Auteure : Amanda A Fox
Manga : My Hero Academia
Couple : Dabi/Hawks
Genre : Aventure/Romance
Résumé : Après avoir été frappé tous les deux par l'Alter d'un inconnu, Hawks et Dabi se trouvent projetés dans une dimension parallèle où Hawks est journaliste célèbre et Dabi étudiant en médecine. Totalement dépassé par cette nouvelle vie, c'est à deux qu'ils cherchent à retrouver leur monde tout en enquêtant l'un sur l'autre.

Petit blabla introductif : Après pratiquement 3 ans de fan attitude pour ce fandom, j'écris enfin ma première fanfiction pour ce manga (il était temps !). Jusqu'à présent je n'avais pas eu beaucoup d'idée, et je m'étais satisfaite de toutes les superbes fanfics trouvées sur le net. Puis est arrivé le couple Dabi/Hawks, qui m'a transporté et qui est si riche. Alors voilà, j'ai pondu une fic !

Gare donc aux spoilers, même si je n'entre pas réellement dans les détails et que j'explore une certaine théorie que beaucoup doit connaître (aka, la potentielle réelle identité de Dabi).

Cette fic se déroule donc dans le canon, quand Hawks est le fameux espion. Je vous laisse donc découvrir par vous même, bonne lecture (:


To a better world

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Chapitre 1
Bienvenue dans ce monde de fou
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Hawks/Keigo Takami

Lorsqu'il regagna le sol, une pluie de feuilles et de crayons vinrent le rejoindre, et une cascade de café s'écoulant de la tasse renversée rata de peu son crâne aux cheveux blonds. Il rouvrit brutalement les yeux et prit conscience de sa position. Une chaise renversée trainait près de lui, et une multitude de paire d'yeux étaient tirée dans sa direction. Le silence après le boucan engendré s'installa au sein de ce qui lui sembla être un espace de travail commun.

Battant plusieurs des paupières afin de vérifier qu'il ne rêvait pas, les prémices de ses pensées qui s'étaient activées furent brutalement coupées par la mention de son nom de famille qui était loin de lui être familier :

« Takami ! Qu'est-ce qu'il t'a pris ? Tu t'es assoupi en pleine écriture ? »

Le concerné, toujours étalé au sol au milieu de feuilles et stylos, leva les yeux vers la main amicale qui lui était tendue, venant d'un homme en chemise blanche au sourire chaleureux. Depuis quand le commun des mortels utilisait-il son nom de famille ? Et surtout, avant autant de familiarité ? Les fans ou les reporteurs télévisuels ne s'adressaient à lui que par son nom de héros : Hawks.

Entrouvrant alors la bouche pour parler, il constata qu'il était à court de mots. Tout simplement parce que tout ce qui se trouvait autour de lui lui était inconnu. Il se redressa brutalement sur les fesses, secouant la tête dans tous les sens pour prendre conscience du panorama.

Il s'agissait en effet d'une grande salle de travail, aux bureaux blancs bien entreposés afin de faciliter les allées et venues et les projets groupés. Quant au personnel, toutes les paires d'yeux qui l'observaient paraissaient elles aussi intriguées par la scène. Tous habillés pratiquement de la même manière officielle, chemise blanche, jupe ou pantalon sombre, Hawks pensa avoir atterri au beau milieu d'une agence quelconque.

« Takami, tu es si pâle, est-ce que tout va bien ? »

Cette fois-ci, c'était une femme au carré parfaitement taillé, et aux yeux noisette inquiets qui vint s'accroupir près de lui, et déposa une main sur son épaule. Encore une fois, cette familiarité était peu commune pour Hawks bien que ce genre de chose ne le froissait en rien –parfois, il aurait aimé faire un doigt au professionnalisme-. Cependant, l'adresse de son nom de famille ne l'apaisa en rien. Quelque chose clochait définitivement.

Il laissa la jeune femme l'aider à se redresser tandis que derrière lui, on s'activait à redresser son siège, essuyer le sol et ramasser les crayons et les feuilles éparpillées. Tout en se frottant d'un air perdu le crâne suite à la scène qui se dessinait sous ses yeux, il ne put s'empêcher de penser qu'on devait beaucoup l'aimer ici aussi, tous semblait être à ses petits soins. Des fans ?

