Bonsoir bonsoir !
Un chap' de moins finalement, parce que j'ai pas eu le temps... Mais on arrive enfin à une charnière de cette fic. Donc, je suis déjà planqué dans un Bunker.
/!\ RISQUE DE SPOILERS À PARTIR DU CHAPITRE 960
/!\ WARNING : Prostitution, travail des enfants, maltraitances, violences, meurtres... Et dans un autre registre, Transidentité.
Cet OS a été écrit pour les Nuits du Fof, le but étant d'écrire en une heure sur un thème donné. Vous pouvez m'envoyez un MP pour plus d'informations, je ne mords pas !
Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda, je ne fais que maltraiter ses personnages...
130ème Nuit du Fof, Thème N°4 : Briser
.
11# Chiens de l'Enfer
.
.
Dans le crépuscule qui darde à peine ses rayons d'or, de lilas et de nacre, deux silhouettes sortent par la porte arrière de la cuisine du bordel La Rose en Fleurs. Habillées de kimonos, elles glissent entre les murs sales et lugubres de la ruelle, avant de déboucher sur la foule joyeuse et proprette de l'artère principale.
L'air est à la fête au milieu des odeurs de nourriture ; les rires et les notes de musique s'entremêlent et font briller les yeux de Thatch. Cependant, Izou à ses côtés lui fait baisser la tête, saisissant la main dans la sienne pour le faire avancer plus vite. D'un regard derrière son épaule, elle s'assure que personne ne s'est encore aperçu de leur disparition au bordel.
Le festival couvrira leurs traces, mais pendant combien de temps ?
Le cuisinier serre les doigts de sa compagne avec un sourire presque niais et la suit sans discuter. La jeune femme louvoie entre les passants d'un pas déterminé, l'aura qu'elle dégage lui permettant de fendre la foule avec aisance. Les gens s'écartent sans même y penser sur son passage et l'adolescent l'admire avec des yeux amoureux.
Depuis ces dernières semaines où Izou s'est peu à peu acceptée comme une femme et qu'elle préparait leur évasion, elle s'est mise comme à briller de l'intérieur, rayonnant. S'il est son soleil, alors elle est indéniablement sa lune après qui il ne cessera de courir.
Il grogne quand l'obi de son kimono commença à lui comprimer le ventre et il le réajuste, attirant le regard de sa belle. Il lui sourit alors qu'elle lève les yeux au ciel et s'arrête quelques instants pour l'aider, son propre sourire en miroir.
― Je te promets de te faire un kimono à ta taille, un jour, souffle-t-elle.
― Pour mon anniversaire, alors ! Il n'y a pas plus beau cadeau que quelque chose que tu auras fait, lui avoue-t-il en se penchant à son oreille.
Elle rougit sous son maquillage aujourd'hui beaucoup plus simple que lorsqu'elle travaille. Cela lui va tellement mieux. Ses yeux sont juste soulignés d'un fin trait de khôl et le milieu de sa bouche s'ourle du rouge des pommes d'amour. Thatch doit retenir sa gourmandise pour ne pas les croquer et n'en faire qu'une bouchée.
― Là-bas !
Le cri gèle un bref instant le temps et les deux amants se regardent, la frayeur remplaçant la douceur des derniers instants. Puis, Izou se met à courir, tirant le cuisinier derrière elle. Ils ne remettront pas les pieds dans le bordel, elle le lui a juré, mais il ignore tout de son plan. Elle ne voulait pas l'y impliquer, effrayée à l'idée de le mettre en danger.
Il pourrait pourtant affronter Luce pour elle, mourir pour elle, mais il n'ose pas lui dire. Il ignore quoi faire de ces sentiments si violents qu'ils lui inspirent des envies de sang, qui emplissent sa cage thoracique de roses et de ronces.
Elle a juré qu'ils ne remettront pas les pieds au bordel. Lui se jure de tout faire pour qu'elle retrouve les siens et qu'elle échappe à Luce. Sa lune mérite de continuer sa course dans le ciel étoilée de la vie.
La foule s'écarte devant eux, soudain hostile. Des murmures, comme des poignards, provoquent des crocs-en-jambe et des obstacles. Un garde de la ville tente de s'interposer, criant "Halte !". Le cuisinier ralentit, cherche une solution, mais Izou lâche soudain sa main et saute, vole presque.
La Lune se fait Dragon, frappe l'homme en plein visage et retombe gracieusement au sol, sans qu'une seule mèche de son chignon ne se soit défaite.
Thatch retombe amoureux. Jamais il n'a vu sa dame combattre et son cœur s'embrase devant tant de grâce et d'agilité. Est-elle même réelle ? Sous la lumière pâle des lampions, elle ne ressemble plus à une poupée vide.
Guerrière au regard de fer, implacable et mortelle.
Elle reprend sa main et leur course effrénée, serrant ses doigts comme si elle tenait sa vie entre. Il la suit sans discuter, alors que derrière eux les cris gonflent et s'amplifient, comme des bubons de pus prêt à éclater.
Izou ralentit alors qu'ils arrivent sur le port. Frénétiquement, ses yeux fouillent les docks, avant de se diriger vers une barque de pêcheur. Le cuisinier est sur ses talons, alors que leurs poursuivants se rapprochent.
La jeune femme monte sur la petite embarcation branlante, commence à déplier la voile. Elle lui ordonne de dénouer l'amarre et il comprend avec du retard qu'il s'agit de la corde qui maintient le bateau à quai.
Il s'exécute, mais ses doigts glissent et ripent sur la corde humide. Et les cris se rapprochent toujours plus. Il n'a pas pas besoin de regarder sa dame pour sentir qu'ils partagent la même inquiétude. Même s'ils prennent la mer, ils pourraient être rattrapés par un navire plus rapide.
Sauf si leurs poursuivants n'imaginent pas un instant qu'ils aient volé une barque.
Le noeud enfin défait dans sa main, Thatch prend sa résolution. Plutôt mourir que voir sa lune s'assombrir à nouveau derrière les barreaux d'une cage. Il lance la corde d'amarrage dans l'embarcation, la pousse pour la faire dériver. Izou se retourne et ses yeux s'écarquillent d'horreur. Elle tend la main pour s'accrocher à lui, mais n'effleure même pas le tissu.
― Rentre chez toi, ma belle. Rentre auprès des tiens et vie, d'accord ? Oublie-moi. Je ne suis qu'une poussière dans l'univers de tes possibilités.
Et son cœur se brise devant ses larmes qui coulent, éclatant au sol, alors que la barque emmène Izou vers la lumière du crépuscule et de la liberté. Derrière Thatch, seules l'obscurité et les chaînes l'attendent. Pourtant, il tourne les talons sans hésiter et court le plus loin possible en faisant un maximum de bruit.
Les chiens de l'Enfer sont à ses trousses.
... Si vous me tuez, vous n'aurez pas la suite, notez ce détail ^^
Merci pour votre lecture, n'hésitez pas à commenter et à la prochaine Nuit !
