Chapitre 2 : Besoin d'air
La fête donnée en l'honneur des disparus avait durée trois jours. Trois jours de beuverie, de fête et de retrouvailles en tout genre. Même Lamia Scale s'était invité, le deuxième jour, ce qui avait donné à tout le monde l'occasion d'échanger des nouvelles avec ceux qui venaient de revenir sur tout ce qui s'était passé en sept ans. Le fait que Ultear, Meldy et Jellal étaient en fuite, par exemple, ou encore que Lamia Scale était maintenant, la deuxième guilde la plus forte de Earthland. Tout le monde partageait nouvelles, bagarre, repas et pichets avec allégresse et dans la bonne humeur, sauf pour Laki qui se sentait un petit peu désœuvrée.
En effet, elle avait pris l'habitude de donner un coup de main à Kinana pour servir les invités et clients, mais comme Mirajane était revenue, elle avait naturellement repris sa place de Barmaid de la guilde et s'acquittait de ses tâches quotidiennes avec l'habitude et la même dextérité que Kinana qui l'avait remplacée durant toutes ses années. Laki n'était donc plus obligée d'enfiler le tablier pour venir en aide à son amie. La jeune femme s'était contentée d'observer ses amis, avec le sourire aux lèvres. Comme l'avait si justement demandé Lyon Bastia de Lamia Scale, ils étaient redevenus une guilde bruyante et bordélique et cela réjouissait Laki autant que cela la rendait nostalgique. Même si elle était heureuse que ses amis soient de retour, elle savait que les après-midi calmes à la guilde étaient révolus, du moins jusqu'à que l'équipe de Natsu et Lucy reparte en mission.
La jeune femme se choisit un coin calme de la guilde et s'assit à une table à l'écart, en essayant de dissimuler son sourire joyeux. Qui aurait cru qu'observer ses camarades puisse lui donner autant de bonheur après toutes ses années ? Ils étaient tous réunis et discutaient entre eux joyeusement et il était difficile de garder un visage impassible devant le spectacle du Maître en pagne, de Natsu qui dansait à côté de la table de Gajeel et mettant en péril l'équilibre de celle-ci sous le regard méfiant du dragon d'acier qui devait attendre que la table tombe pour sauter sur son confrère de feu. Laki soupira lourdement avant qu'une chope de bière ne se pose lourdement devant elle. Elle leva les yeux pour rencontrer le regard souriant de Fried qui s'installa à sa table sans y être invité.
— Ça doit te faire drôle, non ? Demanda-t-il gentiment
— Oui et non, répondit seulement la mage de bois avant de repousser sa chope. Je ne bois pas, mais merci quand même Fried.
— Certaines choses ne changent pas, au moins. C'est rassurant, dit seulement le vert en souriant. Qu'est-ce que tu as fait de beau durant ces sept ans ?
— Des missions, et encore des missions, répondit évasivement la violette en se demandant pourquoi le vert s'intéressait à elle alors que Laxus était à la table juste à côté de la sienne.
— J'ai entendu dire que la situation financière de la guilde était critique, effectivement.
— Hum, marmonna Laki en concentrant son attention sur ses doigts aux ongles rongés. Nous avons fait ce que nous avons pu, mais apparemment, ce n'était pas assez, termina la jeune femme en soupirant.
— Ne t'inquiète pas. On fera tout notre possible pour redresser la barre et ça marchera, comme d'habitude, lui assura-t-il en souriant devant le faible sourire qui ornait à présent le visage de son interlocutrice.
— Figures-toi que c'est presque mot pour mot, ce que m'avait dit Max la veille du jour où vous êtes revenus d'entre les morts, rit-elle.
— D'entre les morts c'est beaucoup, mais je dois dire que tu n'es pas loin de la vérité, laissât échapper Fried malgré lui, regardant sans le voir Gajeel qui tenait Natsu par le collet en vociférant.
Laki fut surprise du ton amer qu'avait employé son collègue. Certes, Fried avait toujours été quelqu'un de posé, mais le ton qu'il venait d'employer ainsi que son regard hanté disait à la jeune femme que ce qu'ils avaient traversés là-bas n'avait pas été une sinécure. Comme les autres, elle avait entendu le récit de ce qui leur était arrivé sur Tenrôjima et s'était félicité in petto de ne pas avoir été sur cette île, même si cela voulait aussi dire qu'elle était trop faible pour y être invitée, mais elle ne prêtait plus vraiment attention à ces considérations, à présent.
