Origine; chapitre 5


" Vous savez tout de moi..." sourit finement Asami en prenant le verre.

Fei long le regarda sans comprendre.

...

Ils étaient assis l'un en face de l'autre, dans de vastes fauteuils de cuir noir; et ll suffisait d'un coup d'oeil à la pièce pour voir que Fei long et cette couleur semblaient particulièrement liés. Le jeune chinois lui-même paraissait respirer les ténèbres, tant l'effet produit par ses cheveux de jais et ses yeux froids était saisissant.

Il en fallait bien plus pour déstabiliser Asami, qui était dans son plus parfait élément. Il avait l'alcool, il avait la proie, et il avait le risque...Manquait peut être un soupçon de mise en scène. Il porta alors son verre à ses lèvres, et dans l'éclat de ses yeux d'ambre, Fei long vit un instant ce prémisse du plaisir, cette lueur d'envie.

Il entrouvrit les lèvres à cette invitation muette, et un frisson de désir électrique parcouru sa peau. Il se mordit aussitôt la lèvre, furieux contre lui même, et serra les poings.

"J'aimerais que cette question soit réglée brièvement, commença t-il. Votre organisation à des vues sur le trading d'armement que Baishe gère depuis la province de Jiin jusqu'à Hainan. Est-ce exact?"

"Pas exactement" répondit Asami en posant délicatement son verre sur la table basse. Je ne cherche pas à m'approprier ce qui appartient à d'autre, et les motifs de ma présence sont bien plus...subtils.".

Il poursuivit: "..Le fait est que le trafic que nous gérons personnellement, du port de Shanghai jusqu'à Macao, rentre de plus en plus en concurrence avec le votre depuis que Baishe a renforcé ses marchés en Asie du Sud-est. Vous aurez remarqué que votre expansion sur cette partie du territoire attire plus d'un curieux. Je n'ai pas l'intention de faire les frais de votre manque de discrétion dans ce domaine. Suis-je obligé de vous dire que j'ai déjà dû m'impliquer dans cette affaire..." les yeux d'Asami se rétrécirent alors qu'il se penchait légèrement en avant.

"Il n'est pourtant pas dans mes habitudes de palier à l'incompétence des triades."

Fei long ne se laissait pas démonter par l'assurance froide du yakuza. On était revenu dans le cadre de sujets qu'il maîtrisait parfaitement.

"Je comprend votre position," fit il calmement en portant un verre de cristal à ses lèvres, J'irais même jusqu'à dire que je partage votre point de vue, sur un plan strictement personnel."

Le chinois se servit tranquillement un verre avant de poursuivre;

"Je parlerais sans détour, Asami Ryuichi. Le sujet qui vous occupe possède des ramifications bien plus importantes qu'il n'y parait. Vous avez manifestement compris que Baishe est en état de faiblesse, depuis le retrait forcé de mon père. Or la querelle pour la succession, bien que n'ayant officiellement pas encore lieu d'être, est déjà bien réelle...Je ne m'en réjouis pas, pas plus qu'il n'y a de raison de s'affliger. Néanmoins...Vous connaissez mon frère, n'est ce pas?"

Le jeune homme scrutait le japonais, le mettant au défi de donner une autre réponse.

"En effet. Malheuresement." fit Asami d'une voix neutre.

A sa grande surprise, Fei long partit dans un éclat de rire, ses prunelles noires étincelantes de malice.

"N'étant pas l'aîné, je n'ai officiellement aucun droits sur la succession de Baishe. Mais officieusement, mon frère et ses méthodes ne font pas l'unanimité.

Votre problème est dû à sa décision irresponsable d'accroître l'importation massive d'armement militaire russe, depuis Vladivostok jusqu'au Cambodge. Et malheureusement, nous ne sommes pas à l'abri, vous comme moi. Saturer le marché ainsi attire les yeux des autorités sur nos affaires beaucoup plus que je ne le souhaiterai."

Les yeux ambre d'Asami se rétrécirent. Il avait très bien compris les sous-entendus du discours de Fei long, et son audace l'étonnait. Il ne s'était pas attendu à ça. Il laissa ses lèvres s'étirer en un fin sourire.

"Ça serait avec un immense plaisir que j'écouterai votre proposition..." dit il.

Fei long eu un léger rire. Il aimait discuter d'égal à égal avec le yakuza. Le chinois avait toujours été un maître dans l'art de la manipulation, et traiter avec un partenaire qui ne s'en laissait pas conter le faisait frémir d'excitation.

