Emmeline marqua le premier panier. Un trois point planté juste après le début du match qui donna le ton. Les supporters scandèrent son nom pendant un moment tout en applaudissant, mais Lily ne pouvait détourner son regard du haut de la tribune. Elle n'était plus vraiment là depuis qu'elle les avait vus. Mentalement, du moins, et elle espérait que James l'oublierait.

Elle découvrit ce jour là à quel point il était silencieux comparé au coach de l'équipe adverse qui ne cessait de donner des instructions à ses joueuses. Il observait le terrain sans rien dire, debout, les bras croisés contre son torse, et seulement de temps en temps, pour saluer une belle action, il applaudissait.

Il arrivait qu'il fasse signe à Emmeline de se rapprocher de lui lorsqu'une équipe se retrouvait aux lancers francs, et Lily n'entendait pas ce qu'ils se disaient mais les instructions semblaient très claires et débouchaient souvent sur un nouveau panier. Le score était serré et la victoire ne serait pas simple, mais il ne semblait pas s'en inquiéter.

« Lily, tu rentres, annonça t-il au début de la deuxième mi temps. »

Elle avait passé presque toute la première sur le banc, n'était rentrée que pour la dernière minute, et elle avait prié pour que ce soit son seul temps de jeu tout en se doutant que James ne la laisserait pas de côté. A ce moment là, l'équipe ne menait que de quatre points, tout était encore possible pour Croydon.

Elle se leva sans rien dire, s'échauffa rapidement sur le côté, dos aux tribunes nords pour ne pas avoir à regarder les quatre meilleurs amis de celui qui était autrefois le sien, et tenta de prendre de profondes inspirations pour se détendre.

« Je ne te demande rien de plus que ce dont tu es déjà capable, entendit-elle James dire, et quand elle se retourna, elle le trouva confiant et déterminé.

- Je sais, souffla t-elle et son regard dévia une nouvelle fois vers les gradins. »

Ils étaient tous les deux près de la table de marque, à attendre que l'arbitre siffle pour qu'ils puissent effectuer un changement, et elle aurait voulu faire disparaître tout ce qui les entourait. Il n'y avait rien d'apaisant dans le fait de se trouver avec lui quand elle savait qu'ils devaient faire attention à ne pas se comporter aussi familièrement qu'ils le faisaient d'habitude. Elle aurait voulu qu'il soit un peu plus près et qu'ils n'aient pas peur de trahir quoi que ce soit rien qu'en se regardant. Elle aurait voulu qu'il lise dans son esprit que rien n'allait.

« Qui sont ces mecs ? demanda t-il, et elle ne remarqua qu'à cet instant précis qu'il avait suivi son regard. »

Elle resta pétrifiée pendant une seconde, et puis l'arbitre siffla, et Alice quitta le terrain, et Lily jeta un regard désolé à James juste avant d'y entrer en trottinant. Ses mains tremblaient, et la balle était à elles. Glenda était en train de faire la touche après une faute sur Matilda qui menait maintenant le jeu à la place d'Emmeline, et Lily sut ce qu'elle devait faire quand James mima un shoot. Il attendait d'elle qu'elle soit un sniper, et c'était ordinairement ce qu'elle savait faire.

Glenda passa le ballon à Matilda qui dribbla tranquillement pour laisser le temps à ses joueuses de prendre leur place autour de la raquette, et quand Gladys traversa, Lily prit sa place, rattrapant la passe sèche que sa meneuse lui envoya avant de tirer au dessus de la tête d'une joueuse rouge sans réfléchir. Le ballon fila droit dans l'arceau. Trois points. La tribune se leva. Elle avait réussi.

Pendant une seconde, elle songea qu'elle était capable de le faire. Seulement une seconde, parce qu'il y eut des sifflements du côté des tribunes et après, ce ne fut plus qu'une succession de maladresses et d'erreurs de jugement. James la laissa sur le terrain bien trop longtemps à son goût. Elle n'y arrivait pas. Ses passes étaient mal assurées et elle n'osait même plus prendre de tirs, même s'ils étaient dégagés. La seule chose qu'elle parvenait à peu près à faire était de contrer la joueuse sur laquelle elle défendait. Elle lui subtilisa la balle une ou deux fois, mais globalement, elle était en train de jouer son plus mauvais match. Elle le savait.

Elle n'y pouvait rien. Elle sentait les regards sur elle, tous, et plus particulièrement ceux de Malefoy, Avery, Mulciber, et Rosier, et c'était comme si elle ne savait plus utiliser ni ses bras, ni ses jambes. Elle avait l'impression d'être ridicule et que tout le monde s'en apercevait. Elle paniquait. Elle savait qu'elle paniquait, mais il n'y avait rien à faire, son cœur battait à mille à l'heure. Elle se sentait prise au piège, comme une biche devant les phares d'une voiture.

