Bonsoir bonsoir !

Désolée pour la longue absence, entre les Nuits où j'ai pas eu le temps d'écrire malgré ma participation et celles que j'ai pas faite, ça fait un moment que j'ai pas continué !

/!\ RISQUE DE SPOILERS À PARTIR DU CHAPITRE 960

/!\ WARNING : Prostitution, travail des enfants, maltraitances, violences, meurtres... Et dans un autre registre, Transidentité.

Cet OS a été écrit pour les Nuits du Fof, le but étant d'écrire en une heure sur un thème donné. Vous pouvez m'envoyez un MP pour plus d'informations, je ne mords pas !

Disclaimer : One Piece appartient à Eichiiro Oda, je ne fais que maltraiter ses personnages...

142ème Nuit du Fof, Thème N°1 : Danser


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15# Lune meurtrie

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Izou danse.

Elle a dansé avant de marcher, en même temps. Personne ne s'en étonne plus depuis longtemps dans sa famille de cœur, qui fête son retour avec force joie et alcool. Marco essaye de la faire manger depuis tout à l'heure et elle a prétexté l'air entraînant pour se défaire de lui.

Tout a un goût de cendres dans sa bouche, en même temps.

Izou danse.

Elle espère que l'ivresse montera jusqu'à son cerveau pour lui faire oublier toutes les blessures béantes qu'elle ne sait pas refermer. Elle espère s'enivrer jusqu'à oublier sa solitude si froide au milieu de sa famille.

Il y a des absences qui sont plus lourdes à porter que des chaînes. Elle donnerait sans hésiter mille fois sa liberté et plus encore, pour que Thatch soit à ses côtés. Elle briserait mille fois ses os, elle offrirait mille fois son corps en pâture si cela signifiait ne plus jamais perdre celui qu'elle aime à en crever.

Sans soleil, la Lune ne peut briller.

Izou danse et ses cheveux noirs qui virevoltent cachent ses larmes amères. Elle dépérit un peu plus à chaque seconde qui passe, à chaque souffle qui ne lui offre en retour qu'un écho solitaire et non pas le son de la respiration de Thatch.

Elle lui en veut de s'être sacrifié pour elle, mais elle s'en veut encore plus de ne pas avoir su le protéger. Que peut-elle faire, maintenant ? Compter sur sa famille veut dire avouer, ne serait-ce qu'à Père, ce qui lui est arrivé. Elle refuse. Il la tient en trop haute estime pour ça. Elle ne veut pas de sa pitié, de son dégoût, de sa honte probables.

Elle se voit déjà assez délabrée dans le miroir pour ne pas supporter le poids du regard de son père d'adoption.

Izou danse, car tant qu'elle virevolte, le temps semble se suspendre et elle n'aura pas à affronter les questions de ses frères, ni les inquiétudes de Marco dont elle sent le regard sur elle. Il est loin déjà, le tout jeune adolescent qu'elle mettait sans trop de peine à terre.

Elle n'est pas certaine d'en être encore capable.

Est-elle même encore capable de faire autre chose que satisfaire les hommes et les femmes qui passent dans son lit ?

Izou se fige ; sa poitrine se compresse.

Il semblerait que même danser ne l'empêchera pas de penser.

Comme une ombre, elle s'éclipse face aux lumières et fuit vers les tréfonds du bateau, espérant se perdre dans l'obscurité à défaut de pouvoir échapper à ses ténèbres. Tant pis pour la fête qui ne fait que tordre plus son coeur, tant pis pour ses frères et sœurs si heureux de la revoir.

À chaque fois qu'Izou croise un visage familier, elle ne peut que penser que ce n'est pas leur sourire qu'elle veut voir.

Elle se déteste de ne pas pouvoir se réjouir de retrouver sa famille.

Elle se déteste pour songer qu'elle aurait préféré mille fois qu'ils subissent le sort de Thatch plutôt que son Soleil disparaisse.

Izou se hait, avec ses pensées mauvaises et son corps souillé, et même la danse ne peut plus la soulager de ses maux.

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