Non. Pourquoi utiliseraient-ils son nom de famille comme cela ? C'était une farce, une blague ? Mais dans quel but ? Il ignora son nom être encore prononcé par la jeune femme et ses probables collègues perplexes, et baissa les yeux afin d'inspecter son propre accoutrement. Lui aussi était dans le même attirail. Une chemise blanche aux manches retroussées, jean noir et basquets propres. Ce n'était définitivement pas le genre de look qu'il était habitué à porter, même lorsqu'il était en civil.

Il fronça les sourcils, et lâcha un « quoi… ? » inaudible, son cœur s'accélérant alors. Derrière lui, il entendit la voix d'un homme lui demander de s'asseoir, ce qu'il fit sans trop réfléchir. Même une fois assis, les yeux ne le quittaient pas, visiblement, plus les secondes passaient, plus l'incompréhension se lisait tout autour de lui.

Devant lui, se tenait un écran d'ordinateur ouvert sur un fichier Word. Le curseur clignotait lentement et attendait patiemment, comme ayant été arrêté en pleine action. Mais ce qui attira son attention, ce fut finalement quelques clichés imprimés collés sur le pied de la lampe ou bien les photos dans des petits cadres de couleur exposées près de la plante verte. Tout cela dévoilait son faciès dans des événements qu'il ne reconnaissait pas. Lui à la plage mais avec des personnes différentes, lui au bar, lui aux côtés d'un homme blasé aux cheveux roux, lui-…

« Respire, respire, » entendit-il vaguement.

« Allez chercher de l'eau fraiche ! » appela une autre voix plus inquiète.

Hawks détacha son regard des clichés pour détailler la foule qui s'était rassemblée autour de ce qui semblait être son bureau, mais ne reconnaissant aucune tête, et se mit à réfléchir plus profondément. L'idée du canular paraissait plausible, mais n'avait aucun sens. Ainsi, il chercha à se rappeler des dernières actions qu'il pouvait trouver avant d'ouvrir les yeux à même le sol de cet étrange endroit après être tombé d'un siège.

Doucement, des images se redessinèrent sous ses yeux. Un rendez-vous secret en tant qu'espion auprès du vilain Dabi afin d'en savoir plus sur son gang. Une routine habituelle. Puis une attaque surprise. Pas un héros, non. Une personne inconnue au bataillon. Peut-être un bad-guy aux idéologies éloignées. Puis il s'était allié avec Dabi pour le combattre. Et-…

Il se rappela avoir été frappé par une étrange lumière. L'Alter de ce bad-guy ?

« Où suis-je ? » tenta Hawks d'une voix enrouée.

Quelques regards se croisèrent et des chuchotements glissèrent dans la foule jusqu'à ce que la jeune femme de tout à l'heure lui sourit gentiment et prenne une voix douce et limpide :

« Au boulot, quelle idée. Tu n'aurais pas passé une soirée agitée, toi ? »

Elle rit aimablement, et quelques sifflements se firent entendre derrière lui. On tapa énergiquement son épaule en le chambrant. Certains cherchèrent à obtenir des détails croustillants mais Hawks ne répondit pas, son esprit traçant un chemin de pensées agitées et de multitudes options pouvant expliquer son problème.

« Tu as enfin utilisé tes bons pour le karaoké ? »

« Ou alors tu étais encore avec Todoroki ? »

Bon, quoi qu'il advienne dans cette folie, si par Todoroki il voulait dire Enji Todoroki, c'est que où que Hawks se soit foutu, Endeavor était quelque part. Cette petite mention raviva la flamme de son cœur et il quitta énergiquement son siège.

« Je bosse ici, c'est bien ça ? » lâcha alors Hawks en se désignant lui-même du bout du pouce, créant une autre vague de perplexité au sein de ses collègues.

« Euh, aussi loin que je me souvienne, tu as toujours bossé pour le Trafalgar, » lui répondit l'homme qui lui avait tendu la main précédemment.

Le Trafalgar ? Très bien, cet Alter l'avait donc rendu journaliste. Journaliste pour le Trafalgar, illustre journal, number One du Japon, la belle affaire. Et son statut de héros dans tout ça ?

« Et Hawks… ça ne vous dit rien ? » tenta ensuite le blond avec un brin d'espoir.

