Avant de commencer, je tiens à dire à VidayM et RobinPanther : « Merci les amis ! Votre aide m'est très précieuse ! ». Ce chapitre marque ma reprise dans l'écriture des fanfics, donc je pense que le style change un peu, ainsi que certaines choses que j'ai décidé de changer au niveau de la manière qu'on les personnages de s'exprimer.
Chapitre 04 : Bienvenue dans la forêt de Telsyl !
Laki s'étira longuement en présentant son visage au soleil, avant de récupérer son sac qu'elle avait jeté à terre.
— Vous êtes vraiment sûre que vous voulez que je vous dépose ici ? demanda la dame d'âge mur qui l'avait gentiment ramassée. Il n'y a rien que de la forêt par là, vous ne trouverez pas âme qui vive, ça peut être dangereux.
— Ne vous inquiétez pas pour moi. Je suis aussi une mage, et je n'ai rien à craindre de ce qu'il y a dans ces bois, la rassura la mauve. Encore merci pour le repas !
— C'était un plaisir, jeune fille. lui répondit la voyageuse. Je ne tarde pas plus, un bébé m'attend pour venir au monde ! termina-t-elle avant de prendre congé.
Laki, souriante, salua la sage-femme d'un signe de la main, avant de se tourner résolument vers la forêt qui lui tendait les bras. Redressant le menton avec un petit sourire, elle pénétra dans les sous-bois par une petite ouverture entre les arbres, qu'elle avait repérée la première fois qu'elle était venue. Écartant les branches frêles qui s'accrochaient dans sa chevelure et dans sa cape, elle repensa avec amusement à la première fois qu'elle était venue dans cet endroit pour Ezielle Namica.
C'était après que sa boutique ne soit détruite la première fois, à cause de Max et elle parce qu'ils s'étaient accrochés avec des membres de l'autre guilde de la ville, Twilight Ogre.
Enfin, c'était plutôt Max qui s'était accroché. Moi, j'étais juste là au mauvais endroit, au mauvais moment… Et avec la mauvaise personne.
Ils rentraient d'une mission qui s'était déroulée loin de Magnolia. Il était très tôt et tous les deux luttaient contre le sommeil lorsque Laki s'était cogné par inadvertance à un ogre. Des insultes avaient été échangées, suivi de bousculades, puis des échanges nourris de sorts avaient fusés et pour finir par détruire l'échoppe alors branlante d'Ezielle et Fabrizio. Les ogres avaient été les plus rapides pour fuir, ce qui laissaient Max et Laki, bien amochés, pour écouter les remontrances d'une Ezielle complètement hors d'elle et désemparée par la perte de sa boutique.
Bien qu'en colère contre les deux mages de Fairy Tail, Fabrizio et sa tante les avaient soignés du mieux qu'ils avaient pu avant de les renvoyer à la guilde avec la promesse de revenir pour réparer la bâtisse. Ce fut à la suite de ça, et missions de ramassage d'herbe après l'autre, que Laki s'était liée d'amitié avec les deux Namica.
La première mission pour laquelle Laki accepta d'être payée fut celle de venir dans la forêt de Telsyl pour venir y récolter des herbes spéciales pour les onguents d'Ezi…
— La Forêt de Telsyl ?
— Oui, répondit Ezielle en écrasant une poignée de fleurs violettes dans son mortier à l'aide d'un pilon en granit. J'y serais bien allée moi-même, mais je ne peux pas.
— Pourquoi ? demanda Laki en saisissant un bol avant de le lui donner pour qu'elle y mette la pâte mauve.
— Selon nos informations, il est très difficile de la trouver. Et sans pouvoirs magiques, il est impossible d'y aller, les interrompit Fabrizio qui entrait dans la pièce.
— Difficile comment ?
— Je ne sais pas, répondit Fabrizio avec un air boudeur. L'existence de cette forêt n'est connue que de quelques personnes parce qu'elle n'a d'intérêt pratiquement que pour nous, les herboristes. Il y pousse des plantes médicinales très puissantes et extrêmement rares, forcément, expliqua-t-il avant de poser sa tête sur ses bras d'un air fatigué. L'emplacement de la forêt est facile à trouver, mais celui de la « vraie » forêt, est lui introuvable.
