Chapitre 1 : 6x05 Sacrifiées

Recommence ! résonna dans la salle de danse.

La jeune fille s'élança à nouveau sur le parquet dans une série de pirouettes. Ses chaussons glissaient sur le parquet tandis qu'elle s'appliquait à exécuter chaque geste avec précision.

Recommence. Encore ! exigeait-il depuis son fauteuil d'où il observait ses mouvements.

La musique continuait mais elle restait allongée sur le parquet.

Je suis fatiguée, protesta-t-elle en vain.

Adèle, debout ! exigea-t-il de sa voix forte.

S'il vous plaît ! supplia-t-elle. Ses muscles devenaient douloureux après la série d'exercices qu'il lui avait imposée sans répit. Elle voulait juste quelques minutes pour se reposer.

Très bien. Tu sais ce qui va se passer pour toi et ta sœur. Le souvenir de la dernière punition lui revint en mémoire. Camille avait pleuré lorsqu'elles s'étaient retrouvées enfermées, les poignets retenus par des chaînes.

Arrêtez. Laissez Camille tranquille. Je vais le faire, dit-elle en se relevant et en prenant place sur le parquet. Il savait que pour sa sœur elle était capable de dépasser ses limites.

Vas-y. Accélère le mouvement ! Plus de grâce ! Encore ! Bien tendu ! Ne regarde pas tes pieds ! Garde ton axe ! J'ai dit garde ton axe !

Les pleurs de bébé tirèrent Adèle du sommeil. Encore déboussolée par ce souvenir de son enfance venu la hanter durant la nuit, la jeune femme resta allongée quelques instants à reprendre son souffle. Elle tourna la tête vers la droite, en direction du berceau. Tandis que les cris devenaient de plus en plus forts, elle s'approcha doucement avant de se pencher et de soulever délicatement sa fille.

— Chut ! Ma chérie, tout va bien. Maman a fait un cauchemar. Voilà, doucement. Elle continua de lui murmurer des paroles rassurantes tout en la berçant contre son corps.


Dans les locaux de la 3e division de la Police Judiciaire de Paris, l'équipe était réunie pour le premier brief concernant la nouvelle enquête. Une photo d'Adèle en noir et blanc, trouvée dans l'appareil photo de leur victime, était affichée au mur.

— Adèle ! Eh bien, c'est dingue de la retrouver comme ça ! s'exclama Hyppolite. En tout cas, moi, j'adore sa nouvelle coupe.

— Elle est toujours fourrée dans les bons coups elle, remarqua le commandant Rocher. Il ne pouvait quitter du regard la photo de la jeune femme. Il reconnaissait ce corps qu'il avait tenu entre ses bras l'année dernière, cette peau qu'il avait goûtée, ces courbes qu'il avait dessiné de ses mains lorsqu'elle s'était abandonnée à lui dans un moment de désespoir.

— Euh, c'est qui Adèle ? demanda le lieutenant Tomasi.

— Attendez, on ne peut pas tirer des conclusions comme ça. Ce n'est pas parce qu'elle était chez la victime hier qu'elle a quoi que ce soit à voir avec sa mort, répondit Chloé en prenant la défense de sa consœur. Elle n'avait pas oublié que c'est grâce à Adèle qu'elle avait pu sortir vivante l'an dernier de la maison du préfet et retrouver sa mère.

— Chez la victime et à l'heure présumée de la mort quand même, répliqua Thomas.

— Si elle était là, c'est qu'elle avait une bonne raison.

— Juste si on pouvait me dire qui c'est… redemanda Emma.

— C'est une amie, c'est… une très bonne amie, clarifia Hyppolite.

— Eh bien ! Qu'est-ce que ça doit être quand vous parlez de vos ennemis !

— Vous avez les infos que je vous ai demandé sur la victime ? questionna le commandant Rocher. Enfin, je veux dire, vous avez eu le temps ? reprit-il après que Chloé lui fit signe de sourire.

Hyppolite partagea ses informations avec le reste de l'équipe. Ils étudièrent ensemble les premiers éléments du dossier afin d'identifier les pistes à suivre pour l'enquête. Thomas donna ses consignes puis il se tourna vers le jeune informaticien.

— Vous, retrouvez moi Adèle, et vite. Euh, enfin faites du mieux que vous pouvez mais, vite quand même. Allez Hyppolite !

Sur ces mots, le commandant quitta la salle de réunion. Il devait se rendre à la fondation Chanéac pour interroger un certain Gilles Lasserre qui s'était disputé avec leur victime récemment. Chloé le laissa seul à la suite d'un coup de fil concernant sa fille.


