Bonjour ! Bonne année à toutes et à tous! Mes meilleurs vœux pour cette année qui commence, à vous et vos familles et surtout la santé !
"Guest", merci pour la review! (ça me gène de t'appeler comme mais tu ne m'as pas laissé de nom ^^)
Chapitre 07 : Sur le chemin de la Guilde
L'homme se tenait devant la marchande d'onguents et la dévisageait attentivement. C'était un bel homme à la tignasse rouge bordeaux en pique, même s'il n'était pas du tout du goût de l'apothicaire. Plutôt grand, il portait une armure rutilante qui lui couvrait les épaules et les bras jusqu'au poignets, laissant voir un torse imberbe, finement musclé et bardé de lanières de cuir. De grands yeux bridés sous des sourcils épais, il portait un pantalon de cuir griffé tenu par une grosse ceinture dans la boucle de laquelle, des armoiries étaient gravées : cela sentait la noblesse de Fiore à plein nez, mais la famille de la jeune femme n'était pas trop au fait de ce genre de chose. Elle ignorait donc à quelle branche il appartenait et elle s'en fichait comme de son premier mortier.
— Je suis désolée, nous sommes en rupture de stock en ce moment. Vous allez devoir vous adresser à un de mes confrères de la rue commerciale. Sinon, vous pouvez prendre votre mal en patience et repasser en fin d'après-midi. Mon fournisseur ne devrait plus tarder, termina-t-elle en lui adressant un sourire commercial crispé.
Ezielle Namica, apothicaire de la ville de Magnolia, s'efforçait de masquer son aversion pour le client qui se tenait devant elle mais la chose n'était pas aisée du tout et le masque commençait à fissurer. Son neveu lui donnât un coup de coude en l'implorant du regard de ne pas provoquer un esclandre devant les autres personnes présentes dans la boutique. L'apothicaire le savait parfaitement, mais c'était plus fort qu'elle : Elle devait lui faire quitter sa boutique le plus rapidement possible, mais ça n'allait pas être une sinécure. En effet l'homme avait un air décidé et plus les secondes passaient, plus l'envie d'envoyer le rouge au Diable la démangeait. La jeune femme apprêtait à demander vertement à son client d'aller voir ailleurs, quand son neveu lui coupât l'herbe sous le pied.
— Tante Ezi', tu peux venir avec moi, s'il te plaît ?
Ezielle retint un commentaire acide, car elle savait que Fabrizio désapprouvait son comportement et il avait parfaitement raison. Elle s'excusa de mauvaise grâce auprès du mage qui se renfrognât avant de passer dans l'arrière-boutique.
— Qu'est-ce qui te prends ? chuchota le jeune mage.
— Je suis désolée, mais c'est plus fort que moi, je ne piffre pas ce sale type ! répondit sa tante sur le même ton.
— Je m'en doute, moi non plus je ne peux pas le voir en peinture, mais ce n'est pas une raison pour être désagréable devant les clients, rétorqua Fabrizio d'un ton réprobateur.
— Je veux juste qu'il s'en aille de chez nous, soupira l'amie de Laki en se laissant tomber sur une chaise, tandis que le mage repassait à l'avant de la boutique en entendant la clochette de la porte tinter.
Le jeune homme échangeât quelque mot avec la personne puis revint dans l'arrière-boutique où sa tante le regardait avec espoir.
— Il est parti, annonçât-il. Mais il reviendra en fin d'après-midi comme tu le lui as conseillé, dit-il en haussant le ton pour couvrir le soupir de soulagement qu'avait laissé échappé sa tante, d'habitude si aimable.
— Merci, Fabrizio. Cela fait longtemps que quelqu'un ne m'avait pas mis dans une colère aussi noire... expliquait-elle au jeune homme qui prit une chaise pour la placer dans l'embrasure de la porte afin de surveiller la boutique pendant qu'ils discutaient.
— C'est lui, le fameux ex de Laki ? demanda-t-il pour la forme à Ezielle qui se contentât de hocher la tête.
Au cours d'une de ses visites, la mage de Fairy Tail avait confié à sa tante qu'elle sortait d'une histoire d'amour qui l'avait profondément marquée. À force de cajoleries, Ezielle avait réussi, comme toujours, à tirer les vers du nez à Olietta qui avait terminé par tout lui raconter avec les détails sur la manière dont cet homme l'avait traité, s'attirant la pitié et la compassion des deux Namica pour elle et leur colère envers celui qui l'avait fait souffrir.
En ce temps-là, Laki transportait encore sur elle, une peinture qu'avait faite Reedus d'eux deux, un jour où ils avaient passé l'après-midi à la guilde ensemble. La peinture, les représentaient enlacés, c'était comme ça qu'Ezielle et son neveu avaient tout de suite reconnu l'inconnu aux cheveux rouges qui s'étaient présenté ce matin-là. Pour les archives, Ezielle s'était emparée de la peinture avant de la découper sans état d'âme: Laki se tenait maintenant dans un cadre qui trônait sur un meuble de la cuisine tandis que son compagnon avait fini au feu.
Brûles, bébé, brûles, avait marmonné la fana de plante d'un air féroce en regardant le visage de l'enfoiré partir en fumée tandis que Laki hésitait entre les rires et les larmes.
— ça fait trois jours qu'elle est partie, elle ne devrait plus tarder maintenant, non ? reprit Fabrizio.
