Merci à Namecea pour le suivi, ainsi qu'à Trafalgar-Anna pour le follow et la review ! Mention spéciale pour l'image que j'ai bidouillée parce que je ne trouvais pas ce que je voulais (comment ça, ce pairing n'existe pas?!) bref, j'en suis très satisfaite x).
Dans ce chapitre, on retrouve notre Laxus national à la guilde le soir de leur retour de Tenrôjima.
Chapitre 06 : Introspections, exaspérations et incompréhensions.
Laxus s'était assoupi durant quelques instants qui avaient dû être quelques heures en fait, parce que tout était silencieux lorsqu'il s'était réveillé. Agacé de s'être endormi, il observa d'un œil blasé, la salle de la guilde de Fairy Tail qui était pour l'heure, un vrai foutoir. Ses Rajin étaient tous KO à table. Fried dormait assis la tête affaissée sur sa poitrine, tandis qu'Evergreen faisait l'inverse : le visage vers le plafond, la bouche grande ouverte. Bixlow était le seul qui dormait de manière à peu près normale : La tête posée sur ses bras repliés à côté de ses cinq figurines empilées les unes sur les autres comme un totem amérindien.
Après la correction qu'ils avaient infligée en rentrant aux membres de la guilde Twilight Ogre, ils avaient fatalement fini par faire la fête. L'alcool comme les larmes avaient coulés à flot, suivies par des embrassades et tout le tintouin. Les retrouvailles, quoi... M'enfin, tout ça c'était pas son truc. Le dragon slayer regarda par la fenêtre et vit qu'il faisait nuit : Il était temps pour lui de rentrer. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il serait barré quand les autres avaient commencés à boire, mais il n'avait pas voulu que ses coéquipiers le suivent lorsqu'il irait inspecter sa maison. Le fait d'y retourner après sept ans d'absence sans savoir ce qu'il allait trouver précisément le travaillait et il voulait le faire sans spectateur. C'était donc le moment de se carapater de la guilde : ni vu, ni connu.
A l'extérieur, l'air frais lui caressa le visage et lui éclaircit les idées. Il rajusta sa besace sur son épaule et entama la descente du chemin qui menait à la guilde en faisant attention où il mettait les pieds pour ne pas se casser la figure. En entrant dans la ville proprement dite, la terre battue laissait place à des rues pavées parfaitement planes, et le blond bifurqua dans une ruelle qu'il savait peu fréquentée et qui était un raccourcis qui donnait sur l'entrée secondaire de sa maison, une simple arche dans le mur délimitant la ruelle.
L'aspect de son logis surprit Laxus : Laissé à l'abandon pendant qu'il était bloqué sur Tenrôjima, le petit-fils de Makarov s'était attendu à trouver une véritable jungle dans son jardin, autrefois entretenu par ses soins. Or là, si ses parterres de fleurs n'avaient guère fière allure, la pelouse était tondue, la poubelle sortie et rien ne traînait. Suspicieux, il inspecta le jardin dans sa totalité, en passant par l'avant de la petite maison de ville.
Léguée par sa mère, la maison de deux étages était de taille modeste et passait inaperçue dans son environnement de bâtiments en pierre qui la dépassait d'un ou deux étages. Au rez-de-chaussée se trouvaient le séjour, la cuisine et une salle d'eau, tandis qu'à l'étage on pouvait y trouver deux chambres, une autre salle d'eau et un grand bureau que Laxus n'utilisait que rarement. Celui-ci passait plus de temps dans le séjour et ne dormait dans sa chambre que lorsqu'il voulait dormir dans un vrai lit. La plupart du temps, il se contentait du grand canapé d'angle tourné vers une petite baie vitrée qui donnait sur l'autre côté du jardin, un peu plus grand que celui de l'arrière. Mais ici aussi, aucun brin d'herbe ne dépassait.
Intrigué, il donna une impulsion électrique à la baie vitrée qui s'ouvrit en faisant un bruit sec. Laxus Draer n'avait pas besoin de système d'alarme : Il verrouillait lui-même ses portes et fenêtres à l'aide de sa foudre et celles-ci ne s'ouvraient qu'avec elle. Laxus n'avais jamais vraiment compris comment il avait fait mais être le seul à pouvoir ouvrir sa porte lui plaisait, il avait donc gardé cette tactique. Lorsque le blond entra dans le séjour, il trouva enfin ce qu'il s'attendait à trouver : chaques meubles se trouvaient à sa place, avec une fine couche de poussière en plus. L'air sentait le renfermé et la poussière en suspension le fit éternuer. Le dragon laissât la baie vitrée ouverte pour aérer un peu et fit le tour avant de s'asseoir sur son fauteuil préféré.