C'était assez rare pour que l'adrénaline se répande en lui comme une douce drogue. Le regard inquisiteur du yakuza l'incitait à aller droit au but.

"Je n'approuve pas cette gestion inconsciente de Baishe. Pour le bien de l'organisation, je compte reprendre la succession de mon père."

...

Le ton du jeune chinois était implacable, comme si sa décision avait été le fruit d'une longue réflexion.

"Si mes intérêts s'en trouve avantagés, je ne saurais m'y opposer..." répondit simplement Asami, "...et je comprend parfaitement que vous réclamez mon aide, en échange d'une gestion commune du marché de la côté Est."

Fei long sourit en remplissant une nouvelle fois leurs verres.


Asami regardait le liquide ambré se déverser lentement dans le verre de cristal ...Il serait intéressant de savoir si le jeune chinois tenait l'alcool...

Une rumeur se fit soudain entendre au premier étage. On entendait des éclats de voix, et des bruits de luttes étouffés. Asami se leva d'un bloc, oubliant toute réserve pour sortir son Beretta d'un geste vif. Fei long avait bondit, se précipitant vers la baie vitrée.

Des coups de feux se firent entendre et tout d'un coup une violente explosion ébranla le bâtiment, projetant les deux mafieux à terre et faisant voler en éclat les vitres du bureau.

Asami entendit Fei long jurer en mandarin; la main entaillé par les éclats de verres éparpillés. Le yakuza se leva et voulu s'approcher du trou béant laissé par les fenêtres brisées, mais le jeune chinois, fébrile, lui saisi violemment le bras et le força à le suivre.

"Suis-moi."

Asami fronça les sourcils, et l'interrogea du regard.

"Il va falloir écourter cette réunion."

Fei long entraîna le japonais jusque dans l'immense bibliothèque qui donnait sur sa propre chambre. Asami tenait l'entrée en joue, tandis que Fei long mettait à jour une ouverture masquée par un pan de mur. Des coups de feu et des cris semblaient provenir du couloir, et quand l'ouverture cachée se fût refermée derrière eux, ils entendirent clairement la porte de la suite voler en éclat.

"Chaque rencontre avec vous est une merveilleuse aventure..." remarqua le yakuza, cynique.

Pour toute réponse Fei long lui lança un regard meurtrier.

Suivant l'étroit couloir, ils débouchèrent à l'arrière du bâtiment, dans une ruelle sombre où une berline noire semblait les attendre. Fei Long jura et écarta d'un geste vif un pan de sa longue tunique, dévoilant le 9mm qu'il portait sur le haut de la cuisse.

Asami, qui s'était souvent demandé où le jeune chinois pouvait bien cacher une arme en portant ses magnifique cheongsam, trouva la solution à la fois audacieuse et particulièrement érotique. Il retint cependant le bras du jeune chinois, qui allait mettre en joue la berline et ses occupants.

"Qu...!"

Mais le yakuza ne lui laissa pas le loisir de continuer, et, le traînant par le poignet le propulsa sans cérémonie sur la banquette arrière. Kirishima leur jeta un regard depuis le rétroviseur; et sur un signe imperceptible d'Asami, démarra.

"J'exige des explications!" gronda Fei long, hors de lui.

"Que dois je déduire lorsque l'un de vos hommes vous attend, prêt a fuir, et que dans le même temps on attaque une de mes résidences?! Dois je conclure que vous êtes responsable?"

Le jeune chinois était fou de rage. Il détestait l'imprévisible, il détestait que l'on contrarie ses plans et là, à l'instant même, il fallait qu'il frappe quelqu'un. Il fallait qu'il explose un crâne. Et avant même qu'Asami n'ai ouvert la bouche, il propulsa son poing dans la mâchoire du yakuza.

Il devait se dire plus tard que ç'avait été l'une des plus mauvaises décisions de toute son existence.

...

"Si certain ici voulaient arrêter de se conduire comme des morveux en bas âge, nous pourrions peut être reprendre une discussion d'adulte." D'une main, Asami avait arrêté net le bras de Fei long, Mais là, le chinois l'avait passablement énervé.Le yakuza était grave, autoritaire; leurs visages n'étaient plus qu'a quelques centimètres l'un de l'autre.

"Je ne suis pas responsable." martela-t-il en lacérant le jeune chinois de ses prunelles ambrées. "Cette voiture était une sécurité personnelle."

"Dans ce cas je vous ordonne de me lâcher!"

