Origine 24
Park SunHyoo arriva à Hong Kong une nuit de mai. La chaleur et le parfum qui régnait le soir dans les rues invitaient à la douceur de vivre, et à la langueur des villes océanes.
Il était parti de Séoul 2 jours plus tôt, empruntant plus que de coutume des itinéraires longs et complexes, car Park SunHyoo ne voulait pas être retrouvé. Arrivé par bateau dans l'immense baie qui ouvrait sur l'océan pacifique, le jeune coréen sentait avec délice le vent marin lui fouetter le visage.
Il était grand, 25 ans environs, et portait ses cheveux enroulés en chignon à l'arrière de sa tête; seules quelques mèches s'en échappaient pour voler au grès du vent devant ses yeux noirs.
Son visage était fin, et halé par le soleil; les pommettes saillantes, les yeux en amandes, les lèvres délicates à la courbe sévère.
Il était habillé simplement, d'un jean noir et d'un débardeur blanc qui faisait ressortir sa peau mate et les courbes de son corps; il aurait pu être n'importe qui, mais Park SunHyoo était avant tout un fuyard.
Sur le quai, il jeta un regard suspicieux autour de lui avant de remettre ses lunettes de soleil et de s'enfoncer dans la ville. Il ne possédait en tout et pour tout qu'un simple sac de voyage en cuir, qu'il avait jeté négligemment sur son épaule à la manière d'un touriste, un 9mm enroulés dans un tissus, et plus de 10 000 dollarsUS dans la poche intérieure de son jean.
Sa démarche était lentement chaloupé, comme quelqu'un qui avance au son d'une musique intérieure; et apportait une touche finale à cet étrange personnage; et comme tout ceux qui ne voulaient pas rendre de comptes, ses pas le menèrent tout naturellement dans WanChaï.
Il ne cherchait pourtant pas de compagnie ce soir là, mais plutôt du travail; et arrivé devant l'entrée du quartier des plaisirs, Park SunHyoo sû que ses pas l'avaient mené à la bonne adresse.
Le coréen repéra rapidement ce qu'il cherchait, un petit rade où l'on servait les bières à la pinte, et ou se retrouvaient marins, hors la loi, prostituées et mauvais garçons.
Personne ne fit attention à cet étranger lorsque le jeune coréen pénétra dans le bar, peu importait vos origines dans WanChai, du moment que vous y mettiez le prix.
Installés au comptoir, la tête rentrée dans les épaules, Park SunHyoo commanda une bière d'un simple signe de la main. Le barman la posa devant lui de mauvaise grâce, avant de laisser son regard errer vaguement sur le nouvel arrivant.
"Z'êtes nouveau, vous." constata-t-il mollement.
"..."
"Oh, pas un bavard. Ca va."
Le barman fit mine de s'éloigner mais revins aussitôt, essuyant sans y penser un verre sale.
"Qu'est ce qui vous amène ici?"
"Le hasard." répondit le coréen, dans un mandarin parfait ou perçait malgré tout un fort accent.
Le patron le regarda d'un air entendu- "Oh je vois. Vous aurez bien du boulot, allez, avec une p'tite gueule comme la votre." fit il en hochant la tête.
SunHyoo resta silencieux un moment, et finalement pris la parole.
"Dites moi, qui gère cet endroit?"
"Quoi..C'est moi bien sur!" fit le patron d'un ton offensé.
"Non, ce quartier. Qui dirige cet endroit, WanChai?"
Le patron resta silencieux, jaugeant le jeune homme des pieds à la tête.
"Pourquoi vous posez ce genre de question, hein..."
Le coréen sourit, un instant seulement.
"Je ne suis pas de la police, je cherche du travail. Je pensais que la personne qui gère ce quartier pourrait être intéressée par mes...services, c'est tout."
"Z' êtes un drôle d'oiseau, répondit le barman, le regard soudain suspicieux. Faudrait pas viser trop grand, si vous voyez c'que j'veux dire."