— Je m'en doute, mais ceci dit, je suis contente que vous nous soyez revenus. Par contre, ça me fait tout bizarre que vous soyez aussi jeune qu'avant, le taquina-t-elle.
— Ça ne veut rien dire, rit-il, moqueur. Je suis toujours plus vieux et plus fort que toi !
— Plus vieux, c'est sûr, rit aussi Laki. Plus fort, je ne sais pas...
— Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda Fried étonné par la réponse que la mage venait de lui donner.
— Ça veut dire que ces sept années n'ont pas été perdues pour tout le monde, lui répondit-elle, énigmatique.
— Oh ? Tu veux me montrer ? Demanda Fried avec enthousiasme.
— Sûrement pas ! Rétorqua Laki avec un air offusqué. Je crois que tu me confonds avec tous ces timbrés du combat, ce que je ne suis pas ! s'exclama-t-elle tandis que Fried opinait du chef avec bonhomie.
— C'est vrai, admit-il. J'avais oublié que tu n'étais pas fan de combat, mais tu as du en faire quand même, non ?
— Évidemment, bougonna la violette. Vous n'étiez plus là pour nous protéger alors nous avons dû apprendre à le faire vous-même ! s'agaça la jeune femme sous l'œil interloqué du vert.
Dire que Fried était étonné était un euphémisme. Il s'était toujours bien entendu avec la jeune femme, car elle était plus calme et avait un caractère beaucoup moins flamboyant que le reste de ses acolytes. Elle passait facilement inaperçue, mais c'était une femme intelligente, avec un esprit vif et dont il avait toujours apprécié l'humour à chaud. Si pour lui, revenir après sept ans signifiait qu'il avait manqué beaucoup de choses et qu'il allait devoir s'entraîner sérieusement afin de palier son retard magique, il n'avait pas eu le temps de réfléchir à ce que cela impliquait pour ses camarades qui étaient restés et qui les avaient attendus tout ce temps. C'était ce dont Fried venait de prendre conscience en discutant avec celle qui était auparavant la femme la plus faible de leur guilde.
Manifestement, cela ne concernait pas seulement la réputation de la guilde qui avait déclinée. A y regarder de plus près, effectivement, les mages restants avaient changés et pas seulement physiquement. Roméo avait bien grandi et adopté un style vestimentaire proche de celui de Natsu. Alzack avait changé et il était impossible de louper les différences : Rien que le fait qu'il soit marié le faisait paraître différent. Sa puissance magique aussi avait augmenté et personnellement, Fried était d'avis que si Doranbalt ne s'était pas incrusté dans le dernier examen, la dernière place lui aurait échu de droit. Dans ce cas, pourquoi la guilde avait périclitée à ce point-là ? Peut-être par rapport au nombre de mages, qui avaient quittés la guilde par groupe après leur disparition ? Néanmoins, ceux qui étaient restés avaient quelque chose de changé, quelque chose que le mage des runes savait impossible à récupérer à présent.
— Je suis désolé, Laki. Vraiment, s'excusa le vert avec une empathie qui désamorçât les remarques acerbes que Laki lui réservait. Celle-ci soupira lourdement avant de hocher la tête de mauvaise grâce.
— Oublies, ce n'est pas de ta faute, après tout et mes critiques n'étaient pas justifiée, s'excusa à son tour la violette.
— Tu n'y es pas. Je m'excuse pour tout ce que notre absence vous a fait subir, mais je ne peux pas revenir en arrière et on dirait que tout cela t'as été bénéfique, non ?
— Oui, en un sens, éluda-t-elle. Tu as raison, admit finalement la jeune femme. SI vous n'aviez pas disparu, certains d'entre nous n'auraient pas éprouvé le besoin de devenir plus fort pour nous protéger les uns les autres.
— Est-ce que tu sais que tu es en train de me faire me sentir coupable, commenta le vert quelque peu désappointé, ce qui fit rire son amie.
— Désolée, est-ce que tu veux un autre verre ? Lui proposa-t-elle, comme pour se faire pardonner.
— Ma foi... admit le vert, beau joueur, qui avait bien compris que son amie cherchait à se dérober.
— Je ne suis toujours pas capable de rivaliser avec Mirajane, Erza ou Juvia, tu sais. dit tout de même la jeune femme qui se tenait à présent debout devant Fried. Mais je suis sure que si un combat s'imposait, je serais de tenir tête au moins à Juvia, assura-t-elle avant de prendre congés, oubliant par là même, la chope qu'elle avait promise au vert.
