Hermione venait de se coucher quand quelqu'un frappa à sa porte, elle se leva donc pour aller ouvrir. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant Bellatrix se tenir dans l'encadrement de la porte. La Gryffondor n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que la sorcière noire lui sauta dessus et plaqua sa bouche rouge sang sur la sienne. Hermione fit d'abord les gros yeux mais se fondit rapidement dans le baiser. Bellatrix tenait fermement sa nuque d'une main et de l'autre elle caressa la crinière de la lionne. Hermione se noya dans ce baiser, il n'était pas tendre, il était sauvage et un éclair de désir traversa tout son corps. Elle posa une main sur la taille de la sorcière et perdit l'autre dans les boucles noires. Bellatrix accentua le baiser, elle rentra sa langue dans la bouche d'Hermione en attirant le corps de la Gryffondor pour le coller au sien. Ce geste arracha un soupire rauque à la jeune femme. En entendant ce son, Bellatrix rompit le contact pour regarder la fille dans les yeux. Hermione put alors voir un intense désir dans le regard de la femme dont les pupilles étaient entièrement dilatées. L'élève s'approcha alors pour embrasser son professeur mais elle fut coupée dans son élan et jetée avec force sur son lit. Elle ne put se redresser que Bellatrix la chevauchait déjà, la clouant ainsi contre le matelas, les genoux de part et d'autre de ses hanches. C'était elle qui menait la danse. La vision de la femme la surplombant ainsi fut l'image la plus érotique qu'Hermione ait jamais vu. Les yeux de la Gryffondor pétillaient et la sorcière noire eut un sourire en coin avant de se baisser pour reprendre d'assaut la bouche rosée de la fille. Elle abandonna ensuite les lèvres d'Hermione pour descendre dans son cou. Hermione était tremblante, tout son corps était en transe, elle commença à se cambrer et à tirer sur la tignasse noire de Bellatrix. Elle avait du mal à gérer ce surplus de sensations qui la submergeait et quand elle pensa ne plus pouvoir rien ressentir de plus, une fine main commença à descendre le long de son corps pour aller entre ses cuisses. Elle ne put retenir un gémissement.

Un gémissement qui la réveilla brusquement...

Elle se redressa, tout son corps était en sueur, tous ses muscles étaient contractés et ses poings serraient son draps fermement. Sa respiration était profonde et elle tremblait encore. Elle n'en revenait pas, elle venait de rêver, de rêver de Bellatrix. Elle n'avait jamais fait un rêve aussi suggestif, aussi érotique. Elle prit le temps de reprendre sa respiration et tenta avec peine de reprendre également ses esprits. Elle se leva et commença à faire les cent pas dans sa chambre.

Elle était bouleversée, elle passait déjà ses journées à regarder la sorcière noire et voilà qu'elle venait également de prendre possession de ses rêves. Ce qui lui posait le plus problème n'était pas tant d'avoir rêvé de Bellatrix, son problème était la manière dont elle avait rêvé de Bellatrix. Dans la même soirée elle avait embrassé son professeur puis elle avait rêvé de choses plus que déplacées à son égard.

Elle ne se comprenait pas, ne comprenait pas ce qu'il se passait dans sa tête. Le pire restait qu'elle s'était réveillée pleine de désir, jamais un rêve ne lui avait fait un tel effet une fois éveillée. Elle se dit alors que c'était sûrement toutes les émotions qu'elle avait ressenti au cours de cette journée mouvementée qui l'avaient déstabilisée au point de faire n'importe quoi. Cependant, au fond d'elle, elle savait que c'était une forme de déni et que la seule chose qui avait provoqué tout ça était son attirance presque surréaliste pour Bellatrix.

Elle continua de ruminer dans sa chambre de longues minutes avant de finalement regarder l'heure, il n'était que minuit et demi, elle avait encore le temps de se rendormir pour faire la bonne nuit de sommeil dont elle avait désespérément besoin après cette journée...et cette soirée.

--

Lorsque Bellatrix arriva dans le manoir Malfoy, elle eut la désagréable surprise de ne pas trouver seulement son maitre, mais également toute une tablée de mangemorts qui la scrutèrent. Elle vit également Rodolphus et son frère Rabastan qui étaient ligotés aux colonnes en marbre de la salle à manger. Elle s'avança pour faire face à Voldemort en essaya de cacher au mieux son anxiété.