— Je ne comprends toujours pas. La « vraie » forêt ? s'impatienta la mage de Fairy Tail tandis qu'Ezielle allait chercher une carte de Fiore dans un tiroir avant de l'étaler sur la table sans égard pour tout ce qui s'y trouvait.
— Ce qu'il veut dire c'est que, regarde, la forêt de Telsyl est là, lui indiqua t'elle en lui montant ladite forêt sur la carte. Mais il ne s'agit pas de la vraie forêt. Oui, elle est là, c'est sûr, s'énerva la tenancière en tapant du pied. Mais l'endroit où poussent toutes ces magnifiques plantes que je veux ab-so-lu-ment, est là, dans la forêt mais personne ne peut ou ne veut nous dire exactement où ! s'exclama-t-elle frustrée.
— Je vais y aller, se décida Laki. Laissez-moi la carte.
Les deux herboristes la regardèrent avec des yeux ronds.
— Comment tu vas faire ? demanda Ezielle en se frottant les yeux pour en chasser des larmes de frustration.
— Je ne sais pas encore, soupira Laki. Mais je ne saurais pas sans avoir essayé, n'est-ce pas ? dit-elle avec l'esprit déjà ailleurs.
Une curieuse impression la tira de sa rêverie éveillée. Ça y est, elle y était.
La jeune femme inspira profondément et se laissât envahir par l'ambiance du lieu.
À partir de cet endroit de la forêt, les arbres étaient de véritables géants. Même en levant la tête à s'en dévisser le cou, il était impossible de voir distinctement la canopée qui, située à plus de trente mètres du sol, rappelait à la mage de Magnolia, les arches majestueux de la cathédrale Kaldia. Le soleil se laissait deviner à la seule absence d'obscurité qui régnait dans la forêt calme, mais aucun de ses rayons ne parvenait à percer directement l'entrelacs des branches de ces arbres magiques. Du fait de la rareté de la lumière, peu de plantes arrivaient à survivre dans le sous-bois qui n'était donc que couvert d'une mousse sombre et tenace avec quelques arbustes disséminés çà et là.
La mage posa une main contre l'écorce de l'arbre le plus proche et observa les alentours avec satisfaction. Elle l'avait retrouvée et c'était à chaque fois plus facile que la précédente. Laki nota mentalement de demander à Ezielle si elle savait pourquoi, un de ces quatre.
La raison pour laquelle il était impossible pour des non-mages de trouver la véritable forêt de Telsyl, n'était pas parce qu'il fallait se battre d'une quelconque façon que ce soit pour parvenir. Mais parce qu'il fallait des affinités avec la magie, la capacité de la ressentir et réussir à pouvoir la suivre.
Laki laissât échapper un petit rire en repensant à la manière dont elle avait « trouvé » la forêt.
Après deux jours à arpenter la forêt de long en large lors de son premier voyage, la manieuse de bois en avait eu sa claque et était à deux doigts d'abandonner lorsqu'elle avait entendu un cri strident retentir au-dessus de sa tête. Inquiète, elle avait levé les yeux, juste à temps pour entrevoir un machin à poil lui tomber dessus toute griffe dehors avant de se le prendre en pleine face.
Quelque peu étourdie au début, elle s'était rendus compte avec panique qu'elle était en fait paralysée avec une coupure cuisante qu'elle sentait pulser sur son crâne, juste derrière l'oreille droite. Ce qui confirmait sa première impression, c'est-à-dire que la bestiole qui venait de lui tomber dessus devait être un Vifly, un des habitants de la Forêt.
