Elle se souvenait de ses mots. Elle se souvenait clairement de ce message où il écrivait qu'elle lui manquait. Elle se souvenait du grain de sa voix quand il lui avait dit qu'il voulait la voir. Elle se souvenait de ce moment où il lui avait confié qu'il avait songé à l'embrasser, et de l'instant d'après où il lui avait dit qu'il repenserait encore à leur conversation.

Elle se souvenait du rythme exact de chacun de ses battements de cœur à ce moment là. Elle se souvenait de la chaire de poule sur ses bras et de sa respiration incontrôlable avant de décrocher, pendant qu'elle lui parlait, et après avoir raccroché. Elle se souvenait du sentiment désagréable après coup, de cette sensation de n'être parvenue à rien maîtriser, de courir plus vite que ce dont elle n'était capable...

Assise à la bibliothèque universitaire, elle jeta un énième regard à sa nouvelle publication instagram et comme les onze premières fois qu'elle l'avait fait, sa mâchoire se serra et elle retourna immédiatement l'écran en se frottant nerveusement le front.

Elle ne savait pas pourquoi elle continuait à se faire du mal. Il avait posté la photo plusieurs jours auparavant, alors qu'il était à cette soirée avec l'équipe de basket-ball de Newcastle, et il était temps qu'elle passe à autre chose. Elle aurait aimé que ce soit aussi simple de le dire que de le faire, parce qu'elle savait que quand elle rentrerait finalement chez elle le soir-même, elle fixerait une nouvelle fois cette photo.

Il était encore avec la même jeune femme que sur sa précédente publication, mais cette fois, elle était celle dont le bras était enroulé autour de ses épaules. Elle riait, rejetant de longs et épais cheveux bruns en arrière, et à chaque fois que Lily essayait de se rassurer en se disant qu'elle n'était pas si belle que cela et qu'elle osait un nouveau regard vers la publication en question, elle en avait la nausée. Elle était si belle que cela. Elle était même beaucoup plus belle que cela. Elle était aussi belle qu'il l'était, elle avait ce truc, ce petit truc en plus, cette espèce de noblesse dans le regard, celle que Lily savait qu'elle n'avait pas.

Sirius et Rémus avaient aimé la photo. Peter avait commenté qu'ils étaient beaux. James avait aimé son commentaire. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Elle était sûre de bien avoir compris ses mots, elle était certaine d'avoir traduit le ton de sa voix exactement comme elle aurait dû le traduire, alors pourquoi, pourquoi est-ce qu'elle se trouvait là, assise au milieu de la bibliothèque, à examiner cette stupide photo en se rappelant qu'elle avait toujours été la plus naïve de son trio d'amies ?

Son portable vibra et elle le retourna pour voir un énième message de James. Elle ne lui avait plus répondu depuis cette photo, excepté pour le tutorat. Il avait essayé de revenir sur leur précédente conversation à chaque fois qu'ils avaient terminé un cours, mais elle lui avait dit qu'elle n'avait pas le temps ou qu'elle était fatiguée, et avait continué de l'éviter.

James Littérature : Je peux t'appeler ce soir ?

Lily : Je ne peux pas ce soir. J'ai un truc de prévu avec Mary.

James Littérature : Est-ce que j'ai dit quelque chose ?

Elle inspira longuement. Elle ne pouvait décemment pas lui reprocher de voir d'autres filles, pas à ce stade là d'une relation qui n'existait même pas, mais elle n'était simplement pas capable d'être l'idiote qui attendait pendant qu'il s'amusait de son côté. Ce n'était pas comme s'ils s'étaient promis quoi que ce soit, c'était simplement qu'elle ne comprenait pas comment il pouvait jouer sur autant de tableaux sans avoir l'air de s'en soucier le moins du monde.

Ou peut-être qu'elle aurait dû le savoir. Il avait été honnête, après tout. Il lui avait dit qu'il n'était pas intéressé par les relations, qu'il n'en avait jamais eue de sérieuse, et qu'il ne sortait avec personne. Elle avait été prévenue, elle savait absolument où elle mettait les pieds, et elle les y avait mis quand même.

Lily : Non. J'ai juste beaucoup de travail. Bonne fin de journée.