Quelques paires d'yeux vinrent se poser sur les ailes que portait heureusement toujours Hawks sur son dos, signe que son Alter n'avait probablement pas été modifié.

« C'est le nom de plume que tu te donnes pour écrire tes livres, » précisa une autre jeune femme d'une voix plus trainante, comme commençant à avoir de sérieux doutes quant à la santé mentale de son collègue. « Tu te serais pas tapé la tête en ta ramassant par terre, mec ? »

En plus d'être journaliste, Hawk était écrivain ! Mais où allait le monde. Certes, il avait toujours aimé lire, et cela depuis sa tendre enfance, et avant de souhaiter devenir un héros, dans sa jeunesse, il avait rêvé pouvoir écrire des livres et partager ses fantaisies. Ainsi, son rôle de héros était passé à la trappe. C'était aussi simple que cela.

Soudain, il fit sursauter la plupart de ses collègues lorsqu'il s'élança comme une flèche jusqu'à la fenêtre la plus proche. Il tira le battant, pressa ses deux mains contre le rebord de la vitre et l'air frais de l'étage faramineux de l'immeuble dans lequel il était perché vint rafraichir son visage et secouer ses cheveux. Il sentit que derrière lui, on l'avait suivi, et tous le scrutaient avec de gros yeux.

Mais Hawks ne s'attarda pas sur eux, et la balaya d'un œil expert les alentours. Il fut quelque peu surpris de voir que sa vue n'était pas aussi bonne que lorsqu'il était héros, mais ses pensées furent rapidement perturbées par ce qu'il apercevait là. Quelques bâtiments avaient changé. Ce n'était que des détails infimes, mais assez étranges lorsque l'on connaissait la ville et les gratte-ciels comme sa poche.

De plus, alors que l'image de All Might restaient peinturée ou affichée sur des panneaux par nostalgie et hommage un peu partout dans la ville, il ne trouva rien de tout cela. Seulement les panneaux publicitaires habituels de parfums, applications, marques de voiture…

« Qui est le héros numéro 1, ici ? » demanda Hawks en plissant les yeux.

« Toi, » répondit du tac au tac une personne derrière lui.

Son oreille frémit à cette entente et il osa un regard derrière lui, là où une bonne vingtaine de personne le regardait, incrédule, inquiète ou méfiante.

« Quoi ? Je suis… »

« Evidemment que non, banane, » coupa la jeune femme qui l'avait surnommé mec un peu avant. « C'est Edgeshot. T'es vraiment le pire journaliste qu'il puisse exister, haha ! »

Après son rire, une bulle de chewing-gum orange vint s'échapper de sa bouche et éclater non loin de lui. Edgeshot le numéro 1 du Japon ? D'accord, All Might avait pris sa retraite mais… Pas même Endeavor ? Ou Best Jeanist ? Qu'est-ce que ce fichu Alter avait fait à ville ?

Non, ce n'était pas la ville le problème… Mais lui-même. Car visiblement, tous semblaient appartenir à ce monde. Ce monde… Les yeux de Hawks s'écarquillèrent soudain. Il n'était clairement plus dans son monde. C'était un monde parallèle au sien. Son cœur rata un battement et il eut l'impression qu'on lui arrachait l'estomac et qu'on le jetait par la fenêtre tant la gravité vint lui agripper les tripes.

« Arrête de rire, Mikko, » riposta la jeune femme au carré parfait. « Pauvre Takami, assieds-toi, on va chercher l'infirmière en chef et… »

Mais Hawks n'écouta que son cœur et ni une ni deux, pressa fermement ses deux paumes de main contre le rebord de la fenêtre, élança ses jambes de l'autre côté et se laissa tomber dans le vide. Il entendit certains de ses collègues s'exclamer et d'autres crier, mais Hawks n'était en rien effrayé par les hauteurs. Il déploya élégamment ses ailes, et-…

Et…

« Merde. »

Tout comme sa vision, ses ailes paraissaient elles aussi moins entrainées, plus frêles. Il battit énergiquement des ailes, tentant de freiner sa chute, tentant avec espoir de voler.

« MERDE ! »

Bon sang, dans ce monde, il était un fichu journaliste, certainement pas un héros qui s'était entrainé d'arrache-pied dès le plus jeune âge pour un jour surpasser les meilleurs. Peut-être que ce Keigo Takami n'avait jamais eu à s'entrainer une petite fois dans sa vie !