« Mon seigneur, dit elle en s'inclinant devant lui.

En se relevant elle remarqua le grand sourire sadique qu'il arborait.

– Bella, je t'en pris, prends place. », lui répondit-il en montrant la chaise vide qui se trouvait à sa droite.

Bellatrix s'assit à sa place et croisa le regard bienveillant de Severus.

« Je suppose que tu sais pourquoi tu es ici, pourquoi nous sommes tous ici ?, il était glacial.

– Parce que l'horcruxe a été détruit..., dit-elle doucement en le regardant dans les yeux.

– Exactement ! Alors j'ai une question à te poser maintenant, comment ont ils réussi à faire ça ? Comment trois gamins censés être sous TA surveillance ont-ils pu faire ça? , gronda-t-il de colère.

– Je ne savais pas que Dumbledore les enverrait chercher l'horcruxe si tôt. Je ne pensais pas qu'ils étaient prêts, je les ai sous-estimés apparemment, répondit-elle d'une petite voix en baissant les yeux.

– Apparemment. Ou peut-être que tu me mens, que tu me cache quelque chose ?

Elle releva les yeux pour soutenir son regard.

– Bien sûr que non mon seigneur, jamais je ne...

Il leva la main pour lui intimer de se taire.

– Je ne sais pas si je dois te croire Bella. Je trouve ça étrange qu'ils ne te préviennent pas de leur départ à Gringotts alors que c'est toi qui leur a révélé l'emplacement de l'horcruxe et que c'est également toi qui leur a appris à le détruire...

– Je...

– Ne me coupe pas la parole Bellatrix! Je sais que tu adores le Doloris, mais je n'en ai pas encore fini avec toi. »

Tous les mangemorts ricanèrent et Bellatrix s'enfonça au fond de son siège. Elle était profondément énervée mais elle savait qu'elle devait garder son sang froid si elle voulait avoir une chance de le convaincre.

« Tu sais ce que je trouve encore plus étrange? C'est le fait que tu les as si bien préparés pour détruire cet horcruxe et que tu ne me préviennes de ce plan qu'au dernier moment, alors qu'ils se trouvent déjà dans la banque, tu ne trouves pas cela très suspect Bellatrix ?

– Si je les ai si bien préparés c'était pour gagner la confiance de Dumbledore. Je comptais vous prévenir dès que je savais quand ils partiraient, mais ils ne m'ont rien dit, ils m'ont cachés leur départ. Je m'en suis rendu compte quand j'ai vu qu'ils étaient absents pour mon cours et je vous ai prévenu directement. Je ne comprends pas pourquoi Dumbledore ne m'a rien dit, je pensais vraiment qu'il me faisait confiance, mais de toute évidence ce n'est pas le cas...

– Tu penses vraiment que je vais te croire? Tu penses vraiment que je vais croire que tu as été assez bête et assez naïve pour reposer tout ton petit plan sur la simple confiance du vieillard? Tu crois que je ne te connais pas Bellatrix? Tu n'aurais jamais mis autant en danger l'horcruxe que JE t'ai confié. Alors je vais te le demander une dernière fois, qu'est-ce que tu me caches?

– Je ne vous caches rien mon seigneur, j'ai juste misérablement échoué...

– D'accord, tu ne veux pas parler, laisse moi vérifier par moi même alors. »

Bellatrix tressaillit, il allait utiliser la Legilimancie pour vérifier qu'elle ne mentait pas. Elle se concentra de toutes ses forces pour modifier ses souvenirs. C'était un exercice d'une extrême difficulté, très peu de sorciers étaient capables de faire ça, c'était tellement rare que la plupart des gens pensaient que cette capacité était une légende. Voldemort, étant un des plus grands Legilimens de tous les temps, savait très bien que c'était loin d'être une légende. Il avait essayé d'apprendre cette faculté à Bellatrix, mais même si elle avait réussi à pratiquer la Legilimancie et l'Occlumancie avec brio, elle n'était jamais parvenue à modifier ses souvenirs. C'était en tout cas ce qu'elle lui avait dit, mais la vérité était toute autre...