Pour lui, cela faisait plus ou moins deux semaines qu'il avait jeté dans son sac à dos quelques affaires pour aller épier l'examen avancé des mages de rang S (1). Mais sept ans avaient passés, comme l'en témoignaient les arbustes qui avaient poussé dans son jardin ou la couche de poussière qui lui collait maintenant à la peau. Il aurait pu prétendre que rien de tout cela ne c'était passé et qu'il ne s'agissait que d'un mauvais rêve, mais cela aurait été revenu à s'enfouir la tête dans le sable. Des années s'étaient écoulées sans lui, et devant le carré de verdure impeccable qu'il avait sous les yeux, le poids de ces années enfuies lui tomba dessus sans crier gare. Il était à l'image de cette maison : Normal à l'extérieur sans rien pour indiquer que quelque chose clochait, mais à l'intérieur, il était resté figé dans le passé. Et pourtant, il avait l'intime conviction qu'il n'était déjà plus cet homme qui avait passé la porte avec comme idée en tête, d'aller enquiquiner son grand-père.
Repoussant ses pensées profondes dans un coin de sa tête, il se mit en tête d'aérer un peu avant d'aller se coucher. Il se rendit à la cuisine en grimaçant à cause de l'odeur âcre qui s'en dégageait : les fruits qui se trouvaient dans sa corbeille étaient depuis longtemps moisis et tombés en poussière mais l'odeur de leur putréfaction persistait. Grimaçant, il ouvrit en grand à la fenêtre, mais en se retournant, le jeune homme fronçât les sourcils.
Bizarre.
Dans la chambre, ce fut la même chose, mis à part qu'ici, c'était ses vêtements qui avaient fait les frais du temps qui passe . Mais la même impression de malaise persistait. En redescendant dans le séjour, il mit enfin le doigt dessus : Même si rien n'avait été déplacé, le blond n'était pas dupe : il avait été visité.
Demain, faut que j'en parle à Gramps.
_ ≤|ϟ_¬|≥ _
Le lendemain matin, Laxus arriva à la guilde bien après ses coéquipiers. Ce matin-là, il s'était levé tôt mais n'avait pas pu se résoudre à quitter sa maison en la laissant dans un état pareil. Il avait donc nettoyé le plus gros, mais un ménage en profondeur s'imposait. Non seulement pour nettoyer à fond toutes les pièces, mais il devrait en plus se faire un vrai ravitaillement car il ne lui restait plus rien à manger, tout ayant pourri ou dépassé la date de péremption. Ce fut donc un dragon slayer à jeun et en manque de caféine qui vint s'accouder directement au comptoir de Kinana pour lui passer commande d'un costaud petit-déjeuner. En même temps, il n'y avait aucun endroit où il pourrait aller où on le servirait sans demander et gratuitement. Il allât ensuite s'installer à la table de Bixlow et Fried, pour attendre sa commande en silence.
— Bonjour Laxus, bien dormi ? lui demanda Fried avant de sourire, amusé par le grognement de son chef. Grognement qui s'interrompit lorsque Draer remarquât une grand tasse de café au lait devant lui. Je crois que c'est à Laki, expliqua le vert pour répondre au regard interrogateur de Laxus.
Fried voulut saisir la tasse pour la déplacer mais avant qu'il l'atteigne, Laxus avait changé de place pour laisser la place de la jeune femme libre.
— Yo, Laxus ! J'avais même pas fais gaffe, dit le casqué au vert. Peut-être qu'elle a oublié ? T'es sûr qu'elle est encore là ?
— Oui, je l'ai vu dans le poulailler en arrivant, répondit Fried.
— Voici la commande de monsieur Draer! dit une voix joyeusement juvénile, à côté de leur table.
Le sourire patibulaire de Bixlow s'élargit au possible.
— Hey Baby ! salua-t-il la jeune blanche qui mettait la table devant Laxus qui mâchonnait déjà un bout de bacon chipé sur son plateau. Je t'ai pas vu arriver, dit-il encore en lui plaquant un baiser retentissant sur la joue tandis que Fried, lui, tournait vivement la tête vers les portes de la guilde pour voir passer Elfman et Evergreen qui se chamaillaient, Mirajane étant déjà en train de saluer les autres membres.