Gladys ne lui faisait même plus de passe, et elle ne s'en offusquait pas. Elle fut soulagée quand James la fit enfin sortir du terrain et qu'elle put se laisser tomber sur le banc. Il ne fit aucun commentaire et ce fut presque pire que tout, puis elle remarqua le regard curieux d'Emmeline sur elle, et elle porta une bouteille d'eau à sa bouche.

« Est-ce que ça va ?

- Je ne suis pas dans mon match, répondit-elle un peu trop sèchement à son goût avant d'ajouter d'une voix plus douce. désolée.

- Pourquoi est-ce que tu ne tires pas ?

- Je ne le sens pas.

- Lily, tu...

- Laisse, Emmie, intervint James. »

Le regard de la capitaine jongla entre eux deux, perplexe, puis elle se rassit contre le mur de la salle qui se trouvait derrière leur banc et reporta son attention sur le match. Croydon menait maintenant au score et avait commencé à prendre de l'avance. Tout était possible pendant un match de basket, et pourtant, l'issue ne fut pas favorable aux filles en blanc cette fois-ci. Lily se sentit misérable.

Quand le long et bruyant « bip » sonore de fin de match retentit, les rouges l'emportèrent soixante-trois à cinquante-neuf et toutes les joueuses durent se serrer la main, certaines avec plus d'amertume que d'autres. Malefoy, Avery, Mulciber, et Rosier applaudissaient et sifflaient dans les tribunes, et, alors qu'il était en train de discuter avec le coach adverse, James les remarqua.

Lily le vit traverser le terrain en trottinant lorsque les quatre garçons commencèrent à quitter la salle, et elle entama un mouvement pour le suivre mais Gladys la bouscula légèrement en lui jetant un regard noir qui voulait tout dire mais qui importait peu à la jeune femme rousse à ce moment précis.

Elle se faufila parmi les joueuses, évita difficilement ses amies qui traversaient elles aussi le terrain pour venir lui parler, et déboula dans le hall d'entrée du gymnase au moment même où James balançait littéralement Malefoy dehors, où les trois autres se trouvaient déjà.

« Ne te mêles pas de ça, lui conseilla Avery.

- Arrête de lui écrire, et ne foutez plus les pieds ici, ni à moins d'un kilomètre d'elle.

- Parce que tu crois que l'un d'entre nous lui écrit ? ricana Rosier.

- Qui que tu sois, je te déconseille d'essayer de me prendre pour un con.

- Qu'est-ce que tu vas faire, seul contre quatre ?

- Seul contre quatre ? répéta une voix que Lily connaissait bien. »

Sirius posa ses mains sur ses épaules juste pour la décaler afin que Rémus et lui puissent se mettre à sa hauteur et à celle de James. Ce dernier ne sembla même pas surpris de les voir apparaître à ses côtés, mais il jeta un coup d'oeil à Lily pour la première fois depuis qu'il l'avait sortie du terrain et il y eut cette chanson dans sa tête pendant l'espace d'un instant.

Elle n'en discernait pas bien les paroles, ne comprenait pas vraiment la mélodie, et elle n'entendit à la fois aucun instrument, et tous les instruments du monde. C'était la meilleure qu'elle ait jamais écoutée. C'était le genre de chanson qui passait à la fin de ses séries préférées, quand le héros ou l'héroïne réussissait enfin à accomplir tout ce qu'il ou elle voulait, ce genre de chanson qui prenait aux tripes et la laissait pendant un moment dans une mélancolie absolue.

« Vous savez qu'elle est plus dangereuse que nous trois réunis, n'est-ce pas ? ajouta Sirius en pointant Lily du doigt, et elle se retint de lui faire remarquer qu'elle tremblait depuis une heure et demie.

- Hmm, James a quand même l'air très dangereux là, intervint Rémus. Et je n'ai moi même pas très envie de rire tout à coup.

- C'est bon les gars, on s'en va, déclara Malefoy en tirant Mulciber avec lui. »

Avery entama un mouvement pour le suivre, mais James l'empoigna aussitôt par le col de son manteau et le plaqua contre le mur du gymnase, son visage à seulement quelques centimètres du sien alors que les trois autres s'étaient arrêtés, sans toutefois avoir l'air de vouloir tenter quoi que ce soit pour venir en aide à leur ami. Ils n'étaient même pas capable de se montrer solidaires les uns avec les autres.

« File moi le prépayé que tu utilises pour lui écrire.

- Lâche moi ! Putain, je te jure, lâche moi ! vociférait Avery.

- Non ? Bon. Comme tu voudras, lui répondit James d'une voix terriblement calme tout en fouillant méthodiquement ses poches. »

Lily ne comprit pas ce qu'il faisait jusqu'à ce qu'il n'en sorte le téléphone portable du jeune homme, et qu'il ne le balance sur les graviers à ses pieds avant de l'écraser si brutalement que l'écran éclata sur le coup. Il poussa ensuite Avery qui lui hurlait toujours dessus, se pencha pour contempler l'écran brisé, ouvrit le téléphone, et s'assura de casser en deux la carte sim qui s'y trouvait.