— Oui, c'est pour ça que je ne veux pas de ce sale individu dans les parages ! bougonnât la jeune femme. Laki n'a pas peur de venir nous voir, même juste pour discuter. Elle se sent en sécurité et je ne laisserais pas ce connard changer ça ! s'enflamma la plus jeune apothicaire de la ville.
— Tu recommences à devenir grossière, Tante...
— Je sais, désolée.
— Si Laki t'entends jurer comme ça, elle va te laver la boucher avec du savon...
Un fracas se fit entendre dans l'arrière-cour les faisant sursauter tous les deux avant qu'ils ne se précipitent vers la porte de la cuisine. Le spectacle qu'ils trouvèrent les firent éclater de rire.
Ben tiens, quand on parle du loup, on en voit la queue.
Laki Olietta avait vu un tout petit peu trop grand lorsqu'elle avait créée son espèce de valise qui lui permettait de transporter les herbes que lui avaient commandés les deux apothicaires. Elle avait manifestement dû forcer pour passer par le petit portail qui donnait sur la cour : celui-ci avait résisté un moment avant de laisser passer la mage qui se trouvait à présent totalement mélangée avec les vestiges de ladite valise, quelques herbes qui en étaient sorties et un étrange bout de fourrure couleur blaireau qui se tortillait sous les décombres. Hilares, les Namica aidèrent Laki à s'extirper du fatras avant de la guider dans la cuisine avec son chargement afin de faire le compte.
Laissant à Fabrizio le soin de contrôler les herbes ramenées par la mage de Fairy Tail, Ezielle observa son amie et son nouveau compagnon. La mage avait l'air d'aller bien, semblait heureuse et de bonne humeur. Le visage de la tante de Fabrizio s'assombrit en réfléchissant au moyen d'expliquer à Laki que son ex était revenu en ville et qu'elle l'avait manqué de peu au magasin. De ce qu'elle savait de Laki, le bougre avait disparu du jour au lendemain et la violette n'avait pas encore eu l'occasion de le confronter, mais peut-être n'était-ce pas si mal après tout. En tant qu'amie soucieuse de sa sécurité, elle devait néanmoins l'informer qu'elle pourrait lui tomber dessus un jour à la boutique.
Pensive, Ezielle prépara un bol d'eau et un bout de pain pour le blaireau, qu'elle déposa devant sa mignonne petite truffe. La créature lui adressa un signe de tête en remerciement avant de porter le bol à sa bouche pour boire. Soudain plus alerte et concentrée, la marchande de plante observa attentivement l'animal : Elle s'était trompée, car de blaireau, il n'avait que la couleur du pelage et si on faisait abstraction de sa couleur inhabituelle, il ressemblait plutôt à un écureuil, ce qui était curieux. Il avait aussi une lueur de malice dans ses petits yeux noirs qui la détaillait aussi attentivement qu'elle le faisait. Oui, une lueur de malice et d'intelligence... Soudain, elle comprit ce qui était assis sur sa table de travail et elle laissât échapper un cri de ravissement qui fit peur aux deux autres.
— OH Mon Dieu Laki ! C'est extraordinaire ! Tu as réussis ! s'exclama-t-elle en faisant le tour de la table pour se rapprocher du vifly qui, effrayé par le cri qu'elle avait poussé, s'était sauvé pour se cacher entre les pieds de Laki.
— J'ai réussis quoi ? s'étonna la mauve en regardant alternativement un Fabrizio aussi étonné qu'elle et une Ezielle surexcitée.
— Tu as réussis à te faire accompagner par un Vifly ! précisa la jeune femme en pointant du doigt l'écureuil qui s'éloignât un peu plus de la folle.
— Oh ! Tu parles de Pix , comprit Laki. Il me semblait vous avoir raconté que j'avais un ami vifly, pourtant...
— Oui, tu nous l'avais dit mais on aurait jamais pensé qu'il accepterait de t'accompagner en dehors de la foret un jour, observa Fabrizio qui regardait maintenant le Vifly d'un autre œil. Celui-ci, toujours méfiant mais quelque peu rassuré par la voix calme du jeune homme, s'avançât un petit peu pour les dévisager, curieux lui aussi. Bonjour...
— Je l'ai baptisé Epixerus, comme les écureuils, révéla Laki. Je trouvais qu'il lui allait bien et il l'a adopté.
— Bonjour Epixerus, je m'appelle Fabrizio Namica et voici ma tante Ezielle, le salua-t-il. N'aies pas peur, elle est un peu... Exubérante mais elle n'est pas méchante pour un sou, termina-t-il en souriant parce que le Vifly semblait à présent plus en confiance.
— C'est Pix pour les amis, se permit Laki, que l'écureuil regardait à présent d'un œil...narquois.
Il y eu un moment de flottement où le vifly les regarda tour à tour avant que Laki n'intervienne.
— Ah bon ? dit la violette à l'intention de la boule de poil... Il dit que peut-être, vous ne l'entendez pas ? demanda-t-elle aux deux autres. Ezielle laissât échapper un petit rire.
— Hélas, je crois que nous n'aurons pas cette chance malheureusement...
— Les Viflies sont des créatures... compliquées dirons-nous, expliqua le plus jeune en faisant un signe de tête à l'epixerus qui le lui rendit.
— Elles ne se lient qu'avec des personnes spéciales, ajouta Ezielle.
— Spéciales ? releva la violette. Spéciales comme...déviantes ?