— Oui, je viens d'arriver avec Mira et Elfman, confirma Lisanna en repoussant doucement deux des cinq poupées de Bixlow qui flottaient devant son visage en répétant Baby ! Baby ! Bix ! Sors-les de là, le temps que je nourrisse la Bête, après je te dirai bonjour, le gronda la mage transformiste, ce qui fit rire le collègue de Fried.
— Tout ce que tu veux, ma belle, lui dit Bixlow en lui tirant la langue mais en empilant ses petits camarades.
Celui-ci adressa ensuite un sourire goguenard au vert qui venait de prendre une teinte rosée parce que la belle Mirajane venait les saluer.
Laxus observa ses deux collègues en buvant un café corsé à réveiller les morts, que Lisanna venait de lui poser sous le nez. Qui aurait cru que ces deux-là seraient réduits au silence par deux sœurs qui les tiendraient par les... Les tiendraient par les sentiments...
Objectivement, Laxus comprenait parfaitement qu'on puisse tomber amoureux des Strauss. Quand on y réfléchissait, ça aurait très bien pu tomber sur lui... A cette pensée, il grimaçât en pensée.
Mirajane était une femme magnifique avec des formes plantureuses : Tout ce qu'il fallait, où il fallait. Mais il ne fallait pas se laisser abuser par son apparent caractère facile à vivre et son charmant sourire. Laxus et elle se connaissaient depuis qu'ils étaient mômes et, avant que Lisanna ne disparaisse, Mira était d'un naturel beaucoup plus belliqueux et prompt à l'emportement. Ce démon déguisé en femme ne se laissait dicter sa conduite par rien, ni personne. Elle était un peu comme lui quelque part : Sûre de sa puissance et de sa place dans le monde. La disparition de sa sœur cadette lui avait appris les leçons les plus difficiles à appréhender :
Rien n'est jamais acquis, il y a toujours plus fort que soi et la vie n'est pas juste.
Lisanna, elle, était la vraie gentille de la famille. Sortie du même moule que Mira, la plus jeune des Strauss était bien partie pour être aussi canon que sa sœur, et aussi têtue que son frère mais la comparaison s'arrêtait là. Lisanna avait quelque chose en plus, une gentillesse absolue, une sorte de fraîcheur mutine qui ne laissait personne indifférent, pas même lui. Elle non plus n'avait peur de personne, mais elle, avait appris d'elle-même à réfléchir avant d'agir ou de parler, ce qui n'était pas le cas de tout le monde. Étant la plus jeune de la guilde avant l'arrivée de Natsu et Grey, tous la considéraient un peu comme leur petite sœur, ce qui avait expliqué le fait que sa disparition ait autant affecté la guilde.
Laxus attaqua son deuxième café avec une tartine de pain grillé en poursuivant ses réflexions incongrues pendant que le ton montait entre Elfman et Evergreen à l'entrée. Ouais, ses coéquipiers étaient tous dans les emmerdes jusqu'au cou avec les Strauss, et c'était à mourir de rire. Fried-Le-Coincé avec une femme manipulatrice, qui cachait derrière un sourire angélique, une âme de démon échappé de l'Enfer et ridiculement puissante par-dessus le marché... Bixlow-Le-Faux-Extraverti qui se cachait derrière un masque pour éloigner les gens, mais qui n'avait pas pu empêcher une petite fée mutine de se glisser en-dessous pour ne plus jamais le quitter.
Et Evergreen... Fallait-il vraiment qu'on parle d'Ever et Elfman? Franchement en regardant ces deux-là, il comprenait Mira. Lisanna lui avait raconté que Mira avait éclaté en sanglots quand elle avait imaginé leurs mioches. Des gosses qui braillerait « Homme ! » avec des lunettes, qui l'appelleraient 'Tonton Lax' et pétrifieraient quiconque ne leur plairait pas. Bordel, mais qu'est-ce qui lui prenait de penser à ce genre de connerie?!
— Plus de café, ordonna le dragon blond en tendant à Lisanna sa tasse vide.
— Ah ! Ça y est, il a activé le mode humain, plaisanta la blanche. Bonjour à toi aussi, monsieur Je-Ne-Suis-Pas-Du-Matin, le salua-t-elle alors que Laxus se borna a hocher la tête quand elle lui prit la tasse des mains. Je vais aider Mira et Kinana, annonçât-elle avant de se lever pour prendre congé, non sans plaquer une bise sur le crâne casqué de Bixlow.
— Beurk, laissât échapper Fried. Est-ce qu'elle sait tout ce que tu as touché avec ce casque ?
