Bonjour à tous ! Voici la suite de Révérence, j'espère que ce chapitre vous plaira autant que le premier! Merci à tous pour votre soutien, vous êtes nombreux à m'encourager et je vous en suis infiniment reconnaissante.

Merci à Yuuki, Noah et Koneko tes mots m'ont réellement touché, j'espère sincèrement que la suite te plaira.

Disclaimer : Tite Kubo


Chapitre 2

Une seconde, c'est tout ce qu'il suffit parfois. Une seule seconde peut changer le destin d'un personne et entrainer une suite de réactions en chaîne qui feront que, cette infime seconde aura un impact irréversible sur un être. Et c'est en soi, la chose la plus terrible qui puisse arriver. Car on ne peut rien face au destin, on peut vouloir quelque chose de tout notre cœur mais parfois, la volonté ne suffit pas. Même aimer quelqu'un ne suffit pas. C'est un constat tragique duquel nous ne pouvons nous soustraire, mais c'est pour cela que l'amour existe. Parce que l'amour nous donne la force d'avancer et, si c'est le destin qui dessine notre chemin, au moins, avons-nous la chance de le parcourir avec l'être aimé.

Ichigo n'avait jamais cru à toutes ses hypothèses sur le destin, le paradis, l'enfer et un dieu qui prendrait les décisions à sa place. Il s'était toujours contenté de vivre au jour le jour, espérant toujours le meilleur, dansant et souriant jusqu'à ce que les problèmes disparaissent d'eux-mêmes. Il avait brillé tel un soleil, débordant de chaleur et réchauffant les êtres autour de lui. C'était une belle analogie, pensa Kaien, que Grimmjow lui avait soufflé il y a quelques années. D'apreès lui Ichigo brillait autant que l'astre solaire quand il souriait. Kaien se souvînt être resté bouche bée devant cette déclaration sortie de nulle part alors qu'ils buvaient une bière dans un bar de Tokyo. Son ami n'avait plus jamais mentionné son cousin avec une telle tendresse dans sa voix, mais Kaien ne l'avait pas oublié car elle lui avait semblé si véridique qu'il en avait gardé l'image. Et jamais, il n'aurait pensé voir le soleil s'éteindre d'une façon si tragique. Ce qu'il n'oublierais jamais aussi, ce serait le jour où il vit son cousin inconscient et en sang sur un lit d'hôpital, et le désespoir sur le visage de son oncle qui revivait la torture qu'il avait connu avec sa femme des années auparavant.

Kaien était en service à l'hôpital quand les pompiers amenèrent Ichigo entre la vie et la mort sur un brancard. Il n'avait pas pu s'en occuper directement à cause des liens de parenté mais les meilleurs chirurgiens de l'hôpital l'avaient pris en charge sur ordre d'Isshin. C'était la panique totale, personne ne savait ce qu'il lui été arrivé, les pompiers l'avait repêché dans un ravin au nord de la ville, son corps tordu dans la tôle brisée de sa voiture. Kaien en avait eu la nausée. L'autre voiture était conduite par un jeune homme qui avait décidé d'inaugurer sa nouvelle voiture qu'il avait eu pour ses 18 ans, avec ses amis. Ils étaient tous en état d'ivresse avancée et la colère que ressenti Kaien ne s'estompa pas quand il appris que le conducteur n'eut qu'un bras cassé et quelques points de suture. Les passagers n'avaient eux aussi hérité que de blessure sans trop grande gravité. Rien qui n'égalait l'état d'Ichigo.

Après quelques jours d'inconscience, Ichigo avait fini par ouvrir les yeux. Kaien et Yuzu étaient à son chevet et les yeux fatigués de la jeune femme avaient de nouveau versé des larmes, mais de soulagement cette fois. Le brun s'était brutalement levé, l'assommant de questions auxquelles il n'avait pas répondu. Il l'avait regardé, cligné plusieurs fois des yeux puis s'était rendormis.

Sa famille commençait à retrouver espoir, il avait échappé de peu à la mort, il avait de la chance d'être en vie. C'était ce que tous, se disaient. Mais, secrètement, chacun redoutaient le moment où Ichigo se réveillerait définitivement et découvrirais l'état de sa jambe gauche. Et de son visage.

Le moment tant redouté ne tarda pas à arriver et le calme troublant dont Ichigo fit preuve fut considéré comme admirable pour ses proches. Mais pour Kaien, il représentait toutes ses peurs les plus enfouis. Ichigo n'était plus là.

- Ne dis rien à Grimmjow. Furent les seuls mots qu'Ichigo prononça avant de se fermer totalement au monde.

Kaien lui en avait fait la promesse alors qu'il voyait de ses propres yeux l'extinction d'un soleil orange.