— Non, non, rit Fabrizio. Spéciales, comme intéressantes. Tu vois, les viflies sont des créatures très curieuses mais aussi extrêmement paresseuses. En général, il faut vraiment les motiver pour qu'elles acceptent de se bouger et a fortiori pour quitter leur forêt. Enfin d'après ce qu'en dit la légende, dit-il ensuite à Epixerus, vu que tu es le seul que j'ai jamais vu de ma vie.
— C'est vrai, ça ? Ou tu as juste voulu fuir tes congénères ? demanda Laki en grimaçant. Même en pensée, ses mots ressemblaient à des reproches.
— Un peu des deux, à vrai dire. Ça fait longtemps que je voulais m'en aller.
— Et je suis arrivée...
— Et tu es arrivée, confirma le vifly à qui la déception de Laki n'avait pas échappée. Mais ta situation m'a touché, et tes problèmes relationnels m'ont intrigués. J'ai donc décidé de t'aider. Tu avais besoin de quelqu'un à qui parler qui ne te jugerait jamais et moi je voulais voir le monde de dehors : Une pierre, deux coups.
— C'est fascinant, intervint Ezielle en les regardant tout à tour. Vous êtes en train de discuter là, hein ?
— Euh oui, désolée, c'est malpoli, s'excusa Laki tandis que Pix se frottait l'arrière du crâne avec une patte griffue.
— Tu lui a dit que tu pouvais absorber la magie ? demanda Ezi à l'animal qui haussât les épaules.
— Oui, il me l'a dit, répondit à sa place la mage de bois. Mais bon, j'utilise la magie de création du bois et ça peut arriver aux écureuil d'en manger, donc ça ne m'a pas paru si extraordinaire que ça, râla la violette mais le seul homme de la pièce gloussât avant de se mettre franchement à rire, bientôt suivi par l'autre Namica.
— Elle a pas été tendre avec toi, hein, plaisantât-il avec Pix qui mima la plus parfaite des représentations de fatalisme qu'il ait jamais vu. Fabrizio rit de plus belle. Je t'aurais bien montré, Laki, mais comme j'utilise la magie curative des plantes, tu pourrais carrément croire que je n'ai pas de magie, pouffa-t-il encore. Tante Ezi, montres-lui, toi.
Ezielle sourit avant de s'adresser à l'écureuil.
— N'aie pas peur, je vais juste te lancer une rose magique dessus. Il vaudrait mieux que tu la mange pour que mon explication serve à Laki, mais je ne garantis pas le goût : je n'ai jamais essayé d'en mange, excusa-t-elle d'avance en s'agenouillant.
Laki avait toujours aimé voir ses deux amis utiliser la magie. Si elles n'avaient pas la même fonction, elles étaient tout de même étrangement similaires, comme de la même famille, ce qui était tout indiqué. La locataire de Fairy Hills regarda avec toujours le même émerveillement, une petite pousse de rosier se former dans la main de la Namica avant de grandir très rapidement pour donner une rose bleu avec des reflets indigo très clairs. Olietta sourit en voyant Pix qui étudiait la plante, pour voir de quel côté il allait commencer. Il était tellement près qu'en regardant attentivement on pouvait voir les reflets de la magie dans les grands yeux noir du vifly. Vifly qui avala la rose et le pied en trois coups de dents.
— Et voilà ! lâcha Ezielle en se redressant. J'espère que ce n'était pas trop mauvais ? Le Vifly secoua la tête. Super.
— D'accord, il a mangé la rose, admit Laki.
— Tu te demande encore ce que ça fait, hein ? se moqua gentiment Fabrizio.
— Femme de peu de foi, admonesta Ezielle. Rapproches-toi de ton ami à fourrure, et tu comprendra, termina-t-elle, mystérieuse.
— Pas besoin, souffla la mage qui venait de sentir le puissant parfum de rose qui émanait de son compagnon à quatre pattes. Alors ça, c'est...Waouh ! Laki fit les gros yeux à Pix qui était en train de hausser un sourcil hautain à son égard.
— Tu devrais essayer de lui faire manger un peu de la magie de tes camarades de guilde, lui conseillât Fabrizio. Pour en observer les effets.
— Pas question, tranchât vivement Laki en serrant Pix dans son giron. Si ça vient à se savoir, je suis sure que certains obsédés du combat n'hésiteraient pas à le provoquer pour voir combien de magie il peut emmagasiner, et je ne veux pas qu'on lui fasse du mal !
— Ça ne lui fera pas mal, la contredit Ezielle. Il est imperméable à la magie et s'il en mange trop, il relâche le surplus par tous les moyens à sa disposition. Un peu comme les dragons slayers qui peuvent manger de la magie pour se requinquer.
— Peu importe, c'est non, détermina Laki d'une voix sans appel.
En riant, les deux apothicaires se remirent au travail : Fabrizio rangeait et triait les herbes de Telsyl avec Pix. Pendant ce temps, Ezielle revenait d'une autre pièce où elle avait été chercher le paiement de la mission pour Laki, lorsque la clochette de l'entrée se fit entendre. Ezielle se crispa imperceptiblement en passant la porte mais la jeune femme fut soulagée en voyant que ce n'était pas la personne qu'elle avait craint.