"hmm..ah oui?"
"Cherchez plutôt qui possède cette ville, vous saurez qui possède ce quartier. Et maintenant dégagez d'ici on ferme."
Le patron avait prononcé cette phrase d'un voix tranchante, bien différente du ton maussade qu'il avait affecté auparavant. Ses yeux brillaient dans la pénombre, et Park SunHyoo eu un sourire.
"Je vous remercie" dit il en laissant un billet de 100$ sur la table.
Quelques heures plus tôt, le même jour
Le jeune japonais s'était réveillé seul ce matin, encore nu dans la chambre que Fei long semblait avoir quitté depuis longtemps. Qu'aurait il fait d'ailleurs, qu'aurait il dit à son amant au matin de leur première nuit? Akira poussa un soupir en enfoui sa tête dans l'oreiller à côté de lui. Il y sentait l'odeur encore puissante du chinois, masculine, aux senteurs de thé noir. Dieu qu'il aurait été bon de s'y abandonner à nouveau.
A 8h précises, il prenait son poste au côté de son maître sans un mot, sans un regard, tandis que comme chaque matin le manoir se réveillait autour d'eux. Des cuisines à la salle d'arme, des combles à la vidéo surveillance, tout reprenait vie dans une espèce de routine tranquille.
Rien n'avait changé, et pourtant cette nuit, Fei long et lui étaient devenus amants.
Comme si ils avaient eu la même pensée, ils se regardèrent brusquement, encore surpris d'en être arrivés là. Fei long alors enfouis son visage dans ses mains, et eu un léger rire, presque nerveux.
« Akira. »
Le japonais se leva d'un bon, et s'inclina.
« Maître ?»
« Tu es mon bras droit désormais, et je sais que tout les trafics de cette ville passent par toi. »
« C'est exact »
« Je t'ai donné beaucoup plus de responsabilités que ne t'en avait données Asami, n'est ce pas… »
Akira se raidit un instant, mais acquiesça. Il n'aimait pas se rappeler sa trahison. Il sentait Fei long face à lui, inquisiteur, puissant, et prêt à le mettre à l'épreuve…Il ne le supporterait peut être pas, pas ce matin.
Le chinois l'observait, relevant ici et là les marques de son trouble et de son insomnie, et reprit finalement la parole, un sourire au coin des lèvres.
« Maintenant que tu as obtenu ce pourquoi tu as trahi ton ancien maître, que vas tu faire? »
Le japonais accusa le coup. Ses sourcils se froncèrent et il pinça les lèvres. A quoi s'était il attendu, à des mots d'amour? Fei long n'en avait sans doute jamais prononcé. A vrai dire il ne s'était préparé à rien; qu'avait donc cherché son jeune maître cette nuit en s'offrant à lui comme il l'avait fait, en murmurant lascivement son nom pendant l'amour, en labourant son dos avec ses ongles...
La réponse semblait claire désormais dans les yeux du chinois, si froids derrières les mèches de cheveux noirs. Il le rejetterait tout simplement, après avoir assouvis une caprice... Malgré son sang froid, malgré ses serments, le japonais sentit la colère et la jalousie monter en lui, et ses iris presque blanc se plantèrent comme des lames dans ceux de son maître.
« Ne joues pas avec moi, Fei long, pas aujourd'hui...»
Les poings du jeune mafieux se crispèrent.
« A qui crois-tu parler, Rin?» Il eu un regard cruel en utilisant volontairement son prénom, pour le faire souffrir, pour le remettre à sa place. Mais Akira n'eut qu'un soupir las.
« Quel besoin as-tu de me blesser, Fei long? Tu n'as pas besoin de te défier de moi parce que nous avons couché ensemble. Si tu regrettes cette nuit..alors ordonne et je l'oublierai aussitôt.»
