Bonjour bonjour !

Et voici un nouveau chapitre, un peu plus court, plus un instant pris sur le vif !

Et au passage, bonne année 2020 et meilleurs vœux X)

/!\ RISQUE DE SPOILERS À PARTIR DU CHAPITRE 960

/!\ WARNING : Prostitution, travail des enfants, maltraitances, violences, meurtres... Et dans un autre registre, Transidentité.

Cet OS a été écrit pour les Nuits du Fof, le but étant d'écrire en une heure sur un thème donné. Vous pouvez m'envoyez un MP pour plus d'informations, je ne mords pas !

Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda, je ne fais que maltraiter ses personnages...

117ème Nuit du Fof, Thème N°4 : Irréfragable


.

7# Être là

.

.

Thatch est réveillé par un gémissement.

À l'odeur d'amande, il sait où il est, aux côtés d'Izou, dans les draps qu'il n'a pas eu le temps de changer après son épuisante nuit de travail. Instantanément, il est à la fois rassuré et inquiet. Il est en sécurité, mais le gémissement n'annonce rien de bon.

Il se redresse vivement, sur ses gardes, avant qu'une plainte provenant de ses côtés ne lui fasse écarquiller les yeux. Il tourne rapidement la tête, geignant quand ses cervicales craquent. Izou à ses côtés a ses traits tirés et de la sueur macule son front. Il s'agite, se mord la lèvre dans son sommeil avant de murmurer quelques mots en suppliant. L'estomac du cuisinier se tord et, après quelques secondes d'hésitation, il le prend par les épaules pour le secouer.

Si l'adolescent fait un cauchemar, il vaut mieux l'en sortir. Et sinon, Thatch s'excusera. Mais entendre son camarade supplier est étrange et difficile à supporter. Il a beau être devenu plus expressif avec lui ces dernières semaines, il n'en reste pas moins que cela ne lui ressemble pas. Il a l'impression d'assister à quelque chose de personnel qu'il ne devrait pas connaître.

Il l'appelle doucement par son prénom, avant de se retrouver violemment plaqué contre le matelas, un bras puissant en travers de la poitrine qui lui coupe la respiration. La peur s'infiltre dans ses veines plus rapidement que l'alcool prenait feu, avant que le poids ne s'enlève et qu'il ne puisse à nouveau remplir ses poumons d'air. Ses doigts s'agrippent aux draps alors qu'il sent encore la force exercée sur sa cage thoracique. Jamais il n'aurait cru le prostitué capable d'une telle force.

— Putain, Thatch, je suis désolé !

Une main plus douce se pose sur sa poitrine et il recule aussitôt jusqu'à heurter le mur, la panique courant encore dans son sang. Son regard croise celui de son camarade, aussi terrifié que le sien, et il comprend que son mauvais rêve l'a poussé à une réaction violente. Mais le cuisinier a beau savoir, son corps reste tendu et il tremble presque.

Izou l'approche doucement, comme s'il est un animal sur ses gardes, avant de tendre son bras pour saisir le sien et l'attirer contre son torse nu. Thatch se tend encore plus, avant de se détendre quand la main de l'adolescent se pose dans son dos pour y dessiner des cercles, lentement, à travers le tissu rugueux de sa chemise.

— Non, c'est moi qui suis désolé. Je n'aurais peut-être pas dû… commence le plus jeune.

Son aîné le fait taire d'un regard froid. Il s'est bien vite recomposé une façade neutre, comme pour mettre à distance son cauchemar. Mais Thatch voit les ombres qui hantent son regard noir et il a mal au cœur. Il aimerait réconforter le plus vieux comme il ne cesse de le faire avec lui. Mais il sent qu'il se dérobera à sa question.

Izou est comme les poupées emboîtées qu'il a vues un jour dans une boutique de jouets luxueuse. Il a de multiples façades et le cuisinier est loin de les avoir enlevées pour atteindre le cœur fragile caché derrière.

— Idiot. Je suis… Je suis heureux que tu l'ais fait.

Le prostitué tourne la tête, comme pour masquer une émotion et Thatch rit doucement, amusé, avant de laisser tomber sa tête sur son épaule, inspirant l'odeur de son camarade. L'amande se mêle au sexe et à la sueur et, après un instant d'hésitation, passe ses bras autour de lui. Il n'a encore jamais osé l'étreindre de lui-même. Il sait qu'Izou est plus à l'aise quand il décide lui-même du contact. Cependant, cela lui semble nécessaire aujourd'hui.

Évidemment, son aîné se tend à son tour, ses yeux revenant le fixer avec un air éberlué qui le fait sourire. Il se prend alors une légère claque derrière la tête tandis qu'Izou hausse un sourcil, comme pour lui demander ce qui l'amuse autant. Le cuisinier ne fait qu'agrandir son sourire et son vis-à-vis lève son regard au ciel.

— Tu peux en parler si tu veux, ose soudain Thatch.

Il passe avec hésitation une main dans le dos de son camarade, essayant de reproduire les mêmes gestes que lui. Il n'aime pas les ombres dans son regard, Luce fait déjà bien assez de leur vie un enfer sans que le passé de son ami ne vienne le hanter.

— Je suis là pour ça, tu sais. Puis ça me coûtera moins cher comme compensation que mes talents, plaisante-t-il.

Le regard d'Izou est traversé par des émotions qu'il ne reconnaît pas. Une flamme brûle quelques instants dans les prunelles noires, avant qu'il n'ébouriffe ses cheveux avec affection. Thatch râle, plus par principe que parce que cela le dérange réellement, désormais.

— Cela te ferait moins de boulot, c'est irréfutable. Mais tu n'es pas là pour prendre soin de moi.

La flamme réapparaît dans les yeux sombres et le cuisinier veut rajouter quelque chose, mais le prostitué se relève avant de se diriger vers sa coiffeuse. Le plus jeune a l'impression que sa phrase signifie plus qu'il n'y paraît. Mais il sent qu'il n'aura pas de réponse, encore.

Il soupire, avant de se lever à son tour pour rejoindre sa cuisine, des questions plein la tête.


J'espère que ça vous a plu !

N'hésitez pas à donner votre avis dans une review et à peluche !

(Parce que ça sera le seul chapitre du mois. J'ai partiels la semaine prochaine et je préfère être raisonnable... Enfin, j'essaye.)