« Est-ce que j'ai besoin de faire pareil aux vôtres, ou est-ce que l'un d'entre vous peut gentiment me donner ce que je demande ? s'enquit James en se tournant vers les trois autres tout en repoussant Avery qui semblait déterminé à en venir aux mains mais que Malefoy retint tout en toisant James.

- Personne ne sait de quoi tu parles.

- Tirons-nous, lui chuchota Mulciber.

- Très bien. Allez-y, les encouragea James en passant une main dans ses cheveux. Si vous le permettez, je vais juste bien regarder vos voitures et vos plaques d'immatriculation en partant. Je suis sûr qu'une fois que Lily m'aura donné vos noms je n'aurais pas de mal à les retrouver.

- Les avantages d'avoir un petit génie de l'informatique en tant que meilleur ami, ajouta Rémus en esquissant un sourire en coin.

- Allez, hop, hop, hop, on sort le téléphone, les encouragea Sirius sur un ton léger. »

Lily contemplait la scène sans dire quoi que ce soit. Elle en était bien incapable. Elle recevait leurs regards haineux presque comme s'ils étaient des coups, et elle était pétrifiée. Elle se rappelait de cette soirée qu'elle avait passée avec Severus et eux, celle où elle avait osé leur dire que leurs discours étaient à vomir, et elle avait l'impression qu'ils s'en souvenaient aussi. Ils la détestaient. Pire, elle les dégoûtait. Elle le voyait sur leurs visages. C'était la première fois qu'elle se sentait répugnante aux yeux de quelqu'un, de plusieurs personnes, et elle songea qu'ils n'auraient pas pu la blesser plus s'ils l'avaient frappée.

Elle savait qu'elle n'aurait pas dû s'en soucier, qu'ils n'étaient qu'une bande d'idiots intolérants qui ne comprenaient rien à rien et qui ne savaient s'amuser qu'en brûlant des voitures, en éclatant des fenêtres de maison, ou en insultant les passants. Elle n'imaginait même pas le nombre de filles qui avaient déjà dû subir leurs remarques sexistes dans la rue. Marlène les avait déjà vu faire. Pourtant... Pourtant, elle avait la nausée.

Elle leva la tête quand elle entendit les gravillons craquer sous les baskets de Mulciber. L'instant d'après, le téléphone prépayé était dans la main de James. Elle n'en croyait pas vraiment ses yeux, mais en même temps, elle aurait dû s'en douter. Ils étaient bien incapables de se battre. Il leur aurait probablement fallu une batte de baseball ou autre pour faire pencher la balance, mais même de cette manière, elle n'était pas certaine qu'ils auraient tenté le coup. Ils étaient meilleurs pour agir en douce, et Lily devait admettre qu'elle redoutait cette réalité, parce qu'ils ne supporteraient pas l'humiliation et qu'ils reviendraient tôt ou tard.

« C'est le bon, déclara James après avoir brièvement fouillé dedans.

- Foutez le camp avant que vos jambes ne finissent comme son portable ! s'exclama Sirius en faisant un signe de tête vers Avery dont la colère se dirigeait maintenant vers son propre acolyte.

- Maintenant, appuya Rémus. »

Quelques secondes plus tard, deux voitures quittèrent le parking dans des crissements de pneus abominables, et sous les regards attentifs des trois voisins de Lily.

« Foutez le camp avant que vos jambes ne finissent comme son portable ? répéta Rémus en se tournant vers Sirius. Audacieux quand on sait que tu as du mal à casser trois œufs pour te faire une omelette.

- Tu es juste jaloux parce que tu aurais voulu penser à le dire, commenta le jeune homme avec un demi-sourire.

- James, qu'est-ce qu'on fait de...

- Je n'ai pas le temps, mon match va commencer et je ne suis même pas en tenue, le coupa le capitaine de l'équipe des garçons en fourrant le téléphone prépayé dans sa poche avant de s'élancer de nouveau vers l'intérieur de la salle. »

Lily voulait le remercier, elle le voulait vraiment, mais il passa si vite devant elle qu'elle n'eut même pas le temps de prononcer le moindre mot et qu'elle se retrouva seule avec Sirius et Rémus.

« Ca va, Lily ?

- Peter, Marlène, et Mary ont cru que tu allais prendre ta douche alors ils sont partis au bar. Je ne crois pas qu'ils nous aient vu sortir, ajouta Rémus.

- Pour être honnête, je n'avais pas remarqué ces quatre guignols jusqu'à ce que James ne se mette à leur courir après, lui confia Sirius.

