Bonsoir bonsoir !
Vous avez lu les derniers chapitres de One Piece, dites, dites ? Non mais parce que imaginez ma tête : Ça fait des années que les personnages d'Izou et de Thatch sont apparus, on a jamais su grand-chose de leur passé et là, à peine que je commence ce recueil qu'Oda nous balance du lourd sur Izou X)
Juste à deux mois près.
Enfin bref. Mon cerveau à réussi à rattacher ce recueil avec le manga, donc je ne l'écrirais jamais assez gros :
/!\ RISQUE DE SPOILERS À PARTIR DU CHAPITRE 960
Voilà, vous êtes prévenus. MOUAHAHAHAHAH.
/!\ WARNING : Prostitution, travail des enfants, maltraitances, violences, meurtres... Et dans un autre registre, Transidentité.
Cet OS a été écrit pour les Nuits du Fof, le but étant d'écrire en une heure sur un thème donné. Vous pouvez m'envoyez un MP pour plus d'informations, je ne mords pas !
Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda, je ne fais que maltraiter ses personnages...
116ème Nuit du Fof, Thème N°4 : Attacher
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5# Pacte
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Izou repose son chiffon humide dans la bassine d'eau froide quand quelqu'un frappe timidement à la porte. Il jette un regard à la fenêtre et le soleil qui commence à apparaître timidement dans le ciel étoilé lui donne une idée de qui se tient derrière le battant. Mais s'il s'agit bien du plus récent arrivant au bordel, il se demande ce qu'il vient faire dans sa chambre. Il ne lui a pas extorqué hier la promesse d'une douceur.
— Entre, Thatch.
Le jeune cuisinier se glisse alors dans la minuscule chambre. Ses cernes forment des poches noires sous ses yeux et sa chemise commence à flotter sur son corps d'adolescent. L'agression qu'il a subi le mois dernier l'empêche de dormir et ronge sa santé, le prostitué en est douloureusement conscient. Mais ce qui l'impressionne, c'est la flamme qui danse dans ses yeux et l'anime. Le brun n'a pas perdu sa joie de vivre pour autant.
Au contraire.
Il s'accroche d'autant plus à rester humain que tout tend ici à lui retirer son humanité. Il plaisante avec les occupants de la maison close, refuse d'entrer dans les jeux de pouvoir et de chantage qui règnent en maîtres dans cet enfer. Il traite tout le monde avec respect et bonne humeur, même Luce, bien que son sourire soit alors toujours crispé.
Izou est conscient qu'il n'y a qu'à lui qu'il montre ses faiblesses et ses peurs. Et il ne sait toujours pas comment se comporter face à ce geste qu'il ne comprend pas. Même s'il lui a sauvé la mise, ça n'explique pas pourquoi le plus jeune lui fait une telle confiance.
— Salut, Izou, souffle doucement le cuisinier. Je t'ai apporté un éclair.
Le gigolo fronce alors les sourcils et se tourne vers lui, étonné. Il est surprenant qu'il vienne lui donner une douceur sans qu'il ne l'ait exigé. Peut-être a-t-il quelque chose à lui demander ? Même si le plus jeune s'efforce de garder son cœur, comme il le lui a conseillé, il a finalement compris les rouages qui font tourner ce microcosme pourri jusqu'à la moelle.
— Qu'est-ce que tu veux ?
À l'air penaud du cuisinier, il a frappé juste. Il soupire avant de s'asseoir sur son lit aux draps défaits et souillés. Il tapote le matelas pour inviter son camarade à s'asseoir à ses côtés et il ne peut pas s'empêcher de penser à Kikunojo en le voyant si hésitant, les joues rouges de gêne.
Non. Il s'était juré de ne plus s'en rappeler, de les enterrer en même temps que son cœur. Il refuse de salir ses plus beaux souvenirs.
Il secoue la tête avant de se tourner vers le plus jeune, curieux de savoir ce qu'il va lui demander. Il le surprend souvent, voire même toujours, s'il doit être sincère. Le brun pose alors l'assiette contenant le dessert sur les genoux du prostitué, avant de tordre ses doigts en se mordillant la lèvre.
— Je... Je peux dormir avec toi le matin ? lâche-t-il enfin.
Une sensation de froid s'empare soudain du corps d'Izou et il baisse son visage encore maquillé en serrant les poings. Il se sent trahi par la demande du plus jeune. Il espérait qu'il soit différent des autres, mais finalement, l'être humain est toujours le même. Seuls... Non, il ne devait pas y penser.
Enfin, au moins, il peut répondre non à son cadet. Il s'apprête à le rembarrer violemment quand un murmure brise le silence et il tressaille quand une main se referme sur la manche de son kimono.