Un cri suraigüe de détresse s'échappa de ses lèvres et le suivit dans sa chute –le genre de son qu'il ne pensait pas pouvoir lâcher-

Malgré son corps qui avait l'impression d'être un poids mort, il parvint à prendre un petit envol à peine quelques mètres au-dessus de la route, s'aidant de ses bras qu'il agitait comme des ailes tandis qu'il secouait vainement ses jambes. Ceci lui permit d'atterrir brutalement sur le toit d'un petit immeuble abritant un McDonald's, sans se casser quoi que ce soit, mais en roulant et roulant et roulant jusqu'au bout, avalant de la poussière au passage.

Il toussa brutalement une fois tout mouvement figé, et resta sur le dos un long moment complètement tétanisé par sa mort frôlée de peu. Puis un long soupir s'échappa de ses lèvres et il grogna. C'était vraiment pas gagné. Vraiment pas.

Il devait à tout prix retrouver le type qui l'avait foutu dans ce monde où il se la jouait journaliste de luxe. Et au vu de l'état actuel de son Alter, et sa solitude dans ce monde qui n'était pas le sien, un peu d'aide ne serait pas de refus… Il rouvrit les yeux et observa longuement le soleil haut dans le ciel.

Dabi avait été près de lui lorsque cette colonne de lumière l'avait touché. Le vilain était peut-être piégé dans la même merde que lui. Il avait besoin de le retrouver… Et vite avant qu'il ne se tue pour de bon par une connerie comme sauter par une fenêtre.

O

Dabi/Touya Todoroki

Se redressant brutalement en position assise sur un lit deux places, le livre anciennement déposé contre son visage afin de somnoler et se protéger de la lumière, vint regagner le sol dans un grand « bam ». Des yeux azur vinrent s'agiter, ne reconnaissant pas les alentours. Ou du moins… Son cœur se mit à battre fort. De plus en plus fort. Il connaissait cette chambre dans laquelle il venait de s'éveiller. Ou du moins, il l'avait connu.

Mais impossible. Dernièrement, il se rappelait être dans une ruelle malfamée aux côtés du soi-disant héros qu'il suspectait toujours mais qu'il testait dès qu'il en avait l'occasion. L'odeur de cette pièce était bien trop douce, bien trop nostalgique et douloureuse. Ce changement brusque lui donna presque la nausée, et il se pencha légèrement en avant, plaquant une main contre sa bouche.

Et là, quelque chose d'autre alarma son esprit, et tout son corps. Les points de suture et les brulures de son dos qui mangeait une partie de son ventre ne lui avaient pas envoyé des piques habituels de douleur lorsqu'il se penchait comme cela. Ses blessures profondes ne pouvaient pas avoir guérie, impossible. Ignorant le haut-le-cœur qui avait agrippé ses tripes, Dabi remonta le bas de son t-shirt, et un sursaut d'horreur vint frapper son cœur lorsqu'il remarqua que son ventre était vierge de toute marque. De toutes cicatrices.

« C'est quoi ce délire… ? » largua-t-il d'une voix moins assurée.

Et ses joues. Lorsqu'il parlait, malgré les nerfs brulés d'une partie de son visage, quelques muscles liés à la peau brûlée restaient éveillés et charcutés par les agrafes, ce qui avait toujours été porteur de petites piques de douleurs lorsqu'il parlait, souriait, riait... C'était devenu une habitude et ce manque n'était en rien passé inaperçu.

Une de ses mains tremblantes vint se diriger jusqu'à son visage, et le bout de ses doigts rencontrèrent la peau douce de ses joues, de son menton, sous ses yeux…

Brusquement, il s'extirpa du lit sur lequel il était assis, manqua de renverser la table de nuit près de lui, et se planta devant le premier miroir qu'il trouva. Un miroir à pied près de l'armoire qui lui renvoyait son reflet.

Pieds nus, en jean et en t-shirt blanc, Dabi faisait alors face à une tout autre personne. Ou du moins, une personne qu'il pensait morte depuis un long moment.

La seule et unique chose qu'il reconnut, ce fut ses propres pupilles, tant son visage avait été mutilé et que le temps lui avait fait oublier ses propres traits. De plus, il avait grandi, son visage avait un peu changé depuis son enfance.