- Aucun d'entre nous ne s'en était aperçu. Je suis prêt à parier que Marlène leur aurait cassé les dents contre les gradins si elle avait su. »

Lily esquissa un faible sourire et hocha la tête. Elle murmura un faible merci et Sirius leva les yeux au ciel tout en balançant son bras sur ses épaules, la guidant vers l'intérieur du gymnase.

« J'ai jeté du papier toilette sur la maison de mes parents grâce à toi. Je te suis éternellement redevable.

- Et si nous avions réellement dû nous battre, tu aurais été plus efficace que lui, affirma Rémus.

- Je ne peux pas le contredire, avoua le jeune homme. Tu serais meilleure sur un ring de boxe que sur un terrain de basket, plaisanta t-il avant de reprendre lorsque Lily lui envoya un regard mauvais. Trop tôt ?

- Beaucoup trop tôt, marmonna t-elle.

- Ce n'était pas si catastrophique, tenta de la rassurer Rémus.

- Ce trois points n'était pas mal, concéda Sirius.

- Merci d'essayer, les gars, mais j'ai été nulle et je le sais. Je vais aller prendre ma douche et je vous rejoindrai dans les tribunes tout à l'heure, déclara t-elle en grimaçant avant de disparaître après que ses deux camarades aient brièvement pressé son épaule en guise de soutien. »

Elle traversa presque l'entièreté du couloir et poussa la porte des vestiaires dans lequel devaient se trouver les filles, mais la seule personne présente était James, assis sur le banc, en tenue, penché sur ses chaussures dont il noua rapidement les lacets avant de lever des yeux surpris sur elle dès qu'elle s'excusa.

« Merde, je ne peux pas être avec toi maintenant, Lily je...

- Je sais, tu joues, le coupa t-elle. Je ne voulais pas... Je me suis juste trompée de vestiaire.

- Non, c'est... il passa nerveusement sa main dans ses cheveux et soupira en se redressant. »

Elle pouvait discerner de la colère et de la frustration sur son visage, comme si les deux émotions l'avalaient sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit, et elle ne l'avait jamais vu aussi peu sûr de lui.

« Je savais que quelque chose n'allait pas et je t'ai ignorée alors que j'aurais dû te faire cracher le morceau à la mi-temps, pesta t-il.

- Je n'aurais rien dit, admit-elle.

- Au moins, j'aurais peut-être assemblé les pièces du puzzle avant la fin.

- Je suis déjà surprise que tu l'aies fait.

- Bien sûr que je l'ai fait. Je ne t'ai jamais vue comme ça. Tu étais livide, Lily, et tu n'arrêtais pas de les regarder, je...

- Ce n'était pas de ta faute, le coupa t-elle en entendant son agacement. Tu étais dans le match, et j'espérais que tu ne t'apercevrais de rien. Je pourrais te dire merci cent fois que je serais toujours gênée que tu aies dû intervenir là dedans. Je n'ai aucune envie que tu te sentes obligé de mener mes combats quand je n'ai pas la force de le faire moi-même. »

Encore une fois, il soupira. Pas de la même façon. Pas parce qu'il était furieux contre lui-même. C'était un soupir tendre, et il la prit au dépourvu. Elle le regarda s'avancer vers elle et resta figée comme une statue dans ses bras lorsqu'il l'attira adroitement contre lui. Elle avait pensé à cette étreinte pendant trop longtemps, mais jamais elle ne s'était imaginée qu'elle serait trop perturbée par autre chose pour ne pas en profiter pleinement.

« Merci, souffla t-elle enfin.

- D'avoir été le pire coach imaginable pour ton premier match dans ta nouvelle équipe ? l'interrogea t-il en la lâchant. C'est comme si je n'avais rien appris à Newcastle.

- Ce n'est pas vrai, bougonna t-elle en fronçant les sourcils. »

Il ne répondit pas, mais il lui fit signe de passer devant lui pour sortir des vestiaires et elle s'assura qu'il n'y avait personne dans le couloir avant de s'exécuter. Ils n'avaient pas besoin d'attirer les rumeurs maintenant après tout ce qui venait de se passer. Ce serait la cerise sur le gâteau.

« Bonne chance pour ton match.

- On se voit après ? »

Ce n'était pas juste une question en l'air. Il attendit sa réponse, debout au milieu du couloir, son sac de sport sur son épaule, et il ne rejoignit le terrain que quand elle acquiesça. Son regard était plus chaleureux que ceux de toutes ses coéquipières réunies quand elle pénétra finalement dans les bons vestiaires.

Personne à part Gladys ne semblait être en colère contre elle, mais tout le monde était déçu de l'issu du match. La jeune femme brune quitta la pièce comme si elle ne pouvait tolérer sa présence dès que Lily s'avança vers le banc où était posé son sac, que l'une de ses coéquipières avait probablement ramené. Les autres joueuses étaient simplement plus silencieuses que d'ordinaire, ce qui n'était pas surprenant après qu'elles soient passées si près de la victoire.