Durant le trajet, Thomas ne pouvait s'empêcher de penser à Adèle Delettre. La dernière fois qu'il avait vu la jeune femme, elle s'était endormie dans ses bras après l'avoir séduit. Il avait alors passé plusieurs heures à l'observer, fasciné par ce petit bout de femme si forte mais si fragile aussi. La jeune femme avait passé onze années en captivité avec sa sœur. Elle s'en était échappée non sans séquelles. Mais elle avait vaincu l'agoraphobie qui la maintenait cloitrée dans la maison de ses parents et, douze ans plus tard, elle avait toujours espoir de retrouver Camille. Le commandant avait tout de suite été attiré par cette étincelle qui brillait au fond des yeux de la jeune femme. Ce feu qui l'animait et la faisait avancer malgré les épreuves que la vie lui infligeait. Mais il avait aussi vu les blessures qu'elle ne parviendrait peut-être jamais à panser et, après le décès de sa femme Julia, il ne voulait pas prendre le risque d'être à nouveau blessé. Ce qui risquait d'arriver s'il s'approchait trop d'Adèle.

Lorsqu'au petit matin, il était rentré dans sa chambre se changer, la jeune femme s'était réveillée et, après avoir rassemblé ses affaires, elle avait quitté l'appartement du commandant sans un mot. Plus tard dans la journée, Chloé l'avait informé qu'Adèle avait quitté son poste de criminologue. Il s'était alors persuadé que c'était pour le mieux car il ne pourrait jamais lui donner ce qu'elle attendait de lui. Depuis ce jour, il s'était efforcé de ne plus repenser à la jeune femme.


Le commandant Rocher venait de terminer d'interroger les pensionnaires de la fondation et s'apprêtait à retrouver Chloé lorsqu'il eut un mouvement d'arrêt au détour d'un couloir. En face de lui, le directeur discutait avec une jeune femme dont il reconnaissait la silhouette. C'était Adèle qui se tenait là devant lui.

Elle n'avait pas changé il reconnaissait sa chevelure noire et son teint pâle. Sa voix parvint jusqu'à lui, ce timbre chaud si particulier qui l'avait séduit chez la jeune femme résonnait à nouveau dans ses oreilles. Dans le même temps, elle paraissait différente quelque chose dans sa posture s'était métamorphosé. Il ne saurait dire quoi mais elle dégageait une ardeur qu'il ne lui avait jamais vu auparavant.

Thomas s'approcha d'Adèle et de son interlocuteur. Lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques centimètres d'elle, la jeune femme se tourna vers lui. Quelle ne fut pas sa stupéfaction de voir que c'était lui, le commandant Thomas Rocher, qui venait interrompre sa discussion avec Gilles Lasserre. Il n'avait pas changé et son regard braqué sur elle produisait toujours le même effet sur son corps. Le directeur se chargea des présentations :

— Commandant Rocher, Charlotte Mérieux, une candidate au poste de psychologue qui viendra peut-être renforcer notre équipe.

— Mademoiselle Mérieux, enchanté, la salua Thomas.

— Enchantée…. Bon, je… je vais vous laisser, glissa la jeune femme tout en commençant à descendre les escaliers. Elle ne savait pas ce que le commandant faisait ici. Était-il venu la voir, elle ? Non c'était impossible qu'il ait su où la trouver ce matin. Il était forcément venu pour la fondation et l'avait croisée par hasard.

— Vous voulez que je vous dépose ? Je suis garé en bas, je vais dans le centre de Paris. Maintenant qu'il venait de la retrouver, il ne la laisserait pas filer entre ses doigts.

— Non, c'est très aimable, mais ce ne sera pas nécessaire, merci. Elle ne pouvait pas risquer de rester auprès de lui. S'il découvrait tout, qu'est-ce qu'elle lui dirait. Il demanderait des explications qu'elle n'était pas prête à lui donner. Il aurait des questions dont elle ne connaît pas encore la réponse.

— Permettez-moi d'insister. Vraiment, je suis juste à côté.

— Dans ce cas.

Thomas et Adèle dirent au revoir au directeur et descendirent l'escalier, Thomas se retournant pour vérifier que la jeune femme le suivait bien et ne lui ferait pas faux bond une nouvelle fois. Une fois franchit les portes de la fondation, ils se dirigèrent, toujours en silence vers la voiture du policier.

Au bout de quelques minutes, Thomas se lança :

— Qu'est-ce que vous faites ici ? Pourquoi cherchez-vous à travailler à la fondation sous un com d'emprunt ?

— Je travaille comme détective privée et ma dernière affaire m'a mené jusqu'à la fondation. Je voulais me faire embaucher pour pouvoir investiguer de l'intérieur.

— Cela fait longtemps que vous travaillez sur ce dossier ?

— Non… la voix de la jeune femme fléchit légèrement. Ce dossier était le premier après plusieurs mois d'absence sur le terrain. La présence de Rocher la déstabilisait plus qu'elle ne voulait se l'avouer. Il y avait tellement de choses qu'elle lui cachait. Une vague de panique l'envahit soudainement. En la voyant tituber, Thomas lui attrapa le bras, ouvrit la portière de sa voiture et la fit s'asseoir :

— Doucement. Vous allez bien ?

