Bonsoir bonsoir !

Et on continue, je suis en forme pour les torturer ^^

/!\ RISQUE DE SPOILERS À PARTIR DU CHAPITRE 960

/!\ WARNING : Prostitution, travail des enfants, maltraitances, violences, meurtres... Et dans un autre registre, Transidentité.

Cet OS a été écrit pour les Nuits du Fof, le but étant d'écrire en une heure sur un thème donné. Vous pouvez m'envoyez un MP pour plus d'informations, je ne mords pas !

Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda, je ne fais que maltraiter ses personnages...

135ème Nuit du Fof, Thème N° 4 : Méphitique


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13# Au milieu du désespoir, la lumière

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Il pleut, derrière la vitre sale de l'auberge où Izou a trouvé refuge. Sans grand enthousiasme, elle fait tourner l'alcool dans son verre, comme hypnotisée par le liquide couleur caramel. Elle sent les regards sur elle, plus ou moins curieux, plus ou moins lubriques. Ses doigts la démangent ; elle veut saisir l'un des pistolets qu'elle a récupérés dans son errance pour abattre un de ces porcs.

Ils sont comme ceux qui abusaient d'elle, ils sont comme Luce, et il y a une violente tempête dans son cœur qui ne sait comment se calmer. Ou plutôt, la seule personne qui pourrait l'apaiser n'est plus là. Elle glisse un regard sur la chaise vide à côté d'elle et ses dents grincent, ses doigts se serrent sur le verre et ses yeux sont remplis de larmes qu'elle n'a plus le courage de laisser tomber.

Pourquoi Thatch s'est sacrifié pour la sauver ? La lune ne peut briller sans soleil pour l'éclairer.

Elle aurait dû sauter de la barque pour revenir vers lui et l'emmener vers elle. Mais elle est restée statufiée, stupéfaite de son geste insensé. Elle lève son verre et le boit cul sec pour noyer ses souvenirs et ses remords, pour se noyer et espérer ne pas émerger de son sommeil.

Elle se déteste d'être aussi lâche, mais elle a l'impression de n'être plus rien sans Thatch à ses côtés. Elle ne supporte pas l'idée de rentrer vers Barbe-Blanche, après tout ce qu'elle a subi. Son honneur est en pièces et seules les mains chaudes du cuisinier les maintenaient encore ensemble. Elle refuse même de retoucher à une épée. Elle n'est plus digne de l'enseignement qui lui a été prodigué. Elle n'est un samouraï que de nom, désormais, elle n'en a plus l'étoffe.

Rentrer à Wano serait pire encore, parce qu'elle ne pourrait plus servir Oden. Elle ne pourrait plus regarder son premier père ou Kikunojo dans les yeux.

Elle ne sait même pas comment revenir sur cette île maudite où elle a perdu son âme. Elle n'est qu'une coquille de noix ballottée par les flots, incapable de rebrousser chemin. Elle en veut à Thatch. Pourquoi ? Pourquoi l'a-t-il laissée seule ? Pourquoi a-t-il voulu tout prendre sur ses frêles épaules ? Ils auraient pu fuir en étant pourchassés. Elle aurait tué quiconque les aurait rattrapés.

Mais maintenant, il n'y a plus qu'elle et son chagrin trop lourd pour son corps fatigué.

― Hé, m'amzelle, vous avez l'air triste, vous voulez qu'on vous console ?

Sa respiration se coupe, alors qu'elle sent une haleine avinée souffler dans son cou. À croire qu'elle attire majoritairement les porcs. Aussitôt, elle se reprend. Elle ne peut pas dire ça, pas après Oden, Barbe-Blanche et tant d'autres. Elle ne peut pas dire ça après que Thatch soit passé dans sa vie, aussi éphémère et brillant qu'une étoile filante. Elle a beau être salie, corrompue par la noirceur de l'être humain jusqu'au bout de ses ongles crasseux, elle peut protéger ce qui est encore pur.

Elle aurait dû protéger Thatch et non l'inverse, mais pleurer sur son sort ne ramènera pas la lumière pour éclairer son cœur assombri.

Izou se retourne à demi, sort son pistolet pour le pointer sur le crâne de l'imbécile qui pense pouvoir jouer avec elle. Plus jamais. Thatch a sacrifié sa liberté pour sa vie, elle ne peut pas rester à se lamenter sans rien faire. Elle n'est plus une poupée de porcelaine. Elle trouvera un moyen de revenir auprès de sa lumière.

― Éloigne-toi ou je te tue.