« Les filles, commença Lily en grimaçant. Je suis désolée. J'ai été nulle et c'est probablement de ma faute si...

- Ce n'est pas de ta faute, Lily, la coupa immédiatement Agatha. Personne n'a été irréprochable.

- Agatha a raison, affirma Matilda. Est-ce que tu as vu le nombre de tirs que j'ai ratés ?

- Moi, j'ai fait cinq fautes avant même que la deuxième mi-temps ne commence, ajouta Daisy.

- La joueuse sur qui je défendais me passait à chaque fois, continua Alice.

- Je me suis pris la même feinte trois fois de suite, soupira Emmeline.

- Un manchot aurait rattrapé plus de rebonds que moi, poursuivit Glenda. »

Toutes se tournèrent vers Doris, mais la jeune femme ne prit pas la parole. Elle se contenta de jeter à Lily le même regard que Gladys un peu plus tôt, et quitta les vestiaires. Elles étaient les seules à s'être déjà entièrement habillées comme si elles craignaient que la foudre ne s'abatte sur elles si elles traînaient une minute de trop au milieu d'une équipe qui venait de perdre. Les autres filles étaient toutes en serviette, certaines en train de se sécher les cheveux, d'autres en train de fouiller dans leur sac à la recherche de leurs vêtements, et Lily esquissa un demi sourire en direction d'Emmeline quand elle lui donna une petite tape sur l'épaule.

« Ne t'en fais pas, Lily. Ce n'était que le premier match.

- L'avantage quand on perd à domicile et que les garçons jouent après nous, c'est qu'on peut au moins se consoler en les matant.

- Sérieusement, Matilda ?! s'esclaffa Agatha.

- Laisse nous apprécier la vue.

- Lockhart est sexy, commenta Daisy.

- Lockhart ?! s'exclama Emmeline d'un air répugné. Il s'aime tellement que je suis sûre qu'il copule avec son miroir.

- Je suis désolée de vous l'annoncer les filles, mais je vais probablement reluquer James, déclara Glenda, et Lily se fit toute petite.

- Choix évident, mais pas très original, et trop inaccessible, commenta Matilda en esquissant un sourire narquois. Tu vas juste te faire du mal, Glen'.

- On n'a pas eu droit au discours d'après match, d'ailleurs, pointa Daisy.

- Il avait l'air en colère.

- Il n'était pas en colère contre nous, Alice, assura Emmeline. Le connaissant, il était furieux contre lui-même. »

Lily s'efforça de ne pas écouter le reste de la conversation, et elle se hâta de disparaître sous la douche. Elle y resta quelques minutes, et lorsqu'elle en émergea, enroulée dans sa serviette, il ne restait plus qu'Alice dans la pièce. Elle rangeait maladroitement ses affaires en boule dans un sac visiblement trop petit.

« Je t'attends, si tu veux, lui proposa t-elle.

- Ne t'en fais pas, vas-y. Ta mère ne va probablement pas être ravie si tu lui fais subir plus de basket que nécessaire, répondit Lily en lui adressant un sourire reconnaissant.

- Ce n'est pas faux, pouffa Alice. Bonne soirée. Et ne t'inquiètes pas trop pour le match. On fera mieux la prochaine fois.

- Merci Alice, on se voit mardi à l'entraînement. »

La jeune femme blonde acquiesça puis disparut à son tour, et Lily s'habilla tout en repensant au match, et à ce qu'il s'était passé à l'extérieur. Elle revoyait James clouer Avery contre le mur du gymnase, et elle sentait son cœur s'emballer. Autant parce qu'elle avait eu peur que parce qu'elle avait ressenti quelque chose qu'elle aurait préférer réprimer à ce moment là. Elle essayait de se rappeler des mots de Matilda sans toutefois pouvoir s'en convaincre. Il était inaccessible. C'était ce qu'elle avait dit, mais ils avaient échangé des regards tellement équivoques qu'elle avait envie de se permettre d'en douter.

Et elle en douta quand elle se retrouva dans les tribunes, entre Marlène et Mary, et que James la fixa de l'autre bout du terrain. Kingsley venait tout juste de le faire sortir après qu'il ait passé une bonne partie du premier quart temps sur le terrain, et il la trouva immédiatement. Elle ne le vit même pas chercher, il savait qu'elle était là. Il avait probablement repéré leurs amis avant que le match ne commence, lorsqu'elle était encore dans les vestiaires. Elle ne les avait rejoints que plusieurs minutes après.

« Ne parlons pas de mon match, d'accord ? leur avait proposé Lily.

- Comme tu veux, lui avait répondu Mary avant de passer son bras autour de ses épaules. »

Son autre main reposait sur la cuisse d'Agatha qui était à côté d'elle, et cela fit sourire Lily. Il était évident, même si Mary ne leur avouait pas frontalement, qu'il y avait des sentiments là dessous. Ce n'était pas juste physique comme ce que la jeune femme essayait perpétuellement de leur faire croire, à Marlène et à elle.