Le chef de Baishe le regarda, troublé. Il se leva et contemplât ses sublimes jardins, recherchant une paix intérieure qui en cet instant lui faisait cruellement défaut.
« Depuis le premier jour, Akira Rin, je t'avais remarqué. Et j'ai remarqué ton trouble lorsque nous nous sommes regardés pour la première fois dans le hall de l'immeuble de Shinjuku. Tu as réussi…Tu as trahis ton maître pour moi, tu as tué pour moi, tu prends même soin de ma vie. »
Akira compris, en décelant de l'incertitude dans la voix de Fei long, qu'il était sincère, que leur désir l'un pour l'autre n'avait pas été un jeu. Il se détendit, et ses yeux reprirent peu à peu leur douce courbe métissée, qui les rendait si troublants.
Il aurait tout donné pour convaincre Fei long de faire de lui son amant, mais il savait aussi que tout en lui lui rappelait Asami. Dieu qu'il aurait donné cher, toute sa fortune et plus encore, pour pouvoir l'embrasser et le posséder à nouveau, là, sur le sol, avec violence.
Fei long se leva et s'approcha, semblant lire en lui comme dans un livre ouvert, son désir, son indécision, sa gêne aussi. Comme les hommes étaient simples, mon dieu..
Le chinois savait qu'il avait été trop brutal dans ses propos. Il ne voulait pourtant pas être cruel, il aimait Akira, ils étaient dotés de la même intelligence, du même raffinement...Mais il voulait lui faire prendre conscience qu'il n'était pas le seul à occuper son esprit; et irrémédiablement, peut être jusqu'à à la fin de cette vie qu'il savait d'avance courte, il appartiendrait à Asami...Son propre maître, son bourreau, son obsession.
Arrivé près de lui, Fei long passa doucement le revers de sa main sur la joue du japonais, et murmura
« Maintenant que tu m'as eu entièrement, que veux tu ? »
Akira resta silencieux. Que répondre, que penser quand le venin des paroles de Fei long s'insinuait en lui comme un poison, que le simple contact de cette main lui faisait perdre toute notion du temps.
Il ferma les yeux et frissonna.
"Fais de moi ton amant" dit il d'une voix sourde.
Le jeune mafieux se raidit et suspendit son geste. Sa main trembla légèrement.
Quelques secondes plus tard, Akira l'embrassait furieusement et les lèvres de Fei long s'entrouvraient déjà pour laisser le passage à sa langue, saisissant violemment les boucles noires et soyeuses. Il se laissèrent glisser au sol, enfiévrés par ce qui commençait plutôt comme un combat qu'un étreinte. Sentant les muscles de Fei long lui resister pour prendre l'avantage, le japonais s'arc bouta pour le forcer à se retourner, face contre terre. De son autre main il arracha ses vêtements, déchirant la soie sans aucun état d'âme jusqu'à sentir sous ses doigts la peau ferme et les muscles de son dos.
Il les caressa avec délices, respirant sans regrets l'odeur de cette peau mate. Lorsque sa main s'aventura sous le pantalon de soie, Fei long se crispa:
"Akira. Pas comme ça."
Troublé par la douceur dans la voix du chinois, le japonais desserra un instant son étreinte et en une fraction de seconde, Fei long bascula sur lui et l'immobilisa à son tour. Il enserra le cou de son serviteur entre ses doigts, juste assez pour le marquer, le faire suffoquer légèrement.
"Je serais le maître du jeu entre nous, Akira."
Le japonais ferma les yeux, à la fois amusé et impatient. "A vos ordre.." murmura-t-il dans un souffle.
Ce à quoi il ne s'était pas attendu fut le contact de lèvres sur les siennes, d'une brutalité qui lui fit perdre pied. Il sentait tant de puissance et de passion dans le baiser de Fei long, lui si froid derrière son masque de chef de Triade. Etait-il enfin lui même, en sa compagnie...Tout simplement?
Si tel était le cas il bénissait le ciel.