Totalement paralysé, Dabi n'osa pas bougé. Il observait son propre visage, vierge de toutes traces de brulure, et ses propres cheveux non teint qui étaient désormais de la même couleur que ceux du père qu'il haïssait. Roux comme Endeavor.

Dans un moment de pure panique, de pure hystérie, Dabi enfonça brutalement son poing dans le miroir qui se brisa sous le coup, ne pouvant supporter cette vision. Ce faciès qui lui rappelait bien trop Endeavor. Ce corps qu'il n'avait jamais regretté. Enfin, presque.

Il retira prestement son t-shirt, et dans le reflet craquelé du miroir, vit que son torse et son cou étaient faits de peau blanche, rien de plus. Son souffle s'accéléra douloureusement et il recula d'un pas. C'était bien son corps. Il le sentait, bien que les sensations n'étaient pas les mêmes, loin de là.

Alors c'était ainsi qu'il aurait dû se sentir si son corps n'avait pas été maltraité et brûlé de la sorte suite à des entrainements trop poussés et à l'accident qui l'avait fait passer pour mort ? Trop absorbé par son reflet brisé dans le miroir, il ne remarqua pas le sang qui s'écoulait des jointures de ses doigts pour venir s'égoutter silencieusement sur le parquet.

Le parquet d'une chambre qu'il connaissait, oh que oui. Chambre dans laquelle son propre père l'avait nombre de fois enfermé, l'empêchant de voir sa famille, ses amis. L'obligeant à réfléchir, à se forger. À l'époque, cette pièce était dépourvue de tout jouet, de toute âme d'enfant. Mais à aujourd'hui, alors que Dabi reprenait peu à peu ses esprits, et détaillait la pièce des yeux, il vit que cette chambre avait une âme.

Des vinyles étaient accrochés au mur, ainsi que des posters. Une bibliothèque était remplie de livres en tous genres, le bureau, garni de photos de polaroid, de bouquins… D'une main tremblante, il prit le premier livre épais de la pile. Et tout comme le second, il s'agissait d'un ouvrage sur la médecine. Selon le logo de la couverture, il permettait de suivre la dernière année scolaire en école de médecine.

Comme s'il s'était brûlé, Dabi jeta brutalement le livre et fit presque la grimace alors que son cerveau commençait à comprendre petit à petit ce qui se produisait.

« Où est-ce que j'ai atterri, putain… ? »

Ce n'était tout simplement pas sa vie. Ni son corps. Enfin si. Mais non. Hâtivement, il partit en direction du placard qu'il ouvrit à la volée. Il jeta sur son lit de quoi cacher son apparence une fois à l'extérieur, par reflexe mais aussi, afin de dissimuler ce qu'il haïssait. Un pull col roulé noir –il grimaça à l'idée de porter ce truc ridicule mais en termes de pull c'était le seul truc potable dans l'armoire de son double-, une casquette, une veste à capuche, des lunettes de soleil. Il tomba même sur une boîte de masques chirurgicaux coincée entre les chaussettes et les boxers.

Avec deux chaussettes, il arrêta le saignement de ses phalanges et les enroula en tant que bandage. Mais avant de fermer le placard, à l'intérieur d'une des portes, un miroir carré attira encore une fois son attention. Sa main s'enserra douloureusement contre le battant de la porte, mais il ne détourna pas le regard et cette fois-ci, s'attarda un instant sur la peau de son visage.

Déglutissant, il sentit une tout autre sensation venir lui saisir la gorge. Une tristesse ? Un regret ? Une peine acide ?

Dabi haïssait son corps pour avoir été faible, ayant hérité du métabolisme de sa mère compatible avec un Alter de glace et donc, en parfaite contradiction avec son propre Alter. Mais il haïssait aussi son visage. Surtout ses yeux, ses cheveux. Tout ce qui lui faisait penser à Endeavor et qui pouvait pousser les gens à croire qu'il était le fils de cet homme.

Cependant… Plus d'une fois, suite à la société dans laquelle il était qui était porté sur l'apparence, la beauté, la perfection physique, il avait senti un tout autre dégoût naître pour les marques qui s'étaient installées à vie sur son corps. Ces cicatrices qui effrayaient nombre de personnes, les faisaient fuir, et qui attisaient la répulsion contre lui.