Quand il pénétra dans son esprit, Bellatrix n'érigea aucune barrière, le laissant vérifier ce qu'il voulait, cependant tout ce qui lui était montré était loin d'être vrai. Il passa de longues minutes à fouiller dans ses souvenirs, sans succès, tout s'accordait parfaitement avec ce qu'elle venait de lui dire. Il sortit alors de son esprit en ayant presque l'air déçu.

« Je vois que tu ne m'as pas menti Bella, tu es loyale... comme toujours. Je ne vais donc pas te tuer. Cependant ton incompétence plus qu'indigne de toi va être punie. »

Le sourire sadique de Voldemort ornait à présent son visage reptilien. Bellatrix commença à trembler sans pouvoir se contrôler. Elle avait vraiment peur de la nature de sa punition, elle se rappelait très bien ce que son maître lui avait dit la dernière fois: "Je n'arrêterai pas Rodolphus une seconde fois..."

Voldemort capta très vite l'origine de son tremblement et se mit à rire bruyamment.

« Non Bella, malheureusement pas cette fois. Ta punition serait comme une récompense pour ton cher mari et je ne veux pas le récompenser pour son échec d'aujourd'hui. Mais ne t'inquiètes pas, ce n'est que partie remise...», dit-il sournoisement.

D'un geste de baguette il fit léviter Bellatrix et la ligota contre une des colonnes de marbre. Elle n'opposa aucune résistance, elle savait qu'elle ne pourrait pas y échapper. Le mage noir fit sortir tous les mangemorts et se tourna vers les trois sorciers.

« Rodolphus, Rabastan, Bella... Vous m'avez tous les trois grandement déçu aujourd'hui, je pensais les Lestrange moins incapables que les Malfoy, mais apparemment j'avais tord. Je vais simplement vous punir pour cette fois, mais décevez moi encore une fois, et vous ne vous en tirerez pas aussi bien... Alors par qui vais-je commencer... Rabastan? »

Il passa près d'une heure à pratiquer le Doloris sur le sorcier qui ne put retenir ses cris de douleur. Quand il arrêta, l'homme était inerte, on aurait pu le croire mort. Voldemort le laissa au sol et revint faire face à Rodolphus et Bellatrix.

« Bon à qui le tour maintenant...j'hésite...on va dire que je vais garder le meilleur pour la fin... Rodolphus, c'est donc à ton tour. »

Quand il lança le Doloris, l'homme s'écroula au sol, il ne criait pas, mais il ne retint tout de même pas de longs gémissements de douleur. Bellatrix ne put s'empêcher d'éprouver une sorte de plaisir malsain en voyant Rodolphus souffrir ainsi. Au bout de deux heures de torture, Voldemort releva sa baguette. Il enjamba les corps des deux frères pour venir se placer devant Bellatrix.

« A nous deux ma Bella... »

Sous le Doloris, elle tomba à genou, serra ses dents et ses poings et ferma les yeux. Au bout d'une heure, elle était toujours à genou et n'avait pas émis le moindre cri ou la moindre plainte. Il n'avait pas réussi à la faire craquer et cela agaça fortement Voldemort.

« J'avais oublié que ce sort n'avait presque plus d'effet sur toi... mais ne t'inquiètes pas ma Bella, je ne vais pas te laisser sur ta faim, je vais innover un peu... »

Il la pointa de sa baguette et la peau de Bellatrix se trancha au niveau de son bras, puis au niveau de sa jambe, de son thorax, de son abdomen. En quelques minutes elle se retrouva allongée au sol, son corps recouvert d'entailles plus ou moins profondes. Il n'avait cependant pas réussi à lui arracher un seul cri jusque là.

La sorcière se vidait lentement de son sang sur le sol. Lorsqu'elle ne fut plus très loin de la perte de connaissance, Voldemort s'approcha d'elle et baissa la tête pour la regarder dans les yeux.