— Oui. Ça va passer. Je n'ai pas eu le temps de déjeuner à midi, ce n'est qu'un léger malaise.

Elle n'osait pas le regarder dans les yeux par peur qu'il y lise tous ses secrets. Des bruits de pas retentirent sur les pavés et la voix de Chloé les interrompit :

— Je viens de rencontrer une femme très intéressante, apprit la rouquine à son coéquipier

— Ah oui ? Ça tombe bien, moi aussi, répliqua le commandant.

— Oh, s'exclama Chloé en apercevant Adèle assise dans la voiture, qui l'attendait un sourire aux lèvres.


— Bon, ce n'est pas le grand luxe, je vous préviens dit Adèle à ses anciens collègues en ouvrant la porte. Mais voilà, c'est là, c'est mon bureau.

— Le cabinet de détective, s'étonna Chloé une nouvelle fois.

— Ouais. Tristan cherchait quelqu'un pour reprendre le cabinet. Il était censé partir à la retraite. Mais bon, comme il n'est pas du genre à lâcher prise… on travaille ensemble depuis… un an.

La jeune femme s'assit derrière son bureau après avoir posé ses affaires. Elle vérifia rapidement du regard qu'elle n'avait rien laissé traîner qui laisserait deviner son secret.

— Et… tu n'as plus ton chien ? demanda Chloé. Depuis sa première rencontre avec Adèle, la jeune criminologue était toujours accompagnée de son chien qui ne la quittait pas d'une semelle. Ils l'avaient même surpris à monter la garde devant la DPJ pendant que sa maîtresse était en garde-à-vue.

— Non, répondit la jeune femme en baissant les yeux. Ce chien s'était une personne de plus qui l'avait quittée, la laissant toujours plus seule. Mais j'ai gardé son fauteuil.

— Bon ! Ça ne nous dit pas à quoi vous jouiez à la fondation ni ce que vous faisiez avec Mickaël Revers hier soir.

— Pourquoi ? Vous pensez que je l'ai tué ? répliqua la jeune femme sourire aux lèvres en direction de Rocher. Elle le reconnaissait bien là, dans ce ton détaché et professionnel, à se comporter avec elle comme avec n'importe quel autre détective qu'il aurait croisé sur le terrain.

Chloé glissa un regard légèrement amusé vers son coéquipier.

— Ah ! Je vois que je vous ai laissé un bon souvenir, ça fait plaisir ! Continua la jeune femme.

— Oui, répondit le commandant à mi-voix. Il ne voulait pas aborder avec la jeune femme les souvenirs qu'elle lui avait laissé. Son parfum, son timbre de voix, les courbes de son corps, tout était resté gravé dans sa mémoire.

Adèle amena Thomas et Rocher dans la pièce voisine pour leur exposer le dossier de la disparition d'Anaïs Berger sur laquelle elle enquêtait depuis quelques jours. Tout au long de son récit, le commandant ne pouvait s'empêcher d'admirer le travail de la jeune femme. Elle avait bien avancé en seulement quelques jours et cela devrait bien leur facilité leur enquête pour retrouver le meurtrier du photographe. Ils comprirent rapidement que leurs deux affaires étaient probablement liées.

Tout à coup, une alarme de voiture retentit. Rocher se dirigea vers la fenêtre. Il aperçut un vieil homme en train de frapper avec une barre de fer sur leur voiture :

— Il est malade, ce mec ! s'exclama-t-il.

— Je n'ai pas fait attention, vous vous êtes garés devant l'immeuble à la porte blanche tout à l'heure ? demanda Adèle.

— Oui, oui ! répondit le commandant en quittant le bureau rapidement.

— J'aurais dû vous prévenir… Tristan a horreur que l'on se gare sur sa place de parking.

Les deux jeunes femmes s'élancèrent dans l'escalier à la suite de Rocher. Adèle ne pensait pas que ses anciens collègues croiseraient la route du détective. Il ne devait pas travailler aujourd'hui. En le voyant, elle sentit l'inquiétude monté en elle. Pourquoi était-il rentré plus tôt que prévu ? Est-ce que quelque chose était arrivé ? Et voilà qu'il allait croiser la route de Thomas…


Elle retrouva le commandant en train d'examiner son pare-brise. Il referma violemment la porte de sa voiture avant de se diriger vers le détective :

— Regardez-moi ça ! C'est un dingue, c'est un dingue ce mec !

— Ecoutez je suis désolé, répondit Tristan Bernard, si j'avais su que vous étiez des amis d'Adèle… Mais vous comprenez, à mon âge j'ai plus autant de force pour porter la petite jusqu'en haut.

— Mais je ne sais pas moi. Quand on travaille avec une psy, on en profite pour se faire soigner si ça ne va pas.

— Elle m'a déjà remis mon cabinet sur les rails on ne va pas en plus lui demander de me changer les couches non ? Non je plaisante. Et puis elle a suffisamment à faire avec celles de la petite.