Heureusement, car ayant remplie sa mission, Laki et Pix avaient dit au revoir à Fabrizio et ils l'avaient suivis dans la boutique. À nouveau chaleureuse, la femme salua ses clients : Ils étaient venus il y avait un mois de ça, pour lui prendre des potions de datura contre le mal des transport, et c'était avec grand plaisir qu'elle les revoyait ce jour-là. En effet, ils faisaient partis d'une célèbre guilde de mage et elle était flattée qu'ils se déplacent de Crocus jusqu'à Magnolia juste pour lui rafler son stock de potion. Si seulement ils pouvaient lui faire un peu de pub... Se secouant, Namica les pria de bien vouloir patienter car il fallait qu'elle parle à son amie avant qu'elle parte.
— Laki !
— Ne t'inquiète pas, je repasserai demain ou après-demain, si tu as besoin de moi.
— Non, il fallait que je te dise quelque chose et avec Pix, j'ai oublié ! s'agaçât Ezielle avec un visage tellement sérieux qu'elle stressa la mage de bois. D'abord les choses futiles, dit-elle en mettant une poignée de patch dans le sac de son amie. Comme je sais que vous en avez des comme ceux-là, expliqua Ezielle en pointant discrètement les deux clients et leur chats qui déambulaient dans la salle, ça pourrait te servir. Enfin, je fais juste quelques tests en ce moment et ce serait bien si tu leur faisait essayer les patchs et me dire si ça va ?
— Des comme ceux-là... répéta Laki en croisant le regard d'un desdits clients, un blond qui se baladait le ventre à l'air, avant de le reconnaître. Ah ! Des dragons slayers, oui d'accord, mais c'est sans danger ?
— Oui, la rassura Namica. Il n'y a quasiment que de la scopolamine dans le patch et une substance qui permet la fixation du produit sur le patch et facilite l'absorption par voie cutanée. Je pense que ça devrait marcher, mais j'ai juste besoin de savoir jusqu'à quel moment ça fait effet et s'ils sont malades ?
— Et ces deux-là, ils ne peuvent pas te servir de cobayes ?
— J'ai peur de leurs vendre du rêve et que finalement le patch se révèle moins efficace que la potion que l'on a mise au point avec Madame Polyuchka. Mais si ça marche, les échantillons que je viens de te donner sont gratuits...
— Merci beaucoup, il est vrai que je n'ai jamais souffert de mal de transport, moi. grinçait Laki.
— ET je diviserai le prix par trois des patchs pour tes dragons !
— D'accord, accepta Laki, mais tu me devras un service !
— Tout ce que tu voudras !
Ezielle Namica, apothicaire de la ville de Magnolia regarda son amie repartir avec un sentiment de satisfaction avant de se rendre compte qu'elle avait encore oublié de prévenir Laki pour son ex. se morigénant, elle retourna dans son échoppe pour s'occuper de la commande des deux dragons slayers de Sabertooth avant de se calmer en se répétant quelques phrases comme un mantra.
Laki Olietta est forte.
Elle n'a rien à craindre de Sanmuel.
Et quand bien même elle serait en difficulté, la ville fourmille de ses camarades de guilde.
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Laxus marchait d'un pas lent et assuré en sortant de la gare de Magnolia, mais intérieurement, c'était une autre paire de manche. Il se sentait encore barbouillé, les jambes flageolantes et devait se faire violence pour ne pas s'arrêter un moment pour que la terre cesse de tanguer et son estomac de vouloir lui sortir par la bouche. Foutue fierté. Les Rajinshû devaient se douter que lui aussi avait le mal de transport, mais ils n'avaient jamais soulevés le sujet, et lui c'était bien gardé de leur en parler : Il y avait une limite à ce que pouvait dévoiler un dragon slayer sur ses faiblesses.
En entrant sur la grande place de Magnolia, il se permit une pause pour inspirer à plein poumon l'air frais de sa ville. Il n'était pas parti depuis longtemps, mais il appréciait d'être rentré et les heures passées dans le train qui reliait Magnolia et Hargeon avaient comptés double. Depuis que sa maison avait été visitée, il avait le un sentiment diffus de malaise : Quelque chose, quelque part, se tramait et sa visite à l'ami de son grand-père à Hargeon n'avait pas été pour le rassurer. Réfléchissant, Laxus se dirigeât vers un marchand de boisson à qui il demanda un grand soda hypercalorique pour se remettre de son long voyage en train, et aussi pour attendre les Rajin qui s'étaient occupés des bagages à leur arrivée. Non pas qu'il les prenait pour ses serviteurs... Enfin, pas toujours, mais ils adoraient ça, donc... Le dragon slayer haussât les épaules.
Lors de sa première mission avec Fried Justin, il y a un peu plus d'une décennie maintenant, Laxus avait presque sauté du train en marche lorsqu'ils étaient arrivés à destination. Il avait refusé tout net de remonter à bord de l'engin de malheur pour récupérer ses valises et c'était le vert totalement abasourdi qui avait dû s'y coller. Le temps avait passé depuis, Bix les avaient rejoint, suivi d'Ever. Les rôles dans l'équipe avaient changés sauf pour ça : Laxus commandait et les Rajîn couvraient ses arrières tout en gérant la logistique.
Des chuchotements étouffés couvrirent la musique qu'il avait mis au volume minimum dans ses écouteurs, annonçant l'arrivée de ses compagnons sur la place. Le petit-fils de Makarov se retourna pour comprendre ce qui poussaient les gens à marmonner entre eux comme ça, avant de se mettre à les détailler lui aussi.