Elle pressa l'écran pour envoyer le message et au même moment, son regard dévia sur le coin gauche où se trouvait l'heure, et elle jura à voix basse en ramassant ses affaires de cours à la hâte. Tant pis pour les études de texte, l'entraînement de l'équipe de basket féminine commençait dans un quart d'heure, et Marlène et Mary l'avaient fortement encouragée à y aller. C'était peut-être le coup de pouce dont elle avait besoin. Elle n'était pas encore certaine qu'elle voulait rentrer dans l'équipe, ni qu'elle était prête à rencontrer autant de nouvelles personnes en même temps, mais essayer un entraînement n'avait jamais tué personne. C'était du moins ce dont elle essayait de se persuader alors que son anxiété grandissait.

Elle quitta la bibliothèque et balança son sac de cours dans le coffre de la voiture de James, récupéra son sac de sport, et trottina jusqu'au gymnase dans lequel tout un groupe de filles était déjà en tenue, en train de papoter devant les gradins. Elle croisa immédiatement le regard de l'une d'entre elles et fut à la fois soulagée de voir une tête connue, et légèrement stressée que ce soit celle d'Emmeline.

« Lily ! s'exclama t-elle, et elle fonça à travers le groupe pour aller la saluer. »

Elle portait un débardeur noir et un short de la même couleur, et ses cheveux châtains étaient attachés en un chignon particulièrement propre duquel ne dépassait aucune mèche. Lily avait beau savoir qu'Emmeline était l'ex petite-amie de Peter, elle ne put s'empêcher de penser que chaque fille que fréquentait James était plus parfaite que la précédente. C'était désespérant.

« Est-ce que tu as vu l'annonce ? l'interrogea immédiatement Emmeline.

- Oui, mais je ne suis pas sûre que... Disons que je ne sais pas si je suis la meilleure recrue, et je n'aurais probablement pas assez de temps pour m'entraîner beaucoup, je me suis juste dit que j'allais venir voir.

- Ne t'en fais pas pour ça, les entraînements ne sont pas tous obligatoires, le seul impératif c'est d'en faire au moins un par semaine. Quant aux matchs, la saison a déjà commencé et nous sommes en milieu de tableau, il n'y a aucune pression. Je te montre les vestiaires ? lui proposa t-elle en souriant. »

Elle avait l'air absolument adorable et Lily comprenait totalement pourquoi les garçons l'aimaient bien. Elle acquiesça et la suivit dans les couloirs du gymnase jusqu'à une pièce assez vaste aux murs immaculés autour de laquelle des bancs étaient disposés. Elle se changea rapidement et quand elle se pencha pour lacer ses baskets, elle eut la sensation d'être exactement là où elle devait être. Elle se rappela pendant un instant de tout ce qu'elle avait traversé avec son équipe, de ces défaites à s'en arracher le cœur qui les avaient rapprochées, et de ces victoires qui avaient paradoxalement presque eues un effet négatif sur chacune d'entre elles, rendant la pression beaucoup plus forte et beaucoup plus dure à supporter.

« Est-ce que tu étudies dans le coin ? demanda Lily à Emmeline.

- Je suis en médecine avec Pete.

- Oh génial. Comment est-ce que tu fais pour concilier les deux ?

- C'est beaucoup d'organisation, mais pas plus que pour toutes les autres filles, lui répondit Emmeline en la raccompagnant vers le terrain en souriant. Je suis aussi capitaine de l'équipe, au fait. Je vais te présenter les autres. Les deux qui courent ensemble là bas, c'est Gladys et Doris, dit-elle en pointant une petite brune et une deuxième dont les cheveux étaient teints en roux. Il y a aussi Alice, tu devrais bien t'entendre avec elle, cette fille est la personne la plus gentille que je connaisse. »

Elle fit un signe de tête vers une jeune femme blonde au visage rond qui était en train de regonfler un ballon près d'un énorme coffre en bois, puis pivota pour désigner une autre joueuse qui portait les couleurs des Spurs de San Antonio.

« Matilda qui s'étire là bas est ma meilleure amie depuis l'école primaire. Elle mène le jeu avec moi. Elle a son petit caractère sur le terrain, mais une fois que tu auras appris à la connaître, tu te rendras compte que c'est une fille bien. Daisy, la grande blonde est arrivée en début de semaine. Elle a déjà joué quatre ans dans l'équipe de sa ville, elle n'est vraiment pas mauvaise. Glenda, c'est l'espèce de malade qui fait des pompes à côté des buts de handball, ricana Emmeline. Probablement la plus physique d'entre nous. Elle joue pivot avec Daisy et Agatha qui est en train de s'entraîner aux lancers francs. Avec toi, on serait neuf. Ce serait l'idéal, mais aucune pression.