— Non heureusement. Et de qui vous parlez ? Qui est cette petite ? demanda Rocher qui commençait à ne plus rien comprendre à leur conversation.

— Mais vous savez, la petite d'Adèle ! répondit Tristan en désignant du regard Adèle qui s'était dirigée vers une voiture garée un peu plus haut dans la rue et en sortit un enfant enroulé dans une couverture qu'elle serra contre son sein.

Rocher resta bouche bée. Adèle avait un bébé dans les bras. La jeune femme était devenue une jeune maman. Mais ce n'était pas possible, la dernière fois qu'il l'avait vu s'était il y a tout juste un an. Comment pouvait-elle avoir un bébé aujourd'hui ? La petite ne devait avoir que quelques mois, pas plus.

Adèle évita le regard de Thomas tandis qu'elle s'approchait de ses amis. Arrivé devant lui, elle leva les yeux et dit en le fixant :

— Je vous présente Laetitia, ma fille. Elle a trois mois.

Trois mois… Cela voulait dire… Non ce n'était pas possible ! Elle n'aurait pas…

— Adèle ? interrogea le commandant dans un murmure.

Il vit la réponse à sa question dans les yeux de la jeune femme. C'était bien sa fille qu'elle tenait dans ses bras. Leur fille à tous deux. Ils l'avaient conçu lors de cette nuit qu'ils avaient passé ensemble l'année dernière. Puis la jeune femme s'était enfuie et ne l'avait pas recontacté. Il n'avait jamais su qu'elle portait son enfant, elle ne leur avait même pas laisser l'occasion de parler de cette fameuse nuit préférant fuir aussitôt. Et maintenant, il découvrait qu'il était le père d'une petite fille. De rage, il donna un coup de poing sur le toit de la voiture puis tourna les talons.

— Thomas ? interpella Chloé. Qu'est-ce que vous faites ?

— Laisse-le, répondit Adèle tout en essuyant la larme qui glissait sur sa joue tandis que sa fille commençait à s'agiter dans ses bras.

En voyant la détresse de la jeune femme, Chloé n'insista pas. Elle suivit la jeune femme et Tristan et ils remontèrent dans le bureau des deux détectives.


Adèle répondait aux questions de Chloé tout en donnant le biberon à sa fille :

— Tristan est un peu râleur comme ça mais je lui dois beaucoup.

— Lui aussi apparemment.

— Oui. On s'est bien trouvé.

— Donc tu t'es spécialisé dans les disparitions ?

— Quand j'arrive à résoudre une affaire, à rendre quelqu'un à sa famille, ça me donne de l'espoir. J'ai l'impression que c'est possible.

— Toujours pas de nouvelles de ta sœur ?

La jeune femme fit signe que non de la tête.

— Je suis désolée.

Adèle posa le biberon de sa fille sur le bureau et se mit à marcher dans la pièce. Chloé l'observait se demandant s'il fallait qu'elle aborde le sujet. Finalement, la criminologue ne put se retenir plus longtemps ?

— Laetitia ? C'est joli comme prénom.

— Merci. Je ne savais pas comment l'appeler jusqu'à sa naissance. Et puis le jour où elle est arrivée, elle a été comme un rayon de soleil dans ma vie, et c'était le 18 août alors j'ai tout de suite su que c'était le bon prénom.

— Pourquoi tu ne lui as rien dit ?

— Je…

— Tu sais qu'il serait tout de suite venu.

— Justement. Je m'en voulais déjà tellement de la manière dont je m'étais comportée. Il m'avait dit plusieurs fois qu'il n'avait pas de place pour moi dans sa vie et j'ai insisté, insisté. Je ne voulais pas qu'il se sente forcé. Je ne voulais pas forcément lui cacher mais je ne savais pas comment lui dire. Et maintenant, je lui ai fait encore plus de mal. C'est la seule chose que je sais faire on dirait.

— Parfois il n'y a pas besoin d'explications ou de justifications. Il faut seulement dire les choses telles qu'elles sont et savoir demander pardon.

Un raclement de gorge fit sursauter les deux jeunes femmes. Elles se tournèrent vers la porte où se tenait Rocher. Adèle resta figée sa fille dans les bras. Chloé s'approcha du commandant et posa une main sur son bras tout en lui murmurant à l'oreille :

— Ne soyez pas trop dur avec elle ! Elle a juste toujours eu peur de vous perdre.

Une fois seuls, les deux anciens amants restèrent quelques minutes sans rien dire. Comment réparer ce qui s'était brisé entre eux ? Par où commencer pour tisser à nouveau une relation autour de leur fille ? Finalement, Adèle se lança :

— Je suis désolée. J'aurais dû t'en parler beaucoup plus tôt. Je te demande pardon de t'avoir blessé en te cachant son existence. Les larmes coulaient sur les joues de la jeune femme.

— J'ai une fille, dit Thomas d'un ton émerveillé.

