Disclaimer : Six of Crows est l'œuvre de Leigh Bardugo.

Résumé : Inej admirait les femmes qui se prostituaient par choix. Elle, le choix, on le lui avait volé. [Women's March 2022]

Note de l'auteur: Cet écrit fait partie d'un recueil pour répondre au défi du Women's March crée par Fleur d'Epine et ayant pour but de célébrer les femmes en mars. Un jour = un prompt !

Jour 11: Filles de joie

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de Grishaverse + Quatre aspects de... Peach : Enlevée : Ecrire sur quelqu'un séparé de sa famille ou sur Inej (SOC)

La liberté de choisir

Inej admirait les femmes qui se prostituaient par choix. Même si, tout au fond d'elle, elle n'était pas tout à fait convaincue de la liberté absolue qui aurait mené à une telle option. Oui, elle les admirait, bien sincèrement. Parmi les filles de joie à la Ménagerie, il y avait trois catégories :

Il y avait celles qui s'étaient retrouvées là de force, tout comme elle, mais qui avaient soit appris à apprécier leur travail, soit avaient développé un sens merveilleux de la comédie, assez pour tromper leurs clients, leurs collègues, leur maquerelle.

Il y avait les plus rares, celles qui étaient là parce qu'elles le voulaient. C'était un luxe, à Ketterdam, d'exercer l'emploi désiré et ainsi ne plus le voir comme du travail, une croix à porter, ce qu'il fallait faire pour ne pas dormir dehors, le ventre creux, la gorge sèche. Inej les enviait, à les voir si heureuses, si épanouies, dans cette parodie immonde de zoo déshumanisante au possible. Elles riaient, prenaient soin des nouvelles pour les plus charitables et leur donnaient des conseils pour s'adapter.

Elle, elle n'avait jamais pu être l'une ou l'autre.

Elle, elle faisait partie de la dernière catégorie.

Celles qui se retrouvaient là de force, qui subissaient les assauts répétés des hommes et femmes qui cherchaient quelques minutes de plaisir pour une montagne de kruges.

Les blâmait-elle ?

Non.

Etait-elle contre la prostitution ?

Non plus.

C'était un marché comme un autre, un travail comme un autre et il n'y avait jamais eu de sot métier, que de sottes gens, comme le disait sa mère.

Inej était pour le choix.

Inej était pour la liberté.

Les deux choses qu'on lui avait volées.

Les deux choses que cet homme en noir, à la canne au pommeau de corbeau, semblait prêt à lui rendre graduellement.

Les prisons à ciel ouvert lui paraissaient bien plus belles.

Tout, oui.

Mais la Ménagerie, jamais plus.

Non, ça, jamais plus.

FIN