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Cela faisait plus d'une demi-heure que Laki était rentrée à Fairy Hills, en compagnie de Kinana et Wendy qui souhaitait inspecter sa chambre pour reprendre ses marques. Le jeune fille avait été heureuse de retrouver sa petite chambre et remercia Laki et Kinana pour l'avoir gardée propre et fonctionnelle, ce qui les avait embarrassées au plus haut point. Peu après, Erza, Levy et Evergreen étaient elles aussi rentrées pour reprendre possession de leurs chambres respectives, qui n'avaient pas changés...la poussière en moins. Laissant les filles discuter dans le bain commun, Laki s'était rapidement éclipsée pour rester dans sa chambre, maintenant débarrassée des objets de tortures qui la peuplaient avant.
Elle se changea rapidement et alluma les deux veilleuses qui encadraient son lit, tandis qu'elle laissait son esprit divaguer en observant la lune immaculée qui éclairait le ciel sans nuage. Cela faisait un moment qu'elle ne s'était pas sentie aussi sereine. Entendre les cris et rires des filles au premier étage était rassurant pour la jeune femme, bien que assez dérangeant tout de même : Elles n'étaient pas spécialement discrète non plus. Laki pouffa et se tourna sur le côté pour diminuer l'intensité de sa lampe de chevet lorsque ses yeux tombèrent sur une peinture qu'elle avait encadrée il y avait de cela trois ans.
La peinture la représentait souriante, avec un mage qu'on lui avait assigné comme partenaire de mission durant une mission inter-guilde. Il la tenait par les épaules et souriait lui aussi à Readers, qui était bien sur l'auteur de ce tableau et Laki avait tenu à le garder. Certes, elle avait eu le béguin pour son partenaire, Lyon Bastia, mais cela n'avait jamais été plus que de l'amitié. La fait que le beau blanc ait eu le coup de foudre pour Juvia, à peine rentrée de Tenrôjima avait éclaircis les idées de la violette, par rapport au malaise qu'elle ressentait depuis que ses camarades étaient rentrés, et elle avait enfin pu mettre un nom dessus : Elle était jalouse.
Et elle s'en voulait pour ça.
De faibles coups se firent entendre à sa porte et Laki soupira lourdement en se levant de son lit. Elle se sentait bien où elle était et n'avait pas très envie de bouger ne serait-ce qu'un orteil mais la personne qui se trouvait de l'autre côté avait manifestement l'intention d'insister, au grand agacement de la violette qui inspira profondément avant d'ouvrir la porte de sa chambre. La violette expira de soulagement en constatant que ce n'était que Kinana qui se tenait devant elle, portant un plateau avec une théière fumante, deux tasses et des petits gâteaux.
— Room service-kina ? demanda son amie avec un grand sourire qui la fit aussitôt rire, elle aussi.
— Bon sang, Kinana. J'aurais dû me douter que c'était toi, s'excusa Olietta-san en se poussant pour laisser la mauve entrer dans la chambre.
Celle-ci ne perdit pas de temps et servit le thé aussitôt qu'elle eut posé le plateau sur la table basse de Laki qui faisait face à la fenêtre. La propriétaire des lieux s'installa de bonne grâce face à l'ancienne barmaid et la regarda servir les tasses en souriant avec reconnaissance.
— Voilà, j'ai choisi ton thé préféré-kina, déclara Kinana en buvant une première gorgée en soupirant de bien-être, ce qui fit rire son amie, une nouvelle fois.
— Allons donc, Kina-chan. Je suis sure que ce n'est pas pour me faire boire du thé que tu es là, la détrompa Laki. Qu'est-ce qui t'amènes vraiment ?
— Je... bredouilla la mauve. Je n'ai pas beaucoup eu le temps de te parler, ces derniers jours, mais j'ai remarqué que tu n'étais pas comme d'habitude-kina.
A ces mots, Laki se maudit intérieurement. Comment avait-elle pu les oublier ? Elle était peut-être discrète, mais ses amis à elle, avaient sûrement vu son trouble ! Kinana était la première à lui en parler mais nul doute que Max et Waren l'avait aussi remarqués et qu'ils la passeraient au grill dès que l'occasion se présenterait... Elle s'était mise dans un beau pétrin, et elle se demandait comment s'en sortir lorsque Kinana reprit la parole.
— Tu n'es pas obligée de m'en parler, si cela te gènes. Je comprends, je t'assures-kina, la rassura-t-elle tandis que Laki sentait la reconnaissance envers son amie décupler.