Alors qu'il avait l'air de paraître indifférent, quelque chose au fond de son cœur était en contradiction. Parfois, il aurait aimé lui aussi, avoir un visage comme les autres. Et que le fruit de son Alter ne l'ait jamais marqué à vie. Parfois, oui il le pensait. Rarement, mais ça arrivait. Surtout depuis que Hawks était entré à grands coups de pieds dans sa vie.

Pourquoi il pensait encore et toujours à ce poulet relou ? Irrité par le train de ses pensées qui l'avait une énième fois amené jusqu'à cet imbécile blond et des choses qu'il refusait de ressentir, il évita de justesse la destruction du miroir et claqua brutalement la porte du placard.

« Touya ! Est-ce que tu vas bien ? J'ai toqué plusieurs fois et-… »

Dabi se figea, bloquant sa respiration, alors qu'un garçon un peu plus jeune que lui, mais plus grand, pénétra dans la chambre, le visage anxieux, les cheveux blancs ébouriffés sur le haut de son crâne. Mais contrairement à ce qu'aurait pu penser Dabi, l'autre homme ne parut pas surpris par sa présence ici, et son expression inquiète s'intensifia.

« Tu es pâle comme la mort… » ajouta-t-il en faisant un pas en avant, mais une certaine avec précaution.

Natsuo. Son jeune frère. Mais Dabi fut incapable de répondre, ou même de fuir, par la fenêtre préférentiellement, et encore moins d'activer son Alter tant il était scotché par ce qu'il voyait là. Il avait croisé Shoto au camp lors du kidnapping de Bakugo et avait vu à la télévision quelques-uns de ses combats, mais pour ce qui était du reste de sa famille, Natsuo, Fuyumi et sa mère…

C'était l'Alter du type de la ruelle. Ce connard l'avait envoyé dans une dimension totalement ironique pour lui. Une dimension où il vivait sous le même toit que son frère Natsuo et probablement de sa famille tout entière.

Et bon sang… Natsuo avait réellement grandi. Il était même plus grand que Dabi maintenant, et si costaud. Dabi se prit même à se demander ce qu'il était devenu, et ce n'était pas bon du tout. Dans son propre monde, il avait réussi à couper tous les ponts, à ne plus penser à cette famille déchue, et à ne vivre plus que pour ses projets et la vengeance. Revoir l'un de ses frères était comme un coup de poignard acide au cœur.

Il n'avait pas de temps à perdre dans cette fichue dimension. Il devait agir. Retrouver ce type au Alter improbable, chercher des indices sur ce monde de fou, et retrouver Hawks si lui aussi avait été largué là sans prévenir. Ainsi, sans répondre à Natsuo, il se tourna vers le lit, et enfila sans attendre le pull, se préparant à affronter le nouveau monde.

« Qu'est-ce que tu fiches au juste ? » insista Natsuo en fronçant les sourcils. « Il fait pratiquement trente degrés dehors. »

« Pas besoin de ton approbation, » répliqua Dabi d'une voix dure, ayant du mal à croire qu'il avait une conversation avec son frère.

Au moment où il refermait sa veste, il vit que les yeux de Natsuo s'étaient reposés sur le miroir fissuré et que son expression avait à présent mué du côté de la panique.

« C'est… du sang ! » s'exclama Natsuo avec effroi. « Tu as frappé le miroir ?! »

Natsuo tenta une approche, et Dabi eut l'impression de faire un bon en arrière, se remémorant avoir déjà aperçu ce genre de regard terrorisé et mort d'inquiétude dans les yeux de son jeune frère. Comme par exemple lorsque Dabi revenait d'un entrainement intensif, brûlé, blessé et mutilé. Cependant, il se gifla mentalement, refusant de se piéger dans de tels souvenirs, et attrapa les lunettes aux verres teintés et le masque avant de passer en trombe près de Natsuo.

« Touya ! » répéta son frère.

Frère qui agrippa son bras avec force. Une poigne étant de pair avec la musculature proéminente de Natsuo.

« Ne m'appelle pas comme ça ! » s'écria Dabi avec force en tirant sans douceur sur son bras pour se défaire de son emprise.