Evergreen : grande brune plantureuse, regard hautain, mini-robe verte sur collant marron, le tout surmonté d'une veste au col rembourré avec de la fourrure comme la sienne. Ben quoi ? Ils venaient d'Hargeon mais les trains étaient climatisés et Ever éternuait souvent quand c'était le cas. Laxus savait qu'elle détestait ça, parce qu'elle disait qu'elle n'avait aucun style quand elle éternuait et qu'en plus elle avait horreur d'avoir le nez qui coule. Ce à quoi Bixlow avait répondu que c'était impossible d'avoir du style quand on éternuait...
Bixlow, lui, était le plus impressionnant de la bande après lui-même. Le bougre mesurait presque la même taille que lui qui était tout de même parmi les plus grand de la guilde car seul Elfman les dépassait. Vêtu tout de bleu, pantalon bouffant sur des bottes d'elfe aux pointes recourbées. Le dragon slayer de la foudre avait toujours pensé que ton accoutrement le faisait ressembler à un ancien bouffon en plus baraqué et plus flippant avec sa sale manie de sortie sa grande langue à tout bouts de champ et son rire bizarre. Avant, il portait son heaume juste sur le haut de son visage, mais il a ensuite décidé de cacher aussi ses cheveux après avoir lu un livre d'horreur que Levy lui avait prêté et qui l'avait rendu paranoïaque vis à vis de ses cheveux : « Tu sais Lax, c'est pas des conneries ! S'ils chopent tes cheveux, certains sorciers peuvent te faire faire des trucs pas très catholiques ! », ce qui, Laxus s'en souvenait, l'avait bien fait marrer.
Maintenant qu'il connaissait le Gros-Tas de Grimoire Heart qu'ils avaient croisés sur Tenrôjima, Laxus était obligé de reconnaître que ouais, c'était pas que des conneries...
Ne restait que Fried, son bras droit et le leader des Rajinshû, qui marchait devant ses camarades, comme d'habitude. Laxus étouffa un rire en se rappelant fugacement que la première fois qu'il l'avait vu, il avait d'abord pensé que c'était une fille, à cause de ses longs cheveux verts. Après avoir découvert que non, il avait un peu stressé à l'idée que ce mec était peut-être gay et qu'il avait craqué pour lui, avant de comprendre que non, ce n'était pas ça non plus. Ce mec était juste... Désespérément fidèle et loyal à quiconque lui témoignait du respect et de la considération.
Ce que Laxus avait fait sans s'en rendre compte après lui avoir dit en des termes « élogieux » qu'il se fichait de son orientation sexuelle, tant qu'il le secondait dans ses missions et sécurisait son angle mort. Bien sûr, le vert avait été un peu choqué au début, mais force était de constater que Fried Justine n'était pas gay mais passons. Dans l'esprit du blond, le chef des Rajin était presque indissociable de sa magie. Il ne savait pas si Fried avait toujours été si pointilleux sur les règlements ou si sa pratique des runes, pour laquelle les règles étaient tout, l'avaient rendu comme ça. Ça pouvait quelque fois le saouler, mais il préférait de loin l'avoir avec lui, que contre lui pour qui les règles étaient souvent faites pour être transgressées.
M'enfin, tout ça ne lui disait pas pourquoi tout le monde les dévisageait alors qu'ils venaient de le rejoindre pour que Bix lui donne son sac qui contenait la réponse de Yajima pour son grand-père. Une voix féminine attira son attention alors qu'ils se remettaient en route pour la guilde et en se tournant, son regard tomba sur une jeune femme de Magnolia qu'il avait vu plusieurs fois. Celle-ci essayait de se libérer de la poigne d'un brun de taille moyenne, plutôt planté, qui la regardait avec un sourire salace pendant qu'un autre plus grand mais plus chétif, tapait l'épaule du premier en lui montrant Laxus et les Rajins avec un air terrifié. La part dragon de Laxus ouvrit un œil intéressé pour suivre la suite des événements.
— Qu'est-ce qu'il y a Laxus ? demanda Fried, toujours attentif à son expression.
— Ce mage, là, c'est quoi son problème ? dit-il en pointant du menton le type en question qui commençait à les observer en resserrant sa prise sur le bras de la demoiselle qui gémit.
— Hé le blond, commençât celui qui retenait la femme. Comment tu sais que je suis mage ?
— C'est écrit sur ta sale gueule, répondit à sa place Bixlow, avec son sourire patibulaire.
— Lâches-la, dit Fried calmement pendant qu'un attroupement se formait autour d'eux.
— Peut-être que la demoiselle n'a pas envie que je la relâches, hein ma jolie ? Tu veux que je te relâches ? demanda le mage à la jeune femme terrifiée alors que son compère lui demandait visiblement de laisser tomber.
Laxus quant à lui, observait la scène en se taisant. Il entendait parfaitement les personnes qui les entouraient, murmurer entre eux et ça le foutait en rogne. D'une part, il aimait qu'on lui foute la paix, d'autre part, il n'aimait pas ce qu'il entendait.
Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est Fairy Tail qui fout la merde. Quoi encore ? Ils viennent à peine d'arriver ! Ils ont rien d'autre à faire ? C'était bien quand ils étaient plus là. Ils devraient retourner où ils étaient pendant un an. Va y avoir du grabuge. Ils vont encore tout casser et qui va réparer ?
Laxus serra les mâchoires. Il savait que la réputation de la guilde n'était pas reluisante, mais ils avaient toujours fait parti du paysage de Magnolia, alors pourquoi les gens leur en voulaient autant ?