5 ans plus tard

Dans la petite salle de danse, le volume sonore excessif faisait vibrer les murs du bâtiment. Personne n'y faisait attention, l'heure était à la fête chez les danseuses du Rukongai. Les adolescentes venaient d'être sélectionné pour la compétition nationale et c'était une nouvelle incroyable qui leur donnaient toutes envie de danser pendant des heures et des heures. Ichigo sourit en les voyant donner leur meilleur d'elles-mêmes. Il était fier de ses petites danseuses, elles avaient travaillé dur pour arriver à leur niveau. Il n'avait pas été toujours tendre avec elles mais l'affection qui les liaient était indiscutable. Secouant la tête, il les rejoint avec entrain et les guida jusqu'à la fin de la chorégraphie. « Move your body » de Sia résonnait encore dans salle quand le cours arriva à sa fin. Les élèves s'en allèrent par petits groupes alors qu'Ichigo restait encore un peu pour conseiller une des jeunes filles. Elle partit en le remerciant chaleureusement, comme à son habitude. Alors qu'il se retrouvait seul, Ichigo rangea les quelques affaires qui restaient et ferma le placard hébergea le matériel audio. Il s'arrêta un instant et s'assit sur une chaise alors qu'il étirait ses jambes. Il avait un peu trop tiré sur la corde aujourd'hui et sa jambe lui faisait plus mal que d'habitude. Il pesta en inspirant doucement. Il massait sa jambe et quand la douleur commença à s'estomper, il leva les yeux vers les grands miroirs qui ornaient les murs de la salle de danse. Il grimaça quand ses yeux retombèrent sur la cicatrice sur sa tempe. Elle partait de son oreille gauche et allait jusqu'à son arcade sourcilière.

Si ses blessures n'avaient plus le même effet sur lui qu'il y a quelques années, quand la douleur à la jambe revenait, c'était dur pour lui d'ignorer le sentiment de dégout qui lui tordait le ventre. Dans ses cas-là, peu de choses arrivait à le calmer.

- Miroir, mon beau miroir, dis moi qui est la plus belle ? chantonna une voix masculine, moqueuse.

Ichigo frémit en voyant dans le miroir le reflet du grand brun derrière lui. Il ne l'avait pas vu ni entendu arriver. Cela devenait une habitude. Il se leva et sourit en se dirigeant vers lui, ignorant la légère claudication que sa jambe lui causait.

- Je suis en avance ? Demanda Hisagi, hésitant.

- Pile à l'heure. Sourit Ichigo. Je vais me changer et on y va.

- A vos ordres, messire.

Ricanant, Ichigo lui envoya un coup à l'abdomen que le brun évita gracieusement. Les deux hommes se dirigèrent vers les vestiaires alors qu'ils continuèrent de se chamailler comme des collégiens. Ichigo remarqua que son comportement immature rassurait Shuuei, il avait vu ses épaules tendus quand il était entré dans la salle de danse. Son regard sombre était hésitant et sa respiration si courte qu'il semblait avoir arrêter de respirer. Ichigo se remémora leur dernière dispute. Il savait qu'il avait blessé Hisagi bien plus qu'il ne voulait le montrer. Mais malgré les mots durs qu'ils avaient échangé, malgré le fait qu'il lui en voulait, Hisagi avait répondu à son appel. Quand bien même, au fond de lui, il savait qu'Ichigo ne l'avait pas appelé parce qu'il lui manquait. Mais par nécessité. Tous deux connaissaient la vraie forme de leur relation et décidaient de l'ignorer.

- Tu peux prendre ton temps tu sais, tu peux même prendre une douche si tu veux. D'ailleurs, on pourra la prendre ensemble… suggéra Shuuei avec un air innocent, mais ses yeux envoyaient un tout autre message.

- Tu es incorrigible. Répondit Ichigo sans refuser l'invitation.

Ichigo commença à se déshabiller sous les yeux prédateurs de son amant qui n'en perdait pas une miette. Le brun le connaissait bien, il savait ce qui l'excitait plus que quiconque. Le roux se retourna pour le regarder dans les yeux, Hisagi et lui faisait la même taille et à peu près la même carrure. Ils étaient tous deux grands et finement musclés. Il l'attrapa par les hanches et ils se jaugèrent du regard un instant avant de se sourire et de sceller leurs lèvres. Ichigo laissa échapper un gémissement tandis qu'Hisagi mordait sa lèvre et passait sa langue sur la morsure. Les mains du brun s'infiltrèrent dans le pantalon large du rouquin mais Ichigo intercepta le mouvement en le tirant vers les cabines de douche, souriant malicieusement.