— Oui ! répondit Adèle en souriant à travers ses larmes.

— Tu l'as appelé Laetitia ?

— Je n'ai pas eu beaucoup de joie dans ma vie mais quand elle est arrivée elle a illuminé mon existence. Et puis le prénom de ton fils commence par un L…

— Merci, répondit Thomas. Il ne pouvait quitter la petite fille du regard. Soudain elle ouvrit les yeux et il vit qu'elle avait hérité des siens. Ce regard qu'il croisait tous les matins dans la glace voilà qu'il le retrouvait dans ce bébé.

La sonnerie du téléphone d'Adèle les fit sursauter. La jeune femme s'approcha encore un peu de lui et lui tendit sa fille :

— Tu peux la prendre s'il-te-plaît ?

Rocher ne put qu'acquiescer du menton. Ses bras tremblaient légèrement tandis que la jeune femme déposait dans leur creux son précieux fardeau. Il n'avait pas tenu un si petit bébé depuis longtemps mais il se souvenait très bien du jour où il avait pris Lucas dans ses bras pour la première fois. C'était si puissant ce sentiment de tenir entre ses mains ce petit être si fragile mais si porteur d'espérance. Et voilà qu'il ressentait la même chose une seconde fois.

— Allo, dit Adèle en décrochant sans quitter le commandant du regard.

Thomas continuait d'observer sa fille. Elle avait le même nez que Lucas mais sa bouche était celle de sa mère. Elles avaient probablement le même sourire. Une de ses mains s'échappa de la couverture et s'avança vers son visage. Il l'attrapa et la tint délicatement entre ses doigts.

— Euh… ben non non, demain, pas de problèmes… D'accord. Oui, vous pouvez compter sur moi. A demain.

Le commandant porta son regard vers Adèle qui raccrochait son téléphone :

— Et bien tu as devant toi la nouvelle psychologue de la fondation Chanéac.

— Félicitations. Tu as fait du bon travail sur ce dossier.

— Merci.

Ils se regardaient l'un l'autre en silence. Thomas tenait toujours dans ses bras leur fille qui babillait joyeusement. Adèle finit par lâcher son regard à la recherche de quelque chose dans la pièce qui lui permettrait de fuir la discussion. Mais le commandant ne voulait pas lui en laisser l'occasion :

— Adèle, je ne peux pas continuer ma journée en faisant comme si rien n'avait changé. Je ne peux pas retourner à la DPJ, rentrer m'occuper de Lucas… Je ne peux pas faire semblant.

— Je ne veux pas te séparer d'elle. Je ne l'ai jamais voulu. Je ne savais juste pas comment t'en parler. Je cherchais les bons mots, le bon moment.

— Un an, Adèle ! Cela fait un an !

— …

— Et maintenant ?

— Je ne vais pas fuir avec Laetitia, je te le promets. Mais là il faut que je rentre pour la changer et la coucher.

— Adèle, supplia-t-il d'une voix faible en resserrant inconsciemment ses bras autour du bébé.

— Que veux-tu Thomas ?

— Viens chez moi ce soir. Je te promets un bon diner et j'ai toujours ma chambre d'amis. Et puis Lucas pourra rencontrer Laetitia…

— D'accord, murmura la jeune femme. Elle ne pouvait pas refuser elle lui devait au moins ça.


Adèle était en train de changer Laetitia dans la chambre d'amis. Ils étaient passés chez elle récupérer quelques affaires pour la nuit avant de rejoindre l'appartement du commandant. Elle lui avait raconté sa grossesse et la naissance de leur fille. Elle s'efforçait au maximum de répondre à ses questions. Elle entendit tout à coup la porte d'entrée s'ouvrir, Lucas était revenu du collège. Par la porte entrouverte, elle entendit la conversation entre le père et son fils :

— Bonsoir Papa ! Qu'est-ce que tu fais là ? Je ne savais pas que tu rentrais tôt ce soir.

— Bonsoir mon grand ! Viens assis toi. J'ai quelque chose à te dire.

Lucas marqua un temps d'arrêt. L'attitude de son père était étrange et il ne savait pas comment l'expliquer. Il le suivit dans le salon. En s'asseyant, il balaya la pièce du regard et remarqua alors la tétine qui trainait sur la table basse :

— Papa ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

— Tu te souviens d'Adèle Delettre ? Elle était venue l'année dernière dormir quelques jours à l'appartement.

— Oui. Elle avait un chien adorable. Mais pourquoi tu me parles d'elle ?

— Et bien, je l'ai revu aujourd'hui sur une affaire, et…, voilà elle a eu un bébé i mois, une petite fille et… c'est ma fille.

— Comment ça ? Ta fille ?

— Tu as une petite sœur Lucas.