— Et si je ne veux pas la relâcher, tu vas faire quoi, tête-de-salade ? Tu veux te battre ? continuait le mage inconnu en se rapprochant dangereusement de Fried, entraînant avec lui la jeune femme que Laxus reconnut pour être une employée d'une des épicerie de la place.
— Les mages de Fairy Tail n'ont pas le droit de se battre dans Magnolia, répondit seulement le vert en lançant un discret regard à Laxus qui sur le moment, ne comprit pas le message.
— Oh ? Ça veut dire que je peux lui faire ce que je veux, et que tu ne pourra pas bouger le petit doigt ? nargua le mage tandis que l'autre abandonnait et le laissait seul face aux mages de Fairy Tail.
Le premier mage se pencha et embrassât l'employée qui grimaça, dégoûtée. Tout ce que Laxus voulait c'était rentrer à la guilde, voir son grand-père et manger un bout. Ces conneries avaient trop durée: Il était fatigué et il avait mal au crâne. Son bras, mû d'une volonté propre, lançât à la tête du malfrat sa cannette de soda à moitié pleine que le type se prit sur la tempe. Celui-ci lâcha la femme qui courut se cacher dans la foule pendant que les Rajinshû observaient Laxus avec fierté. Le mage déshonoré fonçât alors sur Laxus à toute vitesse, mais le dragon se tenait prêt depuis un moment et lorsque son belliqueux opposant arriva à sa portée, Laxus le saisit à la gorge et le souleva de terre dans un geste fluide. L'ayant bien en main, Laxus relâcha quelque peu son contrôle sur sa magie, faisant courir des décharges de faibles intensité sur sa peau, juste pour lui faire peur. Les murmures reprirent dans son dos,
Tch, ils se donnent en spectacle mais je vois pas de quoi : leur guilde est la dernière des dernières... Ils feraient mieux de se faire tout petits au lieu de la ramener. J'arrive pas à croire que Twilight a abdiqué devant ces toquards de Fairy Tail, sérieux. Ouais, c'est clair. Il paraît que ces deux salopes de Mirajane et Erza ont été obligées de se déssaper pour payer leurs dettes à Banaboster. En nature, si tu vois ce que je veux dire. C'est vrai ? Beurk ! Oui, il paraît que toute la guilde en a profité...
Quand il faisait partie de Fairy Tail, personne.
Personne n'aurait jamais osé parler de la sorte de ses camarades de guilde féminines. Toutes les femmes de Fairy Tail étaient belles, chacune à sa manière et en tant qu'hommes, ils avaient de la chance de compter autant de bombasses dans leur guilde. Mais elles n'étaient pas que des jolis minois et ces personnes ne les connaissaient pas ! Excédé, Laxus se retourna pour voir qui parlait comme cela d'Erza et de Mira, l'autre mage toujours pendu à son bras et vociférant. Il resserra simplement sa prise pour le faire taire.
Lorsqu'il vit les deux femmes qui se tenaient dans son dos, il comprit un petit peu leur ressentiment : Elles étaient loin d'être des canons de beauté et n'arrivaient certainement pas à la cheville des deux mages dont elles parlaient avec autant de jalousie. D'ordinaire, le fils d'Ivan ne se serrait pas abaissé à leur répondre, les crêpages de chignons, très peu pour lui, merci. Mais là, la patience du dragon avait été bien émoussée et il était plus que temps d'en finir.
— Les mochetés n'ont pas le droit de parler ni d'Erza, ni de Mira, compris ? intima-t-il d'une voix menaçante accompagné d'un regard glacial, avant de jeter le mage électrifié, sur le côté.
Sans égard ni pour leurs mines outrées, ni pour les rires des personnes présentes, il ramassât son sac et s'éloignât d'un pas lent. Encore en colère, il se retint de montrer les dents aux deux greluches de palétuvier. Le dragon se forçât à marcher lentement, parce qu'il savait que l'altercation n'était pas finie derrière, mais lui en avait assez. Bixlow lui emboîta le pas en se marrant, alors que Laxus tendait l'oreille. Ces deux idiotes avaient de la chance : seul lui avait entendu toute leur conversation, mais Fried et Ever semblaient avoir compris grosso modo de quoi il était question, en voyant sa réaction. Heureusement d'ailleurs, parce qu'il ne donnait pas cher de leur peau sinon. Règles ou pas, Fried ne laisserai jamais personne traiter Mira de salope et surtout pas en sa présence...
— Erza et Mirajane pourraient vous rétamer en deux coups de cuillères à pot, persifla Evergreen. Si j'étais vous, je ferais attention à ce que je raconte.
— Oh ? On te comprends, tu sais. On sait très bien pourquoi tu veux qu'elles soient très puissantes. répondit la plus téméraire des deux.
— Hum ? répondit Ever avec une intonation tellement sarcastique, que cela hérissât les poils de Laxus même s'il n'était pas visé. Le sourire de Bixlow s'élargit.
Jamais l'ex mage de Fairy Tail n'aurait pensé que ces deux bonnes femmes, qu'il connaissait aussi de vue, n'auraient eu le cran de répondre à Evergreen auparavant. Il avait dû méchamment les vexer pour qu'elles veuillent avoir le dernier mot au moins avec Ever.
Mauvais calcul...