- Qui vous entraîne ?

- Mme Bibine. Perpétuellement en retard. Elle ne devrait plus tarder, répondit Emmeline en jetant un rapide coup d'oeil au chrono affiché sur un mur de la salle. Tu as déjà joué ?

- Une dizaine d'années, lui dit Lily, et les yeux écarquillés d'Emmeline la poussèrent à poursuivre aussitôt. Ne t'imagine pas que je suis une espèce de machine de guerre, je... Je me débrouille mais je n'ai pas un niveau époustouflant.

- C'est ce que nous allons voir, trancha la jeune capitaine en lui lançant un sourire confiant avant de siffler bruyamment, s'attirant automatiquement l'attention de toutes les filles qui se rassemblèrent autour d'elle. Je vous présente Lily. Elle vient faire un essai avec nous aujourd'hui. Soyez sympa avec elle, c'est une amie. »

Elle lui jeta un coup d'oeil surpris parce qu'elle ne pensait pas qu'elle la présenterait de cette façon, et soudainement, elle se demanda pourquoi elle était toujours si inquiète à l'idée de rencontrer de nouvelles personnes. Elles n'étaient pas toutes le monde lui souhaita la bienvenue, sauf Gladys et Doris qui se jetèrent un regard perplexe avant de reporter leur attention sur elle.

« Quel poste ? l'interrogea Gladys.

- Ailière, répondit automatiquement Lily.

- Il y a déjà trois ailières, pointa Doris sur un ton dédaigneux.

- Tu n'as pas à t'inquiéter de ton sort si tu fais ce qu'il faut sur le terrain, Dor', lui lança Matilda. »

Gladys et Doris levèrent les yeux au ciel, et alors qu'Emmeline allait reprendre la parole, la porte du gymnase claqua et une femme d'une quarantaine d'années aux cheveux courts et étonnement gris apparut.

« Désolée, désolée les filles ! Mon réveil n'a encore pas sonné.

- Il est 18h, lui fit remarquer Emmeline en arquant un sourcil.

- Ce doit être pour ça, répondit Mme Bibine avant de poser des yeux surpris sur Lily. Tu es nouvelle, pointa t-elle simplement.

- Lily, se présenta t-elle aussitôt. Je viens juste faire un essai et je...

- Oh parfait, la coupa t-elle. Bienvenue Lily, j'adorerais discuter d'avantage avec toi, mais c'est l'heure de courir. Allez hop les filles, cinq minutes de tours de terrain. »

Il y eut quelques protestations dans l'assemblée mais les neufs filles se mirent rapidement à trottiner et Lily régla son allure à celle d'Emmeline, un peu trop soutenue pour elle, mais elle n'allait certainement pas le lui avouer maintenant.

« Elle est un peu cintrée, lui glissa t-elle à propos de Mme Bibine, mais elle est sympa. »

L'appréhension de Lily a l'idée d'arriver dans un groupe de filles qu'elle ne connaissait pas fut rapidement remplacée par l'envie féroce de faire ses preuves. Ce n'était pas tant parce qu'elle voulait absolument faire partie de l'équipe que parce qu'elle voyait Doris et Gladys chuchoter et glousser en jetant des regards dans sa direction. C'était comme si elle était de retour au collège, à cette période où Mary et Marlène la défendaient bec et ongle parce qu'elle avait trop peur de se rebeller. Malheureusement pour les deux ailières, elle n'était plus cette Lily là.

« Je vais diviser le terrain en trois, et on va passer aux un contre un. Vous jouerez avec les lignes normales sur les deux moitiés, et pour l'autre, nous allons utiliser le panier qui est sur le côté. Une arbitre par terrain ! leur annonça Mme Bibine. En place ! »

Elle porta son sifflet à sa bouche et Lily fut la seule à ne pas avoir le réflexe de se boucher les oreilles quand elle souffla dedans. Elle grimaça et se retourna pour voir que toutes les équipes étaient formées sauf sur le dernier terrain où les deux joueuses qu'elle redoutait le plus étaient en train de l'attendre, les bras croisés, en la toisant.

« Bouge toi, Libbie ! l'appela Gladys. Tu vas jouer contre moi d'abord, ça va m'échauffer.