Il ne laissa pas à Natsuo le temps de digérer ses paroles, car Dabi se tourna vers lui, et d'un geste de main habile, vint frapper l'arrière de la nuque du plus jeune afin de le faire tomber dans l'inconscience sans le blesser.

« Désolé, mais ce n'est pas mon monde, mon frère, » lui fit Dabi une fois que l'autre garçon eut rejoint le sol, assommé. « Tu n'appartiens pas à mon monde. »

Ignorant les tiraillements de son cœur qu'il pensait immunisé face à de telles situations, Dabi quitta sa propre chambre qu'il ferma derrière lui. En traversant le couloir d'une maison qu'il ne connaissait que trop bien, il s'arrêta devant l'une des fenêtres ouvertes qui donnait sur le joli jardin. Des éclats de voix l'avaient arrêté sur son passage, et ses yeux tombèrent sur deux personnes qui étendaient le linge en contrebas.

Shoto et Fuyumi. Tous deux souriaient et riaient malgré la tâche, sous le doux soleil. Le cœur de Dabi se serra à nouveau, si bien qu'il aurait aimé aller vomir, espérant recracher le reste de ses émotions faibles et futiles.

Il laissa derrière lui les rires de ce monde qui n'était pas le sien, et emprunta les escaliers. Il tira la capuche sur ses cheveux roux en espérant que celle-ci pourrait cacher leur couleur si jamais il tombait sur Hawks –loin de lui l'envie de dévoiler plus sur ses origines- et s'apprêta à mettre les lunettes sur son nez lorsqu'il se figea.

La cuisine était ouverte sur le salon située juste à côté de la porte d'entrée qu'il aurait souhaité atteindre. Cependant, son objectif fut bouleversé par la personne se tenant assise à la table de la cuisine à couper en rondelle des petits légumes et qui souriait doucement, même lorsqu'elle posa ses yeux sur lui.

« Eh bien que fais-tu dans cet accoutrement, mon garçon ? »

Cette douceur qui émanait d'elle. Il en avait parfois été témoin lors des moments de calme, et il les avait chéris. Cependant, Endeavor avait tant empoisonné l'esprit de sa femme et la vue de son propre fils déchiré intérieurement et extérieurement avait eu raison d'elle. Ainsi, cette vision qui s'offrait à lui aujourd'hui était…

« Soirée déguisée ? » demanda-t-elle, curieuse, en déposant le couteau près de la planche à découper.

Malgré tous les efforts du monde, Dabi eut du mal à garder une expression normale et à contrôler ses émotions. Merde, il avait intérêt à vite quitter cet endroit de fou. Si jamais il passait le pas de la porte et tombait sur Endeavor en train d'arroser les tulipes devant chez eux, à ce point-là Dabi ne savait pas s'il lui détruirait sans préambule la face avec son Alter ou bien exploserait d'un rire hystérique.

« Je sors, » fut alors l'unique réponse de Dabi qui parvint enfin à bouger, le cœur serré.

Il fit en sorte de ne pas croiser son regard et atteint la porte d'entrée, le cœur battant si fort, si vite.

« Tu sors voir Kei' ? » l'interrogea ensuite sa mère, qui selon le ton de sa voix, souriait toujours doucement.

« Qui ? » ne put s'empêcher de lâcher Dabi, la main contre la poignée de la porte.

« Tu es sûr que tout vas bien ? »

Merde. Parmi toute la famille, mentir et bouleverser le monde pour Rei Todoroki lui donnaient envie de vomir. Il ouvrit ainsi la porte, la gorge nouée, et prit une plus ample inspiration. Au moins, ici, sa mère était heureuse. Dabi s'arrêta, la main toujours sur la poignée et ajouta :

« Juste-… t'fais pas de soucis. »

De son côté, Rei parut un instant surprise, puis sourit doucement et hocha la tête.

« … Très bien. J'ai parfaite confiance, mon fils. »

Après avoir refermé la porte, Dabi pria pour ne plus jamais avoir à revenir ici.


Voilà un tout premier chapitre qui annonce de belles emmerdes pour nos deux protagonistes XD est-ce que ça vous a plu ? Des remarques à faire ? Surtout n'hésitez pas il me hâte d'échanger avec vous.

Je vous souhaite aussi une bonne rentrée à tous en espérant que ça ne soit pas aussi chaotique que l'année passée ^^ Kiss!