois pas comment remonter la pente Jubal. Elle me manque terriblement.
— Je sais ma puce, elle me manque aussi. On va surmonter ça ensemble, je suis là pour t'épauler. Cette bague ne veut pas dire câlins coquins à volonté, ça veut dire que je suis là pour t'épauler, te soutenir, te faire sentir mieux.
Isobel se nicha un peu plus contre lui, inspirant son odeur alors qu'il refermait ses bras autour d'elle et embrassant ses cheveux.
— Allez allons manger un petit bout au coin de la rue.
— Bien fiancé, sourit-elle doucement.
Jubal s'autorisa à enfreindre leur règle et l'embrassa tendrement.
