Bonsoir bonsoir !

Désolée pour la longue absence, entre les Nuits où j'ai pas eu le temps d'écrire malgré ma participation et celles que j'ai pas faite, ça fait un moment que j'ai pas continué !

/!\ RISQUE DE SPOILERS À PARTIR DU CHAPITRE 960

/!\ WARNING : Prostitution, travail des enfants, maltraitances, violences, meurtres... Et dans un autre registre, Transidentité.

WARNING spécifique au chapitre : Strangulation.

Cet OS a été écrit pour les Nuits du Fof, le but étant d'écrire en une heure sur un thème donné. Vous pouvez m'envoyez un MP pour plus d'informations, je ne mords pas !

Note : Luce n'étant pas au courant de la transidentité d'Izou, il utilise toujours "il" pour la genrer, au contraire de Thatch.

Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda, je ne fais que maltraiter ses personnages...

135ème Nuit du Fof, Thème N°1 : Résister


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12# Chien fidèle

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La claque retentit dans la pièce sombre. La tête de Thatch tourne, emportée par la violence du coup et sa nuque craque. Il a perdu le nombre de gifles qu'il a reçues depuis qu'il a été rattrapé et ramené au bordel. Tout ce qu'il sait, c'est que chaque coup donne un peu plus de temps à Izou pour fuir. Il a un aphte, peut-être deux, contre lesquels sa langue percute quand il essaye de ne pas la mordre sous la violence du choc.

― Où est-il ?

Luce écume presque de rage. Son calme habituel s'est envolé ; son plus précieux pensionnaire a disparu et il n'a rien vu venir. Thatch se retient de lui offrir un sourire narquois. Il ne veut pas trop jouer avec le feu non plus. Si son employeur pète un câble, il ignore ce qu'il adviendra de lui et il doit donner le plus de temps possible à sa belle pour s'enfuir.

Le cuisinier imagine bien d'ailleurs pourquoi le proxénète ne s'en tient qu'aux gifles, pour l'instant. Sans doute espère-t-il combler quelque peu les pertes engendrées par le départ d'Izou en le revendant. Il est étrangement calme à cette idée, à vrai dire. Peu lui importe de mourir ou de devenir esclave si la jeune femme est libre. D'ailleurs, ne l'est-il pas déjà ? Il n'a jamais réellement vécu avant de la rencontrer et son père l'a vendu à Luce.

Il n'a jamais été réellement libre, contrairement à sa belle pirate qui a goûté la liberté jusqu'à s'en imprégner.

― Dans votre cul gras à force de vous empiffrer ?

Thatch sait qu'il est allé trop loin lorsqu'un coup de poing le cueille en plein dans l'estomac. L'air est brutalement expulsé de ses poumons et il se plie en deux sous la douleur. Les doigts de Luce ne tardent pas à agripper ses cheveux pour l'obliger à relever la tête, malgré sa respiration qu'il ne retrouve pas. Pourtant, il ne regrette pas un seul de ses mots. Son père l'a déjà frappé plus fort et il ne craint pas son propriétaire.

La seule personne qui aurait pu l'obliger à plier a repris la mer qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

― Tu joues un jeu dangereux, Thatch… Que t'a promis Izou pour que tu lui sois aussi fidèle ? Un vrai petit chien dévoué…

Un doigt froid glisse le long de la ligne de sa mâchoire. Haletant, Thatch frémit de dégoût, alors que son cœur bat contre ses tempes. Il a envie de lui rire au nez, malgré la situation. Il ne peut pas comprendre. Le concept de l'amour lui est inconnu, ou alors il s'en est détourné il y a longtemps. Le cuisinier pourrait mourir pour sa belle. Il a déjà sacrifié sa vie une fois et il le referait s'il le fallait. Un monde où Izou n'existe pas est un monde qu'il refuse de voir.

Lorsque le doigt effleure ses lèvres gercées, sans doute pour l'agacer, le jeune homme ne le supporte cependant pas. Ses yeux se plissent et il serre les dents, avant d'ouvrir la mâchoire. Celle-ci ne se referme que sur du vide, Luce ayant retiré son doigt à temps. Il y a une lueur de mépris et d'agacement au creux des yeux noirs qui le foudroient, avant qu'une autre claque ne vienne chauffer sa joue.

― C'est qu'il mordrait, en plus.

La main du proxénète se referme sur sa gorge, violemment. Thatch voit soudain flou alors qu'il cherche à remplir ses poumons ; ses mains liées dans son dos grattent désespérément le plancher alors que la pression se resserre petit à petit sur sa nuque. Des taches sombres apparaissent devant ses yeux et il les ferme, alors que la salive s'accumule dans sa bouche.

Il s'effondre à terre quand Luce le relâche, poupée de chiffon désarticulée. Il reprend de l'air à grandes goulées alors que ses doigts lui brûlent et que ses yeux lâchent des larmes amères. Un pied se pose sur ses côtes, le fait rouler sur le dos. Le proxénète le surplombe, avec ce sourire de chat victorieux qui lui donne envie de lui cracher à la figure.

― Je te laisse une dernière chance : dis-moi où Izou est parti et je te rends ta liberté. Tu ne travailleras plus pour moi, tu iras où tu voudras et je ne chercherais pas à te faire payer. Avons-nous un accord ?

La tête de Luce lorsque Thatch se met à rire est impayable. Il pense réellement qu'un tel arrangement lui ferait trahir celle qui lui a donné une raison de vivre ? Le cuisinier hoquète, les larmes aux yeux, tellement cela lui paraît risible. Il n'acceptera rien de ce que pourra lui proposer le proxénète.

Il peut mourir en sachant sa Lune hors de portée de leur tortionnaire. Il peut cesser de respirer, sa poitrine sera remplie des roses qu'elle a fait pousser en lui, jusqu'à son dernier souffle. Il n'a besoin de rien de plus.

― Allez en enfer., crache-t-il.

― Oh, crois-moi que tu le connaîtras avant moi, sale chien. Ta dévotion pour ton maître est si grande, en vérité, qu'elle te condamne aux pires tourments

― Vous ne comprenez pas, hein. Vous ne pouvez pas me briser et ça vous en colle une au cul.

Et Thatch rit de plus belle devant le regard rempli de colère de Luce. Il rit, fier, si fier d'être le Soleil qui couvre la fuite d'Izou. Son employeur ne pourra pas le briser. Rien ne le pourra, pas même l'enfer qu'il lui promet. Sa belle a allumé en lui un feu qui ne risque pas de s'éteindre avant sa mort. Il brûlera jusqu'à n'être plus que cendres.

― Moi, non. Mais j'espère que ton prochain maître éteindra cette flamme de folie dans ton regard.

Le cuisinier ne lui adresse en retour qu'un sourire narquois. Luce serre la mâchoire, lève son pied comme pour le poser sur la trachée, avant de se détourner en jurant. L'adolescent a gagné la bataille et, même lorsque le proxénète ordonne à deux de ses agents de surveillance de l'amener chez le marchand d'esclaves, son rictus ne disparaît pas.

Jamais rien ni personne ne le fera trahir Izou. Il résisterait même au plus grand des trésors, car aucune pièce d'or, aucun joyau n'a l'éclat de sa Lune.


... Si vous me tuez, vous n'aurez pas la suite, notez ce détail ^^

Merci pour votre lecture, n'hésitez pas à commenter et soit à dans pas longtemps si d'autres thèmes intéressants tombent, soit à la prochaine nuit !