L'adolescent resta bouche bée, essayant de comprendre ce que son père venait de lui annoncer. Il se souvenait très bien de la jeune femme. Il avait apprécié sa présence et surtout celle de l'animal qui la suivait partout. Mais il n'avait jamais pensé qu'il se passait quoi que ce soit entre Adèle et son père. Et maintenant voilà qu'il y avait ce bébé. Une voix féminine le fit sortir de ses réflexions :

— Bonjour Lucas.

Adèle se tenait devant la porte de la chambre d'amis et dans ces bras, un bébé agitait ses membres tout en babillant. Elle était toute petite. Lucas essayait de parler mais aucun son ne sortait de sa bouche. Adèle s'approcha de lui lentement et s'assit à ses côtés :

— Tu veux la prendre dans tes bras ?

— Je peux ? demanda-t-il en lançant un regard interrogateur à son père.

— Oui mon grand ! répondit-il tandis qu'un rare sourire se dessinait sur ses lèvres.

Alors sous les yeux amusés de son père et d'Adèle, Lucas prit la petite fille entre ses bras :

— Bonjour…

— Elle s'appelle Laetitia, lui apprit la jeune mère en lui faisant un clin d'œil.

— Bonjour Laetitia, je suis ton grand frère. Nos prénoms commencent par la même lettre. Je te promets que je vais être un super grand frère. Tu es un joli bébé tu sais ?

Thomas se leva et se dirigea vers la cuisine. Il était bouleversé de voir son fils se comportait avec autant de délicatesse et d'attention envers sa petite sœur. Il commença à préparer le diner tout en écoutant la conversation entre Lucas et Adèle :

— Quel âge a-t-elle ?

— Elle va avoir trois mois la semaine prochaine. Elle est née le 18 août.

— Pourquoi tu … ? On va la garder, hein ?

— Je suis désolée Lucas, désolée de vous avoir privé de Laetitia, ton père et toi. Et maintenant, si tu veux passer du temps avec elle, je n'en t'en priverais pas. Tu pourras la voir autant que tu le souhaites.

Après le dîner, Lucas était allé se coucher dans sa chambre tandis qu'Adèle avait installé sa fille dans la chambre d'amis. Les deux parents étaient restés à discuter dans le salon. Ils s'étaient raconté leur vie durant cette année écoulée mais aucun n'avait abordé le sujet de ce qui s'était passé entre eux l'année dernière sur ce même canapé où ils étaient assis. Finalement, la jeune femme était allée se coucher après que Thomas eut donner à sa fille le biberon qu'elle réclamait. Allongée sur le lit, Adèle ne parvenait pas à s'endormir. Maintenant que le commandant était au courant, ils allaient devoir trouver une nouvelle organisation. Elle avait accepté de venir passer la nuit chez eux car elle sentait qu'il ne lui faisait pas encore totalement confiance et une part de lui craignait qu'elle ne disparaisse à nouveau avec sa fille. Mais elle ne pourrait pas faire cela indéfiniment. Elle s'endormit en se promettant d'avoir une conversation avec Thomas à ce sujet dès le lendemain.

Dans ses rêves, Adèle vit apparaître Anaïs Berger qui lui reprochait de ne pas réussir à les retrouver, ni elle ni Camille. Adèle essaya de lui dire qu'elle les cherchait, qu'elle les cherchait tout le temps mais la jeune femme lui répliqua qu'elle était trop occupée avec sa petite famille pour penser à elles. La jeune femme se réveilla dans un sursaut. Elle se sentait coupable, coupable de cette soirée agréable passée avec Thomas et Lucas, coupable d'avoir fait un enfant alors que sa sœur est toujours entre les mains de leur ravisseur. Elle se rendormit, le cœur plein de sentiments contraires.


Le lendemain soir, l'équipe était en train d'écouter Chloé leur expliquait pourquoi ils s'étaient trompés de suspect lorsque le téléphone de Rocher sonna. Il décrocha :

— Adèle n'est plus à la fondation, l'informa Tristan. Elle ne répond pas à son téléphone. Elle devait venir récupérer la petite il y a plus une heure mais j'ai retrouvé sa voiture dans le parking. Faut que vous m'aidiez là.

— Ok, répondit Thomas. Vous pouvez amener Laetitia à la DPJ ?

Il raccrocha et se tourna vers l'équipe. Une bouffée d'angoisse l'envahit mais il se força à garder son calme. Il ne pouvait se permettre de perdre ses moyens maintenant. Il fallait qu'il retrouve au plus vite la mère de sa fille. Il se tourna vers l'équipe :

— Adèle a disparu. Faites venir tout de suite Yvonne de Chanéac ! On doit trouver au plus vite où sont retenues Adèle et Anaïs.

Lorsque la baronne de Chanéac arriva, Chloé et Thomas l'installèrent dans la salle de réunion. Il laissa la jeune femme mener l'interrogatoire. Il fournissait un effort considérable pour se retenir. Il ne pouvait penser qu'à Laetitia, sa petite fille, dont il ignorait l'existence jusqu'à hier. S'il arrivait quelque chose à Adèle, non c'était impossible, cela faisait sept ans que Lucas grandissait sans sa mère. Il refusait que la même chose arrive à Laetitia.