Le chinois l'embrassait à pleine bouche, encore frissonnant; a moitié nu, il déchirait à son tour les vêtements de son serviteur jusqu'à ce que leurs peaux se touchent. Fei long libéra Akira de son emprise, en lui lançant un regard féroce;
"Ne bouges pas" articula-t-il d'un voix rauque.
Sa langue courut sur le torse musclé qui s'offrait à lui, et ses mains pétrirent la peau claire, laissant ses longs ongles effilés y laisser des sillons rouges. Il fit glisser la ceinture de cuir, passant langoureusement sa bouche contre le sexe qu'il sentait dur sous l'étoffe, et d'un geste releva ses cheveux pour contempler le visage du jeune japonais. Il était vraiment désirable, d'une beauté profonde et mature, avec ces yeux bleu si pâles.
"Fei long.."
"Tais toi"
Comme réponse, le chinois fit glisser le pantalon noir sur les hanches fines et le boxer après lui, dévoilant le sexe dressé qu'il connaissait déjà si bien. Il sentit la respiration d'Akira s'accélérer lorsqu'il le prit dans sa bouche, et le fit gémir de plaisir. Ses lèvres se faisaient toujours plus impérieuses, plus rapides, sans autre but que la jouissance; la bouche de Fei long était un délice sans fin, comme une oasis dans un désert.
En le regardant se cambrer sous lui et murmurer son nom, Fei long fut prit d'un désir insatiable de le ressentir encore plus profondément en lui, dans un plaisir plus violent et plus égoïste que la nuit dernière. Il délaissa le bas ventre du japonais et se redressa, faisant tomber son pantalon de soie sur le sol. Désormais totalement nu, il jeta un regard à ce corps qu'il voyait pour la première fois en plein jour; Plus fin qu'Asami, tout en muscles, parés de ses magnifique tatouages, les épaules lentement balayés par ces boucles de cheveux d'ébène...Dieu qu'il avait envie de lui.
Un éclat de désir submergea le jeune chinois, et il s'agenouilla sur les cuisses de son amant; avec un grognement il le chevaucha et se laissa pénétrer par un sexe dur et brûlant.
Fei long ne pu retenir un cri lorsqu'Akira commença à se mouvoir en lui, faisant couler quelques gouttes de sueur le long de ses tempes. Ses reins se cambrèrent, et il ondula comme un félin contre les hanches du japonais en le maintenant au sol d'une main. C'était lui qui prenait, il le conduirait jusqu'à ses ultimes limites; Alors même qu'il le recevait en lui, Fei long lui montrerait qui était le maître.
Akira tenta d'agripper les bras du chinois pour l'attirer contre lui, mais Fei long le retint à nouveau.
"Ne bouges pas"
Le chinois se mouvait avec grâce, les yeux brillants du plaisir qu'il prenait; les lèvres entrouvertes, haletant légèrement. Ses cheveux collaient à son torse, et à sa nuque, dans lesquels se perdaient quelques gouttes de sueur; Les muscles de ses cuisses se tendaient sous ses va-et-vient. Il arracha un gémissement de plaisir à Akira, qui renversa la tête et arqua son corps sous lui. Son sexe devint plus dur encore et Fei long ne put réprimer un gémissement; il pris appuis sur ses deux mains, posés en arrière, et le reçu encore plus profondément. Il renversa la tête, assailli par les sensations que faisaient naître en lui le jeune japonais. Il ne cherchait pourtant que son propre plaisir, se moulant sauvagement autour du désir dressé de son amant, accélérant ses coups de reins jusqu'à sentir la vague déferlante de la jouissance prête à le submerger.
Il permit alors à Akira de le toucher, lentement au début, puis de plus en plus vite jusqu'à ce que ces gémissements de plaisirs ne se métamorphosent en cris. Les yeux rivés aux prunelles pâles du japonais, il le sentit prêt à jouir avec lui, en lui. Il se pencha alors, son visage défait si proche du sien, leurs lèvres se frôlèrent, Akira agrippa les hanches de Fei long et dans un dernier coup de rein, ils prirent leur plaisir ensemble dans un cri rauque.