« Maintenant on va s'amuser. »

Il rentra dans son esprit, non pas pour regarder ses souvenirs, mais pour lui en créer. Bellatrix, que la vie quittait peu à peu, n'avait absolument pas la force de pratiquer l'Occlumancie pour l'arrêter. Il commença alors à lui montrer Narcissa se faire torturer.

Dès qu'elle vit sa sœur souffrir sous le Doloris, Bellatrix se mit à hurler. Tout était faux, elle le savait, il inventait ces images juste pour lui faire du mal, mais elle avait perdu beaucoup trop de sang pour en avoir conscience sur le moment. Il continua à faire ça pendant deux longues heures, deux heures où les hurlements de Bellatrix ne cessèrent de résonner dans tout le manoir, deux heures où elle continua de se vider progressivement de son sang. Elle finit par perdre connaissance. Elle était étendue dans une marre de sang, tout son corps était entièrement couvert du liquide rouge foncé, seul son visage avait été quelque peu lavé par ses larmes.

Voldemort partit chercher Severus et lui demanda de rentrer à Poudlard avec Bellatrix. Rogue rentra dans la pièce et son visage, qui était d'habitude aussi froid et imperturbable que celui d'un gobelin, se déforma à la vue du corps de la sorcière. Il s'approcha et vérifia qu'elle était encore en vie. En voyant son état il fut surpris de constater qu'elle était toujours bien vivante, malgré son faible pouls et sa respiration plus qu'irrégulière. Il lui donna une potion pour régénérer son sang, puis il souleva le petit corps inanimé et s'envola dans une trainée noire.

--

Hermione tournait et virait dans son lit en vain. Elle n'avait pas réussi à se rendormir, toujours aussi déstabilisée par son rêve. Il était maintenant trois heure du matin et elle pouvait faire une croix sur sa bonne nuit de sommeil réparateur. Elle avait envie de prendre l'air, d'aller marcher pour se changer les idées. Par chance, la chambre individuelle n'était pas le seul avantage à être préfète. Effectivement, les préfets avaient le droit de se 'balader' dans les couloirs la nuit pour vérifier qu'aucun élève ne vagabonde dans le château. Elle avait longtemps été cet élève qui vagabondait dans les couloirs la nuit avec Harry et Ron sous la cape d'invisibilité, mais maintenant elle pouvait se pavaner tranquillement à travers le château sans risquer de faire perdre des points à sa maison.

Elle enfila sa cape Gryffondor et sortit de sa chambre. Elle espérait que cette petite marche nocturne allait faire sortir la sorcière noire de sa tête, pourtant ce fut tout le contraire...

Lorsqu'elle passa près de l'entrée du château, elle entendit des pas pressés venir vers elle. Quand elle vit ce qui venait vers elle, elle émit un petit cri d'horreur. Rogue était devant elle, et il tenait dans ses bras une Bellatrix couverte de sang, complètement inanimée, un bras ballant d'où tombait sur le sol des gouttes du liquide rougeâtre. En la voyant, il sembla impossible pour Hermione qu'elle soit encore en vie.

« Granger?! Mais qu'est-ce que vous faites là?! Non ne dîtes rien, je m'en fiche complètement. Courez jusqu'à l'infirmerie et prévenez madame Pomfresh de sortir tout son stock de potion de régénération sanguine.

– Mais...mais qu'est-ce qui c'est..., chuchota Hermione, complètement sous le choc, ses yeux se gorgeant de larmes.

– COURS! »

La Gryffondor partit à toute vitesse vers l'infirmerie et Rogue la suivit de près, ne pouvait cependant pas courir de peur de faire saigner encore un peu plus la femme qu'il portait dans ses bras.

Même si Hermione l'avait prévenu, madame Pomfresh écarquilla les yeux en voyant l'état de la sorcière noire.

« Posez là ici Severus. »

L'infirmière donna une quantité impressionnante de potion régénérante à Bellatrix qui continuait de perdre du sang. Elle et Rogue prirent plusieurs heures à refermer complètement toutes les blessures qui ornait la peau pâle.

Hermione ne bougea pas et se contenta de rester dans un coin de l'infirmerie pour observer en silence. De petites larmes coulèrent sur ses joues, elle n'imaginait pas la douleur que Bellatrix avait dû ressentir pour finir dans un état pareil. Malgré ses pleurs, elle resta tellement silencieuse qu'elle finit par se faire oublier par Severus et madame Pomfresh.

