Point de vue Jasper:
ma déclaration me fit être le centre de l'attention. Ma famille et ma compagne s'installèrent dans les canapés et je restai debout. Non pas pour assoir mon autorité mais parce que je n'aimais pas être assise. Je m'adressai pratiquement qu'a Luna car c'est elle qui connaissait moins les vampires.
-Luna, même avec toute ton expérience et toute ta bonne volonté, tu ne peux pas nous aider pour le moment.
Je m'interrompis prêt à ce qu'elle me coupe mais elle n'en fit rien. Elle se contenta de me sourire gentiment, admirativement même. Je soupirai intérieurement en me demandant comment avais-je pu avoir une compagne comme elle.
-Les vampires ne perçoivent pas le temps comme toi, repris-je. Nous disposons au minimum de quelques mois avant qu'ils ne se décident à attaquer. Les nouveaux ne sont pas très patients et ces quelques mois sont pour eux quelques jours pour toi. Nous ne sommes si pressé, si j'ose dire. La présence d'Alice ne représente donc aucun problème, d'autant plus que ce ne seront que quelques heures.
Ma petite sorcière sembla compréhensive et acquiesça docilement. Elle se détendit et me tira vers le canapé pour que je puisse m'assoir près d'elle. Je me laissai faire, bien que j'aie préféré faire debout. Son attention, habituellement si volatile, était étrangement concentrée sur moi. Cependant aucune curiosité n'émanait d'elle, les seuls sentiments qu'elle ressentait étaient une admiration infinie et de la compréhension. Je ne réussis pas à garder un soupire de lassitude en me disant que ça ne durait pas longtemps. La rencontre avec les loups était pour ce soir et je me devais d'expliquer mes connaissances sur la guerre vampirique. Une voulant pas que ce chien puant assiste à la réaction de ma jolie sorcière, je n'avais pas le choix que de lui dire maintenant mon passé.
-Luna, il faut que je te parle de mon parcourt en tant que vampire.
Elle fit basculer son visage de haut en bas, excité comme une puce. Je lui fis un sourire amer. Rien de ce que j'allais lui dire ne méritait tant d'excitation. Je lui parlai alors de mes dernières années humaines, entant que le plus jeune major que l'histoire est connue. De ma rencontre malheureuse avec trois femmes vampires, à la tomber de la nuit que j'avais prises pour des femmes rescapées d'une bataille. De la douleur qui résultait de ma transformation et de mon réveil sauvage. Je ne lui épargnai aucun détail, me replongeant dans ces années noires de mon existence. Je lui parlai de mon entrainement vampirique et comment une nouvelle fois j'avais été commandant d'armée. Comment j'avais appris à la dure à survivre et à être seule vainqueur de mes duels. De mon alimentation de base, le sang humain. De la souffrance qui régnait dans le camp, de la peur que j'inspirais autant à mes ennemies qu'à mes soldats. Des "récompenses" que je recevais après avoir gagné, des violences que je faisais subir autour de moi.
Puis de ma rencontre avec Peter, qui avait été mon premier ami. Le seul qui malgré la peur que je lui inspirais, ne s'éloignait jamais de moi et recherchait ma compagnie. Le seul qui en plus de sa terreur, appréciait mais discutait et ma compagnie. C'était grâce à lui que j'avais pu me reconstruire un peu, grâce à lui que j'avais compris que j'étais brisé. Je lui parlai aussi de la manière dont je lui avais sauvé la vie, à lui et sa compagne Charlotte lorsque Maria m'avait demandé de tuer les nouveau-nés âgés d'un an. Jusque-là j'avais été le seul qui avait survécu plus longtemps. Le seul qu'elle avait épargné. Je lui parlai aussi de la punition que j'avais eue pour ça.
À aucun moment elle ne m'avait interrompu et à aucun moment je ne lui fis peur. Elle était encolérée. Elle rageait littéralement. Ce qui me fit hésiter à poursuivre mon récit.
-Comment tu es sortie de là ? demanda-t-elle froidement.
Je baissai les yeux de honte, ne voulant pas qu'elle voie, à quel point sa rage me blessait. Je ne voulais pas faire face au rejet qui allait suivre indubitablement. Je lui appris donc la décision de Peter de venir me chercher, de ma fuite de ses camps de l'enfer et de ma courte vie avec eux. De mon malaise d'être seule avec ce couple et de ma seconde fuite. Je lui parlai alors de ma rencontre avec Alice, de la manière donc cet étrange vampire avait finalement continué le sauvetage qu'avaient effectué mes amis. De sa décision de me suivre qu'importe ce que je déciderais mais que si je le désirais il y avait une autre solution pour moi. Pour nous.
-C'est ainsi que nous avons rencontré les Cullen, résumais-je. Il n'a pas été facile pour moi de m'en tenir au végétarisme. J'ai glissé un nombre incalculable de fois et même si aujourd'hui je sais pourquoi j'ai eu des difficultés, il n'en reste pas moins que j'ai pris énormément de vie.
