Le trio d'or était devant la banque, les deux garçons cachés sous la cape d'invisibilité, et Hermione dans le corps, le magnifique corps de Bellatrix.

Ils entrèrent dans le bâtiment, elle prit une grande inspiration et essaya de transformer sa démarche hasardeuse en la marche élégante et fière qui appartenait à la sorcière noire. Elle avança jusqu'au bout de l'allée sans trébucher et lorsqu'elle arriva devant le bureau du gobelin elle se figea. Elle devait parler, mais elle n'avait aucune idée de quels mots employer pour imiter la mangemort le plus fidèlement possible et pour couronner le tout, le gobelin ne leva pas la tête de son bureau et ne lui accorda pas un regard. Elle se dit alors que Bellatrix serait sans doute fortement agacée par un tel manque d'attention, surtout venant d'un gobelin. Hermione tenta alors de durcir son visage et elle se racla bruyamment la gorge. Le gobelin leva nonchalamment les yeux et quand il la vit, Hermione put voir un petit frisson dans son regard.

« Madame Lestrange...veuillez m'excuser, on ne m'avait pas prévenu de votre venue, en quoi puis-je vous aider ?

- Je... je veux aller dans ma chambre forte.

Sous la cape, Harry et Ron se regardèrent inquiets, Hermione était loin d'avoir la fermeté et l'autorité naturelle de la mangemort.

- Très bien, veuillez me présenter votre baguette s'il vous plaît.

Elle lui donna, le Gobelin regarda longuement la baguette tout en lançant de petits regards suspicieux à Hermione. Elle le remarqua et essaya alors de se montrer plus autoritaire, plus crédible.

- Faites vite, je n'ai pas toute la journée !

Il rendit la baguette à Hermione et se tourna vers un autre gobelin.

- Gripsec, escortez madame Lestrange jusqu'à sa chambre forte s'il vous plaît. »

Tout en gardant autant que possible son air froid et hautain, Hermione suivit Gripsec et monta le plus lentement possible dans le wagon pour être sûre qu'Harry et Ron aient le temps de grimper. Le wagon partit à toute vitesse dans l'immense grotte, prenant parfois des virages en épingles sans pour autant ralentir. Ron commençait à avoir la nausée et virait progressivement au vert sous le regard horrifié d'Harry.

Alors que Ron s'apprêtait à vomir, le chariot passa sous une cascade, la cascade des imposteurs. Au contact de l'eau, Hermione perdit l'apparence de Bellatrix pour retrouver la sienne, le corset ne supporta pas le changement de corpulence soudain et le cuir craqua. Une fois la fontaine passée, ils furent immédiatement éjectés du wagon et une puissante alarme raisonna dans la grotte. Hermione parvint de justesse à amortir leur chute et ils n'eurent pas le temps de reprendre leurs esprits que le gobelin essaya de prendre la fuite. Heureusement, Harry fut très rapide et lui lança un Incarcerem.

Il fallait faire vite, l'alarme résonnait dans toute la banque et elle n'allait pas tarder à rameuter du monde. Cependant le trio d'or était bloqué, ils n'avaient aucune idée d'où se trouvait la chambre forte Lestrange et Gripsec n'était clairement pas disposé à leur indiquer le chemin. Alors qu'Harry et Ron commençaient à s'énerver et à menacer le gobelin, Hermione se creusa les méninges et eut une idée. Elle essaya de négocier avec le gobelin en lui promettant qu'il pourrait prendre tout ce qu'il voudrait dans la chambre forte s'il les y conduisait. La négociation d'Hermione fut vaine, Gripsec n'était pas intéressé par le contenu du coffre.

Harry perdit alors patiente et pour la première fois de sa vie, il réussit à lancer un sortilège impardonnable, l'Impérium. Les trois jeunes n'eurent pas le temps de réagir que le gobelin commença à avancer en direction de la chambre forte. Ils se hâtèrent de le suivre et firent bientôt face à un immense dragon.

C'était un Pansedefer ukrainien et il était enchaîné au niveau du cou et des pattes. Les trois Gryffondors blêmirent à sa vue, mais Gripsec, toujours sous l'Impérium ne sembla pas perturbé par le dragon. Il prit une sorte de cloche posée au sol et commença à l'agiter en contourna le dragon qui bloquait l'accès aux chambres fortes les plus protégées.