Pendant que Chloé amenait petit à petit Yvonne de Chanéac a dévoilé ce qu'elle avait fait, Hyppolite et Emma étudiait son téléphone. Ils finirent par identifier le lieu où étaient retenues les deux jeunes femmes : c'était la maison d'enfance de la baronne.

En sortant de la salle de réunion, Rocher aperçut Tristan qui était à l'accueil avec une poussette. Il s'approcha lentement et tendit les bras vers fille. Ses mains tremblaient légèrement en la soulevant.

— Alors ? Vous avez trouvé Adèle ? demanda le vieil homme.

— Nous rassemblons une équipe d'intervention et nous partons récupérer Adèle et Anaïs. Je peux vous demander de rester ici pour garder un œil sur Laetitia ? Je sais qu'Adèle vous fait confiance pour s'occuper d'elle.

— Oui. Allez-y pendant que je veille sur la petite.


Tandis que Guy l'amenait vers les cochons, Adèle pensait à sa fille. Si elle ne s'en sortait pas aujourd'hui, elle pouvait au moins être rassurée sachant que Thomas l'avait rencontrée. Elle savait qu'il saurait l'élever même seul. Il faisait déjà cela très bien avec Lucas. Il ferait probablement mieux qu'elle qui était toujours aux prises des démons de son enfance le spectre de son ravisseur et de sa sœur disparue l'empêchait de se projeter dans l'avenir. Elle avait trouvé un équilibre entre son travail et sa fille, mais elle savait que l'ensemble était très fragile et prêt à s'écrouler au moindre bouleversement. Le retour de Thomas dans sa vie était en ce sens une bénédiction, il était le rocher sur lequel s'appuyer. Elle avait besoin de lui pour asseoir les fondations solides de sa nouvelle vie. Et elle espérait toujours pouvoir apporter une touche de douceur dans la vie du commandant.

Adèle n'avait pas perdu espoir de s'en sortir. Rassurée d'avoir fait gagner du temps à Anaïs, du temps qui permettrait à l'équipe de la DPJ de les retrouver, elle cherchait du regard un moyen de s'échapper. Elle aperçut une pelle juste devant elle. Elle envoya son coude derrière elle pour déstabiliser son agresseur avant de se jeter sur la pelle et de tenter de l'assommer à coup de pelle. Mais il parvint à arrêter son mouvement en saisissant le manche de la pelle et l'envoyant au sol d'un coup brusque. Il se dressa alors devant elle et leva la pelle au-dessus de sa tête.

La jeune femme crut ses derniers instants arrivés. Elle eut une pensée pour sa fille, si petite encore, mais fut interrompue par un coup de feu. Son ravisseur lâcha la pelle et s'effondra sur elle. Derrière lui, elle aperçut Thomas, l'arme encore braquée dans sa direction. Il venait de lui sauver la vie. Elle roula sur le côté, les poignets toujours menottés pour se débarrasser du corps. Les larmes coulaient sur ses joues sous le coup des émotions. Elle avait vraiment cru que sa vie allait s'achever ici dans ce hangar.

— Adèle ? Tu es blessée ? demanda Rocher en se précipitant vers elle.

— Non, ça va. J'ai juste eu très peur, répondit la jeune femme tandis qu'il la prenait dans ses bras. Où est Laetitia ? Je devais aller la chercher tout à l'heure.

— Ne t'inquiètes pas. J'ai dit à Tristan Bernard de l'amener à la DPJ il est là-bas avec elle.

Voyant ses mains attachées, il s'écarta d'elle pour chercher les clés des menottes sur le cadavre puis, l'ayant libérée, il l'aida à se relever. Il ôta son manteau et le posa sur ses épaules elle tremblait encore.

— Ne me refais plus jamais ça. J'ai déjà un fils qui grandi sans sa mère… le commandant ne put terminer sa phrase, il serra conte lui la jeune femme qui lui rendit son étreinte.

Quelques minutes, ils sortirent dans la cour de la propriété où ils retrouvèrent le reste de l'équipe d'intervention. Les ambulanciers examinèrent Adèle pendant que le commandant faisait le point avec son équipe pour sécuriser les lieux. Après que l'ambulance eut emmené le corps du ravisseur, Thomas s'approcha de la jeune criminologue :

— Ça va aller ?

La jeune femme acquiesça et lui sourit. Elle ne savait comment le remercier pour ce qu'il venait de faire. Il lui rendit son sourire. Depuis qu'ils s'étaient vus hier, ils avaient discuté de Laetitia mais il n'avait pas abordé le sujet de leur relation. La jeune femme prit son courage à deux mains et se lança :

— On n'a jamais parlé de… ce qui s'est passé entre nous l'année dernière. Et euh… je voulais te dire que je n'étais pas bien et tu as été là pour moi et je ne me suis pas forcément bien conduite et…

— Mouais, dit le commandant en fuyant son regard. Il n'était pas prêt à discuter de ce qu'il ressentait quand il voyait la jeune femme. Il pensait lui avoir pardonné la manière dont elle l'avait séduit l'année précédente. Mais il y avait Laetitia maintenant. Et s'il était heureux du cadeau qu'elle lui avait fait en lui donnant une fille, il lui en voulait de lui avoir caché.