« Je ne parlerai pas de ton match si tu ne parles pas de ma relation, lui chuchota Mary qui avait remarqué son sourire.

- Comme tu veux, répondit Lily de la même façon.

- D'autant plus que je peux aussi parler de la tienne. James te regarde comme s'il essayait de voir à travers tes vêtements.

- N'hésite pas à le dire plus fort pour en faire profiter Agatha et le reste de mon équipe, ironisa Lily.

- Oups. Désolée. »

Elle jeta un coup d'oeil au score quand le premier quart temps se termina avant de reporter son regard sur le jeune homme en question. Les garçons menaient déjà de vingt-deux points à dix minutes de jeu, et le match fut rapidement plié. Sans surprise, James termina meilleur marqueur, et Lily fut soulagée que quelque chose, ce jour là, se termine bien.

C'était la première fois qu'elle le regardait disputer un vrai match, et elle ne fut pas surprise de constater que contrairement à elle, il n'était absolument pas perturbé par les supporters. Il était dans son monde. Seul. Parfois avec elle lors des rares moments où Kingsley le laissait récupérer sur le banc de touche, mais cela ne durait jamais longtemps. C'était dans ces moments là qu'elle avait l'impression qu'ils étaient trop loin l'un de l'autre.

C'était presque une torture. Il la regardait. Elle aussi. Et le terrain entre eux lui semblait gigantesque, infranchissable. Elle voyait l'envie dans ses yeux, elle la sentait au creux de son ventre, et elle réalisa à ce moment là qu'ils n'arriveraient pas à s'en sortir aussi facilement qu'elle l'avait cru. Pas ce soir là.

Ils étaient tous partis boire un verre au bar aménagé dans une pièce reliée au gymnase par un couloir à l'intérieur duquel se trouvaient de nombreux vestiaires, et elle avait beau être plantée à l'intérieur du cercle que les amis de James et les siennes formaient, elle n'écoutait pas un traître mot de ce qu'ils se disaient. Elle entendait juste vaguement que la conversation était animée parce que le rire tonitruant de Sirius couvrait la plupart des autres discussions dans la pièce, mais elle ne pouvait moins s'en soucier.

Elle observait la porte qui menait vers le couloir en comptant le nombre de joueurs de l'équipe de James qui en sortaient. Elle était à quatre, et il en manquait encore cinq sans compter James. Sirius s'était plaint un peu plus tôt qu'il quittait toujours les vestiaires après tout le monde, et c'était la dernière chose qu'elle avait écoutée.

Un de plus, récita t-elle dans sa tête en voyant Fabian Prewett pousser la porte et rejoindre ses quatre autres camarades autour d'un verre. Elle ne quitta la porte des yeux que pour regarder s'il restait des filles de son équipe. Agatha était toujours là, mais elle était trop distraite par Mary pour faire attention à quoi que ce soit. Emmeline et Matilda étaient en train de rire avec Benjy Fenwick, Dirk Cresswell, Buckley Cooper, et Dave Goujon, mais elles étaient dos à la porte et si elle se débrouillait bien, elles ne la verraient même pas partir.

Et de trois, nota t-elle silencieusement quand Gideon Prewett, Howland Coopey, et Gilderoy Lockhart déboulèrent en se bousculant. Le dernier lui adressa un clin d'oeil, et elle reporta immédiatement son regard sur son propre groupe d'amis.

« Marly, je peux t'emprunter ton portefeuille pour me prendre un verre de vin blanc ? Je te rembourserai ce soir si tu viens à la maison, je n'ai pas pris le mien et...

- Prends, prends chérie, et ne me rembourse pas, c'est pour moi, la coupa t-elle avec un sourire bienveillant après avoir fouillé dans son sac et lui avoir fourré un gros portefeuille rouge dans la main. »

Elle savait que c'était sa propre façon de lui remonter le moral après son terrible match, et elle lui en aurait été profondément reconnaissante si elle n'était pas trop occupée à penser à son objectif principal. Elle s'avança vers le bar, feignant de chercher de la monnaie alors que sa quête était toute autre. Elle n'avait jamais de préservatif sur elle. Jamais, parce que les voir arriver à leur date de péremption la déprimait. Elle n'avait pas prévu qu'elle finirait par habiter en face d'un foutu être humain à la beauté scandaleuse et qu'elle ne saurait pas se tenir. Elle détestait à quel point elle était perdue. Il avait empoisonné ses yeux.

Elle déglutit. Marlène avait toujours des préservatifs dans son portefeuille. Toujours. Et cette fois ne fit pas exception à la règle. Elle manqua d'en faire tomber une énorme liasse et elle retint un rire tout en commandant son verre de vin au bar avant de jeter un coup d'oeil furtif vers ses amis. Quand elle constata que personne ne lui accordait la moindre attention, elle glissa discrètement l'objet du délit dans la poche arrière de son jean. Elle savait que Marlène aurait été plus que ravie de la dépanner si elle avait osé le lui demander, mais la discrétion était de mise, elle comprendrait.