- C'est Lily, la corrigea t-elle

- Peu importe, trancha l'autre en lui envoyant le ballon comme un boulet de canon. »

Lily le rattrapa en serrant les dents et attendit que Doris, derrière la ligne de touche, ne siffle un coup pour commencer à dribbler. Elle aurait voulu que ce soit simple, que Gladys soit mauvaise et qu'elle puisse passer facilement au travers de sa défense, mais elle se fit rapidement voler la balle qui termina droit dans le filet au dessus de sa tête.

Elle ignora le gloussement des deux jeunes femmes, prit une profonde inspiration, et tenta de se rappeler de tout ce qu'elle avait appris depuis qu'elle avait commencé à jouer. Elle savait que le meilleur allié d'une joueuse n'était pas toujours sa vitesse, ou sa taille, et cela lui allait bien parce qu'elle n'était pas excessivement rapide et qu'elle était la plus petite des neufs joueuses qui se trouvaient dans la salle.

Elle n'avait plus que la ruse. Cela avait toujours été son fort, et c'était de loin ce qu'elle préférait dans le sport. Feinter, tromper, duper. Cela faisait partie du jeu, et elle ne se sentait jamais aussi douée à quelque chose que lorsqu'elle devait berner les gens. Après tout, elle faisait tous les jours semblant de ne pas être effrayée par le monde qui l'entourait.

Elle était en train de dribbler en surveillant les mouvements de Gladys, se rappelant avec amusement de cette phrase que Sirius avait tatouée sur son bras. « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises. », se répéta t-elle intérieurement, un sourire presque imperceptible figé sur le visage. Ses intentions étaient mauvaises. Elle voulait mettre dix points sur la tête de Gladys et plier ce foutu match juste pour voir son visage défait, juste pour la voir admettre devant les autres qu'elle avait perdu contre la nouvelle.

Elle savait que ce n'était pas les pensées les plus nobles qu'elle avait eues de toute sa vie, mais elle doutait que qui que ce soit à sa place n'ait pas ressenti ne serait-ce qu'une pointe d'aigreur en ayant l'impression d'être la cible des moqueries des deux jeunes femmes. Elle s'était jurée après le collège qu'elle ne se laisserait plus marcher sur les pieds par des personnes qui avaient systématiquement l'impression de survoler le monde.

Gladys et Doris n'avaient aucun objectif spécifique à part peut-être celui de l'humilier. Lily, elle, avait une promesse envers elle-même à tenir, alors elle feinta un départ en dribble et, comme elle l'avait espéré, Gladys tomba dans le panneau. Elle n'eut qu'à reculer rapidement sur la ligne des trois points, à shooter, et elle marqua au moment où Mme Bibine s'arrêtait devant leur terrain.

« Très bien, Lily ! la complimenta t-elle, et il lui sembla que Doris, sur la ligne de touche, allait s'étouffer avec son sifflet. »

Gladys, elle, avait l'air de tout faire pour dissimuler la rage qui suintait par tout ses pores. Lily retint un sourire alors que son adversaire récupérait le ballon et elle se mit en place pour défendre. La jeune femme brune n'utilisait pas sa main gauche, alors il devint rapidement facile de l'orienter dans un coin du terrain et de la laisser se coincer là toute seule.

Évidemment, le coup de la feinte ne fonctionna pas à chaque fois, et Lily ne remporta le match que de deux points. Peu lui importait, du moment qu'elle ne laissait pas les filles l'écraser. Elle enchaîna avec Doris, et ce fut beaucoup plus simple. Elle était moins expérimentée que Gladys, même si elle était un peu plus grande ce qui rendait les tirs en course périlleux. Lily atteignit les dix points alors que Doris n'était qu'à quatre.

Elle arbitra le match suivant, profitant du moment pour souffler un peu et pour jeter des coups d'oeil en biais vers vers les terrains d'à côté pour voir comment se débrouillaient les autres. Matilda, Emmeline, et Agatha étaient clairement au dessus du lot, et Lily redoutait le moment où les équipes tourneraient et où elle se retrouverait contre elle.

Il arriva plus vite que prévu, et elle dut admettre que ce fut une vraie leçon d'humilité quand elle perdit de huit points contre Matilda. Le match contre Emmeline fut plus tranquille et elle parvint à en marquer six avant que son adversaire n'arrive à dix. Idem contre Agatha dont la taille lui posa un sacré problème.