Le Pansedefer se recroquevilla comme si le son de la cloche lui infligeait une atroce douleur. Hermione trouva cette pratique scandaleuse, un dragon n'avait rien à faire enchaîné dans une grotte, il était apeuré, amaigrit et ses écailles étaient ternes et en mauvais état. Elle prit sur elle, rangea sa colère de côté et suivit les deux garçons qui s'avançaient derrière le gobelin.

Une fois le dragon passé, ils arrivèrent dans un long couloir et Gripsec s'arrêta devant une porte dont il enclancha le mécanisme d'ouverture avec son doigt.

Les trois jeunes furent ébahis, la chambre était immense et pleine à craquer de pièces, d'objets en or et de pierres précieuses. Le moins que l'on puisse dire est que Bellatrix était loin, très loin d'être dans le besoin financièrement. Ils ne rentrèrent pas dans la pièce de peur de toucher l'un des objets et qu'il se multiplie. Ils se contentèrent d'observer, et Hermione repéra vite la coupe à l'endroit que Bellatrix lui avait indiqué.

« Accio coupe!... Accio coupe d'Helga Poufsouffle!... Accio horcruxe! »

Rien n'y fit, les sorts ne fonctionnaient pas dans la chambre forte. Hermione réfléchit alors à une manière d'atteindre la coupe, sa réflexion fut vite coupée par un bruit métallique. Ron s'était jeté dans la salle pour aller chercher la coupe et dans son empressement il toucha un nombre incalculable d'objets qui commencèrent à se multiplier à une vitesse folle. Le rouquin parvint tout de même à saisir la coupe mais lorsqu'il voulut sortir de la chambre il fut englouti par la masse impressionnante d'or. Harry se précipita alors pour tirer son ami de là.

Les trois amis commencèrent alors à courir pour sortir du couloir qui commençait à se remplir de pièces d'or et il arrivèrent vite devant le dragon. Seulement un détail leur avait échappé, lorsqu'Harry était venu en aide à Ron, il avait relâché sa concentration et l'Impérium s'était rompu. Gripsec n'avait pas perdu une seconde pour s'échapper... avec la cloche.

Ils virent le gobelin s'éloigner du dragon rendu impuissant par le son de la cloche. Lorsqu'il fut assez loin, il lança un regard sournois aux trois Gryffondor et posa délicatement la cloche sur le sol.

Dès lors que le bruit se tut, le dragon se redressa, et son regard se posa directement sur le trio d'or.

« Oh,oh... », laissa échapper Ron tétanisé.

Le dragon émit un grondement accompagné de flammes dans leur direction. Les trois jeunes repartirent précipitamment dans le couloir et ils réussirent à échapper aux flammes de justesse. Cependant, le couloir continuait de se remplir petit à petit de l'or qui se décuplait toujours dans la chambre forte. Ils tomberaient bientôt dans la gueule du dragon poussés par la masse d'or.

Ils essayaient de contenir la masse d'or comme ils pouvaient mais la pression était trop forte, dans moins d'un mètre le couloir ne les protégerait plus des flammes du dragon. C'était sans compter sur le bruit de la cloche qui se remit à sonner.

Les trois Gryffondor avancèrent incrédules et virent le dragon se tordre de douleur impuissant. Ils tournèrent la tête, là en contrebas se trouvaient deux sorciers accompagnés de Gripsec qui sonnait la cloche.

La marque des ténèbres ornait chacun des deux avant bras. Celui qui paraissait le plus cruel des deux s'avança de quelques pas et dit:

« Rendez ce que vous avez pris dans MON coffre ou... mourrez. »

Hermione frémit, si c'était son coffre, cela signifiait que cet homme répugnant n'était autre que... le mari de Bellatrix. Cette pensée l'écœura profondément.

« Je pense que vous allez devoir nous tuer Lestrange. », lâcha Harry avec un air de défit.

Un sourire carnassier apparut sur le visage de Rodolphus et les deux mangemorts commencèrent à attaquer les trois Gryffondor qui se défendaient comme ils pouvaient. Tout en envoyant des sorts, Hermione se mit à réfléchir intensément à une manière de s'en sortir. Elle eut alors une idée, une idée risquée mais comme lui avait si bien dit Dumbledore et Bellatrix, ils étaient obligés de prendre quelques risques.

D'un geste de sa baguette elle visa Gripsec, la cloche explosa dans ses mains.

« SAUTEZ »

Elle avait crié ça en sautant sur le dos du dragon qui venait de se redresser. Les deux garçons écarquillèrent les yeux mais n'hésitèrent qu'une seconde avant de sauter à leur tour et de s'agripper au dos du Pansedefer.