— J'ai peur, tout seul, dans la cuisine. Et le loquet ferme mal. Je veux pas avoir peur. S'il te plaît. Je ferais ce que tu veux comme dessert en échange.
Le prostitué ne peut s'empêcher de ressentir du soulagement en comprenant ce que veut réellement son camarade. Et il est à la fois touché et exaspéré par la confiance qu'il lui offre. Il lui avoue ses peurs, il lui donne un moyen de pression et de chantage incroyable. C'est dangereux, mais il n'est pas d'humeur à lui faire la leçon aujourd'hui. Il y a déjà trop d'espoirs à détruire chez le cuisinier pour ne pas lui rajouter ça en plus.
— Luce ne le permettra jamais, Thatch. Puis, il faut que tu prépares le déjeuner.
— Il n'a pas besoin de le savoir ! réplique-t-il dans un chuchotement furieux en relevant la tête pour croiser son regard.
Izou est presque choqué. Son cadet sait-il à quoi il s'expose en commençant à manigancer des choses dans le dos de leur propriétaire ? Surtout qu'il est plus vulnérable que lui de par sa position. Luce n'a pas vendu sa virginité au plus offrant, pas encore, et il ferait mieux de ne pas lui donner une raison de le faire.
— Et tout sera prêt pour le déjeuner, je te le jure. Puis, quelques heures de sommeil valent mieux qu'une nuit blanche, tu ne penses pas ? ajoute-t-il avec une lueur dans ses yeux noisette que le prostitué n'arrive pas à définir.
Le plus vieux est tenté par la proposition. Il a la dent sucrée et les desserts de Thatch sont sans pareils, de tout ce qu'il a jamais goûté. Il pourrait exiger un dessert pour chaque matin où il dormirait avec lui. Mais si Luce l'apprend, la punition sera terrible, surtout pour le plus jeune. Il ne mérite pas cette vie où le corps n'est que le réceptacle des bas instincts humains.
— C'est dangereux pour toi, souffle-t-il, tentant de le convaincre de renoncer à son idée.
— Alors je fais quoi ? Je crève de fatigue parce que je fuis le sommeil ?! s'énerve à voix basse son cadet. Je refuse de laisser... Je refuse de mourir à petit feu parce que mon géniteur a décidé que je finirais ici. S'il te plaît.
Izou sent le froid le reprendre alors qu'une vague nausée lui retourne l'estomac. C'est le père de son camarade qui l'a vendu à Luce ?! Le rire chaleureux d'un vieux moustachu et celui plus gras d'un samouraï aux convictions chevillées au corps lui font songer qu'un père digne de ce nom ne se comporterait pas comme ça. Il comprend mieux pourquoi il le désigne comme son géniteur.
— Je...
Il voudrait le réconforter, lui dire qu'il est désolé, mais cela ne changerait rien à la situation. Alors il soupire simplement et après un instant d'hésitation, pose sa main sur son épaule en soutient silencieux. Il observe le visage marqué par la fatigue de son cadet et souffle. Il sait déjà que c'est une mauvaise idée d'accepter, mais son ventre se tord rien qu'à l'idée de l'abandonner à ses démons.
Peut-être qu'il peut rendre cet enfer un peu plus supportable pour au moins l'un d'entre eux.
— D'accord. Mais ne te fais pas voir quand tu montes.
Le sourire qui illumine alors le visage de Thatch est étincelant et réchauffe Izou de l'intérieur. Un sourire étire malgré lui ses lèvres et il ébouriffe les cheveux bruns, tirant une protestation vive du plus jeune. Il pose alors l'assiette contenant le dessert sur sa table de chevet, reprend son chiffon humide pour nettoyer son visage, puis s'allonge dans le lit en tirant à lui son cadet.
Comme s'il s'agissait de son petit frère entre ses bras, il le serre contre son torse, cachant sa tête au creux de son cou tout en caressant ses cheveux pour le détendre. Combien de fois avait-il apaisé Kikunojo ainsi après un cauchemar ? Étrangement, à cet instant, il a l'impression de pouvoir se rappeler de son passé heureux, parce que Thatch ne risque pas de le salir.
Les yeux du plus jeune se ferment et sa respiration s'apaise alors qu'il sombre dans le sommeil. C'est étrange, de dormir à nouveau avec quelqu'un dans ses bras. Mais ce n'est pas dérangeant. Alors que ses paupières se ferment à son tour, il se surprend à songer qu'il s'est attaché au plus jeune et à espérer que Luce ne s'aperçoive de rien avant longtemps .
Il sait déjà qu'il s'en mordra les doigts, mais il n'arrive pas à regretter.
Nya, pour une fois on bascule du point de vue d'Izou. J'avais envie.
J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à donner votre avis dans une review et il y a un autre chapitre qui arrive sous peu, donc à tout de suite !