— Hahaha ! T'inquiètes, depuis qu'elle a commencé à faire ça, je fais bien attention à bien le nettoyer tous les matins.
— C'est pitoyable, renchérit Draer.
— Je suis d'accord avec Laxus, affirma Fried avant de se tourner vers le blond pour lui parler, maintenant qu'il répondait autre chose que des grognements. Dis, Laxus... Bixlow et moi, on voulait te demander un truc, commençât-il en regardant nerveusement par-dessus son épaule.
Laxus les dévisageât attentivement, l'un après l'autre. Ils semblaient embarrassés, ce qui mit le chasseur de dragon sur le qui-vive.
— Bon, je ne vais pas passer par quatre chemins, débuta le vert qui interrogea Bixlow du regard avant de prendre une grande inspiration. Estcequetupeuxnoushébergertouslesdeux ? dit-il de manière totalement incompréhensible.
— Non, dit tout de suite Laxus.
— Hein ?! s'écria Bixlow. Allons Laxus, je suis sûr que t'as rien compris... A moins que... T'as compris ce qu'il a dit ? demanda-t-il incrédule.
— Non, confirma le dragon.
— Alors pourquoi tu dis non ? (Non! Non ! Non !)
— Pour le principe, rétorqua-t-il encore avant de racler son assiette. Vu vos tronches, ce que vous avez à me demander va : soit me faire chier, soit m'attirer des problèmes, soit les deux, donc non.
— Ça, c'est bien notre Laxus, admirait Fried dans son coin. Toujours aussi perspicace et prévoyant !
— Fried, je vois pas pourquoi tu t'émerveilles, il vient de nous foutre dehors, je te signale ! s'exclama Bixlow, agacé.
— C'est vrai, Laxus ? demanda le vert, étonné.
— Non, j'ai juste pas compris ce que t'as dit, reformula Laxus tandis que Bixlow se retenait de se taper la tête sur la table.
— Est-ce que tu peux nous héberger tous les deux ? Juste le temps que l'on rembourse les loyers de retards que Bix et moi, on a, pour pouvoir récupérer notre colloc', expliqua le vert.
— S'ils viennent habiter chez toi, alors je viens aussi ! intervint Evergreen en arrivant à leur table.
— Tu vas rester à Fairy Hills comme un Homme ! la coupa Elfman qui l'avait suivie. Hors de question que...
Mais il ne put aller plus loin, car Evergreen excédée, avait fait volte-face pour lui administrer une gifle magistrale avec son éventail.
— Tu ne me dis pas ce que je peux faire ou pas ! explosa-t-elle outrée. Et ! A ! Fairy ! Hills ! Il ! N'y ! A ! Pas ! D'hommes ! insista-t-elle en ponctuant chaque mots d'un coup d'éventail.
— Mais je... tentait sans succès le Strauss.
— Arrêtes de taper mon frère ! cria Lisanna du comptoir, à Evergreen qui tenait le grand Elfman par le cou.
— Il n'a qu'à arrêter avec ces Homme! Homme! Homme! A tout bout de champs ! grogna la brune en secouant ledit frère.
— Si tu veux le faire taire, embrasses-le comme ça, on aura la paix ! rétorqua la blanche les poings sur les hanches, tandis que les membres de la guilde présents éclataient de rire. Ça vaut aussi pour toi, Grand-frère !
Pendant que tout le monde rigolait, Laxus vit la binoclarde aux cheveux violets rentrer dans la salle. La jeune femme hésita à les rejoindre à leur table pour récupérer sa tasse et Laxus aurait parié qu'en le voyant, elle avait pâlit. Mais c'est avec une certaine satisfaction qu'il la vit se diriger vers eux pour reprendre sa place aux côtés de Fried, un air de défi sur le visage. A son intention, comprit-il après coup.
Quelle importance ? Il ne mangeait pas les gens et il n'avait rien contre elle, au contraire. Le dragon ne connaissait pas la jeune femme, mais il appréciait le fait qu'elle soit calme et silencieuse en sa présence. Il trouvait cela reposant, surtout lorsque l'on connaissait plusieurs autres personnes de la guilde.
Non, il n'avait rien contre elle. Il évitait juste de s'adresser à elle parce qu'il ne retenait tout simplement pas son prénom, ce qui ne jouait pas en sa faveur, c'était sûr. Le pire dans tout ça ? C'était, il était sûr de ça aussi, qu'elle savait pertinemment qu'il ne se souvenait pas de son prénom et cela l'amusait de le voir se triturer les méninges les rares fois où il avait tenté de s'adresser poliment à elle. Enfin, poliment... Pas insultant, du moins.