Les Viflies étaient des créatures qui étaient réputées pour vivre dans l'endroit qu'elle cherchait justement, et sur le moment, la mage de bois avait trouvé ironique qu'au moment où elle pensait abandonner, un habitant de cette même forêt lui tombe justement dessus. Ce qu'elle avait ensuite appris sur les Viflies, elle le tenait de son nouveau compagnon qui avait attendu qu'elle puisse se mouvoir à nouveau, en lui expliquant comment il était arrivé là pour la distraire d'éventuelles représailles. En même temps, bien que mignon et plus lourd que ne le laissait deviner son apparence, il était incapable de remonter d'où il venait par ses propres moyens. Et c'était encore lui qui lui avait expliqué comment arriver à destination à la mage immobile.
La mage à lunettes ferma les yeux et expira profondément pour se détendre.
La magie est vivante.
A cet endroit, elle entourait la mage comme si celle-ci baignait dans une source d'eau chaude, mais la plus grande concentration magique se trouvait quelque part en haut. Levant la tête et gardant les yeux bien fermés, l'esprit de la mage se mis en quête d'une trouée magique dans la canopée qu'elle trouva immédiatement, comme si celle-ci lui faisait signe. Elle frappa des mains à hauteur de poitrine, une paume ouverte et l'autre fermée en poing, pour ensuite s'agenouiller pour les plaquer fermement sur le sol. Le pouvoir rugit dans ses oreilles, puis se concentra dans ses mains avant d'aller brusquement à la rencontre de celui qu'elle avait appelé, issu de la terre.
Wood make : Arbre porteur de lumière
Une vigoureuse pousse de noueux se forma entre ses mains toujours posées à terre, avant de pousser et de se fortifier rapidement. Olietta s'accrocha au jeune tronc qui jaillissait de terre et se laissât porter par l'arbre qui la mena juste en dessous du trou qu'elle avait repéré. Elle sauta alors pour se hisser au « premier étage » de la forêt, avant de joindre les mains en une prière silencieuse pour remercier l'arbre qui explosât bientôt en une myriade d'étincelles marron sombre qui retournèrent nourrir la terre. Satisfaite, Laki se retourna pour observer son environnement.
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A cet étage, le paysage était complètement différent de celui du bas. Tout n'était que verdure et luxuriance : une vraie « forêt dans la forêt ». Laki Olietta se laissait toujours surprendre par la beauté du lieu à chaque fois qu'elle y venait. Si en bas, on ne voyait pas plus que les premiers mètres qui vous entouraient, surtout en fin de journée comme maintenant, ici tout était encore baigné de lumière.
La magie peut vraiment faire des choses extraordinaires, se disait la mage émerveillée.
Le fait que l'on soit enfin dans la canopée donnait l'impression qu'ici, les arbres étaient de tailles normales. Si on oubliait bien sûr le fait qu'il y ait un vide de plusieurs mètres en-deçà du sol formé par un tissage entre banches et mousse, que foulait à présent la jeune femme. La magie concentrée dans l'air et les branchages était telle que tout ce que se trouvaient à portée des yeux du visiteur était gorgés de magie et semblait rayonner de l'intérieur. Il en allait de même pour l'eau qui se retrouvait condensée par on ne savait quel moyen, et qui s'écoulait en de petits ruisseaux cristallins.
Si les fées existent vraiment, elles doivent sûrement se cacher ici.
Comme un millier de fois auparavant, la mage se dit qu'un jour, elle pourrait tout aussi bien décider de ne pas repartir.
A fortiori maintenant. Puisqu'ils sont revenus, plus personne n'aura besoin de moi là-bas.
Penser à ses camarades de guilde jeta une ombre sur le regard qu'elle portait sur le paradis qu'elle avait sous les yeux, aussi décida-t-elle de reporter sa future séance d'apitoiement pour plus tard. Son refuge était encore loin et si l'endroit était plutôt calme, il n'était néanmoins pas dépourvu de dangers, constatait la mage de bois qui venait de glisser sur la rive mousseuse d'un des petits ruisseaux qu'elle admirait à peine quelques minutes plus tôt.
Peu d'animaux avaient réussis à vivre dans cet environnement, mais les deux seuls qui y étaient parvenus y avaient gagnés puissance et conscience.