Je n'avais toujours pas relevé la tête. La rage que ressentait Luna s'était affaiblie. Elle était maintenant côtoyée avec de la compréhension, de la gratitude et de l'émerveillement. je relevai alors la tête, bien trop vite pour ses petits yeux qui papillonnèrent sous l'effet de surprise. Personne jamais n'avait réagi comme elle.
-Et qu'est devenue Maria ? demanda-t-elle d'une voix toujours aussi glaciale.
-Aucune idée, avouais-je. Aux dernières nouvelles elle continue ces guerres dans le Sud...
À ce moment précis, la compréhension, la gratitude et l'émerveillement disparurent. La rage avait empli tout son être ainsi qu'un sentiment meurtrier. Je soupirai alors de résigner, tout espoir étant perdu.
Point de vue Luna:
Dire que j'étais folle de rage était un doux euphémisme. En moi tourbillonnait une rage meurtrière à l'encontre de cette salope de vampire qu'on appelait Maria. Si Jasper n'était pas devant moi actuellement je serais déjà en route pour le Texas afin de lui cramer son petit cul brillant. La rage m'avait déconnecté quelques instants du monde réel et c'est un bref mouvement autour de nous qui me ramena à la réalité. Les Cullen et Bella venaient de nous laisser seuls.
-Puis-je savoir pourquoi tu ne me regarde pas . Avais-je demandé hargneusement.
Et là c'est le choc. pensait-il sérieusement que ma colère était à son encontre . Bon, avec la phrase qu'il venait de dire, effectivement ma colère avait changé de cible. Puis je réalisai alors ce qu'il venait vraiment de dire. Il pensait que je le rejetais. Cette constatation me brisait le cœur. Comment pouvait-il penser une chose pareil. Jasper fit une grimace de souffrance et lâcha mes mains. Ce qui finit d'achever mon cœur. Mes yeux s'embuèrent de larme et c'est d'une voix chevrotante que lui demande de me regarder. Ce qu'il fit après quelques secondes d'hésitation.
-Comment peux-tu penser une chose pareille ? Comment peux-tu ne serais se qu'envisager que je puisse te repousser pour quelque chose d'aussi grotesque ?
Une larme déborda de ma paupière et glissa le long de ma joue.
-Grotesque, grogna Jasper visiblement mécontent. L'enfer qu'est mon passé est grotesque selon toi .
-Bien sur que non, répondis-je avec véhémence. Ce qui est grotesque c'est que tu puisses penser que je puisse m'en préoccuper. Enfin Jasper, rien n'est de ta faute dans toue ce que tu mais raconter! N'importe qui a ta place aurait exactement la même chose. Tu n'as fait que survivre et pendre ce qu'on te donnait. Jusqu'à ce que Peter et Alice viennent te chercher tu n'avais aucune idée qu'il y avait une autre façon de vivre. Qui pourrait t'en vouloir alors ?
-J'ai pris des vies, hurla-t-il alors en se levant.
-Moi aussi j'en ai pris, criai-je à mon tour. Pas autant que toi, c'est sur. Mais j'en ai pris aussi. Jasper, c'était la guerre! À quoi t'attendais-tu ? À combattre avec un bouquet de fleurs ? Evidement que tu as pris des vies! Mais les as-tu prise par plaisir ou par devoir ? Par survie ?
Il y eut un silence pesant le temps qu'il comprenne et accepte mes mots. Ces yeux brillèrent alors de compréhension et de joie. Joie que je n'arrivais cependant pas à partager, encore trop blesser par son attitude.
-Comment peux-tu penser une chose pareille ? répétais-je. Me connais-tu vraiment ? Me pensais-tu à ce moins lignard de la vie pour croire qu'elle était soit noire soit blanche . Qu'il y a soit les gentils, soit les méchants . Qui pensais-tu que j'étais ?
Il eut la bonne idée d'être honteux puis effrayer. Je savais qu'il ne voulait pas me blesser mais c'était plus fort que moi. les larmes dévalaient mes joues comme une cascade à présent et alors qui voulut me prendre les mains, je me dérobai, tant physiquement que visuellement.
-Oh Luna, j'avais si peur que tu me rejettes, me dit-il la voix tremblante. Peur de t'effrayer avec mon histoire et que tu es peur de moi à ton tour. Et puis tu ressentais tellement de colère que j'ai cru qu'elle m'était destisné...
-Ho par Merlin, m'écriai-je en laçant mes mains vers le ciel. Evidement que j'étais folle de rage, je n'ai qu'une envie c'est d'arracher la tête à cette harpie de Maria pour tout le mal qu'elle t'a fait !
-Je suis terriblement désolé Luna, repris Jasper doucement. Pardonne-moi je t'en prie.
-Oui moi aussi je suis désolé, répondis-je en me détournant de lui. Je te demanderai de garder tes distances quelque temps. J'ai besoin de voir plus clair et de me calmer. Je ne m'énerve pas souvent mais tu m'as terriblement blessé jaspé. Comment as-tu pensé ça de moi ?
Sur cette dernière question, je sortis du salon et allais directement dans le jardin afin d'éclaircir mes idées. J'avais besoin de calme et de concentration pour faire le point. Mon attachement à ce vampire était bien plus fort que je ne le pensais et je n'étais pas certaine que mon cœur allât tenir le coup.