Ludo Verpey poussa la porte du couloir au moment où une femme d'une quarantaine d'années posait un verre de vin devant Lily, mais elle ne la remarqua même pas. Elle jeta un rapide coup d'oeil vers Agatha qui était toujours captivée par Mary, puis en direction d'Emmeline et Matilda, dos à elle. Il était clair que personne ne se souciait de ses faits et gestes, et cela l'arrangea considérablement.

Elle se faufila dans le couloir juste au moment où James sortait des vestiaires à son tour, bon dernier, comme Sirius l'avait prédit, et elle se hâta dans sa direction, puis le repoussa à l'intérieur sans qu'il n'ait le temps de prononcer le moindre mot. La pièce était humide et chaude, embuée de vapeur, et un parfum boisé de gel douche lui envahit les narines. Elle referma rapidement la porte, et le « clic » sonore du verrou fut le son le plus libérateur qu'elle entendit ce jour là. La seconde d'après, elle se jetait littéralement sur lui pour l'embrasser.

Il ne s'y attendait pas, et il recula d'un pas avant de se stabiliser en laissant tomber son sac sur le carrelage blanc et de lui rendre son baiser avec le même empressement que s'il y avait autant pensé qu'elle. Elle sentit ses mains agripper sa taille, et l'instant d'après, il la calait contre le mur humide des vestiaires en l'embrassant comme si sa vie en dépendait, et elle n'était plus capable que de s'accrocher à ses épaules, à ses cheveux, et à ses bras, parce que ses jambes flanchaient et elle était positivement certaine que son cœur pouvait la lâcher d'un instant à l'autre.

« J'ai envie de toi depuis que j'ai mis les pieds dans cette salle, lui confia t-elle à l'oreille juste après avoir lâché sa bouche, et les doigts de James se crispèrent un peu plus sur sa taille. Je ne pense qu'à ça depuis la dernière fois, je...

- Laisse-moi t'enlever ça, s'il te plaît, Lily, s'il te plaît, la coupa t-il en tirant sur son pull, et son ton était si désespéré qu'elle s'entendit rire contre lui.

- Je ne t'ai jamais entendu être si poli, se moqua t-elle, et il poussa un soupir impatient qu'elle ressenti jusque dans ses entrailles. »

L'instant d'après, il faisait passer son pull par dessus sa tête, suivit de son débardeur, et elle retrouvait enfin sa bouche là où elle l'avait imaginée, là où elle lui avait manquée, contre la sienne, sous son oreille, son cou, ses seins et son ventre et c'était presque trop et pas assez à la fois. Elle l'interrompit juste pour le débarrasser de ses vêtements qui l'empêchaient de passer ses doigts sur ses épaules nues et son torse comme elle le voulait, et elle sentit les siens s'aventurer plus bas, jusqu'au bouton de son jean qu'il défit rapidement.

« Attends, attends, dans ma poche, souffla t-elle entre deux baisers. »

Elle sentit ses mains sur ses fesses alors qu'il semblait refuser de lui laisser l'opportunité de prononcer une phrase complète, et le simple fait qu'il aime l'embrasser autant qu'elle aimait l'embrasser la rendit positivement fiévreuse. Elle voulait savoir quel son étouffé sortirait de sa bouche quand elle glisserait sa main dans son pantalon. Elle voulait ébranler sa confiance en lui juste pour une seconde, juste pour le voir douter de réussir à se contrôler, et il lui sembla que c'était exactement ce qu'il se passa dans sa tête quand ses doigts s'enfoncèrent dans la poche arrière de son jean et qu'il referma sa main sur le préservatif qu'elle avait volé à Marlène.

« Depuis combien de temps est-ce que tu as ça dans ta poche ? lui demanda t-il en s'appuyant rapidement contre le mur, la respiration aussi inégale que celle de Lily.

- Littéralement cinq minutes, mais ça fait environs une heure et demie que je me demande comment m'y prendre pour le récupérer. Merci Marlène, ajouta t-elle rapidement.

- J'en avais dans mon sac, je... J'en ai, si jamais, bredouilla t-il. Lily, il faut que tu arrêtes de me regarder comme ça, je ne peux pas...

- Terminer une phrase ? se moqua t-elle, et elle inspira profondément quand ses yeux soutinrent les siens et qu'elle sentit sa main se frayer un chemin à l'intérieur de son jean. »

Il souriait comme s'il avait gagné, comme s'il savait qu'elle n'avait jamais autant pris son pied que lorsqu'il la touchait, et elle fut profondément perturbée pendant une seconde parce qu'il arborait la même expression quand ils travaillaient leurs cours et qu'il la corrigeait sur la moindre petite erreur qu'elle faisait. Objectivement, elle le détestait à chaque fois qu'il le faisait parce qu'il prenait cet air, cet horrible air arrogant et insolent qui lui donnait envie de lui claquer la tête contre la table, mais à cet instant précis, elle aurait commis toutes les erreurs du monde pour qu'il poursuive ce qu'il était en train de faire.