— Ce n'est pas que je ne veuille pas en parler, mais tu as raison, je suis horriblement gênée, expliqua Laki, rosissant.
— Est-ce que tu es sure de ne pas vouloir en parler ? Même à moi-kina ? demanda encore la mauve avec de tels yeux innocents que la détermination de Laki à garder ses pensées pour elle vacilla.
— Je... débuta laborieusement Laki. Je me sens...
— Oui ? Insista Kinana avec espoir.
— Je suis jalouse, annonça Laki d'une traite de peur de ne pas réussir à poursuivre. Je suis jalouse parce que depuis qu'ils sont rentrés, tout le monde est persuadé que tout va maintenant aller pour le mieux, que nous redeviendrons une grande guilde et tout le reste. Oh, ne te trompes pas, je suis heureuse qu'ils soient tous revenus sains et saufs, mais d'un autre côté, je ne peux pas m'empêcher de leur en vouloir parce qu'ils viennent de réapparaître comme des fleurs et aussi jeune qu'avant alors que vous en avons bavé durant sept ans et que tous ce que nous avons tenté pour sauver la guilde leur paraît dérisoire ! Toutes ces blessures, toutes les brimades, les quolibets, les moqueries, les déshonneurs que l'on a subis. Mais bien sûr, ils ne sauront jamais ce que c'est, parce que contrairement à moi, ils sont forts et puissants, assena la mage de bois qui retenait des larmes de rage.
Kinana sentait que son amie avait besoin de vider son sac et avec toute l'amertume que Laki était en droit de ressentir, la mauve trouvait étonnant que sa collègue ait réussit à garder le silence si longtemps. Elle ne doutait pas de l'amour que la violette portait à ses collègues, mais elle comprenait aussi tout ce qu'elle devait ressentir depuis que l'équipe de Tenrô était revenue, c'est pourquoi elle la laissât terminer sa tirade sans piper mot.
— Désolée, Kinana, s'excusa encore une fois Laki avec un air penaud.
— Il fallait bien que ça sorte-kina, la rassura la barmaid en lui servant une autre tasse, ainsi qu'un mouchoir.
— Je suis mesquine de penser ça, hein ? Renifla Laki. Je sais qu'ils ont faillis y rester et même en y pensant maintenant, ça me fait froid dans le dos. Je sais aussi que je n'aurais jamais pu faire ce qu'ils ont fait, et ça ajoute à mon ressenti. Tu vas me trouver égoïste, mais quand ils n'étaient pas là, on me voyait, moi, termina piteusement la mage qui laissât échapper un hoquet d'horreur lorsque quelqu'un parla de la porte de sa chambre qui était restée ouverte.
— Tu te trompes »
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Erza Scarlett avait été éprouvée par les révélations que lui avaient faites Bisca et Alzack par rapport à l'évasion de Jellal. L'écarlate souhaitait se retrouver seule dans sa chambre pour pouvoir y réfléchir plus calmement. Bien sûr elle aurait pu aller voir Lucy, mais d'après ce qu'elle avait entendu, la blonde avait assez de soucis pour le moment sans avoir en plus à gérer une mage chevalier qui ne savait plus où elle en était. C'était en montant au premier étage, pour rejoindre sa chambre, qu'elle avait entendu des chuchotements, dans le couloir. Erza n'avait pas vraiment voulu entendre quoique ce soir, mais le fait que les voix viennent de la chambre de Laki lui avait fait ralentir le pas. Laki était une mage de sa guilde et elle avait toujours vécu à ses côtés, donc si la jeune femme avait des problèmes, Erza voulait lui prêter main forte. Elle s'était dirigée vers la chambre de celle-ci pour le lui dire, mais elle avait entendu la fin de la tirade de Laki, ce qui l'avait tout d'abord laissée interdite, puis ensuite, l'avait rendu furieuse.
— Tu te trompes, avait lâché Erza, en serviette et appuyée contre le chambranle de la porte.
— Erza ! Je suis désolée, tu n'étais pas sensée entendre ça, s'excusa Laki en fermant les yeux de désespoir.
— Ne t'excuse pas, Laki ! tonna la rousse en faisant sursauter les deux femmes, une lueur flamboyant dans ses prunelles.
— Mais... balbutia Laki, tandis qu'Erza traversait la pièce pour s'agenouiller devant elle.