Plus le jeune mafieux essayait de dégager son bras, plus Asami semblait prendre plaisir à affirmer sa prise.

"Est ce que ça ne vous rappelle pas de tendres souvenirs...?" répliqua le japonais, un sourire au lèvres.

"Allez au diable!"

"C'est un vieil ami."


Un silence de plomb régnait dans l'habitacle. Asami fumait, et Fei long était en proie au plus grand désarroi.

Le jeune chinois avait compris qu'il devait compter sur l'aide du yakuza, du moins pour découvrir le fin mot de cette histoire. L'attaque l'avait surpris. Un traître? Un rival? Son propre frère? Même la catégorie "amant éconduit" lui traversa l'esprit, et il réprima un rire nerveux.

Il savait qu'il n'était plus en sécurité à Hong Kong. Si son agresseur s'en était pris a lui précisément au Genesys, c'est qu'il était fort au fait de ses déplacements...Il se dit avec dépit que ses autres adresses étaient probablement elles aussi sous surveillance.

Retourner dans le manoir familial? Si son frère était l'instigateur de l'attaque, ce qui était fort probable, c'était se jeter en pâture.

Asami en était arrivé aux mêmes conclusions, à cela près qu'il considérait que lui même aurait pu aussi être la cible. Ce soir, il emmenait le jeune homme dans un de ses appartements, et espérait simplement que le chinois ne ferait pas d'histoires. Fei long était jeune, pas stupide; il n'avait pas d'autre alternative, et il le savait. Cependant, nerveux, affaibli, l'idée de passer une nuit aussi proche du yakuza le rendait fébrile.

...

La berline s'arrêta devant un immeuble luxueux de grand standing, Kirishima se précipita pour ouvrir la porte à son patron; les deux mafieux sortirent, révolvers au poing et sens en alerte et pénétrèrent dans le bâtiment. Asami se tourna vers Kirishima et lui parla un moment à voix basse; il n'avait pas énormément d'hommes à Hong Kong, mais cette nuit il tenait à protéger le jeune chinois du mieux qu'il le pourrait. Il savait que tôt ou tard, Liu Fei long serait un puissant allié. En théorie.

Se tournant vers lui, il lui fit signe de le suivre.


Ils parvinrent au dernier étage sans un mot ni un regard. Fei long était pâle, et perdu dans ses pensées.

Le bras d'Asami le retint alors qu'il s'apprêtait à appuyer sur l'interrupteur.

"La baie vitrée." expliqua laconiquement le yakuza.

"Je vois."

...

Le jeune chinois se demandait si la situation pouvait être pire. Une tension palpable existait entre eux, que l'obscurité rendait plus profonde et plus dérangeante. A travers l'immense panneau de verre, Fei long laissa son regard errer sur la ville. Il la connaissait comme personne, et savait que chaque pièce y était disposée selon ses ordres.

L'attaque l'avait rendue vulnérable...Pour la première fois, quelque chose avait échappé à son contrôle.

Non... Pour la deuxième fois, en fait.

Frustré, humilié, il serra les poings. Sentir ses ongles effilés pénétrer la chair lui faisait curieusement du bien et l'aidait à réfléchir, quelques gouttes de liquide chaud s'écoulant lentement entre ses doigts. Il bénissait l'obscurité, qui cachait son visage défait par une fureur qu'il ne pouvait réprimer.

Asami s'approcha à son tour.

Il tendit délicatement un verre à Fei long, tandis qu'il portait une de ses éternelles cigarettes à ses lèvres. Mais le jeune chinois détourna la tète.

"Opium..." murmura-t-il doucement.

Le japonais laissa son regard scruter les prunelles noires.

"De l'opium...Auriez-vous de l'opium?"

Asami sourit, et d'un signe de tête désigna un petit meuble discret. Fei long ferma les yeux.

"Fumerez-vous avec moi?"

"Avec plaisir."


Le chinois avait manifestement un art consommé de cette science.

Il fit chauffer lentement la résine brune sur de fines aiguilles, les lueurs rougeâtres illuminant son visage pâle et ses cheveux. Il semblait apprécier le parfum lourd et entêtant qui commençait de se répandre autour d'eux.

Asami le regardait. Il ne pouvait s'empêcher de rester sur ses gardes, même si l'immeuble était pour le moment aussi bien gardé qu'une chambre forte. Son protégé semblait particulièrement ébranlé par les évènements, et son assurance tranquille de génie stratégique avait disparue. Asami n'avait plus devant lui qu'un jeune homme de vingt et un ans, aussi dangereux soit-il... et assis dans la pénombre, il le contempla longuement.