Ses derniers matchs furent plus serrés, et au final, elle parvint à tirer son épingle du jeu et à gagner cinq des huit matchs qu'elle disputa, ce qui lui valut des félicitations de la plupart des filles. Évidemment, deux d'entre elles restèrent parfaitement de marbre face à l'élan d'enthousiasme de toutes les autres, mais alors qu'Emmeline lui tapait dans le dos à la fin de l'entraînement, un large sourire aux lèvres, Lily songea qu'elle s'en fichait pas mal.

Elle avait oublié à quel point elle se sentait bien après avoir joué, elle avait oublié cette sensation grisante, comme si elle s'était vidée des tensions de la journée, et elle avait par dessus tout oublié à quoi ressemblait une équipe. Celle-ci n'était pas parfaite, elle était à peine entrée dedans qu'elle pouvait déjà en apercevoir les failles, mais il y avait quelque chose... Des sourires, des regards, des gestes qui traduisaient une solidarité particulière qui lui manquait, mais qui n'avait l'air d'exister qu'entre six des filles de l'équipe.

« Ne fais pas trop attention à Gladys et Doris, lui glissa Emmeline alors qu'elles récupéraient leurs affaires dans les vestiaires.

- Elles sont en dernière année, elles s'en vont l'année prochaine, lui confia Glenda après avoir bu une longue gorgée d'eau.

- Elles m'ont faite pleurer la première fois, ajouta Alice en grimaçant.

- Ce sont des filles à papa, expliqua Matilda alors que les deux concernées s'en allaient sans même leur adresser un signe de la main. Elles sont toutes les deux en droit. Gladys n'a eu sa deuxième année que parce que son père a soudoyé le doyen de la fac, et Doris a fait du chantage pour jouer meneuse cette année sous prétexte que l'entreprise de ses parents avait payé pour nos nouveaux maillots de match. Le coach n'a pas du tout apprécié le coup de pression et elle s'est retrouvée à cirer le banc pendant les deux premiers matchs. Sa mère était furieuse, elle a menacé de la retirer de l'équipe, mais elle a discuté avec lui et il a dû la faire tomber amoureuse ou je ne sais quoi parce qu'elle ne dit plus rien maintenant.

- Les filles, vous êtes en train de la terroriser, pointa Daisy en pressant brièvement l'épaule de Lily alors que les autres riaient à la dernière remarque de Matilda.

- Je ne crois pas que Lily soit du genre à se laisser impressionner, répliqua Emmeline en souriant. Elle les a littéralement pulvérisées sur le terrain tout à l'heure.

- Oh tu exagères, intervint Lily soucieuse de ne pas paraître plus douée qu'elle ne l'était en réalité, c'était assez équilibré, et j'ai eu de la chance.

- Ces trois points, ma grande ! insista t-elle. On a trouvé notre nouvelle shooteuse.

- C'était de la chance.

- Ce n'était pas de la chance, la contra Matilda, tu as un beau geste. En tout cas, si ça t'intéresse toujours de jouer avec nous, tous les matchs sont le samedi soir avant celui des garçons, mais nous n'en avons pas tous les week-ends, le planning est assez léger.

- Qu'est-ce que tu vas faire ? l'interrogea Alice.

- Ne lui mets pas la pression, Al', trancha Glenda. Elle a le temps de réfléchir, le prochain match est reporté au retour du coach.

- Personne n'avait envie de jouer sans lui, expliqua Daisy.

- Où est-ce qu'il est ?

- Newcastle, à un stage de je-ne-sais-quoi, répondit aussitôt Matilda, et Lily leva immédiatement les yeux vers elle.

- Qui est votre coach ? l'interrogea t-elle immédiatement.

- Tu sais qui est notre coach, répondit Emmeline en lui adressant un sourire, et son cœur manqua un battement au moment où Agatha ouvrit la bouche pour lui donner la réponse qu'elle redoutait.

- C'est James, il joue dans la première équipe de garçons. »

Et merde.

J'en profite pour remercier Fortamorette pour ses reviews :) Je ne peux pas répondre en mp vu que tu es en guest, mais sache que j'ai été très touchée par tes mots adorables. J'espère que tu continueras à aimer mes histoires au fur et à mesure que je les écrierai, et qui sait, peut-être qu'un jour tous les lecteurs fantômes sortiront de l'ombre comme tu l'as fait pour répandre une avalanche d'amour sur mes fics hihi :D A bientôt 3