— Ne t'excuses pas d'exprimer tes sentiments, reprit doucement la mage en armure. C'est plutôt à nous de nous excuser.
— Hein ? laissât échapper la violette tandis que Kinana souriait doucement, elle aussi.
— Lorsque nous sommes revenus, nous n'avons pensés qu'à la joie d'être de retour après sept ans d'absences sans nous être demandés ce par quoi vous avez dus passer pour arriver à ce que vous êtes maintenant, commençât Erza d'une voix douce en prenant place à côté de Kinana qui lui avait gentiment servit une tasse de thé dans le verre que Laki gardait à son chevet. Tu es une camarade de guilde et une amie qui me tient à cœur, Laki et contrairement à ce que tu crois, tu n'es pas invisible à nos yeux, tu sais ? Demanda Erza à Laki qui la regardait par-dessus sa tasse de thé.
— J-je sais, Erza, bredouilla Laki, penaude.
— Apparemment non. C'est pour nous protéger les uns les autres, que nous sommes forts, affirma Erza en posant son front contre celui de Laki. Et contrairement à ce que tu crois, tu n'es pas faible, Laki. Ta force réside simplement autre part que dans la puissance brute, c'est tout » termina la rousse avant de remercier Kinana pour le thé et de prendre congé.
Kinana réprima une envie de rire devant la mine de Laki qui avait l'air d'avoir été frappée par le foudre.
— Est-ce que ça va mieux, Mademoiselle-Je-Garde-Tout-Pour-Moi-kina ? Interrogea la mauve pince-sans-rire.
— Oui, je crois, admit Laki avant de s'essuyer le visage, le sourire aux lèvres.
— Bon, se félicita la barmaid. La prochaine fois, tu sais ce qu'il te reste à faire-kina... la taquina-t-elle avant de ranger son attirail pour aller se coucher.
— Oui. Vérifier que ma porte est bien fermée à clé, rétorqua Laki d'une voix maussade, ce qui fit rire la mauve.
— Qu'est-ce que tu comptes faire, alors-kina ?
— Partir en mission dès demain, ironisa Laki.
— Si tôt ? Mais tu viens à peine de rentrer ! s'exclama Kinana qui était toujours devant la porte ouverte de son amie.
Laki se leva de son siège pour attraper sa porte avant de préciser une dernière chose à Kinana.
— Je suis rentrée il y a deux jours, et comme l'a dit Erza, je ne suis pas faible. Donc je vais aller gagner ma pitance au lieu de me morfondre ici, dit-elle en faisant un grand sourire à la serveuse, tout en lui fermant la porte au nez. A demain, Kinana !
' Et merci d'être toi' pensa-t-elle en écoutant les pas de son amis décroître vers la salle commune du dortoir.
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Ce fut en pestant contre les amies à la langue trop bien pendue que Laki passât la porte de la guilde, très tôt ce matin-là. Elle fut momentanément surprise lorsqu'elle y trouva Mirajane, le Maître Makarov et Macao de si bon matin, mais il était vrai que ceux-là avaient toujours été les premiers à arriver. Elle les salua brièvement avant de se précipiter vers le tableau des requêtes, toujours aussi dénudé, à son grand désappointement.
— Envie d'aller travailler, Laki ? demanda Makarov, assis sur le comptoir.
— O-oui, bégaya la jeune femme en lissant sa robe pourpre. J'ai besoin de prendre l'air, précisa-t-elle avant de se mordre la langue.
— Je te comprends, compatis Mirajane. Après sept ans de calme, tu te retrouves de nouveau avec des camarades braillards, dit-elle en souriant pendant que Laki, elle, la dévisageait suspicieusement.
— Est-ce que tu aurais communiqué avec Erza, Mira ?
— Commu...Non, pourquoi ? s'étonna le top-modèle, sans relever la tournure bizarre de sa phrase. Je ne l'ai pas vu depuis hier soir, pourquoi ? Il s'est passé quelque chose ?
— Non non, il ne s'est rien passé du tout ! se récria la violette en levant les mains devant elle. Est-ce que je pourrais avoir un café au lait ? Je ne dois pas être bien réveillée, se justifia-t-elle dans l'espoir de noyer le poisson.