Il s'agissait de la plus belle créature qui ai jamais croisé sa route, et de loin. Jamais jusqu'alors il n'avait rencontré une telle perfection, et encore maintenant, alors qu'il était en position de faiblesse, sa beauté était à couper le souffle. Cette alliance si subtil de finesse, d'élégance et de puissance lui avait fait éprouver pour lui un violent désir, que le yakuza comptait bien assouvir sur le champ.

Fei long avait placé la résine dans l'extrémité creuse de la longue pipe en bois laqué et aspira longuement, à plusieurs reprises, laissant ses yeux se troubler peu à peu.

Étendu sur le sofa, il tourna légèrement la tète en tendant la pipe à Asami.

"Vous avez un goût très sûr..." murmura-t-il en exhalant doucement la fumée bleue.

"Toujours." répondirent des lèvres qui se refermèrent sur les siennes.


Le jeune mafieux ne songea même pas à refuser le baiser, et laissa le yakuza glisser lentement sa langue entre ses lèvres. Il l'avait attendu, il en avait besoin. Et dans les sombres volutes d'opium, tout devenait licite.

Il rendit son baiser à Asami, enserrant sa nuque de ses doigts. Ses lèvres étaient à se damner, douces, sensuelles...Fei long y sentait le gout du sang, comme le fantôme de morsures bien plus cruelles. Parcourir ainsi son corps, le velour de sa peau...Leurs bouches se rejoignirent, Asami laissant doucement sa langue chercher le gout opiacé.

Le yakuza sourit, et d'un geste vif souleva le jeune chinois.

Il le porta ainsi jusque dans la chambre, Fei long à demi conscient glissant ses bras autour de son cou. Il gémit lorsqu' Asami libéra ses lèvres, et l'allongea sur le lit. Sentant le corps puissant couler sur lui, le jeune homme le retint.

Infiniment désirable, les lèvres entrouvertes, il voulait savourer longtemps son plaisir. Il aimait torturer ses amants au moins autant qu'Asami.

Il passa lentement ses doigts sur ses lèvres rougies par les baisers. Un éclair de désir violent fit étinceler les prunelles d'or, mais Asami n'était pas si facile à manipuler, et se retint, continuant d'observer sous lui le jeune chinois. Fei long esquissa un sourire, sa main droite détachant un à un les liens du cheongsam noir. Peu importait la volonté du yakuza, il le rendrait dépendant comme les autres... alors il écarta lui même la soie, dévoilant un torse finement musclé comme une offrande

Il interrogea du regard Asami, qui n'avait pas esquissé un geste.

"Ca ne marchera pas cette fois, Fei long."

Le chinois le regardait, les yeux troubles. Il sentait le désir le submerger par vagues, toujours plus violent, toujours plus impérieux, et la présence d'Asami qui le chevauchait stoïquement commençait à affoler chacun de ses sens. Le yakuza le torturait juste assez pour le faire frémir, mais semblait rester insensible face à ce corps lascif qui s'offrait à lui.

Fei long gémit en tentant d'agripper un pan de la chemise du yakuza.

"Hmm?"

"Viens.".

"Plus gentiment."

Asami laissa ses doigts experts remonter lentement sur le torse du jeune homme, qui tressaillit.

"Alors?"

Fei long serra les lèvres.

"Je ne supplierai jamais personne." murmura-t-il.

"Nous verrons"


Le yakuza scella ses lèvres d'une violente morsure, et Fei long se cambra.

D'un geste fébrile il agrippa la chemise du yakuza, arrachant plusieurs boutons. Ses lèvres brulantes pressées contre les siennes, ce souffle chaud et puissant dans son cou le rendaient fou de désir. Le japonais laissa glisser le tissu déchiré le long de ses épaules, se laissant à son tour admirer. Il avait un torse harmonieux, musclé, et Fei long gémit en le parcourant du bout des doigts.

Asami le débarrassa rapidement du pantalon de soie noire, après avoir fait glisser les lanières de cuir qui retenait son révolver sur le haut de la cuisse.

Fei long se mordait les lèvres, rejetant sa tète en arrière car les pantalons chinois n'étaient pas faits pour être portés avec des sous-vêtements, et il se retrouvait nu sous les caresses d'Asami. Il agrippa fébrilement les hanches du yakuza, sa ceinture qu'il ouvrit avec des gestes violents, le pantalon, le boxer noir.