...
Epuisés, ils restèrent l'un contre l'autre un long moment avant de reprendre leurs esprits. Fei long, ruisselant de sueur s'adossa mollement à son bureau, sans se soucier de n'être habillé que par sa cascade de cheveux noirs. Akira quand à lui se redressa doucement et s'assis à côté de lui.
Fei long et Akira restèrent ainsi un long moment, jusqu'à ce que Fei long ne se décide à briser le silence.
"Reprends ton poste." fit il à mi-voix.
Quelques jours plus tard, on frappa discrètement à la porte du bureau de Fei long. Il était seul ce matin, plongé avec ennui et résignation dans ce qui relevait aussi des attribution d'un chef de Triade, à savoir les livres de comptes, l'administratif de l'organisation bref, le nerf de la guerre.
"Entrez"
Tao Lung, le second lieutenant de Baishe entra, l'air préoccupé.
"Fei Laoban, un jeune homme est ici qui insiste pour vous voir."
Fei long releva un sourcil, surpris. Il ne recevait que sur rendez-vous, et encore ses interlocuteurs étaient tous triés sur le volet. Qui pouvait se permettre de débarquer au manoir Liu et demander à le voir ainsi?
"En quoi est-ce mon problème Tao Lung? Renvoie-le."
Tao Lung resta silencieux un long moment, gêné, mais ne bougea pas. Le jeune chef de Baishe leva enfin les yeux de ses dossiers, surpris.
"Très bien. Qu'y-a-t-il?"
"Fei Laoban, c'est qu'il a déja mis KO une dizaine de nos hommes, et qu'il persiste à vouloir vous rencontrer. Nous n'aurons pas d'autre choix que de l'abattre si..."
Fei long poussa un long soupir.
"Très bien. N'abattez personne, soyons civilisés." Le jeune chinois se leva, et d'un geste fluide ouvrit le premier tiroir de son bureau et en sorti un 9mm, qu'il glissa dans son dos à sa ceinture.
Passant devant son lieutenant il tendit la main.
"Donne- moi ton flingue. Et appelle Akira, dis lui de me rejoindre en bas."
Fei Long arriva à l'entrée du manoir où un attroupement s'était formé. Des éclats de voix lui parvenaient, des bruits de lutte, et par dessus tout cette voix qui paraissait juvénile et assurée:
"Je veux voir votre chef!" entendit il près de la porte.
Akira arriva derrière lui, et dégaina le beretta qu'il portait dans un holster.
"Que se passe-t-il, Fei long?"
"Aucune idée...Mais c'est un beau bordel. SILENCE!"
Tout le monde se tut, les hommes de Baishe s'écartèrent sur son passage avec déférence.
Le jeune mafieux avança à grand pas jusqu'a la porte du manoir, ôtant discrètement le cran de sécurité du 9mm qu'il avait à la main, Akira sur ses talons.
Il vit alors un jeune homme, légèrement amoché mais souriant, adossé à la porte et qui semblait l'attendre. Il fronça les sourcils.
"Qui êtes vous?"
L'inconnu ne lui répondit pas, il regardait successivement Akira, et le jeune chinois face à lui.
"Je cherche Liu Fei Long."
"Et qu'as-tu à lui dire?"
Le jeune homme eu un léger sourire. "C'est donc bien vous" Il le détailla sans manières.
Fei long qui perdait patience le mit en joue et répéta "Qu'as-tu à lui dire?"
"Je suis venu lui proposer mes services."
"Voyez vous ça...Et en qualité de quoi veux tu intégrer mon service?" demanda-t-il avec avec un rictus parfaitement cynique.