Au petit matin, les deux sorciers avaient enfin fini leurs soins sur le corps de la sorcière noire. Plus aucune trace de plaies n'était visible, cependant Bellatrix paraissait toujours aussi faible et à l'article de la mort.

« On ne peut rien faire de plus, maintenant il faut attendre qu'elle se réveille. Elle sera faible pendant plusieurs jours mais elle va s'en sortir. Nous avons fait du bon travail Severus. »

L'infirmière lança un dernier sourire réconfortant à Rogue avant de s'éloigner pour s'occuper de ses autres patients.

« Qu'est-ce qu'il lui est arrivé?, demanda Hermione en brisant ainsi le silence pesant.

Rogue sursauta.

– Qu'est-ce que tu fais encore ici Granger?! Tu aurais dû aller te coucher!

– Je ne pouvais pas aller me coucher après l'avoir vu dans cet état...

– Il ne reste que quelques heures avant les premiers cours, vas te coucher.

– Pas avant que vous m'ayez dit ce qu'il s'est passé.

– Ça ne te regarde absolument pas. Tu as entendu Mme Pomfresh, elle va s'en sortir, tu n'en sauras pas plus. Maintenant vas te coucher IMMEDIATEMENT. »

Hermione leva les yeux au ciel mais elle céda et partit dans sa chambre. Il ne servait à rien d'insister plus, le professeur Rogue ne comptait rien lui dire. Ce soir après les cours, elle retournera à l'infirmerie pour aller voir Bellatrix, en espérant qu'elle soit réveillée et qu'elle lui donne plus d'explications.

--

La journée sembla durer une éternité pour Hermione qui avait vraiment hâte d'aller voir Bellatrix. Elle se faisait un sang d'encre en imaginant ce qu'avait pu subir la sorcière et avait la boule au ventre en pensant à comment elle allait la retrouver ce soir. Elle croisa plusieurs fois Rogue dans les couloirs et elle voulut lui demander s'il avait eu des nouvelles, si elle s'était réveillée, mais à chaque fois il la dissuada de poser la moindre question en lui lançant un regard noir.

Hermione dut donc attendre patiemment la fin des cours avant de se hâter jusqu'à l'infirmerie. Elle fut surprise de ne pas y trouver Bellatrix et madame Pomfresh lui expliqua qu'elle s'était réveillée il y a trois heures et qu'elle avait préféré aller se reposer dans sa chambre.

La Gryffondor était rassurée de savoir que la sorcière s'était réveillée, cependant elle ne pouvait se résoudre à ne pas aller la voir. Elle avait besoin de constater de ses propres yeux que Bellatrix allait bien. Elle avait besoin de la voir. Elle devait donc trouver une excuse pour aller rendre visite à la sorcière, et son excuse était déjà toute trouvée.

La fille retourna jusqu'à sa chambre pour récupérer la baguette tordue, la robe noire, le corset et les bottes à talons. Elle se rendit jusqu'à la porte de Bellatrix et hésita un bref instant avant de se décider à frapper. Aucune réponse. Elle retoqua à la porte. Toujours aucune réponse. Elle toqua une troisième fois, cette fois plus vigoureusement.

« QUOI? »

Elle reconnut la voix de Bellatrix qui avait l'air plus qu'agacée.

« Madame Black je viens pour...

– Pars Granger, je ne suis pas d'humeur!

– Mais je viens pour vous rendre vos vêtements et...

–Tu me les rendras plus tard. PARS!

– Je venais aussi vous rendre votre baguette... »

Un instant passa sans réponse de la sorcière noire puis la porte se déverrouilla. Hermione eut un sourire en coin, elle savait que Bellatrix ne pourrait pas résister à l'appel de sa baguette.

« Pose tout sur la table et vas t'en. »

Hermione s'avança dans la pièce et posa les vêtements sur la table. La voix de Bellatrix venait de sa chambre dont la porte était légèrement entre-ouverte. Elle s'avança prudemment et poussa délicatement la porte.