Les deux mangemorts continuèrent de les assaillir de sorts et le dragon qui commençait à reprendre ses esprits commença à s'énerver. Il se secoua pour essayer de faire tomber les trois sorciers qui le chevauchaient. Harry et Ron restèrent bien accrochés aux épines du dragon tout en arrêtant les attaques des mangemorts. Hermione quand à elle, commença à briser les chaînes qui retenaient le dragon.

Une fois libéré de ses attaches, le dragon s'envola avec difficulté. Il s'avança dans la grotte arrachant la plupart des rails sur son passage. Deux trainées de fumée noire les suivaient de près, se rapprochant dangereusement. Un des deux mangemort frôla Ron qui tenait la coupe à une main, heureusement Harry lança un Stupéfix qui fit reculer la trainée noire.

Le dragon qui avait déjà du mal à voler, était en plus très grand, ce qui rendait d'autant plus difficile sa progression dans la grotte. Il n'était pas assez rapide pour semer les deux mangemorts. D'un moment à l'autre, un des deux mages réussirait à leur prendre la coupe. Hermione se dit alors qu'elle devait le faire maintenant, même s'ils n'étaient pas à l'extérieur et qu'elle tenait difficilement sur le dos du dragon, elle devait le détruire maintenant. Si elle ne détruisait pas l'horcruxe tout de suite il y avait de grandes chances pour qu'il ne soit plus en leur possession dans quelques secondes.

« Ron donne moi la coupe! »

Le rouquin lui tendit la coupe sans vraiment comprendre pourquoi elle voulait tenir l'horcruxe. Le regard d'Harry croisa celui d'Hermione, il comprit immédiatement ce qu'elle comptait faire. Le garçon redoubla alors d'efforts pour essayer de ralentir au maximum les deux mangemorts à leur trousse.

La coupe en main, Hermione commença à trembler, elle n'avait qu'une seule chance. Si elle ratait son Feudeymon tout était foutu, elle ne pouvait pas échouer. Elle prit alors une grande inspiration et en fermant les yeux, elle se rappela de ce que Bellatrix lui avait dit la veille: "Je sais que tu vas y arriver Granger" .

Hermione rouvrit les yeux, se tourna vers l'arrière et vit que grâce à Harry, les mangemorts n'étaient plus si proche d'eux. Elle ne réfléchit pas plus, d'un grand geste elle lança la coupe en arrière et la pointa avec sa baguette.

« Feudeymon ! »

La bête de feu jaillit de sa baguette, elle était énorme et détruisit l'horcruxe sur son passage. Les deux trainées de fumée noire s'échappèrent vers le fond de la grotte, fuyant les flammes qui venaient dans leur direction.

« Bravo Hermione! », Harry lança un grand sourire à son amie.

La Gryffondor lui rendit son sourire. Elle était ravie, jamais dans sa vie elle n'avait été aussi fière d'elle-même. Sa joie fut malencontreusement de courte durée.

« Her...Hermione », bégaya le rouquin terrifié.

Quand elle se retourna, elle eut l'horreur de voir son Feudeymon, toujours aussi immense, revenir vers eux à une vitesse folle. Elle essaya de le maîtriser, elle essaya de l'arrêter comme elle l'avait fait hier soir avec Bellatrix. Elle n'y arriva pas.

Les trois Gryffondor commencèrent à sentir la chaleur ardente de la masse de flammes qui les rattrapait. Elle n'était qu'à quelques mètres. Par chance, le Pansedefer changea brusquement de direction et s'en alla vers le haut. La boule de feu passa juste sous eux et s'écrasa un peu plus loin contre une paroi de la grotte.

Les trois amis soufflèrent de soulagement, l'horcruxe était détruit, les mangemorts avaient décampés, et le Feudeymon s'était arrêté sans les bruler vifs. Leur soulagement prit rapidement fin quand ils se rappelèrent qu'ils avaient été démasqués par la cascade des imposteurs et qu'ils étaient à présent sur un dragon qu'ils venaient de libérer et qui était en train de détruire à peu près tout sur son passage.

« Comment on va sortir d'ici maintenant? »

Harry et Hermione n'eurent pas le temps de répondre à Ron que le dragon défonça un mur et ils se retrouvèrent au milieu du hall de la banque. En arrivant dans ce lieu qui lui était inconnu, le dragon fut ébloui par l'intense luminosité dont il avait été privé pendant toutes ces années. Il resta immobile un instant, se trouvant incapable d'y voir quoi que ce soit. Aucun gobelin n'avait bougé, il restèrent tous assis bien sagement derrière leur guichetier, seules leurs têtes s'étaient tournées vers le dragon lors de son entrée fracassante. Ils regardaient le Pansedefer avec leur éternelle expression imperturbable.