Le jeune étranger ricana à son tour, dévoilant un sourire étrangement beau et cruel.
"Vous le savez déjà." dit il en jetant un regard sur les hommes de Baishe encore à terre, se tordant de douleur.
Fei long eu un éclat de rire. Il ne manquait pas d'air, celui là. Il se retourna alors vers Akira, qui suivait la scène d'un oeil inquisiteur.
"Akira qu'en penses-tu? Un nouveau venu grande gueule, qui vient m'attaquer chez moi dans l'espoir de m'impressionner..."
Fei long tira soudain à bout portant, et la balle effleura la joue du jeune homme; laissant échapper quelques gouttes de sang vermeil.
"Je me vois dans l'obligation de décliner votre offre." dit il d'un ton neutre.
Le jeune homme n'avait pas esquivé, et ne semblait pas inquiet du sang qui coulait désormais sur son visage.
"Pardonnez moi, Fei Laoban. J'ai conscience de ne pas vous faire bonne impression mais je n'avais aucun autre moyen de vous rencontrer. Ce n'était pas très régulier, ni distingué je vous l'accorde. Pardonnez-moi."
Intrigué, Fei long ne put s'empêcher de ressentir de l'intérêt pour ce jeune garçon qui avait tout l'air d'un jeune loup, jusqu'au sourire qu'il avait trop carnassier.
"Tu es un ronin? Un mercenaire sans maître..?"
"J'ai bien peur que vous ayez tué mon dernier employeur."
"Qui était..?"
"Nakata Kobayashi."
Fei long fronça les sourcils mai le jeune homme l'arrêta
"Je sais que vous êtes proche de ce yakuza de Shinjuku, Asami Ryuichi, mais sachez je n'ai rien à voir avec l'attentat contre lui. J'avais déjà délaissé le service de Kobayashi bien avant cela. Je n'aimais pas ses...méthodes."
"De la morale?" ricana Fei long
Le jeune étranger s'agenouilla, posant une main sur sa poitrine.
"Laissez-moi travailler pour vous Fei- laoban. Ma fidélité est vôtre si vous l'acceptez."
"Les assassins n'ont aucune fidélité"
"Je ne suis pas de ceux là."
"Pourquoi vouloir entrer à mon service?"
Le jeune homme réfléchit un instant, et eu un sourire.
"Je pressentais que vous n'étiez pas un fou orgueilleux, comme tout les autres. J'ai pensé que vous seul sauriez employer mes capacités avec intelligence."
Debout à côté de lui, Akira était également très intrigué par ce nouveau venu. Il pressentait en lui un grand potentiel, une arme affûtée doublée d'un étrange sens moral. Il se reconnaissait un peu en lui, il y avait quelques années. Il se trompait sur ce point car en réalité, ce jeune coréen et lui avait exactement le même âge.
Pendant ce temps Fei long réfléchissait et prit soudain la parole.
"Tu vas travailler ici. Tu porteras ma marque et tu m'appellera maître."
Le jeune étranger, surpris, incrédule, tomba à genoux, et s'inclina.
"Merci maître."
Mais Fei long n'avait pas terminé.
"Mais désormais tu seras sous ses ordres." fit il en désignant Akira du regard "Il est mon bras droit, tu lui devras obéissance comme à moi même. Si il décide que tu dois mourir je ne m'y opposerai pas. As-tu compris?"
Akira fut surpris à son tour, alors que le nouveau venu reportait toute son attention sur lui. Ce dernier se pinça un instant les lèvres en détaillant les iris pâles du japonais, les courbes de ses yeux, les points faibles de son cou, son corps musclé qui connaissait le combat, cette beauté étrange.
"J'accepte avec honneur, maître." dit il en baissant les yeux.
Fei long le releva
"Tu vas devoir faire tes preuves. Au moindre doute sur toi je te tuerai de mes mains. Quel est ton nom?"
L'étranger sourit.
"...Park SunHyoo, maître."