Pourquoi conscience ? Parce que les principaux habitants, mis à part les oiseaux qui venaient de temps en temps s'y reposer, était les viflies. Les viflies étaient ce qu'on appelle des rongeurs magiques. Imperméables à la magie, ils étaient capables de s'en nourrir, même s'ils préféraient la nourriture solide : noix, mousse ou tous autres aliments dignes d'intérêt pour un humain, sauf la viande. Elle n'avait jamais essayé de donner du poisson à Epixerus. Un jour, il faudrait qu'elle essaie pour voir. La femme sourit avec affection en pensant au susnommé Epixerus.
Epixerus était le vifly qui lui était tombé dessus lors de sa première visite. Avec ses cinquante centimètres au garrot, il était plus petit que la moyenne selon les normes viflies qui pouvaient atteindre les 2 mètres au garrot. Les différences n'étaient jamais faciles à porter, peu importe le monde ou l'espèce. C'est pourquoi Epixerus avait grandi et vivait maintenant à l'écart de la communauté vifly. Si sa taille expliquait en partie sa mise au ban de la société vifly, c'était surtout sa couleur qui dérangeait, lui avait-il raconté, pendant son immobilité forcée. Apparemment, il était de notoriété publique que tout bon vifly devait avoir une belle robe marron, limite auburn, ça passait, mais noir avec une crête blanche ? Hors de question, les viflies n'étaient pas des mouffettes ! lui avait-il narré avec un dégoût manifeste pendant qu'elle gisait paralysée et condamnée à devoir l'écouter. Enfin, l'écouter étant une façon de parler, puisse que ces créatures ne pouvaient pas à proprement dit « parler », mais elles avaient la possibilité, si elles le décidaient, de pouvoir s'adresser à toute sortes interlocuteurs par la pensée.
Lorsque Laki avait compris cela, elle s'est vaguement demandé si le vifly pouvait parler aux arbres et celui-ci lui avait répondu par télépathie, le plus simplement du monde que, oui, mais seulement si l'arbre pouvait lui-même former des pensées.
Lorsqu'il lui avait dit ça, la jeune femme avait eu envie de le frapper pour avoir osé écouter ses pensées sans lui avoir demandé la permission. Malheureusement, le fait d'être un animal lui arrogeait un sauf-conduit, d'après Epixerus et malgré tous les arguments qu'avait bien pu lui opposer Laki, le vifly n'en avait jamais démordu. De ce fait, Laki avait été obligée de surveiller ses propres pensées lorsqu'elle était en sa compagnie, ce qui était devenu depuis lors, une seconde nature. Elle avait hâte d'arriver à son refuge, pour le retrouver et se reposer un petit peu, c'est pourquoi elle hâta le pas en espérant arriver avant la nuit. Ici comme partout ailleurs, il ne faisait pas bon traîner dehors après le coucher du soleil.
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Malgré le fait qu'elle ait rapidement retrouvé la Telsyl, la mage à lunette mit bien trois heures pour trouver son refuge. La bicoque qu'elle avait bricolé à l'aide de sa magie et d'Epixerus ne changeait pas de place, mais la forêt si. L'entrée n'était jamais au même endroit, ce qui faisait que souvent, Laki était désorientée à son arrivée. Une fois à l'intérieur, se retrouver était plus facile pour elle, notamment parce que Epixerus ne la laissait jamais gambader seule et avait un sens d'orientation à toute épreuve dans la forêt enchantée. Laki, quant à elle, devait se fier à ses souvenirs pour retrouver le chemin de la maison dans ce maelstrom de magie et de plantes lumineuses.