Il respira profondément en sentant enfin le corps de son amant contre le sien.

Asami parcourait lentement ses formes fines, lisant sur son visage quels endroits seraient à même de le faire crier de plaisir. Fei long se cambra en gémissant lorsque le yakuza saisi les mamelons entre ses doigt.

« Oui.."

Avec un sourire, Asami glissa une main sur les reins du jeune homme, et la fit lentement descendre. Il s'amusait de ce regard sauvage et enfiévré, encore troublé d'opium. Il se dit qu'il n'arriverait peut être pas non plus à se retenir très longtemps...

Il pénétra son amant d'un de ses doigts, s'attendant à le voir se cambrer et gémir, une fois de plus. Mais Fei long posa une main sur son bras

« Non...»

Les yeux noirs pouvaient être autoritaires même pendant l'amour, pensa Asami, amusé. Mais peut importe; ce soir, il ferait selon son bon plaisir.

"Laisses toi faire, gamin" murmura-t-il, un sourire aux lèvres.

Il commença à bouger lentement, un doigt puis bientôt deux, guettant le plaisir qui submergeait par vague les yeux noirs.

"Aaah..."

"C'est ça."

C'était bon. Fei long sentait le désir lui labourer le ventre; et plus le yakuza prenait son temps plus ses sensations devenaient électriques, fulgurantes. Il commença à onduler comme un félin, gémissant d'impuissance et de trouble.

"Tu es beaucoup plus docile dans un lit, toi.." ricana Asami.

Fei long le regarda d'un air de défi et voulu répliquer, mais le yakuza étouffa toute protestation en retirant ses doigts, pour le pénétrer enfin violemment. La douleur ferma un instant les yeux du chinois qui réprima un cri, tandis qu le yakuza transperçait ses ultimes barrières. Il se pencha sur lui et l'embrassa longuement pour le distraire de sa douleur, qui commençait déja de se fondre en ivresse.

Sans s'en apercevoir sans doute, Fei long parlait en mandarin pendant l'amour, et le yakuza adorait ça; lui faire perdre le contrôle, irrémédiablement.

"Salaud...arrête..."

Asami sourit, le dos du chinois plaqué contre son torse, et entama un va-et-vient lent et profond, sentant sur sa joue et son cou la longue chevelure d'ébène. Il y respirait le parfum de l'opium, et celui, plus subtil, de la nuque de son amant.

"Du thé"...pensa-t-il, amusé.

...

Fei long était complexe, et ses réactions imprévisibles. Il luttait, préférait s'entailler les lèvres plutôt que de s'abandonner entièrement. Asami sourit à cette idée et ses doigts remontèrent le long des cuisses du chinois, qui, hors d'haleine, sentit un filet de sang perler de sa lèvre ouverte.

Le yakuza laissa sa langue en suivre le cour, pour atteindre la jolie bouche qui murmurait son nom.

Comment pouvait-on être si féminin et lascif pendant l'amour?

Il laissa sa main droite négliger le torse offert, et la fit glisser lentement sur le ventre brûlant du jeune homme. Lorsqu'il prit son sexe dressé entre ses doigts, il senti une nouvelle fois le chinois se cambrer contre sa poitrine.

« ...Asami, je... »

Le yakuza le ressentait, lui même au bord de l'abandon. C'était bon. C'était exquis. Leurs corps se mariaient merveilleusement bien pour une simple première fois, et leur désir l'un pour l'autre rendait le moindre contact de leur peaux aussi électrique et délicieux qu'un alcool.

Leur première nuit ensemble fut ainsi, réunion de deux volontés terrifiantes dont la digue s'était rompue. Ils avaient assouvis une pulsion animale, instinctive, en se moquant des conséquences et du lendemain... Les mouvements d'Asami devinrent plus rapides, plus denses, et il agrippa les longs cheveux noirs.

« Tu as ma permission. »

Le corps de Fei long se tendit, sa tète bascula. Il cria son plaisir comme jamais il n'avait crié de sa vie, et d'un dernier coup de rein, Asami le rejoignit dans la jouissance.


Dans les draps humides, le chinois haletait faiblement, épuisé. Le yakuza posa sur lui ses yeux d'ambre.

« Qui es tu, Fei Long..» demanda-t-il, un léger sourire aux lèvres.

Le jeune mafieux ferma les yeux:

«Je ne sais plus. » murmura-t-il.