« Je pensais à ça quand tu es venue dans les vestiaires avant mon match, lui avoua t-il.

- Je pensais à ça à chaque fois qu'on s'appelait quand tu étais à Newcastle. Je ne sais pas combien de fois je me suis touchée en pensant à toi, répondit-elle, un peu mortifiée d'oser le lui admettre les yeux dans les yeux. »

Il ferma les siens et s'appuya un peu plus sur le mur derrière elle. Elle entendit un juron étouffé sortir de sa bouche et elle laissa échapper un rire parce qu'elle était à mille lieues d'imaginer que ce simple aveu aurait le même effet sur lui que ses doigts entre ses cuisses avaient d'effet sur elle.

« Est-ce que tu veux que je...

- James ! appela une voix ennuyée derrière la porte, les faisant tous les deux sursauter. »

Il resta contre elle, mais ses yeux bruns suivirent les siens et se figèrent sur la porte derrière laquelle se tenait son meilleur ami. Il tapa une fois et Lily vit James déglutir avant de se racler brièvement la gorge.

« Sirius, sérieusement, je n'étais pas là pendant un mois et tu t'en es très bien sorti, laisse-moi deux minutes ! s'écria t-il.

- C'est tout ? chuchota Lily en retenant un rire, et il haussa les sourcils d'un air suffisant qui détonnait avec son sourire amusé. »

Pendant un instant, il n'y eut plus un bruit, et elle se demanda pourquoi James ne reprenait pas là où ils s'étaient arrêtés... Jusqu'à ce que Sirius ne se mette à gratter à la porte. Quel genre de personne grattait à une porte ?! Clairement, son coach s'y attendait, et il poussa un soupir exaspéré. Sa main quitta son entrejambe pour venir se poser sur sa taille et elle lui manqua immédiatement.

« Sirius, laisse-moi m'habiller en paix, lui ordonna t-il.

- Peter et Rémus ne sont pas drôles ! Ils ne veulent pas boire avec moi ! gémit le jeune homme derrière la porte.

- Rémus conduit.

- Dis-lui que Mary et Marlène le suivront s'il commence, murmura Lily à James, les mains figées sur la ceinture de son pantalon.

- Paye quelque chose à boire aux filles. Mets tout sur ma note ! reprit-il avant de reporter son regard sur Lily, un peu désespéré. »

Il y eut un nouveau silence, et elle jeta un regard interrogateur à James qui répondit à sa question silencieuse en secouant lentement la tête de gauche à droite. Sirius était toujours derrière la porte, et Lily ouvrit les yeux en grand quand elle l'entendit chuchoter.

« Est-ce que Lily voudra quelque chose aussi ?

- … Non. Merci, répondit-elle en grimaçant.

- D'accord. Soyez tranquilles, je ne dirai pas au reste de l'équipe que la discussion d'après match a eu lieu sans elles et avec beaucoup moins de vêtement que d'habitude, reprit-il sur un ton moqueur et James prit une profonde inspiration.

- Sirius, tire-toi avant que je ne sorte.

- Hé ! Je m'apprêtais à vous proposer de surveiller la porte du couloir, mais je ne sais pas si j'en ai encore envie !

- Tu m'es redevable, intervint Lily sans le penser le moins du monde. Le papier toilette, ajouta t-elle rapidement, et un bref silence s'en suivit.

- C'est bon, c'est bon, je m'en occupe, vous pouvez copuler sans crainte.

- Et ne poste pas ça sur votre stupide groupe de conversation ! le sermonna James.

- … Tu aurais dû me le dire avant, l'entendirent-ils déclarer d'une petite voix. Bon, j'y vais, protégez-vous ! Non pas que je ne sois pas prêt à être parrain maintenant, c'est juste que...

- Sirius !

- C'est bon, c'est bon, je m'en vais ! »

James soupira lourdement et posa son front contre le mur froid des vestiaires, à côté de son poing serré dans lequel se trouvait toujours le préservatif que Lily avait subtilisé à sa meilleure amie, et il se passa une minute pendant laquelle ils restèrent silencieux, jusqu'à ce que la jeune femme ne se mette à rire contre James.

« Je te jure qu'il y a des jours où je le déteste, lui dit-il avec un bref sourire.

- Au moins, il surveille la porte du couloir, répondit Lily en se mordant la lèvre.

- Et je suis sûr qu'il est très bon là dedans, confirma t-il. Pete dit qu'il est la chose la plus proche d'un chien de garde qu'on puisse avoir.

- Alors...

- Alors enlève ce foutu jean, Evans. »