En temps normal, la demoiselle adorait regarder la forêt de nuit parce que c'était à ce moment que l'on sentait toute la vie de ces végétaux hors du commun. Les branches, le sol, le ciel, les plantes et même les champignons étaient phosphorescents. Dans une pléthore de teintes passant par toutes les couleurs du spectre, Laki ne se lassait jamais de ce spectacle. Or ce soir, elle était exténuée, avait les jambes en coton et avait une faim de loup. Chaque rai de lumière qu'elle percevait était autant de poignard pour ses yeux fatigués et son cerveau rendu douloureux à cause de la migraine qui lui était tombée dessus en même temps que la nuit. Elle en regrettait presque la douce pénombre du sous-bois avant de se rappeler qu'elle changerait rapidement d'avis dès qu'elle serait arrivée à sa deuxième maison préférée. Il fallait juste qu'elle arrive au refuge.
Vite.
Une fraîcheur inhabituelle qui venait du sol s'insinua sous sa jupe et sa cape, la faisant frissonner. Elle connaissait ce sentiment : cela signifiait qu'elle se rapprochait du marais magique à côté duquel se trouvait son but.
Tapissé d'une mousse épaisse qui avait poussé sur un sol meuble et gorgé d'eau, le marais magique était une trouvaille malheureuse que Laki avait faite lors de sa deuxième mission en ce lieu. Elle s'était retrouvée embourbée jusqu'à la taille dans le marais et si Epixerus n'avait pas été là, elle se serrait retrouvée dans le vide trente mètres plus bas. D'après Epixerus, ce marais avait été créé par la forêt elle-même pour se protéger des indésirables, par conséquent, lui pouvait s'y aventurer lesté d'un mur de brique qu'il ne serait jamais passé au travers au contraire de Laki.
Craignant plus les autres mages qui auraient eu l'idée de s'aventurer dans la forêt, que de ses habitants, Laki avait eu l'idée d'y construire une petite bicoque dans laquelle elle pourrait se reposer lors de ses missions. N'habitant pas avec ses congénères, le vifly avait décidé d'aider la mage à la construire à la condition expresse qu'il aurait le droit d'y habiter en son absence, mais cela était avant qu'il prenne la décision d'accompagner Laki lorsqu'elle quitterait la forêt.
Son projet n'avait pas encore été concrétisé, puisque que la dernière fois que Laki était venue, elle avait été assaillie de doutes le concernant : Est-ce que c'était bien pour lui de l'arracher à sa patrie pour le traîner dans un monde dont il ne savait rien ? La jeune femme avait donc décidé de le laisser ici et avait faussé compagnie à la bestiole poilue pour retourner à Magnolia, ce qui ne lui vaudrait sûrement une bonne volée de bois vert à son retour.
M'enfin, peu importe l'accueil qu'il me réserve, je suis contente d'être rentrée.
Rentrée. Depuis quand pensait-elle « je suis rentrée » en arrivant ici, plutôt que quand elle arrivait à Fairy Hills ?
Mais peu importait, la vision de sa cabane posée sur le seul monticule au sec sur à peu près un hectare de boue enchantée lui réchauffait le cœur. Elle sourit à la vue des nénuphars qui éclairaient de leur luminosité jaunâtre, le ponton émergé qui serpentait entre les racines des arbres qui semblaient eux aussi embourbés dans la fange magique. Ce paysage laissait immanquablement la violette rêveuse à chaque fois : De jour comme de nuit, c'était un tableau tellement poétique. La jeune femme se secoua : Pas le temps de rêvasser, il était tard et elle voulait voir comment allait son ami.
La jeune mage eu un pincement au cœur en voyant les fenêtres allumées ainsi que la petite lanterne, allumée elle aussi, qui pendait à l'entrée du ponton. C'était un code entre eux : Lorsque Laki n'était pas à la cabane, Epixerus mettait tous les soirs une lanterne allumé à l'entrée du ponton en prévision du jour hypothétique où elle reviendrait. Olietta se sentait encore plus coupable qu'auparavant et décida que si Epixerus n'avait pas changé d'avis, cette fois, elle l'emmènerait pour de bon. La lanterne qu'il avait laissé à son intention mis Olietta-san de bonne humeur : Oui, elle se ferait enguirlander, mais rien de grave.