Dans le hall de la banque, tout semblait s'être figé dans le temps, le silence régnait. Les trois Gryffondor se regardèrent inquiets en se demandant ce qu'ils étaient censés faire, quand un cri aigu retentit. Une sorcière était rentrée dans la banque et avait hurlé de peur en voyant le dragon. Elle mit ainsi fin au silence écrasant, mais aussi à l'état étourdi du dragon.

L'énorme bête écailleuse rugit en crachant de longues flammes. Le feu eut raison de l'aspect imperturbable des gobelins. Le hall qui était quelques instant plutôt d'un calme olympien, devint alors un bordel sans nom. Le dragon s'avança, arrachant avec lui l'énorme lustre en diamants qui pendait au plafond. Il n'y voyait toujours pas grand chose mais put distinguer vaguement le ciel bleu à travers l'énorme dôme de verre dont était pourvu le toit de Gringotts. Malgré le fait qu'il ne l'ait pas vu depuis de nombreuses années, l'étendue bleu clair, parsemée de nuage, rappela immédiatement un sentiment de liberté au dragon. Il entreprit alors de s'envoler au milieu du hall de la banque, ses battements d'ailes détruisant tout sur leur passage, le dragon s'éleva doucement jusqu'à atteindre puis briser l'énorme verrière.

Les trois amis n'en revenaient pas, l'horcruxe était détruit et ils s'étaient échappés de Gringotts, ils avaient réussi. Ils avaient été démasqués par la cascade, faillit être broyés par les pièces d'or de la chambre forte, pourchassés par deux mangemorts, presque brûlés vifs par le Feudeymon et coupés d'un peu partout par les éclats de verres, mais ils avaient réussi. Ils affichaient tous les trois un grand sourire et échangèrent un regard de soulagement.

Le dragon s'éleva de plus en plus haut dans le ciel, ses battements d'ailes se firent de plus en plus réguliers, puis il se laissa planer dans les airs. Les trois Gryffondors étaient bien cramponnés au dos du dragon et profitèrent du vent frais qui battait leur visage. Une fois sorti de la ville, le trio d'or espéra que le dragon se pose bientôt afin qu'ils puissent trouver un moyen de rentrer à Poudlard, cependant il n'en fit rien.

Après plusieurs heures de vol, la nuit commençait à doucement tomber, et les trois amis qui tenaient toujours fermement le dragon commencèrent à fatiguer. Ils désespéraient de voir la bête se poser un jour, quand tout à coup, au loin, le château de Poudlard leur apparût. Leurs sourires ressurgirent directement.

Néanmoins, le dragon n'avait pas l'intention de s'arrêter là, alors, lorsqu'ils survolèrent le lac, Hermione hurla pour la deuxième fois de la journée:

«SAUTEZ !»

Ils plongèrent dans l'eau glacée du lac et se dépêchèrent de nager jusqu'à la rive. Ils regardèrent le dragon s'éloigner au loin, jusqu'à le perdre de vu dans le ciel bleu marine.

«Je n'en reviens toujours pas qu'on s'en soit sorti avec seulement quelques égratignures, s'exclama Hermione avec joie.

- Moi je n'en revient pas qu'on s'en soit sorti tout court, mais apparemment Lestrange nous a sous-estimés...

- Qu'est-ce que tu veux dire Harry ?, elle fronça les sourcils.

- Tu ne trouves pas ça étrange qu'elle ait omis de nous parler de la cascade, du dragon, sans parler du fait que son mari soit miraculeusement apparût dès que nous sommes sortis de la chambre forte?!

- Tu penses que c'est elle qui l'a prévenu ?, demanda Hermione assez choquée par les insinuations d'Harry.

- Tu ne penses pas ?

- Je ne comprends pas pourquoi elle nous aurait révélé l'existence de cet horcruxe et nous aurait appris le Feudeymon si elle ne voulait pas réellement nous aider...

- Mais enfin Hermione tu ne comprends pas qu'elle a été envoyée par Voldemort et que si elle fait semblant de nous aider c'est seulement pour amadouer Dumbledore?!», s'énerva Harry.