— Ben oui répondit l'autre jeune femme sans se démonter devant la désapprobation des autres spectateurs. Parce que vu qu'Erza t'a rétamée et que Mirajane a explosé ton copain, il faut vraiment qu'elles soient très fortes sinon c'est vous qui ne valez pas un clou ! asséna-t-elle d'une voix forte pour se faire entendre de tous.
Bixlow fit volte-face, tout sourire disparu, tandis que Laxus se borna à tendre encore plus l'oreille. Mais ce ne fut pas grâce à ses oreilles qu'il su que tout allait partir en cacahuète.
Chaque être humain portait en lui une parcelle de magie plus ou moins importante et la capacité de ressentir la magie augmentait proportionnellement avec cette parcelle. Or Laxus n'était pas manchot dans ce domaine, c'est pourquoi il ressentit avec une acuité presque douloureuse, l'enflement de la magie d'Evergreen pendant que celle-ci la libérait. Par chance, Fried tenait la sienne en laisse, malgré son agacement grandissant, sinon ça aurait pu partir en feu d'artifice. Le petit-fils de Makarov n'eut d'autre choix que de se retourner lui aussi pour surveiller Ever.
Celle-ci, auréolée de magie à la couleur jaune pâle avait déjà baissé ses lunettes et toisait les deux femmes qui étaient à présent, livides. Laxus serra les mâchoires en entendant encore ces putains de chuchotements, mais la teneur de ceux-ci le calma légèrement.
Elles ont un pet' au casque ou quoi ces deux-là ? Elles savent qui elles sont en train de provoquer là ? Hein ? C'est qui ? Tu te rappelle pas ? C'est la garde rapprochée de Laxus Draer ! Le grand blond, là-bas ? Ouais!
Le « grand blond » monta de deux crans le volume de son casque. Assez pour ne plus entendre les murmures mais pas assez pour ne pas entendre Ever.
— Je suis Evergreen des Rajinshû, une mage de Fairy Tail, annonçât-elle d'une voix forte mais posée, pendant que ses yeux prenaient une teinte verte vive et qu'elle balayait l'assistance du regard. Ne croyez pas que vous pouvez m'insulter sans en subir les conséquences, termina-t-elle en posant cette fois, les yeux sur les deux femmes qui l'avaient offensée.
Elle les fixa pendant une longue minute avant de se détourner pour rejoindre Bixlow et Laxus qui les attendaient plus loin.
— Nous faisons partie de Fairy Tail, répéta à présent Fried, à qui les murmures n'avaient finalement pas échappés. Nous sommes ici chez nous, et nous ne partirons pas. Vous devrez vous y réhabituer, termina-t-il avant de rejoindre les trois autres qui avait repris la route de la guilde.
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— Bordel, j'aurais dû pétrifier ces deux peaux de vaches et les réduire en miettes ! s'écria Evergreen toujours en colère. Elle fouettait l'air de son éventail comme s'il s'agissait d'une épée ou un fouet.
— Faut pas leur en vouloir, Ever, la tenta de la calmer Fried. Mira et Erza sont plus belles qu'elles ne pourront jamais en rêver, pas étonnant qu'elles soient si mauvaises.
— Surtout Mira, s'incrusta Bixlow. N'est-ce pas, Fried ?
— La ferme ! Je n'ai pas... se défendit Fried.
— Pourquoi tu n'as pas électrocuté ce sale... machin, Laxus ? le coupa Ever, outrée par l'attitude calme du blond, à présent.
Ils s'arrêtèrent tous dans la montée de la guilde, pour le dévisager, en attendant sa réponse. Celui-ci leva la tête pour contempler le ciel sans nuage, avant de reposer les yeux sur eux.
— Faire du grabuge en ville et réduire ce connard en cendre n'auraient rien changé à la réputation de la guilde, au contraire, je leur aurais donné raison. Par respect pour le nom de la guilde, ainsi que pour nos camarades qui sont restés en bons termes avec la population, on doit faire profil bas pendant au moins un moment, vous comprenez ? demanda-t-il à ses amis et ceux-ci hochèrent la tête de concert, l'air grave. Je ne fais peut-être pas partie de la guilde, mais je veux toujours le meilleur pour elle, alors si on doit subir les provocations et les quolibets sans réagir, je trouve que c'est pas si grave, continuait-il en apercevant la violette de Fairy Tail attaquer la montée, plusieurs mètres en deçà d'eux. Eux l'ont bien fait pendant sept ans et ils ne sont pas morts, finit le dragon en indiquant aux autres, Laki Olietta qui montait vers eux d'un bon pas.
Souriant, Fried la héla, l'enjoignant à hâter le pas pour les rejoindre, tandis que Bixlow et ses babies l'encourageaient eux aussi à qui mieux mieux. Evergreen se contenta de lui faire signe avec un sourire enjoué.
— Ever.
— Oui ?
— Comment s'appelle cette femme, demanda vite Laxus avant que la violette ne puisse l'entendre.
— Qui Laki ? s'étonna la châtain. Bon sang Laxus, t'exagères !
— Laki comment ? poursuivit-il.
— Olietta, répliqua Ever avec un air réprobateur. On a grandi ensemble dans la guilde et tu ne connais même pas son nom, tu charries...
— C'est pas de ma faute, rétorqua-t-il en se mettant à chuchoter parce que Laki venait de les rejoindre et était en train de saluer les garçons. J'ai oublié.
