Origine; chapitre 3
Dans la berline qui le ramenait à son hôtel, Asami réfléchissait. Il savait qu'il était allé un peu loin. A vrai dire, il ne s'était pas vraiment contrôlé...il avait cette habitude de prendre ce dont il avait envie, et de ce baiser... il en avait eu envie. Point final.
Il sourit en écartant une mèche brune rebelle qui volait devant ses yeux. Le jeune homme lui plaisait, le goût de ses lèvres aussi.
Mais le principal était là, il allait devoir traiter avec le jeune homme. Il avait déjà entendu des rumeurs sur l'état de santé du patriarche de la famille Liu...Mais il se dit que le moment était enfin largement venu de profiter de cette faiblesse passagère de Baishe.
Il ouvrit son téléphone d'un geste sec, et appuya sur une unique touche.
« C'est moi. Il n'y aura pas de problèmes. Préviens les. »
Un sourire carnassier étira ses lèvres.
Fei long de son côté était en proie à une véritable crise de rage.
Il avait encore vidé deux chargeurs supplémentaires sur cette porte qu'avait franchie le yakuza.
«QU'IL CREVE! » hurla-t-il.
Ses hommes, rassemblés dans un coin de la pièce, se tenaient à une distance respectable. Ils se regardaient sans comprendre.
Fei long maudissait sa jeunesse. Comment avait il pu ainsi relâcher sa garde en présence d'un des hommes les plus redoutable d'Asie? Il savait parfaitement que dans ce petit jeu de dominant/dominé, il avait échoué lamentablement. Il avait cru pourtant, qu'il arriverait à tenir la distance, il se savait habile manipulateur, fin stratège..
Le chinois respira profondément.
...
"Laissez-moi." ordonna-t-il sèchement, et tandis que ces hommes quittaient la pièce, Fei long s'enferma dans la salle de bain.
Il pressa son front fiévreux contre le verre poli du miroir et ferma les yeux. Il se savait jeune...si jeune. Il ne pouvait pas s'empêcher d'éructer de rage et de honte, cela le rendait fou.
Il se déshabilla rapidement avec des gestes rageurs, et entra sous la douche. L'eau brûlante ne l'aida pas à se calmer, au contraire. Appuyé de ses deux mains contre le mur humide, il laissa la colère et de frustration couler le long de son visage . Patience... maintenant, il savait quel était le point faible du yakuza.
Fei long ne pu réprimer un rire nerveux. Pourquoi fallait il qu'il tombe sur pareil regard, ces yeux qui semblaient lire son âme elle même, comprendre ses désirs les plus inavouables?
Voila, on y était;
Il n'avait pas supporté cet instant où le japonais l'avait si facilement soumis, parce qu'il s'était surpris à gémir de plaisir au lieu de le remettre froidement à sa place.
Ivre de rage et de désir, il se laissa lentement glisser sur le sol, ses long cheveux noirs d'encre ruisselants jusqu'au bas de ses reins. Il passa lentement ses doigts fins sur ses lèvres entrouvertes, cherchant le goût de celles d'Asami. Et lentement, très lentement, il laissa son autre main descendre contre son ventre.
A quelques kilomêtres de là, le yakuza fumait cigarette sur cigarette. Installé sur le lit inutilement vaste de sa suite, une serviette nouée autour de la taille, il repensait au gamin, à ses cheveux de soie...à la chute prochaine de Baishe.
Fin du chapitre 3