Les dires d'Harry déstabilisèrent Hermione. Malgré elle, elle avait commencé à faire confiance à Bellatrix et à vraiment croire que ses intentions étaient bonnes. Elle continua à marcher aux côtés de ses amis en direction du château, elle resta silencieuse, mais on pouvait presque voir son cerveau fumer. Les doutes avaient envahi son esprit. D'un côté, la sorcière semblait avoir tout fait pour les aider, mais d'un autre elle ne leur avait parlé ni de la cascade, ni du dragon et avait peut-être même prévenu les mangemorts. Hermione ne put réfuter les arguments d'Harry et elle commença à vraiment croire que Bellatrix avait tenté de les piéger. Une profonde colère envahit alors la jeune Gryffondor, elle s'en voulait de s'être fait berner si facilement.

Le trio d'or s'avança dans le couloir et passa devant les portes de la grande salle d'où s'échapper un joyeux boucan et une délicieuse odeur de nourriture tout juste sortie du four. Ils étaient rentrés juste à temps pour le dîner mais aucun des trois ne trouva la motivation d'aller se mettre à table. En effet, leur épuisement après une telle journée surplomba largement leur faim et ils décidèrent de monter se coucher, même Ron était trop fatigué pour aller manger, et ça, c'était vraiment exceptionnel.

Alors qu'ils traversaient l'école en direction de la salle commune des Gryffondor, Hermione aperçut le professeur Black sortir de sa salle à l'autre bout du couloir. En la voyant, un frisson de rage traversa tout son corps. Elle dit alors à ses deux amis qu'elle allait aux toilettes et de s'avancer sans elle. N'ayant pas vu Bellatrix, les deux garçons acquiescèrent et continuèrent leur chemin.

Hermione marcha d'un pas décidé en direction de la sorcière noire, cette dernière se retourna en entendant des talons résonner derrière elle.

«Saleté! Ravie de voir que tu n'as pas l'air trop abimée...»

Hermione déboula vers elle en lui lançant un regard assassin. Bellatrix fut surprise face à la colère de la Gryffondor.

«Tout s'est bien passé Saleté?»

Hermione devint rouge de rage et d'un geste brusque, elle plaqua sa professeure contre le mur, maintenant avec force son avant bras contre sa gorge. Bellatrix écarquilla les yeux, complètement sous le choc.

«Si tout va bien ?! VOUS VOUS MOQUEZ DE MOI ?! Vous nous avez envoyé tout droit dans la gueule du loup! Vous avez bien failli nous avoir! La cascade des imposteurs ! Le dragon ! Votre mari! Je veux bien croire à de malheureuses coïncidences mais ça fait un peu beaucoup!»

Bellatrix resta un instant sans mot, toujours sur le choc face aux accusations qu'Hermione venait de lui cracher au visage. Son étonnement fut vite balayé par sa fureur.

« LÂCHE-MOI IMMEDIATEMMENT GRANGER OU JE TE TUE SUR LE CHAMP !

- Pas avant d'avoir eu des explications ! , la colère d'Hermione ne s'était pas calmée.

Bellatrix la poussa violemment et Hermione fut surprise de la force de la sorcière noire qui était pourtant plus petite et bien plus frêle qu'elle.

- Je ne sais même pas de quoi tu me parles Granger. Mais je t'interdis de me reparler de la sorte et de me sauter dessus comme tu viens de le faire, son ton était glacial et cela ne fit qu'engrainer la colère d'Hermione.

- Ne faites pas semblant de ne pas comprendre ! Dès que nous sommes passés sous la cascade, le polynectar s'est annulé et une alarme s'est déclenchée, on s'est retrouvé face au dragon et là miraculeusement votre mari et un autre mangemort apparaissent ?!

Le regard de Bellatrix trahit son incompréhension.

- Je ne savais pas qu'une telle cascade existait Granger.

- Et vous pensez sérieusement que je vais vous croire ?! Vous êtes forcément au courant puisque cette cascade passe juste au dessus des rails qui mènent à votre chambre forte.

- Et bien ce n'était pas le cas la dernière fois que j'y suis allée... je n'y peux rien si les choses changent en 15 ans...

- Je suppose que vous n'étiez non plus pas au courant du dragon, c'est bien ça ?, se moqua ironiquement Hermione.

- Non, je savais qu'il y avait un dragon, mais si vous n'aviez pas été démasqués par la cascade, le dragon n'aurait pas posé problème.

- Je vois que vous avez réponse à tout! Alors expliquez moi pourquoi deux mangemorts, dont votre mari, sont arrivés pile au moment où l'on sortait de votre chambre forte ?

- Je n'en ai aucune idée, à cet instant Bellatrix mentait, peut être que quand Voldemort a senti que la coupe était détruite ils les a envoyé.