Bellatrix était dans son lit, les couvertures remontées jusque sous son menton. Hermione put alors confirmer son hypothèse de la dernière fois, la femme paraissait vraiment minuscule dans son lit gigantesque.

La sorcière avait d'énormes cernes et la mine bien pâle. Son visage se fronça dès qu'elle vit Hermione rentrer dans sa chambre.

« Qu'est ce que tu ne comprends pas dans pose tout sur la table et pars ?!

– Je suis désolée, je voulais voir si vous alliez bien...

– Je vais très bien! Pourquoi est-ce que j'irais mal?!

– Vous étiez presque morte cette nuit...

Bellatrix écarquilla les yeux et Hermione comprit à cet instant que la sorcière noire ne savait pas qu'elle l'avait vu cette nuit.

– Qu'est-ce que tu racontes?!, demanda-t-elle en levant un sourcil.

– Quand vous êtes arrivés dans les bras du professeur Rogue je vous ai croisé par hasard, alors je vous ai accompagnés à l'infirmerie...

Bellatrix paraissait très contrariée que la Gryffondor l'ait vu ainsi.

– Pars maintenant.», dit-elle d'un ton tranchant.

Hermione s'avança jusqu'à se tenir à côté du lit, Bellatrix la gratifia d'un regard noir mais quand la Gryffondor lui tendit sa baguette, son regard s'adoucit directement. Elle sortit ses bras de sous la couverture pour l'attraper. Elle la regarda attentivement sous tous les angles.

« Ça va, tu as l'air d'en avoir pris soin. »

Elle replongea un de ses bras sous la couverture et en sortit la baguette d'Hermione.

« Tiens Saleté.

– Merci... est-ce que je peux vous poser une question?

– Non. Par contre tu peux répondre à la mienne... Alors comment était ton Feudeymon ?, en posant cette question le visage froid de Bellatrix se défit pour laisser apparaître un petit sourire en coin.

– Immense, je crois que je n'en avais jamais lancé de si gros, répondit Hermione avec un sourire, Par contre je n'ai pas réussi à l'arrêter comme je l'ai fait la dernière fois avec vous.

– Ce n'est pas grave, tu as détruit l'horcruxe sans brûler vive, donc tu as réussi.

– Oui on peut dire merci au dragon...

– Au dragon? Pourquoi?

– Le Feudeymon nous revenait dessus et par chance le Panseder a changé de direction donc le Feudeymon nous a frôlé et il s'est éteint en s'écrasant sur une des parois de la grotte.

– Attends... tu es entrain de me dire que tu as lancé le Feudeymon en étant sur le dos d'un dragon et en étant DANS la banque?! Je pensais avoir été claire en te disant que tu devais le lancer à l'extérieur!, gronda Bellatrix en revêtant son autorité naturelle dont elle seule avait le secret.

– Comme si j'avais eu le choix! Je vous rappelle que l'on était poursuivit par deux mangemorts qui pouvaient nous prendre la coupe à tout moment, répondit Hermione agacée.

Bellatrix leva les yeux au ciel.

– Vous avez vraiment eu beaucoup de chance... mais je dois dire que je suis presque impressionnée Granger, pour quelqu'un qui ne voulait prendre aucun risque, tu t'es montrée bien courageuse..., admit Bellatrix avec un léger sourire.

– Bien sûr que je suis courageuse! Je suis une Gryffondor après tout! »

Bellatrix se moqua et les deux sorcières se mirent à rire de bon cœur. Quand elles s'arrêtèrent, Hermione se rappela du vrai objet de sa visite, alors elle se rapprocha un peu plus et d'une voix calme et compatissante elle demanda:

« Est-ce que vous vous sentez mieux? Vous n'avez pas trop mal?

Le masque froid de Bellatrix reprit place immédiatement.

– Je vais très bien, je suis juste un peu fatiguée, dit-elle en détournant le regard.

Hermione hésita un moment puis se lança.

– C'est lui qui vous a fait ça?

– Je ne vois pas de qui vous parlez Miss Granger, elle voyait très bien de qui elle parlait.

– Voldemort... c'est lui qui vous a fait ça à cause de l'horcruxe?