— J'ai trouvé un truc pour toi, dit-il en se dirigeant vers sa voiture.

— Ah bon ? répondit Adèle les larmes aux yeux.

— J'espère que ça va te plaire. Voilà, dit-il en sortant un chien blanc de la voiture. Il était tout seul, il errait dans la ferme. Je me suis dit que ça pourrait peut-être…

— Eh ! Salut toi.

Un sourire vint illuminer le visage de la jeune femme tandis qu'elle caressait l'animal. Thomas la voyant ainsi la trouva resplendissante. Un de ses hommes l'interpella. Il confia le chien à la jeune femme et s'éloigna.

Adèle se dirigea vers l'ambulance où Chloé prenait des nouvelles d'Anaïs. La jeune femme descendit du camion et rejoignit sa collègue :

— Tu as trouvé un nouveau compagnon ?

— C'est Tristan qui va être content. Allez, file, dit-elle en posant le chien par terre. Qu'est-ce qu'ils disent les médecins ?

— Tout va bien. Enfin, physiquement.

— Je viens d'appeler ses grands-parents. On va bien s'occuper d'elle.

— Je te fais confiance.

— Moi aussi je te fais confiance. Le juge aussi, les experts, les enquêteurs sociaux, ils te font tous confiance. Y a que toi en fait. Je n'aurais pas dû mais je me suis renseignée pour la garde de Lili. Je te parle en professionnel Chloé, tu es stabilisée, tu prends bien ton traitement, tu seras suivie… Elle sera en sécurité avec toi. Et puis, elle sera heureuse.

— J'ai peur, murmura la jeune femme.

— Moi aussi j'ai peur. Tout le temps. Mais c'est toi qui m'as aidé à sortir de chez moi. C'est toi qui m'as aidé à commencer ma vie. Et maintenant j'ai Laetitia. Alors, ben voilà, tu n'as pas le choix. Tu es obligé de donner le bon exemple maintenant. Ça sert à ça les grandes sœurs.


Le soir venu, Adèle avait accepté une nouvelle fois de passer la nuit chez le commandant. Lucas avait été ravie de retrouver sa petite sœur qu'il avait eu beaucoup de mal à quitter le matin même. Il lui donna son biberon et joua avec le nouveau chien d'Adèle. Lorsque les deux adultes se retrouvèrent seuls à nouveau sur le canapé, Adèle se lança :

— Thomas, il va falloir que nous trouvions une solution. Je ne peux pas venir chaque soir chez toi avec un sac d'affaires.

— Pourquoi pas ? Je ne veux pas être séparée d'elle et toi non plus.

— Mais enfin…

— Ecoute, je ne dis pas que c'est une solution définitive mais pour quelques mois. Le temps que Laetitia grandisse et que j'apprenne à la connaître je te propose d'emménager dans la chambre d'amis. J'ai besoin de rattraper le temps perdu avec elle et Lucas aussi. Et tu ne pourras pas t'en séparer pour me la laisser la nuit. Je t'ai entendu hier soir, tu sais.

La jeune femme baissa les yeux. Ce qu'il lui proposait état très tentant mais c'était exactement ce que lui reprochait la jeune femme dans son cauchemar. Elle se leva et se mit à faire les cent pas sous les yeux ébahis du commandant :

— Mais tu ne comprends pas, lâcha-t-elle entre deux sanglots. Comment veux-tu que je me concentre sur ma sœur si je suis trop occupée à jouer à la petite famille. Je n'aurais jamais du tomber enceinte… je n'aurais… J'aime Laetitia, plus que tout au monde. Mais il y a toujours Camille…

Il la prit dans ses bras tandis qu'elle s'effondrait en larmes :

— Tu as le droit d'aimer Laetitia plus que ta sœur. Cela ne veut pas dire que tu abandonnes Camille pour autant. Et je te promets que dès que tu as le moindre indice, la moindre piste à explorer, je serais avec toi pour partir à sa recherche. Mais pour le moment, nous n'avons rien. Alors tu as le droit d'être heureuse avec Laetitia.

La jeune femme ne répondit pas mais se blottit un peu plus dans ses bras. Il avait raison, elle le savait mais ce n'était pas facile et elle restait partagée entre son amour pour sa fille et son désir de retrouver sa sœur.

J'espère que ce premier chapitre vous aura plu. Je compte écrire un chapitre par épisode en traitant tous ceux qui suivent alors il y a du travail. Je ne vous promets pas d'écrire très régulièrement mais je vais faire au mieux pour avancer dans ce projet. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.