Elle prit place à la table la plus éloignée du comptoir en espérant qu'on lui ficherait la paix jusqu'à que quelqu'un d'autre ne fasse les frais de la curiosité de Mira. La belle blanche lui servit un café au lait bien chaud qu'elle porta à sa table. La violette la remercia d'un sourire et constata que son breuvage était trop chaud, c'est pourquoi elle proposa à la barmaid d'aller nourrir la volaille, dans l'arrière-cour. Donner à manger aux poules l'avait toujours calmée, elle ne savait pourquoi. Peut-être que regarder ces animaux se nourrir et gratter leur grains dans la terre lui apaisait l'esprit et à chaque fois qu'elle leur donnait à manger, elle passait des heures à rêver en les regardant, c'est pourquoi elle ne vit pas le temps passer et ne comprit son erreur que lorsqu'elle entendit le salut bruyant de Natsu à l'intérieur.
' Mince, mon café !' pensa-t-elle avant de filer à l'intérieur pour y retrouver la majeure partie de la guilde, et Laxus, Bickslow et Fried à sa table, autour de son café au lait froid.
Sa première réaction avait été de s'excuser pour récupérer sa tasse de café pour aller la boire plus loin, mais zut, à la fin ! Elle était arrivée avant, et peu lui importait qui se trouvait à sa table, du moment qu'ils lui fichaient une paix royale. La violette nota tout de même que leur présence à sa table aurait peut-être finalement, un effet bénéfique pour elle, car les filles n'oseraient pas venir l'importuner avec les Rajinshûu minus Ever autour d'elle. Evergreen, lui posera sûrement des questions, car la verte était très possessive avec ses coéquipiers et à fortiori avec leur leader, Laxus Draer. Forte de sa décision, Laki inspira un grand coup, lissa machinalement sa robe sur ses cuisses avant de longer le mur pour reprendre sa place à table en face de Fried, entre Bickslow et Laxus.
Laxus dont la réaction la stressait le plus, lui adressa seulement un coup d'œil avant de reporter son attention sur son grand-père. Bickslow et Fried, eux, étaient beaucoup plus joviaux.
— Salut Laki, la salua Fried, tandis que Bickslow, la dévisageait un moment comme s'il avait du mal à se rappeler qui était la jeune femme. Enfin, son visage s'éclaira et il lui fit le sourire patibulaire qui affectionnait tant.
— Mais c'est ma binoclarde préférée ! Comment va-t-on en ce bon matin ? Demanda-t-il à Laki qui lui jeta un regard stoïque, avant de se retourner vers Fried.
— Bonjour Fried, dit-elle seulement en prenant une gorgée de son café au lait tout en cherchant son sac du coin de l'œil.
— C'est ça que tu cherches ? lui demanda Lisanna qui était venue les saluer, en montrant son sac de voyage.
— Oh, oui, merci Lisanna. La remercie la violette en tendant le bras pour saisir son sac, mais Fried fut plus rapide et le récupéra pour le lui tendre avec les sourcils froncés pendant que Bickslow discutait avec Lisanna.
— C'est drôlement lourd, tout ça. Tu pars en mission ? Lui demanda le vert surpris.
— J'espérais le faire, mais hélas, il n'y a pas de mission pour moi, soupira Laki, heureuse que les deux autres occupants de la table ne s'occupent pas de leur conversation.
Mais cela ne fut que de courte durée parce que le Dieu des éclairs lui-même se tourna vers elle en indiquant l'entrée de la guilde.
— Je crois qu'on est en train de te chercher, là-bas, indiqua-t-il simplement avant de repartir dans ses réflexions.
— Oh, merci, répondit distraitement Laki qui se précipita vers le coursier en faisant tanguer dangereusement la table, sous le regard éberlué des mages présents.
Laki arriva rapidement auprès de son jeune ami qui se nommait Fabrizio et qui était aussi le neveu d'une de ses clientes les plus fidèles : Ezielle Namica. Elle se rajusta et lui dit bonjour, avant de lui demander ce qui l'amenait ici pendant que Roméo, Max, Waren et Kinana saluait le jeune garçon avant de rejoindre leurs amis. Laki aimait beaucoup Fabrizio : Il ressemblait beaucoup à Roméo mais contrairement à celui-ci, n'était guère loquace pour tout autre sujet ne concernant pas les plantes, plantes que sa tante lui apprenait à utiliser pour créer des charmes et autre choses bien utiles aux yeux de Laki qui attendait son entrée dans la guilde avec presqu'autant d'impatience que Roméo.
— Bonjour Fabrizio, quel bon vent t'amène ?
— Bonjour, Laki-nee. Ezi-nee a une mission pour toi !
Laki Ollietta soupira de soulagement. Quelqu'un, quelque part, l'avait entendue.