– Quelle perspicacité Granger, je ne suis pas étonnée que l'on vous désigne comme la sorcière la plus brillante de sa génération, répondit-elle pleine de sarcasme.

Hermione ignora la moquerie.

– Mais pourquoi vous punit-il alors qu'il vous a renié... vous ne lui appartenez plus.

Bellatrix ricana et remonta sa manche pour montrer la marque des ténèbres à la fille.

– Tant que j'aurai cette marque, je lui appartiendrai.

– Pourquoi ne pas l'enlever, il doit bien exister un moyen de la retirer ?, demanda naïvement Hermione.

Bellatrix ricana de nouveau.

– Crois-moi, j'aimerais bien pouvoir la retirer, mais c'est impossible.

– Donc vous lui appartiendrez pour toujours...», dit Hermione dans un souffle.

Les mots d'Hermione résonnèrent en Bellatrix, elle savait que cette marque la condamnait à vie, mais elle n'avait jamais vraiment eu conscience de tout ce que cela impliquait, elle ne s'était jamais vraiment avouée qu'elle ne pourrait jamais être libre.

Hermione remarqua immédiatement que ses mots avaient déstabilisé la sorcière. Bellatrix avait détourné le regard pour fixer un point, les yeux dans le vide, sans dire un seul mot. Hermione ne réfléchit pas et tendit sa main pour prendre celle de la sorcière dans un geste qui se voulait réconfortant.

Une légère étincelle se fit ressentir chez les deux femmes.

Dès qu'elle sentit la main de la Gryffondor toucher la sienne, Bellatrix sortit de ses pensées et retira brusquement sa main.

« Granger ce n'est pas parce que je ne t'ai pas tuée hier quand tu m'as embrassé que tu peux te permettre de me toucher !, cria-t-elle hargneusement à la fille.

Hermione devint rouge et baissa les yeux.

– Je suis... je suis désolée pour hier soir, je ne sais vraiment pas pourquoi j'ai fait ça...

– Moi je sais très bien pourquoi tu as fait ça, tu as juste un stupide béguin d'adolescent pour moi! Mais si tu pouvais attendre qu'il passe sans réessayer de me tripoter ça m'arrangerait beaucoup, je n'ai pas envie de retourner à Azkaban pour avoir tué une petite sang de bourbe!

– Je suis désolée, je pense que je vais y aller, chuchota Hermione morte de honte.

– Oui il serait temps que tu partes enfin! Je ne sais même pas pourquoi tu es venue...

– Parce que je m'inquiétais pour vous !, laissa échapper Hermione en haussant le ton.

– Bien sûr, rien que ça, tu t'inquiétais pour moi, se moqua Bellatrix

– Pourquoi vous ne me croyez pas?

– Parce que personne ne s'inquiète pour moi, et sûrement pas toi! Tu es juste venue me voir par curiosité c'est tout.

- Ce n'est pas vrai, j'ai passé toute la journée à me rendre malade de votre état, j'avais tellement peur que vous ne vous réveillez pas, j'étais tellement en colère que quelqu'un vous ait fait autant de mal. Donc vous pouvez penser ce que vous voulez, mais sachez que je me suis vraiment inquiétée pour vous. », lâcha Hermione d'une traite.

Bellatrix n'eut rien à répondre, elle se contenta de regarder Hermione. Les prunelles noires se fondirent dans les prunelles brunes. Aucunes des deux ne brisa le contact visuel jusqu'à ce que quelqu'un toque à la porte et rentre sans attendre de réponse, là Hermione détourna les yeux, mais Bellatrix n'en fit rien.

« Bellatrix, comment te sens-tu? »

C'était Rogue, il s'avança jusqu'à la chambre et quand il vit Hermione il fronça les sourcils.

« Granger?! Qu'est-ce que vous faites ici?

- Je venais simplement rendre ses vêtements et sa baguette à Mme Black. Je vais vous laisser, j'allais y aller. »

En partant Hermione lança un dernier regard à Bellatrix qui était toujours immobile en la fixant, elle paraissait presque hypnotisée.

La jeune fille quitta la chambre sans avoir conscience que ces quelques mots, aussi simples soient-ils, avaient réellement touché la sorcière noire.