Laki Olietta eut seulement le temps de pousser la porte et de lancer un «Bonsoir, quel délicat fumet se dégage de cette marmite ! » qu'elle se fit sauter dessus par un animal d'une bonne dizaine de kilo en colère qui lui piqua vivement le bras avant de se dresser de tous ses cinquante centimètres de haut devant elle. Brusquement incapable de bouger, ses muscles la lâchèrent et elle tomba assise sur une chaise qui semblait avoir été placée pile au bon endroit à dessein. Un vifly particulièrement en colère se posta devant elle, les poings sur les hanches.
— COMMENT AS-TU OSÉ ME LAISSER EN PLAN COMME ÇA !
Laki plissa les yeux de douleur. Entendre hurler comme ça, directement dans sa tête alors qu'elle avait déjà une migraine était une torture pour la jeune femme.
D'accord, ça va peut-être être un peu grave, tout compte fait…
— UN PEU GRAVE ?! TU M'AVAIS PROMIS DE M'EMMENER ET QUAND JE ME SUIS REVEILLÉ, TU AVAIS FILÉ COMME UNE VOLEUSE !
Dans l'incapacité de répondre verbalement, Laki se répandit en excuses. Lui qui espionnait toujours les siennes ne pourrait pas les ignorer…
— Ne crois pas ça, Olietta Laki-san, je suis furieux et blessé ! Tu m'as lâchement abandonné ! assena le vifly qui commençât à tourner en rond. Tu m'as trahi ! termina-t-il en pointant vers elle une griffe vengeresse.
— Je suis désolée Epixerus, vraiment. Je n'ai voulu…
— … que mon bien, je sais, mais ça n'excuses rien ! Tu aurais dû m'en parler ! Je t'aurais convaincu que j'étais vraiment déterminé à partir, mais non toi tu…
Laki Olietta comprenais parfaitement l'écureuil magique et compatissait. Le fait de se sentir faible par rapport à sa famille, ses amis. Se sentir mis à l'écart ou bien laissé derrière pendant que les autres avançaient sans se soucier de vous. C'était encore pire lorsque c'était quelqu'un qui disait vous comprendre, qui vous laissait en arrière… Elle eut une pensée émue pour le rongeur qui continuait son monologue, les moustaches frémissantes.
[…] tu savais pertinemment que ce n'était pas pour fuir mes congénères que je voulais t'accompagner, enfin, pas seulement ! Je veux voir le monde ! J'en ai marre de cette forêt, je veux….
Laki avait à nouveau cessé d'écouter les récriminations et essayait de paraître contrite, mais elle avait le plus grand mal à garder son sérieux quand son ami miniature poilu faisait les cent pas devant elle, visiblement toujours énervé. En même temps, elle le trouvait craquant avec ses poils lustré et sa bouille d'écureuil en plein ire. Pour ne rien arranger, lorsqu'il arrivait au bout de la pièce, il se retournait pour partir dans l'autre sens, mais il manquait à chaque fois de se marcher sur la queue. il était donc obligé de la virer de son chemin d'un grand coup de patte comme on dégage une longue cape traînante.
La violette, qui sentait les derniers effets de la piqûre disparaître, hésitait entre éclater de rire ou le prendre dans ses bras. Le besoin de réconforter son ami l'emporta et elle le saisit par la peau du cou pour l'attirer à elle et donner un gros câlin à cette grosse peluche furax.
— Allez, fais pas la tête, l'encouragea la mauve en l'empêchant de lui sauter des bras, sans se couper. Cette fois je t'emmène et je m'excuse de m'être enfuie sans toi la dernière fois, mais ça n'arrivera plus, lui promit-elle en frottant son visage dans la fourrure soyeuse située sur la joue de l'écureuil magique.
— Je te parle plus. Tu n'as même pas écouté la moitié de ce que je viens de dire, lui répondit-il toujours en colère avant de détourner le visage pour regarder de l'autre côté comme un enfant boudeur.