Les hurlements d'Evergreen ne s'étant toujours pas atténués, Laxus sentit poindre un sentiment familier d'exaspération. Tellement qu'il dut se masser l'arête du nez pour ne pas perdre son calme et tous les électrocuter.
Putain, j'ai besoin de m'en griller une...
Cherchant une échappatoire des yeux, il vit un jeune homme à la porte, qui cherchait visiblement quelqu'un dans la salle. Pendant ce temps, Lisanna avait amené le sac de la binoclarde et Fried lui tendait son sac, les sourcils froncés et allait visiblement passer la jeune femme mal à l'aise, sur le grill. Heureusement, Laxus décida de couper court en voyant son grand-père qui essayait de le surveiller sans en avoir l'air.
— Je crois qu'on est en train de te chercher là-bas, indiqua le blond à la violette qui, suivit son regard avant de sourire à la vue du jeune homme, ravie.
— Oh, merci ! Le remercia-t-elle avant de se précipiter vers le jeune homme que Laxus regardait du coin de l'œil, tout en ignorant Fried et Bixlow qui rattrapaient la table in extremis.
Les deux hommes maintenaient la table que la violette venait de faire valser, d'aplomb en râlant, pendant que Lisanna sécurisait ce qu'il y avait dessus. Ramenant son attention sur son vieux, qui dévisageait lui aussi l'homme debout à la porte, il se rappela qu'il devait lui parler, seul à seul. Le dragon slayer fit un signe discret à Mirajane qui vint le rejoindre, encore hilare des bêtises de ses frères et sœurs.
— Mira, j'ai besoin d'une diversion, là tout de suite, murmura-t-il.
— Où vas-tu ? demanda la mage la plus curieuse de Fairy Tail, sur le même ton.
— Au tabac-journaux.
— Je croyais que tu ne fumais plus ? dit la mage, étonnée.
— Je dirais plutôt qu'on m'en empêche, corrigeât-il en montrant d'un signe de tête Evergreen qui boudait à la place de la violette.
— Elle a raison, tempéra Mirajane. Mais tu es un grand garçon, termina-t-elle avant de reprendre à voix haute. Hé, Fried ! J'ai pensé à toi ce matin, quand on est passé devant ton libraire préféré...
— Mirajane connaît ton libraire préféré ? s'étouffèrent Bixlow et Evergreen de concert.
— C'est à dire que...
— Mec, tu crains, se moqua Bixlow. Tu aurais pu choisir un autre endroit, quand même !
— C'est clair que tu aurais pu faire un effort, abonda Evergreen d'un air dédaigneux.
Le dragon slayer de la foudre se dirigea tranquillement vers la sortie sans que ces coéquipiers ne le remarquent. Mirajane était vraiment très douée pour ce qui était d'embrouiller les gens et les amener à faire ce qu'elle voulait. Il étouffa un ricanement en arrivant près de son grand-père qui le regardait approcher avec un air suspicieux sur le visage.
— Hey Gramps, le salua-t-il.
— Laxus.
— Je ne t'ai pas vu arriver, ajouta Laxus qui espérait réussir à parler à son grand-père sans qu'ils s'énervent tous les deux.
— Normal, tu étais en train de te goinfrer, dit le Maître dont le petit-fils se retenait de grincer des dents.
On est vraiment comme l'eau et l'huile tous les deux. On ne vas pas vraiment ensemble...Laxus soupira bruyamment.
— Il faut que je te parle d'un truc important, mais pas maintenant. J'ai un truc à faire, termina-t-il en sortant sans autre forme de procès.
Il ignora les marmonnements de son Grand-père qui laissait deviner quelques mots comme 'crois que j'ai que ça à faire' ou 'garnement'. Il se permit un large sourire, principalement parce que justement, personne ne pouvait le voir sourire des réactions si prévisibles de son aïeul. Est-ce que c'était être masochiste que de dire que les remontrances du vieux lui manquaient parfois ?
_ ≤|ϟ_¬|≥ _
Des clopes. Il était venu chercher des clopes, alors pourquoi se retrouvait-il avec un magazine de musique entre les mains ? On a beau dire, certaines choses ne changent jamais, et c'était le cas du tabac-journaux qui se trouvait non loin de la guilde. Le gérant du tabac l'avait quasiment vu grandir et malgré les années, il se souvenait encore du goût musical de son client et de sa marque de cigarettes préférées, même s'il avait arrêté de fumer. C'est pourquoi il se trouvait debout devant le vieillard souriant en train de parcourir le magazine, une boite de clopes posées sur le comptoir.