— Hum, répondit Ever de la même voix sarcastique qui le mettait toujours sur la défensive. Tu oublies facilement les choses qui ne sont pas dignes d'intérêt pour toi, hein, Monsieur Draer.
— Ouais mais ça va changer, répondit-il énigmatiquement avant d'adresser un signe de tête à la jeune femme qui dégageait une odeur de fleur d'oranger. Bonjour Olietta Laki.
— Bonjour Laxus, répondit la jeune femme manifestement surprise qu'il connaisse son nom en entier. On dirait que tu as retrouvé ce qui te sert à réfléchir, ajouta-t-elle tandis que les Rajin se mirent à rire sous cape.
— Ça, ça reste à voir, admit-il sans tenir rigueur à la jeune femme de son ton incrédule : après tout, il ne l'avait pas volé.
Une tache de couleur dans sa vision périphérique lui attira l'œil et détourna son attention de la mage à lunette qui discutait avec Fried de sa dernière mission. Feignant de s'intéresser à la conversation, le dragon slayer de la foudre se positionna de telle manière qu'il pouvait observer les abords de la ville en contrebas sans en avoir l'air. Son instinct ne l'avait pas trompé, on était bien en train de les observer d'une des ruelles. Un homme en armure avec des mèches cramoisies, dans les un mètre soixante-dix les regardait, immobile, comme s'il s'en fichait qu'on le voit. Il ne devait pas être seul, car il penchait la tête d'un côté comme s'il écoutait quelqu'un qui parlait à voix basse, quelqu'un que Laxus ne pouvait pas voir de là où il était.
Faisant signe aux Rajin et à Laki de reprendre la montée de la guilde, Laxus parti en sens inverse pour aller causer à cet observateur, mais à peine avait il fait un pas que l'homme en armure avait disparu. Peu importe, il allait aller à l'endroit où il s'était tenu pour voir s'il n'avait rien laissé traîner. A défaut, puisqu'il venait de partir, Laxus Draer aurait donc son odeur en mémoire. Dès qu'il l'aura trouvé, il lui dira deux mots. Ou trois. Après, il devrait se retaper la côte qu'il venait de gravir.
Fais chier !
_T_T_
Son père lui avait enfin lâché la grappe, et c'était peu de chose que de le dire. En même temps, la mort fait tout lâcher. Sanmuel étouffa un rire. Après avoir feint l'affliction auprès de ses amis et sa famille, il avait enfin pu se libérer pour revenir à Magnolia. Si son imbécile de père ne l'avait pas saisis par les bourses, au sens propre comme au figuré, il n'aurait jamais quitté la ville de Magnolia et ça aurait fait presque qu'un an qu'il aurait réussis mais voilà. Son père l'avait rappelé auprès de lui et il n'avait pu s'y soustraire, obligé d'abandonner sa carte maîtresse.
A présent, il devait remettre la main sur cette petite écervelée de Laki Olietta.
La chance lui avait sourit lorsque, sortant de chez l'apothicaire, il l'avait brièvement aperçue qui entrait par l'arrière avec une brouette en bois. A présent, il comprenait mieux l'empressement dont avait fait preuve la patronne, à le virer de son magasin. Les petites intrigantes, elle et son idiot de garçon ne perdaient rien pour attendre, il s'occuperait d'eux plus tard. Ils avaient de la chance, eux aussi Il avait besoin d'eux et de leur connaissances, mais ils se débarrasserait d'eux dès qu'il n'en aurait plus besoin. Le chevalier sourit sous son casque avant de se rembrunir.
Malgré son premier coup de chance, il n'avait rien pu tenter pour la choper avant qu'elle ne rentre à sa foutue guilde. Il ne pouvait plus trop s'en approcher car de leur maison de famille, il avait entendu dire que les membres les plus forts de sa guilde étaient revenus à Magnolia. Pour Fairy Hills, même problème : Il savait que Titania y résidait et elle était suffisamment dangereuse pour le dissuader de s'introduire dans la maison de fille.
Il avait patiemment attendu que Laki sorte de chez les vendeurs d'herbes, mais là, les malchances s'étaient enchaînées. Il aurait pu l'enlever quand elle est sortie de chez Namica, mais les deux dragons de Sabertooth étaient déjà dans l'échoppe à ce moment-là. Sanmuel ne pensait pas que Laki et eux se connaissaient personnellement mais nulle doute que si Laki se faisait enlever sous ses yeux, l'abrutie d'apothicaire de mes deux aurait rameuté tout le quartier dont deux dragons slayer pressés d'avoir leur marchandise et là, il aurait eu maille à se barrer.
Ensuite, ils l'avaient perdue dans les dédales de ruelles qu'elle se plaisait à emprunter pour croiser le moins de monde possible. Lorsqu'ils l'avaient retrouvée, elle avait presque rejoint le fils Draer et son équipe dans la montée qui menait à leur guilde décrépie. Ils n'avaient plus aucunes chances pour pouvoir l'attraper aujourd'hui. Le plus embêtant, c'était que Draer l'avait vu, lui. Ils avaient donc décidés d'éviter la confrontation et avaient préférés s'en aller. Mais ça ne serait que partie remise, il en était persuadé.
Ainsi c'était donc toi le « fournisseur » de la sorcière. Ça rends les choses presque trop facile, mais ne t'inquiètes pas ma chérie. Tu ne seras pas toujours entourée de tes acolytes. Ce jour-là, je serai là, et tu seras de nouveau toute à moi. Mon cher petit jouet couleur lavande...