Il fallait admettre qu'ils faisaient un couple intéressant. Ils étaient tous deux d'une beauté perturbante, leurs yeux clairs étaient perçants et si la danse avait donné à Ichigo une grâce dans ses mouvements, Hisagi se mouvait naturellement comme un grand félin. Une panthère noire prête à vous dévorer au moindre faux pas. Mais ce qui choquait dès le premier regard, c'était leurs cicatrices au visage, placé presque au même endroit. C'est en partie pour cette raison qu'Ichigo l'avait laissé l'approcher alors qu'il vivait dans une bulle et s'était fermé du monde entier. Hisagi n'était pas un modèle de vertu, et sa famille ne l'appréciait guère, mais c'était lui qui avait peu à peu, percé cette bulle asphyxiante et avait permis à Ichigo de s'épanouir à nouveau. Bien-sûr, il ne ressemblait en rien à l'Ichigo d'avant. Il avait toujours du mal à gérer son passé mais continuait toujours d'aller de l'avant, même si Kaien prétendait le contraire. Ils se disputaient de manière régulière à ce sujet. Kaien prétendait qu'il ignorait ses soucis en faisant n'importe quoi avec un dégénéré pour compagnon. Ce à quoi, Ichigo répondait qu'il avait le droit de faire ce qu'il voulait, étant donné qu'il avait frôlé la mort et qu'au point où il en était, il n'avait plus de rêve auquel s'accrocher. Réaction qui n'était pas très mature, certes, mais Ichigo avait fait les choses bien toute sa vie et vu le résultat, il avait décidé d'un commun accord avec sa conscience, d'envoyer sa raison prendre un congé sabbatique pour quelque temps.

Après que sa jambe eut été bousillé à vie, il avait subit des longs mois de rééducation qui furent un enfer. Son moral était au plus bas et personne n'arrivait à lui parler sans qu'il ne pique une crise de colère. Seul son chiropracteur, Kensei, avait pu lui faire entendre raison. Petit à petit, il s'était battu pour pouvoir remarcher, réutiliser sa jambe comme avant et surtout, danser. Malheureusement, il avait perdu de la coordination et ne pourrait plus jamais dansé comme avant. Il avait toujours un niveau excellent mais loin d'égaler la perfection qu'il avait presque atteinte pour son audition à la Julliard. Son dernier rêve se brisant, Ichigo était passé par des moments de dépression intense dont sa famille n'était pas sûre qu'il en soit sorti.

Malgré tout, il avait réussit à se retrouver un objectif. Et, avec des amis danseurs et des anciens de sa troupe, ils avaient postulé pour l'école Rukongai de Kurakara et avait crée la section danse. L'école avait peu de moyens et ils étaient payés au lance pierre mais leurs efforts payaient petit à petit. Ichigo y enseignait donc la danse moderne, Renji la danse hip-hop et Inoue la danse classique. S'ajouter à ça, des cours de danses de salon mais aussi de salsa et de tango. L'affaire roulait plus ou moins bien.

Il avait rencontré Hisagi lors d'un concert où Renji l'avait trainé. S'il n'avait pas été motivés par la sortie prévue, la performance d'Hisagi l'avait laissé bouche bée. Accompagné d'une guitare acoustique, il avait chanté « Maybe Tomorrow » des Stereophonics avec une voix rauque et sensuelle qui lui avait donné des frissons. Leurs regards s'étaient croisés et quand, à la fin de la soirée, Hisagi lui avait fait des avances, Ichigo n'avait pas su refuser. Tout simplement parce qu'il avait été le seul homme à le faire vibrer, après Grimmjow. Et que, malgré les années de douleur et d'absence, il pensait toujours au militaire.


La voix de Karin résonnait dans le téléphone de Kaien, elle parlait tellement fort qu'il avait été obligé de baisser le son de la communication. Cette gosse ne changerait jamais.

- Mais je te dis que je ne sais pas où il est… Répéta Kaien.

- Mais c'est toi qu'il a appelé pour dire qu'il ne viendrait pas ! T'as pas demandé d'explications ?

- Il m'a dit qu'il partait en week-end avec l'autre punk dégénéré. J'ai pas voulu savoir les détails, Karin.

La jeune femme soupira. Kaien ne supportait pas le petit-ami de son grand frère. Mais il fallait préciser que Kaien ne supportait aucune des fréquentations de son cousin. Il le trouvait vulgaire et drôlement obsessionnel pour tout ce qui concernait Ichigo. Tout le monde s'inquiétait mais Ichigo ne les écoutait plus depuis l'accident. Il était donc compliqué d'aborder le sujet.

- Mais il m'avait dit qu'il était certain d'être là… se plaignit-elle.

- Je comprends bien. Ecoute, je dois te laisser, il arrive. On en reparle tout à l'heure ?

- Ca marche ! Ne soyez pas en retard, Papa a déjà commencé piquer dans les assiettes.

Alors qu'il raccrochait en ricanant, il repéra la tête bleue dans la foule de personnes sortant par l'arrivée 3 de l'aéroport de Kurakara.