Arrête de fumer, Laxus. Ce n'est pas digne de toi, ne cessait de lui répéter Ever et même maintenant, il avait l'impression de l'entendre comme si elle était à côté de lui. S'il revenait avec une odeur de tabac froid sur les vêtements, elle allait sûrement le sentir et elle allait encore le regarder avec cet air-là. Celui qui disait « je ne pensais pas ça de toi, tu me déçois, mais fais ce que tu veux ». Bon sang, même en étant absente, elle arrivait encore à la faire la morale... Exaspéré, Laxus repoussât le paquet avec regrets mais acheta le magazine pour le lire, ce qu'il s'apprètait à faire devant le comptoir du marchand lorsqu'une odeur familière de fleur d'oranger vint lui chatouiller les narines. Il renifla lentement et sut que c'était la personne qui se trouvait derrière lui qui dégageait cette odeur.
La violette de ce matin.
Boudiou, il faudrait vraiment qu'il se décide à lui demander son nom et surtout, à se le rappeler sinon ça allait devenir gênant. Surtout que Fried semblait beaucoup l'apprécier et donnait l'impression de vouloir l'intégrer à leur cercle. A moins qu'il se faisait des idées, mais on ne pouvait jamais vraiment savoir avec le mage des runes. D'ailleurs, comment ces deux-là s'étaient liés d'amitié ? La jeune femme qui se trouvait dans son dos soupira d'impatience, et il se décida à lui laisser la place mais lorsqu'il lui fit face, il vit avec surprise qu'elle le regardait d'un air... fataliste.
— Tu es... commençât-il
— Partie, lui répondit la mage en passant son chemin à grande vitesse, plantant là un dragon slayer abasourdi.
Errr... C'est fois, c'est pas ma faute, se disait le fils d'Ivan en la suivant mécaniquement, mais d'un pas plus calme. La demoiselle avait eu l'air effrayée par lui, et il ne voulait pas lui donner l'impression qu'il la prenait en chasse, mais tout de même. C'en était vexant à la longue, qu'elle l'évite comme la peste alors qu'il ne lui avait jamais rien fait... Ou peut-être que si ? Le mage prit une minute pour y réfléchir avant de décider que non, il ne lui avait jamais rien fait qui justifie ce comportement. Il haussât les épaules et se maudit intérieurement en voyant la côte qu'il allait devoir gravir à nouveau alors qu'il n'avait même pas acheté ce pour quoi il l'avait descendue.
Maussade, il commençât à monter lorsqu'il remarqua que la violette avait déjà atteint le bout de la montée. La vitesse avec laquelle la fleur d'oranger avait gravit le col sentait l'habitude à plein nez. En même temps, ça devait faire des années qu'elle faisait et refaisait ce chemin tous les jours et dans tous les sens. Ceci expliquait cela, mais râler de sa vitesse n'allait pas l'aider lui, à monter plus rapidement. Il serra donc les dents et poursuivit sa route.
Enfin arrivé en haut, Laxus poussât un long soupir de soulagement avant de se diriger vers la guilde d'où revenait justement la jeune femme qui n'arrêtait pas de le fuir. Cette fois, elle allait devoir passer devant lui pour redescendre, et le dragon voulait voir ce qu'elle ferait pour l'éviter. Ce qu'elle ne fit pas, puisque la demoiselle lui fonça droit dessus, l'esprit sans doute occupé par le fait que le fils Combolt la talonnait en hurlant son nom. Lorsqu'elle lui rentra dedans, Laxus était encore persuadé qu'elle allait faire un écart, aussi lorsqu'elle tomba en arrière, il fut le premier surpris de voir qu'il avait réussi à la rattraper.
— Oy, l'apostropha-t-il agacé qu'elle fonce tête baissée. Ça va ? Devant son absence de réponse, Laxus se baissât pour se mettre à la même hauteur qu'elle sans la lâcher au cas où elle serait un peu sonnée. Sérieux, ça va ? Tu vas pas tomber si je te lâche ?
Enfin, il aperçut un éclat de vie dans ses prunelles chocolat, avant qu'elle se mette à se frotter le nez en faisant une grimace.
— Oui, ça va Laxus, merci. Désolée mes yeux étaient occupés ailleurs.
Ils échangèrent quelques phrases, mais le fils du vieux Macao les avait presque rattrapé, alors la jeune femme prit la poudre d'escampette. Laxus était sidéré : Elle l'avait encore planté là, avec juste un vague « j'ai pas le temps de discuter grammaire avec toi ».