Évidemment qu'il ne prend pas son avertissement en compte. Elle désarme le chien, appuie sur la gâchette ; la balle part, l'éclabousse de sang en ôtant une vie. Il y a une flamme de satisfaction qui brûle dans sa poitrine alors qu'elle voit l'ordure s'effondrer. D'autres femmes seront sauvées de ses avances malaisantes. Si elle peut même appeler ça des avances. Son refus n'était-il pas assez clairement exprimé ?

Elle relève la tête, les yeux brillants d'un feu inextinguible. L'aubergiste est choqué, autant que les clients présents. Mais elle n'en a strictement rien à faire. Plus jamais quelqu'un ne la salira d'autre chose que de leur propre sang. Elle réarme son pistolet, nonchalante, avant d'essuyer d'un geste du pouce les giclures qui maculent sa bouche.

― D'autres volontaires ?

― Grognasse, tu vas nous le payer !

Évidemment que les camarades de l'imbécile sont tous aussi idiots. Après tout, elle n'est qu'une femme, quel danger peut-elle représenter, elle a simplement eu de la chance ! Elle déteste cette façon de réfléchir. Elle a une pensée pour Bay, pour Toki, pour toutes les femmes fortes qu'elle a rencontrées durant sa vie.

Qu'importe le sexe, un combattant est dangereux. Si ses adversaires ne l'ont pas compris, tant pis pour eux.

Elle sort son second pistolet et lorsque la première lame s'abat sur sa chaise, elle n'y est déjà plus. Elle danse presque entre ses adversaires, son kimono flottant autour d'elle comme la corolle d'une fleur. Elle a reposé son sabre, mais elle ne tourne cependant pas le dos à son style de combat. Elle l'adapte simplement, pour faire disparaître du monde un rassemblement de cochons.

Des flammes d'or et d'azur qu'elle ne connaît que trop bien balaye soudain un de ses adversaires. L'aura de son dos est à la fois réconfortante et effrayante. Elle refuse de se retourner pour voir le piaf qu'elle a vu grandir. Elle n'est pas prête à affronter son ancienne famille, pas encore. Elle ne l'a même pas vu dans l'auberge. Elle n'a peut-être pas fait attention, plongée dans son verre. Sa main tremble, alors que la voix de Marco s'élève.

― Vous pouviez pas faire plus lâche, yoi ?

Les doigts du jeune homme se posent sur son poignet. Izou frémit et se tend, tourne instinctivement la tête vers Marco pour le foudroyer du regard. Elle se déteste d'avoir la nausée à son toucher, alors même qu'elle l'a connu adolescent, qu'il sait qu'il ne lui fera rien. Mais lorsqu'elle rencontre le regard bleu, elle n'y voit qu'une compréhension horrifiée. Son vieil ami lui lâche le poignet, avant de s'enflammer.

― J'vais les buter. 'Fin, si tu m'en laisses, yoi. On touche pas à la famille.

― Marco…

Izou a envie de hurler et de pleurer en même temps. Elle se refuse d'espérer. Comment pourra-t-elle affronter sa famille après avoir été détruite ? Elle n'est plus l'Izou qu'ils ont connu. Elle ne peut pas leur imposer sa présence et son année en Enfer.

― T'as rien à te reprocher. Quoi qu'il te soit arrivé, c'est pas de ta faute. Tout le monde va être soulagé de te voir en vie. Le reste, on te laissera gérer à ta façon, que tu veuilles parler ou garder pour toi ce que t'as vécu. Clair, yoi ?

Il lui tend la main. Automatiquement, il a adapté ses gestes pour ne pas la brusquer. Sur son visage s'affiche toute sa colère et toute sa joie de la revoir. Elle sait qu'elle ne peut pas le fuir. Il est du même bois que Thatch ; il ne la laissera pas s'enfoncer plus loin dans les ténèbres. Il s'accrochera à elle, comme une sangsue, à moins qu'elle ne lui ordonne de disparaître de sa vie.

Mais ce ne sont pas des mots qu'elle pourrait un jour prononcer.

― Clair et rêve pas, sale gosse, je ne vais pas t'en laisser.

Ses larmes coulent sur ses joues, se mêlent aux éclaboussures de sang, alors que des lumières bleues et or dansent autour d'elle.


Les choses avancent lentement, mais sûrement et promis, ça se finit bien !

Merci pour votre lecture, n'hésitez pas à commenter et soit à dans pas longtemps si j'arrive à écrire sur l'autre thème qui m'intéresse, soit à la prochaine nuit !