- Impossible! Ils sont arrivés avant que je détruise l'horcruxe! Alors maintenant arrêtez de mentir, vous les avez prévenus, vous n'êtes qu'un espion de Voldemort, un mauvais espion en plus puisque l'on vous a démasqué!»

Ce fut l'attaque de trop, Bellatrix qui avait gardé son sang froid face à la colère de la Gryffondor sortit de ses gonds. Elle prit Hermione par les épaules et la plaqua brutalement contre le mur. Elle colla son corps à celui de son élève pour lui empêcher tout mouvement. Le regard furieux de Bellatrix rencontra le regard maintenant apeuré d'Hermione. Leurs visages étaient à quelques centimètres l'un de l'autre.

«Alors écoute moi bien maintenant Sang de bourbe... si j'avais vraiment voulu vous piéger, crois-moi que maintenant vous seriez entre les griffes du Seigneur des ténèbres et que l'horcruxe serait intact. Tu penses vraiment que trois gamins imbéciles auraient réussi à déjouer mon plan ? Tu me sous-estimes à ce point ? Si j'avais prévenu les mangemorts, tu penses vraiment qu'ils seraient arrivés seulement à deux et au dernier moment qui plus est ?» , elle chuchota ces mots d'une voix glaciale sans lâcher la fille des yeux.

Hermione resta sans voix, elle dut admettre que Bellatrix avait raison, tout cela ne tenait pas la route.

«Franchement je te pensais un peu plus intelligente et un peu moins ingrate Granger... Ton attitude me fait presque regretter de t'avoir accompagné au bord du lac pour t'entraîner hier soir et de t'avoir même encouragé en te disant que tu allais y arriver aujourd'hui.»

La Gryffondor se sentit alors bête et même un peu coupable d'avoir accusé injustement la sorcière. Bellatrix venait de démonter les arguments d'Harry et maintenant Hermione ne pouvait s'empêcher de la croire.

Bellatrix n'avait pas bougé, et elle fixait toujours son élève, elle semblait attendre qu'elle s'excuse. Hermione eut alors une espèce de pulsion, elle ne savait pas si c'était la fatigue de la journée, l'adrénaline que lui avait procuré le vol à dos de dragon, la colère qu'elle avait ressenti pour la sorcière ou l'intense chaleur qui transcendait son corps depuis que Bellatrix l'avait plaquée contre le mur, mais sans réfléchir elle ferma les yeux et posa ses lèvres sur celles rouges sanguine.

Le contact dura à peine une seconde mais cela suffit à faire frémir la Gryffondor de tout son être.

Bellatrix se recula aussitôt et parut d'abord choquée puis dégoûtée. Hermione quand à elle resta tétanisée par sa propre action.

«Beurk !, dit Bellatrix en se frottant la bouche avec sa manche, Mais qu'est-ce qui te prends?! Tu pensais vraiment que j'allais t'embrasser alors que tu me répugnes au plus haut point sale Sang de bourbe?

- Je... je suis vraiment désolée. Je ne sais vraiment pas ce qui m'a pris...», balbutia Hermione en prenant ses jambes à son cou.

Elle ne mentait pas, elle ne savait vraiment pas pourquoi elle avait fait ça. Elle n'en revenait pas d'avoir osé, mais par dessus tout elle ne comprenait pas ce qui l'avait poussé à faire ça. Elle avait conscience d'être attirée par le physique de la sorcière qu'elle trouvait absolument magnifique, mais jamais elle n'avait eu envie de l'embrasser ou quoi que ce soit d'autre... ou alors elle n'en avait pas eu conscience jusqu'à maintenant...

Cette pensée la bouleversa, elle venait d'embrasser sa professeure, une ancienne mangemort, une personne en qui elle n'avait même pas entièrement confiance, une femme de 20 ans de plus qu'elle... elle n'en revenait pas.

Bellatrix regarda la Gryffondor s'enfuir en fronçant les sourcils, ce baiser, si l'on pouvait appeler ça un baiser, était loin de l'avoir bouleversé. Elle était surtout agacée que la gamine ait eu l'audace de l'embrasser, que cette sale gosse, Gryffondor, sang de bourbe, qui venait en plus de lui hurler dessus ait osé poser ses lèvres sur les siennes.

L'agacement de la sorcière noire ne dura pas longtemps, il prit fin au moment où une intense douleur lui transperça l'avant bras, elle avait maintenant peur, peur de ce qu'il allait lui faire.