C'est quoi son problème ? pensât-il avant de choper le mini-Natsu par la taille et de le ramener à la guilde comme un vulgaire sac de patate. Un sac de patate qui était en train de lui marteler le dos en râlant. Non pas que ça ait changé quoique ce soit de toute façon, car il finit tout de même assis de force sur un tabouret devant un verre de jus que lui offrait une Mira compatissante.
— T'as beau dire, tu as le chic pour ramener les brebis récalcitrantes, le taquina Mira.
— S'il n'en était pas une, ça serait parfait, compléta Makarov qui se tenait dans l'embrasure des portes de la guilde.
Celui-ci lui fit signe de le suivre dans l'arrière-cour pour discuter en toute discrétion.
— Alors, tu voulais me parler ?
— Ouais, soupira Laxus. Je suis rentré à la maison hier soir, pendant que vous cuviez.
— Et ? Comment était la maison ?
— Oh, euh, elle avait rien de spécial à première vue, mais...
— Laxus, si tu veux me parler de quelque chose, ne tourne pas autour du pot, somma le Maître. Qu'est-ce qu'elle a ta maison ?
— Elle a été visitée, admit le blond.
— Visitée... Comme dans « Visitée pour une vente » ou...
— Non, visitée comme dans « fouillée ou cambriolée », révéla Laxus en étudiant le langage corporel de son grand-père.
Makarov soupira avec résignation. Sa propre maison, la guilde actuelle et le bâtiment qu'occupait la guilde auparavant avaient aussi été « visités », comme le disait le plus jeune Draer. Pour le Troisième, il ne pouvait s'agir que d'une seule personne. Il ne voyait que lui pour faire preuve d'autant d'aplomb pour aller fouiller dans ses affaires ou celles de Laxus. Après tout, c'était de famille.
— Tu penses que c'est lui, hein. affirma le blond. De toute façon, personne ne peut rentrer chez moi sans ma permission, excepté toi et les anciens propriétaires, donc par élimination, ça ne laisse qu'une seule personne possible.
Makarov ne dit rien, mais pour Laxus, son silence était plus qu'éloquent. Avant l'épisode de Tenrôjima, Laxus savait que son grand-père faisait suivre son père pour surveiller ses agissements et pouvoir intervenir en cas de besoin. Mais à cause de ce connard de dragon, son père avait eu sept ans de liberté pour manigancer Dieu seul savait quoi, ce qui n'était pas rassurant du tout.
Le fait que sa maison ait été fouillée, cela voulait dire que cela avait un rapport avec lui, mais est-ce que c'était son fils qu'Ivan était venu fouiller ou bien l'ancien membre de Fairy Tail ? Les épaules affaissées de son Gramps, soufflaient à son instinct que c'était le mage de rang S, que son père était venu chercher. Ça avait donc un rapport avec la guilde. Mais connaissant son grand-père comme lui le connaissait, ce vieux barbon avait dû prévoir une solution de secours pour stopper Ivan Draer si lui venait à disparaître. Hélas, ils n'étaient pas assez proches pour que le vieux ait partagé son plan avec lui, mais c'était une autre histoire.
— Dis-moi, Gramps... Est-ce que tu es sûr qu'on peut les laisser s'en tirer comme ça? Tu disais que mon paternel avait des informations qui pourraient nuire à Fairy Tail.
— Sept ans sont passés depuis, commençât Makarov.
— Oui, mais...
— En sept ans, il n'y a aucune preuve que ces infos aient fuitées.
— Ça, tu ne peux pas en être sûr, renâclât Laxus.
— Si, ça ne fait aucun doute. Ne t'inquiètes pas, ils sont au courant du danger potentiel que ces informations représenteraient si elles venaient à être divulguées, assura le vieil homme.
— C'est quoi, ces informations, d'ailleurs? Tenta de soutirer le blond en sachant pertinemment que son grand-père ne lui répondrait pas.
— Crois-moi quand je te dis que tu fais mieux de ne pas savoir. Toutes les guildes ont des secrets dont il ne vaut mieux pas parler.
Et mon petit doigt me dit que tu en sais quelque chose, hein Gramps...Toi et ta sale manie de tout garder pour toi, afin de protéger tout le monde de ce que tu les croies incapables d'encaisser. Tu fais ça tout le temps, et c'est ça qui me fout en rogne contre toi, rageait Laxus in petto. Si seulement tu déléguais un peu, ton fardeau serait peut-être plus facile à porter... et tu ne serais pas devenu aussi petit...Laxus s'ébroua pour se remettre les idées en place parce que ses pensées avaient encore dérapées.