Elle l'avait toujours trouvé trop choupi mais quand il faisait cela, c'était juste impossible de ne pas rire mais cela l'énervait encore plus. Heureusement elle connaissait son point faible : Elle se mit à lui gratter derrière les oreilles et après un long moment son ami se détendit dans ses bras en poussant de la tête contre la main de la jeune femme comme un gros chat.
— Je te préviens que c'est la dernière fois, la prévint-il, se libérant avant de sauter sur le bord de la gazinière pour aller remuer la marmite dont l'odeur fit gargouiller l'estomac de Laki.
— Promis, lui assura-t-elle en se levant pour se poster devant le fourneau avec des yeux gourmands. C'est vraiment inhabituel de voir un epixerus faire la cuisine. Surtout de voir comment tu arrives à bien tenir la cuillère avec les griffes que tu as…. réfléchis à haute voix Laki avant de se prendre un coup de ladite cuillère.
— Vas mettre la table au lieu de débiter des âneries, gronda l'écureuil télépathe en la regardant d'un œil critique.
Pas dupe une seconde sur l'air bourru de l'écureuil, Laki sourit in petto. Elle était pardonnée, du moins tant qu'elle mettait rapidement la table.
Wood make : Plats du voyageur, deux!
Deux jeux d'assiettes, fourchette, verres et couteau apparurent sur la table. La mage de bois sourit, satisfaite avant de se reprendre un nouveau coup de cuillère sur le bras.
— Arrêtes de créer des choses que l'on a déjà en plusieurs exemplaires ! La vaisselle en bois déborde de partout, bientôt on aura plus de place pour les ranger. En plus, c'est chiant à nettoyer.
Laki jeta un regard coupable aux tiroirs et étagères de la cuisines qui, effectivement, débordaient d'ustensiles de cuisines en tout genre. Tous en bois évidement.
— Désolée.
— Ceci dit, tu t'es drôlement améliorée en création d'ustensile de cuisine, dis-moi...Tu fais des dessins dans les veines maintenant? demanda l'écureuil en lui montrant l'assiette en question dans laquelle on pouvait voir une tête d'écureuil...Epixerus.
— Je... Non, j'ai pas fais exprès, encore désolée.
Sans plus attendre, ils se mirent à table. Laki, affamée ne pipa mot pendant tout le début du repas, trop occupée à apaiser sa faim. Epixerus, lui, avait attendu que Laki commence à manger pour entamer son repas, comme il le faisait tout le temps.
— Alors, racontes, lui dit-il lorsqu'elle posa enfin ses couverts sur la table. Qu'est-ce qui te ramène ? Une mission pour Ezielle ou autre chose ?
La mage se maudit intérieurement. Elle ne voulait pas parler du retour de l'équipe Tenrô mais elle n'avait rien fait de mieux que de penser à ça à côté d'un télépathe...
— Effectivement, si tu ne voulais pas en parler, il ne fallait pas y penser. Donc une mission d'Ezielle et tes camarades de guildes qui sont re-vivants...
— Re-vivants ça ne se dit pas, le corrigea-t-elle.
— Et alors ? Je suis un Vifly, je dis ce que je veux. Ne cherches pas à noyer le poisson,
— Je ne vais pas y couper, hein...
— Non. Mais dans ma magnanimité, je peux accepter qu'on en parle demain.
La mage de Fairy Tail retint un soupir de soulagement. Elle était déjà fatiguée et ne se sentait pas le courage de parler de tout ça maintenant. Mais le lendemain, en revanche, pourquoi pas ? Rien de tel qu'une discussion avec un ami pour faire le tri dans ses pensées et ses sentiments contradictoires.
— D'accord, on en parlera demain. Qui sait, peut-être que ça m'éclaircira l'esprit ?
— Je suis toujours de bons conseils, acquiesça le rongeur. Tu sais qui d'autre est de bon conseil ?
— Oui, la nuit. Que je te souhaite bonne, mon ami. La route a été longue, je vais me coucher, termina la demoiselle en prenant congés.
Epixerus regarda la porte close un bon moment avant de se décider à ranger et faire la vaisselle.
Pas mal, pour un rongeur avec des griffes, hein ?