— J'ai entendu dire que pendant ces sept ans, Ivan s'était tenu à carreau et qu'il n'avait rien fait pour nuire à nos membres ou à la guilde, reprit le Maître. Je ne serai pas celui qui brisera le statu quo.
Laxus comprenait la manière de penser de son ancien, mais il n'était pas obligé d'apprécier, ce qu'il allait dire au vieux avant que celui-ci ne lui coupe l'herbe sous le pied.
— Je voudrais que tu fasses quelque chose pour moi.
— Tant que cela n'implique pas de châtiments corporels pour encore me punir d'être venue à Tenrôjima... le nargua Laxus.
— Ne fais pas le malin avec moi Laxus Draer, le menaça le vieil homme. Non, ça n'a rien à voir mais je retiens l'idée. En fait, j'aurais besoin que tu confirmes certaines informations que le Jellal d'Erza m'a fait parvenir.
— Le Jellal d'Erza ? répéta le dragon, sûr d'avoir mal entendu. Tu veux dire, le mec qui a voulu la sacrifier pour ramener Zeref à la vie ?
— Celui-là même, acquiesçât le vieux.
— Il est pas en prison ?
— Plus maintenant, mais c'est une longue histoire, balaya Makarov. Si tu fais ce que je te demande, tu pourras poser la question à la personne que je veux que tu ailles voir pour moi. Elle aura sûrement plus de détails que moi à ce sujet.
— Et pourquoi tu me demandes ça à moi ? Je te rappelle que je ne fais plus partie de ta guilde, vieil homme.
— Si tu ne veux pas le faire, je peux envoyer les Rajinshû, tu sais...
Ce vieux renard...
— Mais je pensais que tu voudrais y aller parce que tu aurais obtenu des réponses par toi-même. Sans parler du fait que je te devrais un service si tu acceptais, qu'en dis-tu ?
Ce vieux ET rusé renard...Il l'avait ferré et il le savait.
— Donc tu veux que j'aille voir qui, et où ?
— Yajima Shitô, à Hargeon. Je sais que tu le connais, parce que vous avez déjà fait des missions pour lui. Il tient toujours le même restaurant, le 8-Island, dit-il a Laxus qui hocha la tête.
— Comment je fais pour confirmer des informations auxquelles je n'ai pas accès, puisque tu refuses de m'en parler.
— Avec ceci, lui démontra le troisième en lui donnant une enveloppe scellée par la magie.
— Tu sais que si je le voulais, je pourrai ouvrir cette lettre, hein, Gramps, le prévint le jeune homme mais son aîné se mit à pouffer.
— Si tu brises le sceau je le saurais, le détrompa-t-il. Et je saurais aussi que je me suis trompé à ton sujet.
— Comment ça ? s'enquit le balafré.
— Je saurais que je ne peux plus te faire confiance.
Laxus fut plus touché par ces mots qu'il ne le laissât paraître, c'est pourquoi il reprit d'un air bravache.
— C'est bon, tu as gagné, vieil homme, mais contre toute attente, Makarov se remit à pouffer.
— J'avais gagné dès que j'ai dit que j'allais le demander aux Rajinshû, de toute manière...
— Ne pousse pas le bouchon trop loin, Gramps, rétorqua-t-il au Maître de guilde qui le sondait à présent, du regard.
— Tu joues le gros dur devant les autres, mais tu ne peux pas te cacher devant moi, mon garçon.
Laxus ne voulait pas en entendre plus, il connaissait ce ton. Ce ton paternaliste qui le foutait immanquablement en rogne. Pour ne pas l'entendre, il mit ses écouteurs, mais ne mit pas de musique parce que, quelque part au fond de lui, il resterait toujours le petit garçon qui aimait son grand-père. Oui, il voulait entendre ce que son vieux avait à lui dire sur lui-même. Il avait besoin de l'entendre.
— Il y a des choses auxquelles tu tiens par-dessus tout et les membres de cette guilde en font partie. N'oublies pas que, même si tu peux dire ou faire ce que tu veux, ton cœur et ta magie, eux, ne mentiront jamais. Il est temps que tu sois honnête, au moins avec toi-même, Laxus.
(1) Premier chapitre de « Ma Fierté »
Je me suis vraiment marrée à faire la partie avec les StrAjins à la guilde.
